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100, Ainsi donc la population catholique romaine était de 20,000, dont 11,000 étaient Français, ia plupart d'eux dans un seul district, pour lesquels le système en force— j'imagine que je ne me trompe pas—était pratiquement le système des écoles de Québec, la langue française étant enseignée par des instituteurs qui ne comprenaient pas la langue anglaise, IL y avait 15,000 Mennonites, parlant leur propre langue, demandant un système d'écoles séparées, et d’après ce que je puis voir, avec autant de droits d'avoir l'argent public approprié à leurs écoles que les Français, Il y avait un grand nombre d’Islandais avec lesquels il semble y avoir eu beaucoup de difficultés d’après le passage que je viens de lire de M; Bryce. D'autres éléments venaient remplir la province. Le désir de la législature provinciale étaient de faire disparaître l'ignorance chez le peuple, et d’en faire un peuple canadien ct manitobain, non français ou mennonites, ni polonais ou juifs polonais, Ainsi donc ce système d'écoles fut adopté. Etait-il si insensé qu'il doit être aboli, et remplacé par an système hostile à l'intérêt du public?
Hon,. M. Drorkey.—S$i vous avez fini avec les chiffres concernant les Français, puis-je demander si, à l'égard des Mennonites, Polonais et ainsi de suite, vous êtes d'accord avec l'opinion du Conseil Privé que ce jugement n'établit pas de droits pour eux ?
M. MoCarTuy.—Sans doute; je ne parle que de la question des écoles,
Hon. M. Drokey.—La discutant sur des principes de convenance ?
M. MoCarrTHY.—Oui,
Hon. M. Dioxey.—Admettez-vous que ces minorités sont dans une position différente ?
M. MoCarruy.—Oui; ils n’ont auenn droit de venir iei se plaindre—il n’y a aucun doute là-dessus. Je désire dire, et cela ne peut être répété trop souvent, que dans la distribution des pouvoirs législatifs entre ie Dominion et les provinces la question d'éducation est cédée aux provinces, et cela pour de sages et de bonnes raisons. Le fait que ce corps est revêtu du pouvoir de rejeter et d'imposer une loi sur les provinces n'empêche pas le Conseil de considérer ce qui sorait plus sage et meilleur pour la population du Manitoba, Vous n'êtes pas, j'espère, pour restreindre ou dégrader la province du Manitoba afin de satisfaire la province de Québec? Vous réglez les droits du peuple en vertu de l'autorité législative qui vous a été accordée pour le bien de la population sous votre gouverne et non pour le bénéfice d'aucun autre. C’est donc une matière sérieuse, à mon point de vue, que d’abroger une loi qui a été solennellement adoptée, Je désire rappeler à votre mémoire une cause touchant le pouvoir de désaveu en matière d'éducation, Je désire fortifier ma position en recourant à l’histoire des temps passés, Les rapports et l’histoire démontreront que tout ce qui existait là était opposé à toute intervention en matière d'éducation, Comment se fait-il que la majorité parlementaire composée une fois de la droite et une fois de la garcne de la Chambre, se sont toujours opposés à intervenir dans une loi réglant l'éducation. On dira, peut-être, que c'était parce qu'ils n'aimaient pas intervenir dans les droits provinciaux, mais cela n’est pas une réponse satisfaisante dans tous les cas, parce qne des hommes dans la vie publique, qui n'avaient aucun scrupule sur la question abstraite des droits provinciaux ont appuyé ces résolutions, et nul de meilleur cœur que le président lui-même (Sir Mackenzie Bowell), contre aucune intervention en matière d'éducation, Etait-ce parce qu'on trouvait la question trop délicate pour y intervenir ? Etait-ce parce que la matière était purement d’un intérêt local? Je vais seulement vous donner les faits et vous permettre, messieurs, qui êtes aussi compétents que moi et même plus, d'en tirer une conclusion. Le ministre äe la Marine et des Pêcheries souleva cette question en 1872, et la poussa en avant, Vous trouverez sa résolution à la page 35 des journaux de 1872.
Sir Mackenzie BoweLL.—C'esi la cause du Nouveau-Brunswick,
M, MoCarTHY.—Oui.
Sir CHARLES Hisserr Tupper.—kKlle fut soulevée durant plusieurs sessions,
M. McCarray.—Oui; je vais tracer les résolutions pour démontrer la délibération avec laquelle la question fut traitée, et cela, nonobstant le regret sincère exprimé par la majorité en parlement que la loi ait été adoptée, cependant une formidable majorité jugea plus convenable de ne pas intervanir,
Sir MAOKENZIE Boweiz.—Cela ce rapporte à une province dans laquelle ils n'avaient ni par loi ni par usage aucuns droits aux écoles séparées.
