VI PRÉFACE
la pensée et aussi cette voix, pleine d'harmonie, tantôt énergique et puissante, tantôt douce et caressante, qui toujours vous captivait, cette charmeuse enfin qu'on ne saurait oublier quand on l'a entendue.
Pour ceux qui ont assisté aux grands drames judiciaires de notre époque, ces plaidoiries ne seront qu'une pâle reproduction de cette éloquence si dramatique, qui allait au cœur de tous ; le souvenir qu'ils en ont gardé les aidera à les faire revivre.
Les autres n'auront-ils pas quelque plaisir à surprendre les secrets de cette stratégie habile, qui permettait au grand orateur de présenter avec un art si parfait les arguments utiles à la défense et en la place qui convenait le mieux pour leur donner toute leur valeur; n'auront-ils pas là, aussi, l'occasion d'admirer cette logique puissante, tille du bons sens, qui savait résoudre les difficultés les plus grandes avec le seul raisonnement?
Lachaud a plaidé pendant plus de quarante années ; et tout jeune, à l'âge où dans notre génération affaiblie on n'est encore qu'un enfant, il était déjà un homme célèbre. Il a plaidé en Algérie, en Belgique, en Egypte. Les ministres de la Reine d'Angleterre ont voulu lui confier la défense des intérêts de leur pays dans le grand procès fait à l'Amérique au sujet de VAlabama et jugé par un tribunal international. Le patriotisme de l'un des ministres les a seul empêchés de donner suite à leur projet. Un intérêt anglais, disait-il, doit être défendu par un Anglais, et la cause fut confiée à un des grands avocats de l'Angleterre. >!•= Lachaud a plaidé pendant ce long temps sans défaillance ; sa réputation et sa gloire ont toujours été en grandissant.