‹ Plaidoyers de MM. Hamel et Lacoste devant le Comité de bills privé s en faveur l'Université Laval les 20, 21, 27 et 28 mai 1881 [microforme]Chapitre 1 sur 10 · Plaidoyers de MM. Hamel et Lacoste devant le Comité de bills privé s en faveur l'Université Laval les 20, 21, 27 et 28 mai 1881 [microforme] · texte numérisé non relu

Plaidoyers de MM. Hamel et Lacoste devant le Comité de bills privé s en faveur l'Université Laval les 20, 21, 27 et 28 mai 1881 [microforme]

J'aurais pu être plus court que je ne le serai effectivement, si l'on s'était contenté de traiter la question à son mérite, Mais il me faudra bien suivre un peu mes savants adversaires sur leurterrain. Il s’agit ici d'un bill par lequel on demande à la Législature de nous permettre d'aller enseigner à Montréal, supposant que nous n’ayons pas ce droit là par la Charte. J'aurais pu établir la convenance du bill d'une manière très simple, mais on avouera (du moins, ceux qui ont entendu les plaidoyers en faveur de l'Ecole), que de temps en temps nous avons pu être maltraités; et puis, il me faudra relever de nombreuses inexactitudes qui sont de nature à nous faire dommage, sans que j: prétende pourtant les relever toutes, ce qui m'entrainerait trop loin. J'ai d'autant plus de raisons de parler ici, que tout le monde nous rendra cette justic : que si, comme on nous l'a dit, nous avons élouffé la discussion, nous avions tout à y perdre puisque nous ne pouvions répliquer, et qu’en réalité le public ne connait la question que d'un côté. Nous sommes donc plus intéressés à ce que la discussion se fasse publiquement que nos adversaires ; nous avons tout à gagner à ce que les faits soient connus parfaitement. D'ailleurs si je suis avocat ici, je suis aussi quelque peu accusé ; je désire sortir le moins noir possible de tout cet amoncellement d’épithètes dont J2 suis chargé dans le Mémoire de l'Ecole. Ce Mémoire fait partie, je crois, du dossier de la cause,

Pour mettre un peu d'ordre dans ce que j'ai à dire, je veux suivre l’ordre chronologique des faits,

L'Université Laval a été établie pour tous les catholiques de cette Province, La charte a été accordée: sur le principe que déjà, dans la Province, existaient d’autres universités pour d’autres dénominations reli. gieuses, D’après ce principe, les autorités civiles ont fait droit à notre

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demande en disant qu'il était juste que le corps nombreux des catholiques eût son université, puisqu'il y avait déjà d'autres universités du même genre ; seulement on n'a jas voulu la restreindre aux catholiques d'une localité, elle a été accordée pour tous les catholiques de la Province de Québec, Je pourrais mème dire pour l'ancienne Province Unis du Canada parce 4q:e la requête a été signée par les Evèjues des deux Provinces de Québec et d'Ontario,

Cette université a été soliicitée par le Séminaire de Québec et par NN. SS, les Evèques. Les documents (on me permettra d'en citer) établiss-nt d'abord que Mgr Bourget en fut le premier promoteur, Comme ceci a été accorde par les opposants je 13 regarde comme concédé. Mais le Séminaire de Québec n'a pas cru devoir se charger de cette universilé du premier coup; il a pris du temps, et il a voulu étudier la question et prévoir ce qui pouvait arriver. Voici quelques documents qui établissent ce fait.

Lorsque, en mars 1851, Mgr Bourget eut écit à Mgr Turgeon, Arch. de Québec : « N'est-il pas certain que le Séminaire de Québec serait, plaudentibus oninibus, choisi pour être l'Université catholique de notre Amérique Britannique ? » le Séminaire de Québec, sur les instances de Mgr Turgeon, délibéra sur cette importaute question et adopta la résolution suivante, le 4 avril 1851 :

« Que le Séminaire partage les craintes exprim'es par Mgr de Montréal, et aussi Son Opinion quant aux résultits qu'aurait la créution d'une universie ca holique ; que pour ce qui le regarde, tout ce qu'il peut dire pour le present, c'est que NN. Ss les évêques le trouveront toujours dispose à faire Ce que pourra exiger de lui Je bien de la religion et du pays. »

Un an se passa. Le premier Concile Provincial de Québec eut lieu au mois d'août de cette année, Le Séminaire de Québec avait espéré qu'il y serait question du projet d'université. Mais il n’y eut qu'un mol faisant partie du 15e décret comme suit :

“ Nous ferons notre possible pour que les catholiques, conformément à leur droit, jouissent de leurs ecoles propres, aussi bien que de leurs collèges et de leurs universités.”