M. McCarruy.—Cela traitait une question dans laquelle la province avait le droit d'adopter la loi.
Sir CHARLES Hi8Berr Tuprer.—1I! n’y avait jamais eu d'écoles séparées.
M. MoCarry.—C'était un point disputé dans ce temps-là si les droits des catholiques romains avaient été enfreints. Le Conseil Privé décida plus tard que l’acte n'était pas une violation des termes de l’Acte de l'Amérique Britannique du Nord.
Sir MACKENZIE BoweLz.—Mais ici vous parlez d’une cause dans lagvelle le Conseil Privé dit que des droits ont été enfreints.
M. MoCarrTay.—Je vais essayer d'appliquer le cas que je soumets,
« Hon. M. Cosriaan.—Si vous citez lu résolution du parlement pour démontrer le sentiment du parlement et la délicatesse avec laquelle les droits des provinces ont été traités, vous devriez aussi, avant de finir, référer au vote de 1873,
M. McCarray.—C'est là mon intention, Dans ce temps-là le gouvernement de Sir John Macdonald était au pouvoir, et vous étiez un partisan de ce gouvernement, Je vais démontrer qu’elle fut reçue et décidée quand M. Mackenzie était au pouvoir,
S'il n'ya aucune chance que je finisse, il serait peut-être plus convénient d’ajourner ici,
Le Conseil s’ajourne jusqu’à 11 a.m. demain,
OTTAWA, 6 mars 1895, Le Conseil Privé se réunit à 11 a.m.
Présents:—$Sir Mackenzie Bowell, Sir Adolphe Caron, l'Hon, M. Costigan, Sir Charles Hibbert Tupper, l'Hon. II. Foster, l'Hon., M. Haggart, l’'Hon. M, Ouimet, l’'Hon. M. Daly, l’Hon. M. Angers, l'Hon. M. Ives, et l'Hon, M. Dickey
M. MoCarruy.—Je vois que le ministre de l'Intérieur était dans l'erreur en disant qu'il n’y aveic pas un sous-distnct de recensement de Brenda dans son comté de Suikirk, Je ne sais pas s’il existe encore sous ce nom, mais vous trouverez dans le recensement d’où j'ai pris les chiffres que j'ai cités, qu'il y a un sous-district de recensement connu sous le nom de Brenda,
Hon. M. Dazy.—Il y avait un endroit de ce nom.
M. MoCarray.—Je veux dire qu'il était dans le recensement tel que je l'ai donné quand j'ai cité les chiffres, démontrant le nombre des catholiques romains dans les divers districts dans lesquels ils comptaient plus que 200,
Hon. M. Dazy.—Lu raison pour laquelle j'ai soulevé la question à ce propos était que la municipalité a été biffée, et je pensais que peut-être vous citiez du recensement avant 1891, alors que la municipalité existait,
M. MoCarruy.—Je ne sais pas si ces sous-districts de recensement sont supposés être des municipalités où non.
Hon. M. Dazy.—Elles le sont,
M. MoCarray.—Alors, cela ajoute de la force à mon dire, Si ces endroits sont des mun;..,.alités, vous verrez combien il serait impossible pour 200 persouses dispersées sur un grand township, de s'organiser pour former des écoles de quelque efficacité. Je vous ai donné les différents sous-districts, 12 sur 73, qui ont une population de plus de 200 catholiques romains, È
Hon, M. Dary.—Vous devez faire une distinction entre townships et municipalités, Un township n’a que 36 sections.
