‹ Plaidoyers dans la cause des écoles du Manitoba [microforme]Chapitre 19 sur 81 · RER · texte numérisé non relu

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séparées. Par exemple si nous prenons le dernier rapport sur les écoles du Manitoba, et si nous examinons à la page 8 la statistique relative aux instituteurs nous voyons que sur 997 instituteurs 222 furent mis de côté comme inhabiles, pas tout à fait incapables,

M. MoCarray.—Ils n'avaient pas été formés aux écoles normales,

M. Ewarr.—Ils n’ont eu aucune préparation comme instituteurs, et je pense que cela n’est pas étonnant dans ces conditions.

Mon savant ami a lu quelques questions d'examen pour montrer combien quelques-unes de ces questions qui sont posées aux instituteurs sont ridicules. Plusieurs de ces questions néanmoins me semblent acceptables, c’est-à-dire si le catéchisme est enseigné dans les écoles, et il dit qu’il n’a aucune objection à ce que la doctrine soit enseignée dans les écoles, Si le catéchisme est enseigné dans les écoles, je ne vois aucune objection aux questions que mon savant ami a lues, Maintenant quant aux questions qui ont été écrites si non lues, avec dérision, questions portant sur la manière de s'adresser à des dignitaires tout ce que j'en puis dire c’est que j'aurais voulu qu’elles fussent enseignées dans les écoles quand j'étais jeune, Si nous avons des dignitaires, une chose que nous devons savoir c'est comment il faut s'adresser à eux, Mais les questions absurdes ne sont pas entièrement dans les écoles catholiques. Je puis citer, s’il est nécessaire, une quantité de questions très ridicules qui ont été posées dans des examens protestants, et je le dis à regret, même au service civil da: les examens des dames employées au département des postes, Je me souviens qu'on proposa la question suivante aux demoiselles qui sont très occupées tout le jour à cataloguer les lettres : ‘ Quel est le lac le plus profond du monde”? On ne prescrivit aucun livre particulier pour étudier ce sujet,

Hon. M. Fosrer.—On voulait trouver un endroit pour jeter les lettres de rebut,.

M. Ewarr.—Je suppose que cela doit en avoir été l'explication. Il n’y a pas bien longtemps on fit cette question dans un examen de professeurs protestants: ‘ Combien une araignée a-t-elles de pattes.” Je pense néanmoins que la meilleure manière de répondre à de telles assertions est de lire les lignes suivantes prises dans une brochure publiée par Sa Grâce le défunt archevêque Taché, racontant le succès des produits envoyés par les catholiques à l'exposition coloniale de 1835 :

# Dans l’automne de 1885, Sir Churles Tupner visita la province en vue de lui faire prendre part à l'exposition internationale qui devait avoir lieu en Angleterre dans le cours de l’année suivante, Ju partie catholique du conseil de l'instruction publique fut invitée à prendre part. La proposition fut d'abord accueillie peu favo- ‘ablement ; c'était après les vacances ; on avait à peine organisé les écoles pour la nouvelle année ; pas le temps de préparer quelque chose de nouveau. Néanmoins le commissaire canadien était si pressant que les objections furent mises de côté et dans les écoles les plus rapprochées on fit une collection des ouvrages des élèves de l’année précédente, Les plus avancés avaient quitté l’école, quelques-uns des meilleurs ouvrages avaient été perdus ou emportés, et personne n'avait été préparé pour l’exposition, Huit écoles fournirent des échantillons de leur cuvrage en différentes branches; le tout fut envoyé en Angleterre, mis à l'exposition et attira tellement l'attention que chaque article exposé fut examiné de nouveau, si bien que quand tout fut revenu la condition des articles prouva qu'ils avaient passé par un grand nombre de mains. Un diplôme et une médaille d'honneur furent envoyés à chaque école, ainsi qu’à leur surintendant, qui avaient contribué à l'exposition, et nous avons une preuve qu’une telle récompense n'était pas seulement affaire de forme. Le capitaine G. Clarke, comme tout le monde le sait, fut le représentant du Manitoba à l'Exposition Coloniale et Indienne et voici comment le brave et intelligent représentant écrivit au surintendant des écoles catholiques du Manitoba,

‘€ Lonpres, 27 juillet 1886,

‘©CHER MONSIEUR, —Je puis parler à bon escient de l'excellence des écoles de votre section, car deux de mes filles ont vécu longtemps avec les bonnes sœurs de Saint- Boniface, chez lesquelles leurs progrès ont été aussi satisfaisants pour moi qu'agréables pour elles, «Je suis, votre serviteur,

(Signé,) “WILLIAM CLARKE.

