‹ Plaidoyers dans la cause des écoles du Manitoba [microforme]Chapitre 31 sur 81 · PIÈCE E · texte numérisé non relu

PIÈCE E

Winnie, Man., 21 février 1891,

Au rédacteur du Free Press, Winnipeg, Man.

Monsieur, —AÀ cause des raisons données ici, je crois que je devrais aujourd’hui exposer les faits suivants, regardant l'élection ‘de la division électorale de Saint- François-Xavier, entre M. Jos. Burke et moi-même, en janvier 1888, qui ont fait de temps à autres le sujet de discussions dans les journaux, et j'espère que vous voudrez bien les publier comme venant de moi :—

Je suis résidant au vil'age de Headingly, dans la province du Manitoba, depuis seize ans, Où j'ai fuit plusieurs années durant un commerce général, Je fus élu candidat libéral pour représenter le district de Saint-François-Xavier, aux élections de la législature du Manitoba, mon adversaire étant M. Jos. Burke, qui avait été élu repré-entant du comté aux élections générales tenues en 1886, et qui, ayant accepté un portefeuille dans le ministère de l'administration formée’ par le D' Harrison,

s'était représenté pour 8e faire ré- .. par ses électeurs,

J'acceptai de faire la lutte avec l'approbation des chefs du parti libéral, dans Winnipeg, y compris MM. Greenway, Martin et aussi M, Fisher, qui, comme j'ai tout lieu de le croire, était alors président de l'association libérale de la province, L'élection était considérée comme très importante—et comme devant décider du sort du ministère Harrison, car il était connu que l'administration conservatrice avait faibli et on croyait que ces derniers advenunt la défaite de M. Burke seraient forcés de se retirer.

Cette division électorale est connue comme étant un des districts canadiensune de la province. Les électeurs parlant français et appartenant à la religion

catholique romaine forment à peu près les deux tiers de la population, et il était manifestement impossible de remporter l'élection sans le vote d’un grand nombre d'électeurs canadiens-français.

M. Burke avait depuis plusieurs années fait des affaires de commerce dans le voisinage et était bien connu dans le district. Il est lui-même catholique romain venu de la province de Québec, et purle également bien Île français et l'anglais,

Au commencement de la lutte je m'aperçus qu'il y avait une rumeur sérieuse contre le parti libéral, il était allégué par M. Burke et ses amis, que si le parti libéral venait au pouvoir probablement ils interviendraient par la 1égislature dans les droits et privilèges de la population canadienne et catholique de la province se rattachant à l'emploi de la langue française et aux écoles, et parce que j'étais un candidat du parti libéral un appel fut fait aux électeurs canadiens et catholiques pour me défaire sur ce terrain.

Jo n'avais certainement jamais compris ou supposé que la politique du parti libéral tendait à contester ces droits et privilèges, ct j'aurais très décidément été opposé à une telle interventiou; alors je compris qu'à moins de prendre une position décisive sur cette question, il était tout à fait inutile pour moi de continuer la lutte comme candidat libéral.

Cela étant, j'allai voir M. Jos, Martin, alors un des chefs libéraux déjà mentionnés, qui devint plus tard procureur général de la province, et lui exposai la situation, lui laissant à entendre qu'à moins que le parti libéral ne définît clairement son intention de ne pas contester ces droits et privilèges, je ne continuerais certainement pas la lutte. Sur ce, je reçus des promesses satisfaisantes de M. Martin, promettant de ne pas intervenir ‘dans ces droits et privilèges, ce qui me permit de prendre cette attitude devant les électeurs comme étant l’attitude du parti libéral et il en résulta que je fus élu.

M. Martin, lui-même, vint dans le comté pendant la campagne et adressa la parole à certainement une et même deux assemblées auxquelles j'étais présent, et il venait particulièrement pour réfuter les allégations qui avaient été faites par nos adversaires concernant la prétendue attitude hostile du parti libéral vis-à-vis des

sort ivait Dr cés

iensgion tait nbre

ns le nain

euse éral 'oits ant t du aire

arti été O8ir la

Canadiens-français. A une de ces assemblées il nia catégoriquement que l'abolition de ces institutions formait parti du programme libéral dans la province. Ces déclarations et celles que j'avais déjà fuites satisfaisant, je suppose, les électeurs, il s’en suivit qu’ils me donnèrent leurs votes et que je remportui l'élection.

Je n'aurais certainement pas été élu, comme je l'ai déjà dit, si ces déclarations n'avaient pas été faites, et il est aussi hors de doute que ce fut cette élection qui acella le sort de l'administration Harrison et qui contribua à l'avènement au pouvoir de MM. Greenway et Martin,

A l'assemblée dont je me rappelle particulièrement ussistaient M, Martin ainsi que M. Fisher, le président de l'association libérale provinciale, et ce dernier par sa présence semblait confirmer ce que M. Martin avait dit, Dans tous les cas, ces électeurs comprirent que M, Fisher appuyait les déclarations de M. Martin.

J'ai remarqué de temps à autre que depuis la passation de l’Acte des écoles, en 1890, l’on rappelait souvent dans la Chambre et dans la presse les promesses en question, faites à Saint-François-Xavier, par M, Martin. Mon silence sur ce sujet, est dû à ce que la question étant une question légale devant les cours de justice, j'avais cru qu'il était préférable © + ne pas intervenir avant que jugement soit rendu.

Je désire ajouter que ma décision de faire une déclaration publique, n’est pas influencée par mon désir d'aider un parti ou à l’autre, mais pour me montrer publiquement opposé à la suppression des exercises religieux dans les écoles publiques. J'ajouterai aussi, que comme un grand nombre des intéressés m'étaient bien connus et étaient de mes clients, j'ai pensé qu'il était juste de ma part de faire la présente déclaration,

Tout à vous,

Page 1