M. MoCarray.—Quelle dimension a une municipalité ?
Hon. M. DALy.—Quelques-unss ont six townships et d’autres neuf,
M. MoCarruy,—Cela la fait encore plus étendue et ajoute davantage à la force de mon argument,
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Sir MAOKENZIE BowELL.—Est-ce que ce ne serait pas un village,
M. MoCarray.—Quand il y a un village il est cité comme tel. Par exemple, Morden est un village et il est ainsi marqué ; Virden est un village et il est ainsi marqué,
M. McCartay.—M. le Président, si vous voulez me permettre de revenir un peu sur mes pas, je crois, sur réflection, que je puis adopter un moyen qui abrégera mon argument et empêchera des redites jusqu’à un certain point. J'avais en partie disposé du système d'éducation etavais essayé de démontrer que la première question a été considérée par ce bureau—si je puis me permettre d'appliquer à ce Conseil le nom qui est appliqué au comité judiciaire—est la question générale des écoles séparées contre les écoles nationales, Je ne vous fatiguerai pas en répétant ce que j'ai dit hier sur ce point. Le ministre des Travaux publics (l'honorable M. Ouimet) m'a demandé et je lui ai promnis de lui donner aujourd’hui une définition de ce que j'entendais par les écoles nationales, et il vaut peut-être aussi bien que je la donne maintenant qu'à une autre phase de la discussion. Quand j'ai parlé d'écoles nationales je voulais dire des écoles communes et convenables à toute la population, Ceserait un système d'éducation nationale, et pourrait peut-être être combiné avec un système confessionnel si toute la population y consentait. Comme de raison cela ne pourra jamais se pratiquer dans ce pays; nous ne pouvons jamais avoir des écoles nationales qui seront en même temps des écoles confessionnelles, Appliquant mes observations à la question qui nous est soumise je voulais dire un système d'écoles nationales qui pût raisonnablement et justement être accepté par la population comme un tout, et je soumettrai qu’un système non-confessionnel ou même séculier s’il était jugé préférable, pourrait être considéré et traité comme un système d'éducation nationale. Contrasté à cela est le système comprenant ce qui était connu sous le nom d'écoles séparées, mais qui était en réalité ni plus ni moins que des écoles religieuses—des écoles religieuses catholiques romaines. Elles sont appelées des écoles séparées, parce que c'était le terme en usage en rapport avec le différend soulevé dans la province d’Ontario, mais comme matière de fait, elles sont des écoles religieuses. Nous savons cela en Angleterre—ou peut-être nous ne le savons pas, mais nous pourrions le savoir, le fait étant public— qu'il y a des écoles religieuses qui existent appartenant à l'Eglise de l'Etat, qui avaient existé comme écoles paroissiales ou religieuses longtemps avant que M. Forster présenta son Acte d'éducation, et qui se rapprockaient plus ou moins directement du système d'éducation de ce pays. Mais il est impossible pour nous de baser notre système sur celui de l'Angleterre, parce que là il y a une Eglise d'Etut que nous savons être attaquée par une grande proportion de la population et sur laquelle le gouvernement actuel se prépare à commencer une attaque dans la principauté de Galles, où l’église a peut-être moins le moyen de se défendre que parmi le peuple anglais, parce que là la grande majorité appartient à ce qu'on appelle les corps dissidents et non à l'Eglise de l'Etat. Ainsi vous avez ici le contraste pratiquement entre le système adopté au Manitoba—parce que je suis prêt à accepter cela comme un exemple des écoles nationales sous le système d'éducation non confessionnelles d'un côté, avec le système d'écoles religieuses de l’autre, Aïnsi si vous voulez me comprendre comme parlant d’un système d'écoles nationales, comme signifiant un système d'écoles non confessionnelles comme celles que nous avons dans l'Ontario et le Manitoba—parce qu'ils sont pratiquement identiques—et si vous voulez comprendre le système soutenu par mon savant ami comme un système d'écoles séparées ou religieuses, je crois qu’il n’y aura aucune difficulté pour nous de suivre les différentes lignes d'idées que ces systèmes suggèrent, Maintenant, en sus de ce que j'ai dit à l'égard de l'avantage découlant du système d'écoles nationales, un système scolaire qui est accepté par la masse du peuple et qui est ouvert à tout le peuple, je crois que si vous consultez les statistiques du monde entier vous trouverez que l'ignorance règne dans ces pays où les écoles religieuses gouvernent, et qu'il y a une absence d'ignorance où les écoles sont séparées de l'Eglise et hors de son contrôle, mais sous le contrôle de l'Etat et dirigées d’après un système non-confessionnel., J'’invite l'attention du bureau sur cette déclaration. Je crois qu'on trouvera par tout le continent de l'Europe que ces pays où l'Eglise a le plus de contrôle— prenez comme exemple l'Italie—l’ignorance règne plus (lu disproportion est dans
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certains cas énorme), que dans les Etats protestants, non parce que l’un est protestant et que l’autre est catholique, mais parce que dans les Etats protestants, généralement parlant, le système d'éducation est national, non confessionnel ou séculier, selon le cas; le but principal dans les autres pays étant non l'éducation, mais l’enseignement des doctrines et dogmes de leur religion, Ainsi, tout corps législatif qui a été chargé de la responsabilité de déterminer si les écoles devraient être nationales ou religieuses a été forcé d'arriver à la conclusion que les écoles nationales sont les meilleures des deux. J'invite votre attention au système des écoles en Suisse, et aussi au système en Belgique, où, bien que la grande majorité du peuple soit catholique romain, les écoles sont non contessionnelles ou séculières, En Italie vous trouverez que le résultat de leur système scolaire était de laisser le peuple dans un état d'ignorance désespérante jusqu’au récent changement, Vous trouverez la même chose en Irlande comparée à l’Ecosse ou l'Angleterre, Je vous soumettrai quelques statistiques que je n'ai pas eu le temps de vérifier moi-même, mais qui ont été compilées avec soin et sur lesquelles on peut se fier, Ces chiffres, je crois, démontreront que mes observations sont appuyées par des faits.
