CHAPITRE PREMIER
Historique.
Les plaies du foie ne sont que depuis relativement peu de temps considérées comme passibles d’une intervention chirurgicale opportune et utile.
Pour les anciens, le foie était, en effet, un organe sacré, centre de la vie; toute atteinte à son niveau était considérée comme funeste et mortelle. C’était là, l’avis d’'Hippocrate et de Galien entre autres. Cependant, Celse déjà constata qu'on pouvait enlever toute portion du foie si elle était pendante au dehors de l’abdomen, et conseilla de le faire, dans les cas où cela se présenterait; Fabrice d’Aquapendente remarqua de son côté qu’il ne faut pas délaisser les malades ayant une plaie du foie, que ceux-ci peuvent guérir, et Ambroise Paré, lui aussi, tout en considérant le foie avec beaucoup de respect, prétend qu’on peut en ‘enlever une portion sans causer la mort. Cependant, au point de vue traitement, on se contentait, faute de mieux, d’une vague thérapeutique médicale, où l’immobilité du malade jouait le plus grand rôle.
Beaucoup plus tard seulement, en 1745, Ledran, le premier, conseilla d’agir chirurgicalement en agrandissant les lèvres de la plaie de manière à permettre aux mauvaises humeurs de sortir. Petit à petit on devint plus audacieux. Roux, en 1845, put suturer une plaie du foie, à travers la plaie de la paroi abdominale et obtenir une guéri-