‹ Plaies du Foie apr Armes blanchesChapitre 5 sur 69 · PR NE · texte numérisé non relu

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son; il donna même une règle de conduite: fermer la plaie par une ligature jusqu’à l'arrêt de l’hémorragie, et plus tard enlever les ligatures pour permettre l’écoulemnet du sang épanché. On était maintenant convaincu que le foie n'était pas un organe sacré, qu’il n’était pas plus sensible qu’un autre, que ses blessures étaient dangereuses et fatales le plus souvent à cause de l’hémorragie abondante qu’elles provoquaient. Il y eut alors des essais pour faire l’hémostase hépatique, essais infructueux en général, car à l’hémorragie s’ajoutait l'infection (Macpherson, 1846, Guthrie). Mais, je le répète, et comme le fait remarquer Roustan dans sa thèse d’agrégation, en 1875, le foie était détrôné. On savait qu’il fallait lutter contre l’hémorragie qu’on ne pouvait songer à aller tarir à sa source, car on n'avait aucune notion de la propreté opératoire; aussi prônait-on le traitement par le repos, la diète, l’opium et on essayait même d'arrêter l’hémorragie par des moyens détournés, tels que des saignées répétées, qui amenaient le malade à un tel point, que la plaie du foie cessait bien de saigner, mais que le malade, lui, cessait de vivre. Des statistiques furent dressées; les résultats étaient lamentables. Mayer, en 1872, accuse 59 0/0 de mortalité; Otis, en 1876, 62 0/0; Edler, 64,6 0/0, et cela lorsque le traitement chirurgical n’existait pour ainsi dire pas.

En 1887, pour la première fois, Burekhardt fit une laparotomie pour aller au devant de la plaie du foie. Il la tamponna, arrêta l’hémorragie et eut une guérison. Mais à cette époque l’antisepsie était née et avait progressé, et c’est pour cela que les chirurgiens purent avec succès oser davantage. Les opérations, maintenant que le péritoine était moins craint, se multiplièrent de tous côtés, si bien que de nombreux cas purent être rassemblés. Ainsi Terrier et Auvray, en 1896, réunirent 26 cas avec une mortalité de 19,20 0/; en 1901, 12 nouveaux cas avaient été rassemblés par eux et la mortalité s’abaissait à 16,6 0/0 (10 guérisons et 2 morts). Des statistiques d'hôpital purent aussi être pu-

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bliées et elles pourraient sembler plus exactes, car tous les cas, heureux et malheureux, étaient publiés; c’est ainsi que Giordano, en 1902, publia une statistique portant sur 138 cas, et la mortalité était de 18 0/0 environ.

En outre, des travaux furent faits pour savoir quel devait être le mode de traitement chirurgical (Patel et Loacc, 1912; Ch. Buisson, 1911) et conclurent que dans la plupart des cas la suture devait être la règle, sinon le tamponnement. Quant à nous, nous servant de quelques cas que nous avons pu rassembler, nous tiendrons à mettre au point la symptomatologie et aussi le traitement.

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