Sir CHarzes HiBBerr Tupper.—Vous basez-vous sur le degré de religion enseigné dans les écoles, ou sur le fait que la religion y est enseignée du tout ?
M. McCarray.—Je ne me base pas sur la question que la religion y soit ou non enseignée, mais sur le résultat de l'instruction religieuse comparé à l'instruction séculière.
Sir Caarzes HigBerr Tupper.—Ainsi vos observations ne sont pas dirigées sur aucune forme de religion ? n
M. MoCarruay.—Je ne veux pas parler dans des termes irrespectueux d'aucune religion. Cela n’a jamais été mon habitude, et je n'adopterai certainement pas ce système en parlant ici pour la province du Manitoba..
Sir UnarLes HigBerr Turper.—J’espère que ma question n’a pas suggéré cela, Mais laissez-moi la faire suivre d’une autre question: Etes-vous en faveur de bannir toute religion des écoles ?
M. MoCarruy.—Parlant pour moi-même, certainement que non.
Sir CHaRLes HiB8ErT TuPper.—Mais parlant à l'appui de cet argument.
M, MoCarray.—Je comprends que Ia province du Manitoba n'approuve bas le fait de bannir la religion des écoles, que la grande majorité du peuple du Manitoba croit que les écules ne devraient pas être séculières.
Sir CHaRLes H1iBBERT TUPPER.— Ainsi c'est une question de latitude donnée à la religion ?
M. MoCarruy.—Une question de latitude comme vous le dites, mais aussi une question qui doit être soit réglée ou dirigée par l'Etat ou réglée ou dirigée par l'Eglise. 11 y a deux systèmes antagonistiques, et la question est lequel atteindrait mieux le but que l’Etut a en vue, l'éducation du peuple, L'Etat n’est pas intéressé dans l’enseignement d'aucune forme de religion, muis il est intéressé à faire des citoyens capables et intelligents, et à leur donner une éducation suffisante pour atteindre ce résultat,
Hon. M. Dickgy.—D'après vous, quelles sont les garanties dans l’école d'Etat de la plus grande efficacité ?
M. MoC: ray.—Je ne puis vous le dire. Je n’ai pu consacrer de temps à ce sujet et durant se plaidoyer j'ai regretté que |: province n'ait pas eu le temps d’envoyer un professeur qui aurait pu parler en expert sur ces matières. Je ne parle que des résultats. Je ne puis donner les raisons pour les résultats, mais je trouve cela universellement admis que dans les écoles qui sont sous le contrôle de l'Eglise, les personnes n’ont pas une aussi bonne instruction ou n’ont pas autant de connaissances générales que dans les pays où les écoles sont entièrement sous le contrôle de l'Etat.
Hon. M. Dioxey.—Est.ce que ces statistiques que vous citez indiquent d'une manière quelconque le degré et l'étendue de contrôle et d'inspection ?
M. McCarruy.—Non, pour celu vous avez à étudier le système même, Si vous prenez les statistiques que J'ai ici vous seriez étonné des résultats qu’elles indiquent,
Hon. M. Ouruer.—D'après votre propre connaissance ou toute opinion que vous pouvez avoir, est-ce que le système qui existe actuellement dans le Manitoba est entièrement séculier ?
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M. MoCarrTayr.—Non.
Hon. M. Ourmer.—Quelle sorte d'instruction religieuse est enseignée ?
M. MoCarruÿ.—Je vais parler de cela, Mon savant ami l’a traitée, et il sera de mon devoir d'essayer d'effacer les méprises qui pourraient survenir de ce qu'il a dit.
