‹ Plaidoyers dans la cause des écoles du Manitoba [microforme]Chapitre 22 sur 81 · SAR ENS A · texte numérisé non relu

SAR ENS A

7 Rome 5 +

SEP PSS

Dir M ou cinq ans écoulés depuis que la loi scolaire est en vigueur, au moins trente-six PI: 0 écoles séparées se sont rangées au nombre des écoles publiques et se sont conformées i ; au statut, Or, cela n’est pas exact ; et ce qui a été fait l'a été de la façon la moins EL louable, La loi de 1890 n’était pas plus tôt décrétée, qu'on chargea un monsieur ! parlant le français de se rendre dans les districts scolaires catholiques et visiter les commissaires d'écoles et les parents, allant de maison en maison, pour les engager à TE: adopter le système des écoles publiques, On commença ce qui pourrait être appelé

à cette œuvre de tentation dans la prairie. Qu'il y fût autorisé ou non, cet envoyé | . disait : Abandonnez les écoles catholiques, venez aux écoles publiques, et cela vous | 15: coûtera moins cher. Vous aurez la subvention du parlement, vous aurez votre part | des taxes municipales, et vous n'aurez pas à payer pour les écoles protestantes ou . les écoles publiques en supportant en même temps vos propres écoles, Quoi qu'il D | en soit il eut peu de succès, comme le font suffisamment voir ces statistiques, Les Li à trois premières années il fit peu de progrès, bien qu’il eût recours à divers expédients. [hi à Ainsi on demandait aux gens de ne pas abandonner les livres qu'ils avaient jusque KA là,et de simplement retarder l’enseignement religieux jusqu’après quatre heures. D. } Après en avoir gagné un certain nombre de cette façon, il constata qu'il ne pouvait , | 4 faire plus. Il en avait alors à pou près une douzaine qu’il avait gagnée par de a pareils moyens, des appels à leur pauvreté, à leur désir de faire instruire leurs enfants. La loi de 1894 fut alors adoptée, et, comme mon savant ami le dit lui- : même, il en résulta une perte de $20 par mois pour les écoles. Mon savant ami dit, pour employer ses propres termes : ‘ Ce retranchement de $20 par mois les a forcément amenées sous le régime.” C’est à cette fin que cette loi fut adoptée. Sur tout le nombre des écoles séparées du Manitoba, on n’en avait pas gagné plus qu’une douzaine, Avant la loi de 1894, les catholiques pouvaient se taxer, ou obtenir des municipalités composées entièrement de catholiques une somme de $20 par mois, Le gouvernement du Manitoba fit faire encore un tour à lu roue, et il en résulta 2 qu'un grand nombre d'écoles se rangèrent sous le nouveau régime, Mais dans & quelles conditions ? Le gouvernement ou la législature du Manitoba avait réussi, pr our satisfaire les protestants ou quelques-uns d’eux, à fermer la porte de façade à 1 a religion catholique, et alors pour satisfaire les catholiques, ils leur ont dit: À ‘“ Faites-la entrer par la porte de derrière, mais n'en dites rien.” Le fait est È qu’aujourd’hui—et le surintendant peut me démentir s’il n’en est pas ainsi—la

religion catholique s’enseigne exactement comme auparavant dans chacune de ces écoles,

M. BLakeLzy.—Non,

M. Ewarr.—S'il dit qu'elle n'est pas enseignée comme auparavant, il entend probablement qu’elle n'est pas enseignée aux mêmes heures. Avant 1890, on l’enseignait pendant les heures d'école, de neuf à quatre; depuis 1890 on l’a enseignée de quatre à quatre et demie, Voilà la différence. Ainsi, c’est ce qui, avant 1890, était et s'appelait des écoles catholiques qu’on veut bien appeler aujourd'hui des écoles publiques. La différence c'est qu'alors la religion s'enseignait de neuf à quatre et qu'aujourd'hui on retient les enfants une demi-heure de pius pour l’enseigner,

M. MoCarruy.—Je crois que la chose est permise par la loi,

M. Ewanur.—Non, cela n’est pas permis par la loi,

M, MoCarruy.—Pourquoi pas ?

