‹ Plaidoyers de Ch. LachaudChapitre 3 sur 21 · PRÉFACE. VII · texte numérisé non relu

PRÉFACE. VII

Il est ainsi devenu le premier parmi les premiers, si bien que M" Oscar Falateuf, bâtonnier de l'ordre des avocats de Paris et un des jeunes que le maître aimait pour son esprit et pour son talent, a pu s'écrier dans son discours d'ouverture de la conférence des stagiaires au lendemain de la mort de Lachaud :

« Et le jour où il a disparu, si la Providence lui a « permis de percevoir encore les choses de la terre, '< Lachaud a pu, en mesurant la place ([u'il avait occupée « parmi les hommes de sa génération, se dire non sans « un légitime orgueil : Je laisse un vide !

« En est-il beaucoup qui pourront en dire autant ! »

Lachaud en effet était devenu une puissance; il était, si l'on peut parler ainsi, l'incarnation de la défense et de la protection des accusés, mais de la défense en ce qu'elle a d'honnête et de juste. Cette honnêteté était une de ses forces.

Soumis à la loi générale qui veut que pour avoir une grande action sur les autres, l'homme doit luimême croire fortement à quelque chose, à l'amour, à la politique, à la patrie, qu'il doit enfin avoir une passion au cœur, Lachaud avait lui aussi une passion, il aimait sa profession. Il aimait la lutte à l'audience pour y défendre l'accusé innocent dont il fallait faire triompher l'innocence et pour y protéger le coupable contre les sévérités de la justice et les ardeurs de l'opinion publique. Aussi dans son client il ne voyait qu'un homme malheureux qu'il fallait protéger contre tous, souvent contre lui-même, et, s'inquiétantpeu qu'il fût puissant, riche ou pauvre, il s'identifiait à lui et l'aimait.

La nature, quelquefois généreuse pour ses enfants,

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