Hon. M. OuimMer.—Je crois que vous avez démontré que vous croyiez que nul argent public devait être payé pour la propagation d'aucun dogme religieux,
M. MoCarray.—C'est là la distinction ; si vous voulez m'excuser, (‘e que disent les citoyens du Manitoba c’est qu'ils ne sont pas justifiés en payant pour la propagation de la foi méthodiste parce qu’elle diffère de la foi presbytérienne ou catholique romaine ; ils ne sont pas justifiés en propageant les doctrines de l'Eglise presbytérienne, de l'Eglise d'Angleterre ou aucune autre; mais comme la plus grande majorité du peuple de ce pays croit en Dieu, parce qu'il y a des principes communs jusqu’à un certain point à toutes les Eglises--comme de raison les agnostiques différeraient entièrement, les juifs ne peuvent accepter notre religion, et ainsi de suite—mais tant que la foi religieuse est tenue en commun, par la masse du peuple, nous permettrons une forme de prière que tous ou presque tous pourront se servir. Mais même ceci est fort protégé par une clause de conscience qui permet à tout parent qui objecte à aucune forme d'exercice religieux de retenir son enfant durant le temps de cet exercice. Votre point de vue, si je puis me permettre de le dire—comme de raison je n'ai aucun moyen de le savoir autrement qu'il a été exprimé publiquement—est que
l'enseignement de votre religion, de foi catholique romaine, dans les écoles supportées par l'argent public, est tout à fait justifinble, Mais, si c’est le cas, les pres-
bytériens auraient le droit pareillement de demander une école séparée pour l’ensei-
gnement de leur religion, ainsi que la mienne, ainsi que les méthodistes, et ainsi de
«“ suite, Mais si tous nos droits exclusifs sont reconnus de cette manière et s’il est impossible qu’un système d'écoles séparées puisse exister, donc nous devons renoncer
à l’accomplissement de nos droits extrêmes et s’accorder sur quelque chose en commun pour nous tous, et ce que j'espère établir avant de finir c’est que les catholiques romains ont démontré par l'expérience et la pratique qu'ils peuvent accepter et qu'ils l’acceptent même de préférence à leur propre système, les facilités d'éducation
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le étant meilleures que dans les écoles religieuses. Je démontrerai que cela est le a résultat pratique, et je puis dire que c’est un résultat autorisé par Sa Sainteté de
| Rome lui-même. Ainsi done la minorité dans le Manitoba qui s'oppose à ce système a doit être plus catholique que le Pape. Maintenant je vais vous donner les chiffres
dont je parl: Comme je dis, ils n’ont pas été compilés par moi, mais je les ai pris sur l'assurance du Procureur général, que je représente, qu’ils ont été compilés avec soin et sur lesquels on peut se fier :
‘ Le recensement des Etats-Unis pour 1880 indique que de la population totale
au-dessus de l’âge de 10 ans seulement 9°4 pour 100 ne pouvaient pas écrire. Dans
Victoria, en 1881, 924 pour 100 de la population de l’âge de 15 ans et plus pouvaient
’ lire et écrire, et seulement 34 pour 100 étaient ignorants. En Angleterre, durant
l’année 1890, seulement 7°2 pour 100 des hommes et 83 pour 100 des femmes signèrent
par marque dans le registre de mariages, En Ecosse seulement 4:30 des hommes et
1:38 des femmes signèrent par marque dans le registre de mariages en 1889. Ce
ont des pays où le catholicisme romain et ces méthodes d'instruction ne sont pas
dans l'ascendant, Retournez-vous que pour un moment et jetez un regard sur l’igno-
rance prédominante dans les pays où les catholiques romains sont nombreux et plus
ou moins suprêmes. Tandis qu’en Ecosse, en 1886, sur un vote total inscrit de 447,588,
7,708 ne savaient pas lire, en Irlande, dans les mêmes années, sur un vote de 450,906,
98,404, ou à peu près 14 fois autant de voteurs en proportion étaient incapables de
lire ou d'écrire. En Italie, où les catholiques romains avaient 51 archevêques, 225
évêques, 53,263 églises et chapelles, 76,560 prêtres paroissiens ct 28,991 personnes
religieuses pour aider à éclairer le peuple, pas moins que 53:89 pour 100 des hommes
et 79:93 pour 100 des femmes étaient, dans l’année 1881, incapables de lire et d'écrire.