M. Ewarr.—Je vais lire la loi à mon savant ami,

“ Les exercices religieux dans les écoles publiques seront conduits selon les règlements passés par le conseil ronsultatif. Le temps réservé pour ces exercices religieux précèdera immédiatement l'heure de clôture de l'après-midi,”

Ainsi, selon la loi, c'est immédiatement avant l'heure de clôture qu'est le temps réservé aux exercices religieux, et selon la pratique c’est après.

M. MoCarray.—Vous tenez des assemblées politiques dans les écoles publiques,

M. Ewarr.—L'article 8 de la loi dit:

“ Les écoles publiques seront absolument non confessionnelles, et aucun exercice religieux n'y sera permis autrement que ci-avant déterminé.”

La religion catholique s’y enseigne comme auparavant,

M. McCarray.—Pas durant les heures de clusse,

M. Ewarr.—Mais ce que je fais voir c’est justement que la seule différence qu’il y ait c'est que tandis que autrefois la religion catholique s’enseignait durant les heures de classe, on l'enseigne aujozvd’hui après ces heures, Le conseil consultatif a le pouvoir de déterminer les heures de classes comme il l'entend, Il a fixé ces heures de neuf à quatre. Supposons qu'il les fixe de neuf à trois et demi, alors si les instituteurs emp'oyaient la demi-heure d’après la classe à enseigner la religion, l’état de choses serait exactement ce qu’il est aujourd’hui. La seule différence serait que les heures de classes seraient un peu changées, De sorte que ce à quoi mon savant ami objecte n’est pas qu'on enseigne la religion dans les écoles, mais qu’on l'enseigne pendant les heures de classe, et il insiste qu'on retienne les enfants après les heures de classe pour la leur enseigner. Or, il pourrait y avoir quelque chose à gagner à cela, s’il y avait des protestants de même que des catholiques romains dans les districts dont il s’agit, mais, là où, comme dans la grande majorité de ces cas, il n’y a que des catholiques qui fréquentent ces écoles, je ne puis voir ce qu'il y a de fondé à cet objection, Tout ce brouhaha est donc pour la question de savoir si la religion doit être enseignée aux enfants immédiatement avant quatre houres où immédiatement après quatre heures,

M. MoCarray.—ÆEt tout l’objet de vos contentions est un changement dans la loi qui vous permettrait d'enseigner la religion une demi-heure avant plutôt qu’une demi-heure après quatre heures,

M. Ewarr.—Nous voulons que la loi nous assure nos droits et qu’ils ne soient pas laissés au caprice du gouvernement,

Mon savant ami dit que non seulement, selon la pratique dans le Manitoba et dans l'Ontario, les enfants peuvent fréquenter les écoles publiques, mais encore que Ja doctrine catholique permet la chose, Mon savant ami me rappelle ce que lord Morris disait dans son riche accent natal lorsque se plaidait la cause devant le Conseil Privé. Mon savant ami se souvient peut-être. ….

M. MoCartuay.—Je me souviens de l'accent,

M. Ewarr.—Parlant de la déclaration du D' Bryce, lord Morris disait: “Ce monsieur émet l’avis tout personnel que la religion catholique devrait être quelque chose de tout différent de ce qu’elle est.” Mon honorable ami, lui aussi, essaie de faire de la doctrine catholique quelque chose de tout différent de ce qu'elle est, J'ai ici un exposé de la doctrine catholique que je puis lui faire voir dans l'original,

mais le document est dans une langue à laquelle je crains bien qu'il objecte autant qu'il objecte au français. Il est en latin, mais je puis en donner une traduction libre :

“ Les enseignements de l'Eglise catholique romaine au sujet de l'éducation ont été communiqués aux évêques américains par le pape Pie IX et confirmés par le pape Léon XIIT, à savoir, qu'on devrait mettre les membres de l'Eglise en garde contre la fréquentation des écoles publiques où la religion catholique romaine n’est pas enseignée.

“Tandis que tel est le principe général, l'Eglise catholique romaine, cependant, n'étant pas, comme on l’a représentée souvent, hostile à l'éducation élémentaire non plus qu'à l'instruction dans les plus hautes études, permet à ses enfants de profiter des avantages des écoles publiques, dans les cas où il n’y a pas de crainte de perversion et où il est impossible d'avoir des écoles catholiques.”

