MONSEIGNEUR
“ Nous nous sommes occupés depuis longtemps de la question, si importante pour l'avenir de notre maison, de l'étab'issement d'une Université Catholique. Je puis maintenant informer Votre Grandeur que, sans oser prendre sur nous la responsabilité de demander l'érection du Séminaire en Universite, nous sommes cependant disposés à faire tout ce qui dépendra de nous pour rencontrer les désirs de Nos Seigneurs lics Evèques, s'ils pensent que cette érection soit pour la plus grande gloire de Ditu de dois néanmoins ajouter que le Séminaire met une condition à son consentement, c'est qu'il demeurera, même comme Université, sous la seule dép: ndance de Votre Grandeur et de ses successeurs. ”
Ainsi donc le Séminaire de Québec ne s'est lancé dans cette œuvre de l'Université Laval qu'après avoir exigé l'appui de NN.SS. les Evêques, et fait connaitre son désir formel de r ster, même comme Université, sous la seule jurisdiction de l'Archevèque. Mgr l'Archevèque servit d'intermédiaire entre les Evèques et le Séminaire de Québec. Mgr de Montréal (dans le temps Mgr Bourget) s'était fait une idée spécia'e d'une Université, d’après un plan qui, je crois, existe encore du moins en partie. Dans les idées de l'illustre Prélat, l'Université projetée par lui devait consister plutôt dans un être moral que dans une institution autonome. L'essentiel, d’après Sa Grandeur,était d'avoir une charte autorisant à donner des degrés. Quant aux facultés de cette Université, elles devaient être autant de maisons distinctes qui chacune pouvait conserver son autonomie, mais qui, réunies en un faisceau, auraient formé une Université. Par exemple, l'Ecoie de Médecine de Montréal aurait pu être la faculté de Médecine; on aurait pa avoir une faculté de Droit chez les Pères Jésuites ; la faculté de Théologie aurait pu se trouver chez les Sulpiciens ou ailleurs. Enfin les Collèges eux-mêmes devaient entrer dans ce grand tout. Il va sans dire que les Evèques, les Supérieurs des Cotlèges, les chefs des différentes institutions devaient avoir part à l’administration. Cette organisation complexe entrait tellement dans l’idée que Mgr de Montréal avait de l'Université projetée, qu'en entendant dire que le Séminaire, comme Universilé, voulait demeurer uniquement sous la dépendance de l’Archevêque, il crut que le. plan de ce qu'il appelait une Université provinciale était abandonné.
Mgr l’Archevèque avait écrit à NN.SS. les Evèques pour leur demander de signer une supplique au Saint-Père, tandis que le Séminaire de Québec s’adresserait seul à la Reine pour avoir l'érection civile de l’université, afin de moins exciter les susceptibilités et marcher avec plus de prudence.
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Mgr de Montréal crut donc qu’il ne s'agissait plus que d'une université purement diocésaine à Québec, et il écrivit à Mgr l’Archevèque une lettre dans laquelle il lui demandait de vouloir bien signer lui-même une supplique semblable qu'il voulait adresser au Saint-Père pour obtenir la permission d'ériger lui aussi une université dans sa ville.
Il y avait là malentendu. On envoya Mgr Bail'argeon, alors coadjuteur de Québec, vers Mgr de Montréal, pour lui expliquer que ce qu'on voulait à Québec était bien une université provinciale de fail, mais qu'on ne voulait pas lui en donner le titre afin de ne pas créer trop de difficultés à Londres. Dans ce temps-là même, le bill des titres ecclésiastiques occupait tous les esprits en Angleterre, el suscitait à Rome de graves difficultés; on n'avait pas voulu reconnaitre civilement l'Université de Dublin, qui était déjà pourtant une grande Université.
Les explications de Mgr de Tloa eurent tout l'effet désiré : Mgr de Montréal se désisla de sa demande et se montra satisfait de l'arrangement projeté. Il écrivit donc à Mgr l'Archevêque, en date du 14 mai 1852 :
4 14 mai 1852.