‹ Plaidoyers dans la cause des écoles du Manitoba [microforme]Chapitre 32 sur 81 · PIÈCE F · texte numérisé non relu

PIÈCE F

Dans l'affaire de l'appel de la minorité catholique romaine des sujnts de Sa Majesté dans la province de Manitoba à Son Excellence le Gouverneur général en conseil de deux certains actes de la législature de la dite province, étant les chapitres 37 et 38 de 53 Victoria, intitulés respectivement: ‘ Acte concernant le Département de l'Education” et Acte concernant les écoles publiques.”

Je, Joseph Burke, de la cité de Winnipeg, mais ci-devant de la paroisse de Saint- François-Xavier, dans la province du Manitoba, marchand, fais serment et dépose comme suit : —

1. À l'assemblée générale pour l’Assemblée législative de la province du Manitoba, tenue dans l’année mil huit cent quatre-vingt-six, j'ai été élu pour le comté de Saint-François-Xavier, par acclamation, comme un adhérent de l'administration Norquay.

2. Dans l’année mil huit cent quatre-vingt-sept, M. Harrison est devenu chef du gouvernement, et m’1 demandé de prendre le portefeuille de secrétaire provincial dans son administration. J'ai accepté et j'ai été assermenté comme secrétaire provincial dans cette administration vers le dernier de décembre mil huit cent quatrevingt-sept.

3. Un bref a été immédiatement émis pour une élection dans mon comté qui était devenu vacant par suite de mon acceptation d’cfice, et l’élection a été fixée pour le douzième jour de janvier mil huit cent quatre-vingt-huit.

4, Ii était bien connu que le sort de l’administration Harrison dépendait de cette élection, et l’opposition mit sur les rangs pour m'opposer, M. F. H. Francis, un boutiquier à Headingly, dans le dit comté.

5. La grande majorité des électeurs dans le dit comté étaient membres de l'Eglise catholique romaine. J'étais membre de cette Eglise, tandis que M. Francis était un protestant, L'administration Harrison appaïtenait au parti politique communé-

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ment connu comme libéral-conservateur, M, Francis était un candidat de la part du parti politiqu’ connu comme libéral,

6, À et avant cette période il avait été imputé au parti libéral qu'il n'était pas en sympathie avec les privilèges dont jouissait la partie de la population parlant le français ot les catholiques romains, et plusieurs membres de cette nationalité et de cette religion craignaient que, si les libéraux arrivaient au pouvoir, ces privilèges seraient diminués ou entièrement abolis. Durant l'élection dont j'ai parlé ci-dossus, il y eut beaucoup de discussion quant à cette attitude du parti libéral, et il a été énoncé par moi et plusieurs partisans et agents en mon nom que les libéraux étaient opposés aux privilèges ci-haut mentionnés,

7. Afin de réfuter ces accusations, deux assemblées furent convoquées en faveur du candidat libéral dans le dit comté, dont une fut tenue dans une maison d'école à un endroit nommé Le Petit Canada, le sept janvier, et l’autre fut tenue à la maison d'école au village de Saint-François-Xavier, le onzième jour de janvier. A chacune de ces assemblées M, Joseph Martin, qui était un des chefs et un des hommes les plus influents du parti libéral, parut et fit un discours aux électeurs du dit comté; il fit dans chaque occasion un fort appel à l'assemblée dans lequel il caractérisa les allégations quant à l'attitude des libéraux sur les questions susdites comme étant entièrement sans fondation, Il déclara dans les termes les plus positifs que les libéraux ne pensaient aucunement à intervenir dans ces institutions, et fit une déclaration positive que s'ils arrivaient au pouvoir ils ne le feraient pas ; et il dit que si les libéraux faisaient une telle chose, il laisserait le parti libéral pour toujours,

8. A l'assemblée du onzième jour de janvier déjà mentionnée, M. James Fisher, qui était dans le temps président du parti libéral dans la province du Manitoba était

résent durant le discours de M. Martin, et vers la fin du discours de Martin, il indiqua M. Fisher comme étant le président du parti libéral, et dit que lui (M. Fisher) confirmerait, s’il était nécessuire, ce qu'il avait dit quant aux principes du parti libéral,

9, L'effet de ces discours était très grand, et à cela seulement peut-être attribué le fait que M. Francis a été élu dans le dit comté, Sans ces promesses faites par M. Martin il ne peut y avoir de doute que j'aurais été élu par une très grande majorité,

10, La dite administration Harrison a résigné le seizième jour du dit mois de janvier, et cette résignation était due entièrement au fait que j'ai été défait dans le dit comté. M. Greenway, le chef des libéraux a été immédiatement demandé, et a entrepris et a formé une administration qui est restée en charge jusqu’à présent,

11. Le Joseph Martin dont il est quest'on ci-dess ;s est le même Joseph Martin qui fut le procureur général dans l'administration foi ,née par M. Greenway, et c'est sous les auspices de la dite administration ét à leur instance que les actes mentionnés dans l'en-tête de cet affidavit furent passés,

Assermenté devant moi à Winnipeg, dans la province du Manitoba, ce JOSEPH BURKE, 19° jour de février 1895.

ALFRED J. ANDREWS, Commissaire en B. R., etc., et notaire public.

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