De sorte qu’on verra que les enfants catholiques ne peuvent fréquenter les écoles publiques que dans deux cas: 1° s’il est impossible d'établir des écoles catholiques, et 2°, si les écoles publiques ne présentent pas positivement d’objection,

M. MoCarruy.—Mais cela a été changé par ce que j'ai lu de l’ablégat.

M. Ewarr.—Je ne crois pas, Mon savant ami fait l'historique des lois scolaires dans le but de faire voir que la loi a été adoptée de propos délibéré et avec intention arrêtée par les habitants du Manitoba. Mais il a été tout à fait trop modeste. Il a oublié la part qu'il a prise lui-même dans la création du présent ordre de choses, et il me pardonnera s’il me faut parler de lui à ce sujet, parce qu'il est impossible de faire l'historique de ces lois scolaires en le laissant de côté, Il dit que le commencement en date de 1876. A cette date, le professeur Bryce, qui a pris un intérêt actif à cette question, écrivit une brochure sur le sujet, Mais c'est tout ce qui fut fait, La brochure tomba à plat et on n’en entendit plus parler, Treize ans se passèrent sans qu'un mot de plainte s’élevât. Il n'y avait pas un homme dans tout le Manitoba qui sût qu'il y avait lieu de plainte au sujet des écoles séparées. Nous n’en entendions pas parler. Aucun parti politique, aucun homme politique, aucun membre du clergé, aucun particulier que je sache, n'en disait mot, La première parole prononcée à ce sujet, si je ne me trompe, le fut par mon savant ami,

M. McCarray.—Cela n'est pas exact,

M, Ewarr.—C'est absolument exact,

M. McCarray.—C’est absolument inexact,

M. Ewarr.—Je crois que je puis prouver ce que je dis Mon savant ami a prétendu, puraîtil, qu’il avait été devancé en cela par M, Smart, qui était alors membre du gouvernement du Manitoba, dans son discours à Clearwater, Mais il fait erreur, M. Smart a bien fait un discours à Clearwater, mais il n’a pas prêché l'abolition des écoles séparées ; l’idée qu'il faisait valoir était de réunir sous un même contrôle l'administration, le gouvernement des deux catégories d'écoles, voilà ce qu'il voulait. Le premier mot entendu en faveur de l’abolition, ou plutôt de la suppression des écoles séparées, dans le Manitoba, autant que je sache et à part la brochure du professeur Bryce, est tombé des lèvres de mon savant ami à Portage-la-Prairie, en 1889. Je crois que lorsque mon savant ami prétend qu’il n’a pas été le premier à parler dans ce sens, il a dans l’esprit ce que je viens de mentionner, il croit avoir été devancé par M. Smart à Clearwater, Je désire lire ce que mon honorable ami dit alors à Portage-la-Prairie, et ce qui fut dit immédiatement après, et sur la même estrade, par M. Joseph Martin. Je crois que M. Martin puisa sa doctrine dans les opinions de mon savant ami, Quoi qu’il en soit, ce fut lui qui présenta la loi des écoles, l’imposa à son propre gouvernement et la fit adopter par la législature. Je lirai ensuite les paroles prononcées plus tard par M. Smart, ce M. Smart qu’on suppose avoir devancé mon savant ami en annonçant la politique du gouvernement. Je lis d'abord ce qu'a dit mon savant ami à Portage-la-Prairie.

Sir CHARLES HiBBerT Tuprer.—C'était en 1889?

M. EwarrT—Oui.

M. McCarray.—-En août 1889, après le discours de M, Smart.

M. Ewarr.—Trois jours après le discours de M. Smart, à Cleurwater, et plusieurs jours avant son discours à Wawanesa,

me 7 me —

La parole est à mon savant ami :

# L'homme politique a une mission devant lui, Il lui appartient d'épargner à

ce pays des luttes fratricides, de faire de ce pays un pays britannique de fait comme

il l'est de nom. Afin d'accomplir cela, d’autres questions ont à céder le pas. Il nous

, faut unir nos énergies, et qu'il soit bien compris, dans chaque collège électoral, que,

soit qu’un homme s'appelle grit ou tory, conservateur ou réformiste, il ne doit rien

avoir à se reprocher, scs principes doivent être solides, et que nulle influence à

Ottawa ne saurait l’engager à trahir sa grande mission, L'orateur est heureux

d'informer l'auditoire que la pauvre minorité protestante endormie de la province de Québec se réveille enfin.”