l En Espagne, où le catholicisme romain était la religion établie et les protestants n'osaient pas proclamer un service religieux—"”
Cela n’est pas exactement la vérité maintenant, parce que vous vous rappellerez que Lord Plunkett essaya d'étublir une branche de l’église d'Irlande et créa une grande agitation à ce propos
où il y avait en 1884, 32,435 prêtres, 14,592 sœurs, 78,564 églises, et 1,684 moines, 30:64 pour 100 des hommes et 41:37 pour 100 des femmes n'étaient même pas capables de lire lorsque le recensement fut pris en 1887. Dans le Portugal et ses Îles, où la religion de l'Etat est le catholicisme romain et les protestants n’excèdent pas 500 en nombre, le nombre des habitants ignorants en 1878 était 3,851,774, ou 82 pour 100 de la population totale y compris les enfants, Tous les chiffres ci-haut et plusieurs d'autant d'intérêt pouvent être trouvés dans le Statesman's Year Book de 1892 et ne peuvent être mis en doute.”
Permettez-moi d’ajouter à cela la déclaration que ces écoles séparées dans la province du Manitoba—je parle maintenant de l’année 1890 quand l'acte abolissant le système des écoles séparées fut adopté—n'étaient ni plus ni moins que des écoles françaises, Ils en parlent ainsi même aujourd’hui, L’enseignement était entièrement dans la langue française, et d’après la déclaration de M. O’Donohue que vous avez entendue hier, les instituteurs français—avec peutêtrs telles exceptions qui prouveraient simplement la règle—ne comprenaient pas rn mot d'anglais. La même difficulté se présenta donc à la population du Manitoba qui souleva il y a quatre ou cinq ans la province comme elle n'avait pas été soulevée depuis plusieurs années, celle d’un système d'écoles françaises qui, contrairement à l’Acte des écoles était en usage dans le comté attenant à la province de Québec. Afin de faire face à cette difficulté, comme vous savez, le gouvernement de sir Oliver Mowat ordonna une inspection et ensuite adopta une série bilingue par laquelle on espérait que l'anglais serait graduellement introduit, parce qu'il est tout à fait impossible qu’un Français qui ne comprend pas un mot d'anglais, puisse enseigner des enfants dans la langue anglaise. Cela, que ça réussisse ou non, est l'essai fait dans la province d’Ontario de résoudre le problème qui se présente par la surabondance des gens parlant français de la pro: vince de Québec dans les cointés voisins d’Ontario. A présent voyons, d’après nos propres statistiques, quel a été dans la province de Québec, le résultat de leur système d'enseignement, Je cite du dernier Annuaire statistique de 1893. Je vous prie de regarder la table à la page 168, où vous trouverez des preuves que la province de Québec, dont le système d'enseignement était partiellement en opération dans la province du Manitoba, apparaît en tout point le plus bas parmi les provinces dans l'échelle de l'éducation. Cette table est préparée par autorité officielle, La première donne les chiffres indiquant la position relative des provinces, quant aux enfants au-dessous de dix ans, capables de lire. A cet égard la province de Québec est classée comme la plus basse, L’Ile du Prince-Edouard est la première, Ontario deuxième, Nouvelle-Ecosse troisième, Manitoba quatrième, Nouveau-Brunswick cinquième, les Territoires du Nord-Ouest sixième, et Québec septième. Dans la table se rapportant aux enfants entre l’âge de dix et vingt ans capables de lire, Ontario premier, Manitoba deuxième, l'Ile du Prince-Edouard troisième, Nouvelle- Ecosse quatrième, Nouveau-Brunswick cinquième, les Territoires du Nord-Ouest, sixième et Québec septième. Il n’est pas nécessaire de vous importuner avec tout ceci, mais en général je puis dire que Québec est septième sur chaque liste de ces états excepté deux—la table indiquant la proportion des femmes entre dix et vingt capables de lire, et celle indiquant la proportion des femmes entre dix et vingt capables d’évrire,—et dans celles-ci Québec est sixième, étant au-dessus des Territoires du Nord-Ouest, mais au-dessous de toutes les autres provinces. Ainsi nous voyons que le système qui existait partiellement dans la province du Manitoba, mais
ui fut changé par la législature, qui fut proprement chargée de la direction des affaires d'éducation, est démontré être le plus efficace qui existe par toutes les provinces du Canada. Maintenant si ce Conseil est d’opinion—car je ne sais pas quelle peut être l'opinion du Conseil, bien que je puisse en avoir un soupçon, mais non pas en faveur de la province du Manitoba—qu'un système d'écoles nationales est le bon, j'espère qu'ils laisseront continuer ce système dans ce cas-ci, Je ne dis pas que cela ne pourrait être possible, que les écoles nationales sont meilleures que les écoles
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