‹ Plaidoyers dans la cause des écoles du Manitoba [microforme]Chapitre 40 sur 81 · PIÈCE M · texte numérisé non relu

PIÈCE M

Dans l’affairo de l'appel de la minorité catholique romaine des sujets de Sa Majesté dans la province du Manitoba, à Son Excellence le Gouverneur général en conseil, de deux certains actes de la législature de la dite province, étant les chapitres 37 et 38 de 53 Victoria, intitulés respectivement: ‘ Acte concernant le Département de l'Education,” et ‘ Acte concernant les écoles publiques.”

Je, le très révérend Joachim Allard, O.M.I. de la ville de Saint-Boniface, dans la province du Manitoba, administrateur de l’archidiocèse de Saint-Boniface, jure et dis comme suit :—

1. Je fus pendant tonts l’année de Notre-Seigneur mil huit huit cent quatrevingt-huit, le vicaire général du dit archidiocèse de Saint-Boniface, ayant mon domicile dans la résidence épiscopale à Saint-Boniface,

2, Je me rappelle distinctement que pendant la pre partie de la dite année de Notre-Seigneur mil huit cent quatre-vingt-huit, l'honorable Thomas Greenwa que je ne connaissais pas alors personnellement, se rendit à la dite résidence épis’ copale à Saint-Boniface, en compagnie de M, W. F. Alioway, que je connaissais per

sonnellement, et le dit M. Alloway alors me présenta le dit honorable Thomas Greenway; le dit M. (rreenway alors me dit qu'il était venu voir Sa Grandeur l'archevêque personnellement concernant un sujet confidentiel, Sa Grandeur était alors malade et gardait le lit, et j'informai le dit M. Greenway de cela, lui disant que comme vicaire général de Sa Grandeur, je pouvais recevoir toute communication confidentielle et la lui communiquer, et je l’assurai qu’il pouvait compter sur ma discrétion en me faisant toute communication confidentielle qu'il avait à faire et que Sa Grandeur l’archevêque aussi respecterait sa confidence,

3. L'honorable M. Greenway me dit qu’il avait été appelé à former un nouveau gouvernement pour la province ct qu’il désirait le renforcer en ayant dans son cabinet un des membres français de la législature qui serait agréable à l’archevêque; làdessus je répondis que je ne pensais pas que Sa Grandeur consentirait à ce qu'aucun membre français s’unît à la nouvelle administration sans condition et sans entente concernant certaines questions de grande importance pour SaGrandeur, M.Greenway répondit qu'il avait déjà parlé de cela avec ses amis, et qu'il (M. Greenway) était prêt à garantir, sous son gouvernement, le maintien des conditions alors existantes concernant :

(1.) Les écoles séparées catholiques.

(2.) L'usage officiel de la langue française, (3.) Les divisions électorales françaises.

4, Je reçus les assurances du dit honorable Thomas Greenway, tel que susdit, et je lui promis de les faire parvenir à Sa Grandeur l'archevêque, et de plus je lui dis que je croyais que ces assurances donneraient à Sa Grandeur très grande satisfaction, Le dit honorable Thomus Greenway, alors proposa de revenir .e lendemain, pour recevoir une réponse au sujet de la nomination du membre français de son cabinet; mais je lui dis que je ne le soumettruis pas à ce désagrément, que je le rencontrerais dans ce but, à Winnipeg, le lendemain; et il fut alors entendu entre lui et moi que cette rencontre aurait lieu dans le bureau de M. Alloway à neuf heures le matin suivant, Ceia termina ma première entrevue avec le dit honorable M. Greenway.

5. Durant tout le temps qui s’est écoulé depuis la présentation de M. Greenway jusqu’à la fin de la dite entrevue telle que mentionnée ci-dessus, et son départ de la dite résidence ce jour-là, M. W. F. Alloway fut personnellement présent et entendit tout ce qui se passa entre le dit honorable M. Thomas Greenway et moimême, comme ci-dessus raconté par moi. Comme je l’avais promis, je me rendis le dit jour de l’entrevue auprès de Sa Grandeur dans sa chambre, et lui fis un rapport exact et fidèle de ce qui s'était passé à la dite entrevue,

6. Sa Grandeur exprima sa satisfaction et me chargea de répondre à l’honorable Thomas Greenway qu’il ne susciterait pas d'obstacle à son administration, et que je pouvais lui dire que Sa Grandeur n'aurait aucune objection à l’entrée dans son nouveau cabinet de M. Prendergast comme roprésentant français, et Sa Grandeur me pria particulièrement de témoigner à M. Greenway la satisfaction que lui avait causé l’assurance donnée et la promesse à moi faite par le dit M. Greenway.

7. Le lendemain matin, tel que convenu, je me rendis au bureau de M. Alloway, à Winnipeg, où je rencontrai de nouveau le dit honorable Thomas Greenway à qui je communiquai le message que m'avait confié Sa Grandeur comme il est dit ci-defsus, et M. Greenway alors m'exprima sa gratitude personnelle pour le dit message et l'attitude de Sa Grandeur, et il m’assura que son gouvernement serait fidèle à Sa Grandeur ; et ensuite il me répéta de nouveau en termes formels l'assurance que :

Premièrement.—Les écoles catholiques séparées ;

Deuxièmement.—L'usage de la langue française ;

Troisièmement,—Le nombre de collèges électoraux français ne seraient pas changés sous son administration,

8. J'avais promis de ne pas violer la confidence de l'honorable M, Greenway en: dévoilant les dites promesses et assurances. Mais les dites assurances ont $té niées par M. Greenway dans la législature, de même qu’il en avait violé les tormes aupavant, ot n'eût été sa dénégation de telles promesses et ses fausses déclarations de ce qui avait eu lieu, je ne me serais pas cru en liberté de ‘e dévoiler.

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