Remarquons qu+ ces parolos, si sauvent citées contre les prétentions de Laval, ont été écrites avant qu'aucun pourparler eût été fait pour l'érection de l’Université Laval,

Le 20 mars 1852, sur une nouvelle instance de Mgr l'Archevèque Turzeon, le Supérieur du Séminaire de Québes, M. L.-J, Casault, charçé de répondre, le fit par la lettre suivante, tès significative, comme on va le voir :

«20 mars 1852, # MONSEIGNEUR,

« Après avoir fait tout ce que nous crayions nécessaire pour obtenir les ininières du ciel, nous avons pris hier en sérieuse consilération le projet d'esiger le Séminiire en Universite, el j'ai ete chirgé de rendre compte à Votre Grandeur di resta Lalie notre délibération

“fous les lirecteurs du Sémiuaire soit persua lés que l'exis'ence d'une Univ rsite Catholique dans le pays serait une chose excellente pour ia gloire de Dieu, mais ils ne sont pas aussi sûrs que le bien de la religion et celui de noire maison demain ient que ce soit ie Seminaire de Québec qui devienne e-tte Universite, Is ne peuvent se cacher qu'aves des moyens pocuniai es assez bornes, un p rso: nel insuflisant même pour l'œuvre dont ils sont maintenant chargés, il leur serait imposable, d'iei à bien longt'nps, sans une, rotection toute particuiière de Dieu, de remplir les devoirs que leur imposerait le grand nom d'U iversite, De plus, si le projet s'effectue, ils 1: satent, ce ne sera qu'avee une grande opposition: des interèts rivaux se croiront lé-és; la preference accordée an Semninaire sur les autres Collèges du pays froissera € rlains sentinents d'amibé et de reconpuissance»: entin, des interèts de localite feront qu'il n'y aura peut-être que les ctoyens de Qaébes qui estimeront FÜuiversite bien p'acve chez nous

# Votre Grandeur trouvera peul-êlre étrange toutes cos objections après la | réponse que lui a faite le Séminaire au mois d'avril dernier; mais nous Ja prions de considérer que les circonsta ces ne sont plus celles sur lesqur les nous comptions a'ors. Lorsque nous fimes cette réponse, nous avions lieu de croire que l'etablissement d'une Université se ferait après délibération du Concile et par son autorits, Nous auri ns eu à Ja plus rassurante garantie de la volonté de Dieu sur notre maison en même tenps que l'appui le plus fort pour braver toutes +8 oppositions, Maintenant que le Concile n'a pas cru devoir s'occuper du sujrt, que celui ‘entre Nos Seigneurs les Évèques, qui le premier avait suggere le projet de FUnie versite, semble s'en être re penti, sans doute à cause des obstacles qu'il y à vus, il nous paraitrail Lémeraire de conserver la contiance que nous avions au printemps d'rnier, Cependant, alin qu'on ne nous accuse pas d'avoir, par notre défaut d'energie et notre manque de contiancs dans la f'rovidence, fait échouer un projet pro re à procurer la gloire de Dieu, nous déc'arons que si Nos Seigneurs les Évôques d+ la Province, après avoir cousideré le projet, jutent que, dans rintrèt de la religion, il est à propos que le Séminaire devienne Université, non-seulement nous y conseatirons, mais que nus f-rons encore, pour rencontrer leur désir, Lous les efforts qua pourront nous permeltre les moyens qu: nous avons à notre disposition,

& Nous desirens cependant qu'il soit ben entendu que, dans tout ce qui sera fait, le Séminaire prendra toutes les précautions necessaires pour qu'en aucan tempsilne puisse être empèche de remplir les cbligat ons dont il est maintenant chargé d'après la volorté de son fondateur, et pour le Anne n des principales règles qui out régi l'institution depuis sa fonda-

ion.

Cette lettre ne découragea pas Mgr Turgeon, qui insista de nouveau. Le 30 mars, après mure dilibération, le Supérieur du Séminaire fit connaitre la décision du Séminaire et sa condition sine qua non, par la lettre suivante :

‘ Québec, 30 mars 1852,

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