Mon savant ami, on S'en rappellera, l'avait révoillée avec son association dite Equal rights, et avait tant soit peu réussi à ouvrir ses yeux.

‘“ Il espère adresser d'ici à quelques semaines la parole à une assemblée à Montréal, et constater que cette minorité est saine jusqu'à la moëlle sur cette question. Il y a la question des écoles séparées ici et dans le Nord-Ouest, et il y a la question des écoles françaises dans l'Ontario; nous avons chacun de nous notre besogne tuillée dans différentes parties du pays; faisons cette besogne d'abord, avant d'aller plus loin, avant que les difficultés augmentent ot que les droits acquis aient poussé de plus fortes racines.”

Voilà, à part la brochure du D' Bryce, les premières paroles dites sur ce sens, autant que je sache, car pour ce qui est du discours de M. Smart à Clearwater, j'espère démontrer qu’il ne se rapportait pas à la suppression des écoles séparées. M, Joseph Martin était sur l’estrade quand mon savant ami prononça son discours. Il \ était membre du gouvernement Greenway, dont M, Smart formait aussi partie, Si

M. Smart avait quelques jours auparavant annoncé la politique de l'administration, M, Martin l'aurait su et aurait dit au peuple quelle était la politique du cabinet, | puisque, M. Smart l'ayant annoncée, elle ne devrait plus être secrète, Mais voici les paroles de M, Martin :

‘“ Il ne peut dire que l'administration ait annoncé, au moins d’une façon bien définie ce qu'elle propose de faire au sujet de la dualité des langues et du système des écoles séparées dans cette province, questions qui sont tout à fait similaires à celle qui se discute en ce moment, c’est-à-dire, le désaveu de la loi de Québec, Mais il croit que, depuis quelques années déjà, la province du Manitosa sait à quoi s’en te: ir sur ce qu’il pense individuellement de l'emploi des deux langues dans la législature.”

Je lis maintenant ce qu'a dit M. Ewart à Wawanosa,

M. MoCarray.—Ce n'est pas tout ce que dit M. Martin. Si je me rappelle bien, il continua en disant qu'il abolirait la dualité de langues.

M. Ewarr.—J'ai lu ce qu'il disait au sujet des écoles séparées,

M. MoCarruy.—Je ne crois pas qu'il ait dit qu'il ferait rien au sujet des écoles séparées, mais il a dit qu’il abolirait le régime des deux langues, | . À M. Ewanr.—C'est justement ce que je dis. Il ne s’est pas engagé à abolir les |

nm * écoles séparées, mais si la politique du gouvernement avait été annoncée il se serait

engagé sur cette question, M. McCarray.—Elle avait déjà été publiée.

M. Ewarr.—Son abstention prouve qu’elle n'avait pas été publiée, Je vais vous : lire ce que M. Smart a dit quelques jours plus tard :—

“ Il n’a pas l'intention, ni par paroles ni par déduction, de donner à entendre É qu'il méprise les catholiques romains. Ils ont autant de raison de tenir à leurs droits | que n'importe quelle autre dénomination religieuse, et il défendra ces droits avec { autant d'énergie que ceux des protestants, In parlant des écoles, il ne prétend pas être très versé dans l'éducation, mais vu que la question est soumise au gouverne-

ment, il en parle d’une manière pratique. Il dit qu'il existe une espèce d'anomalie

D! dans cette question, Bien que les deux systèmes soient reconnus par l'Etat, il n’est pas , prêt à les discuter ni à dire si l’un est bon ou mauvais.”

Voici ce que M. Smart a dit plus tard :—

5 “ Le parti libéral est reconnu pour être le parti des réformes, et le présent gouvernement est disposé à entreprendre la tâche de donner en matières d'éducation des

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