ET, À, BERNIER, éecr, ‘{Surintendant de l'Education.’ ”

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Monsieur Clarke n’est pas un catholique, et n’a pas manifesté des tendances vers Rome, mais par ses filles il a acquis quelque connaissances d’une école catholique du Manitoba, et aussi il était en mesure de reconnaître sans surprise la valeur des objets exposés.

Sir Charles Tupper n'est pas non plus catholique et il est connu partout pour sa supériorité et son patriotisme; voici comment le Haut Commissaire parle des écoles catholiques du Manitoba.

‘ EXPOSITION COLONIALE ET INDIENNE, 1886, ‘ SECTION UANADIENNE, “ Lonpres, 29 juillet 1886.

“T, H, BERNIER, écr.

‘ Mon cHER MONSIEUR,—-Votre lettre du 3 du courant m'est parvenue, et je vous remercie du mémoire que vous avez préparé en faveur de l'exposition faite par votre section de l'instruction publique du Manitoba, Cela me fera plaisir de recevoir mille exemplaires du mémoire et de voir à ce qu'ils soient soigneusement distribués. L'exposition que vous vous êtes donné tant de peine à former a déjà attiré une attention considérable. Et je ne doute pas que cela contribuera au succès du Canada à l’exhibition.

‘“ Je demeure votre tout dévoué,

(Signé,) “ CHARLES TUPPER."”

Est-il possible ? Quelque chose de bon peut-il sortir de cette (sorte de) Nazareth ? Qui, mes amis, venez et voyez que Sir Charles Tupper n’hésita pas à dire que les produits du travail ordinaire des élèves des écoles catholiques du Manitoba aideront au succès du Canada à l'exposition, Si ces témoignages ne vous contentent point, écoutez les observations suivantes publiées daus la Canadian Gazette de Londres, le 4 novembre 1886 :—

# On croit généralement que de toutes les provinces sœurs du Canada, Manitoba est la moins avancée en civilisation. Nous savons déjà, que sous plusieurs rapports ceci n’est pas le cas, mais si nous examinons les excellents produits scolaires de cette pr'ovince, nous voyons combien cette impression est fausse spécialement en matière d'instruction.

‘ La collection contient des échantillons de livres, d'exercices, d'articles scolaires, ete., ete., venant des écoles catholiques aussi bien que des écoles protestantes de la province.

“ L'excellence du travail, et particulièrement des cartes géographiques est incontestable. Cela est d'autant plus satisfaisant que plusieurs des travaux exposés datent de l’année 1884, et du commencement de 1885. Il est évident que l'exposition es: composée des exercices ordinaires desécoles dans toutes les parties de la provinee, et non pas de travaux spéciaux préparés pour l’occasion,

‘On n'a aucunement prétendu éclipser les expositions scolaires des autres provinces, mais la collection que nous avons sous les yeux démontre que dans une des provinces les plus récemment organisées de la Confédération, il existe un système d'écoles, qui tout en respectant la foi et les convictions religieuses de la population, offre à tout enfant une éducation capable de le rendre propre à occuper le rang le plus élevé dans la société.”

Mon savant ami passe ensuite à l'argument que des enfants catholiques fréquenquent les écoles publiques dans l'Ontario et le Manitoba. Il a admis aussi que cela provient, en ce qui est de l'Ontario, d’une politique d'amitié et de concession, de ce que les catholiques sont satisfaits, et que, n'étant pas combattus, ils prennent naturellement le chemin de l’école publique. Il a admis également que l'effet de l’agitation de M. Meredith contre les écoles catholiques n’a pas été de pousser les enfunts vers l’école publique, mais plutôt dans la direction opposée, et que les écoles séparées ont grandement augmenté par suite de cette agitation.

M. McCartuy.—Augmenté, mais pas grandement augmenté.

M. Ewartr.—Il me semble qu’il y a dans ceci une grande leçon pour la province du Manitoba. Serait-il justifiable pour ce Conseil et pour le parlement fédéral d’in-

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tervenir, afin d'effectuer les propres desseins du Manitoba. Si le Manitoba a pour

objet d'amener tous ses enfants à une même école, quel est le meilleur moyen d'y

arriver? Si l’on en juge par l'Ontario, est-ce la coercition ? Le fera-t-on en M

11 gnant les catholiques ou en les conciliant, en les laissant libres de choisir pour eux-

Li mêmes ? S'il faut en croire la statistique qu’il nous a donnée pour l'Ontario, il est 4 clair que c’est ce dernier moyen qu'il faut suivre, Ainsi, je dis que le parlement

favoriserait l’objet que le Manitoba paraît avoir en vue, en adoptant le moyen propre

à l’atteindre et non pas le moyen que le Manitoba, dans son aberrati on, à jugé à

propos d'adopter, Muis je nie l'exactitude de ses chiffres sur ce point. Il ya nombre 1 4

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