‹ Plaies Du Vagin Au Cours Du CoitChapitre 19 sur 25 · OBSERVATION · texte numérisé non relu

OBSERVATION

Chez une femme de 48 ans, ménopausée depuis 10 ans, n’ayant eu aucun rapport pendant plusieurs mois, un coït provoque une déchirure au niveau de la paroi postérieure du vagin. CHADWICK constate que le vagin est court et atrophié.

On signale une lésion analogue chez une pay- | sanne de 58 ans qui n’était plus réglée depuis 8 ans.

Ces déchirures post-coïtum chez les vieilles femmes offrent un certain intérêt au point de vue diagnostic. L’hémorragie vaginale survenant inopinément chez une femme âgée a pu laisser s’égarer le diagnostic et faire penser à la possibilité d’une hémorragie d’une autre nature liée à un cancer de

l’utérus par exemple.

L'on peut rapprocher des atrophies vaginales contemporaines de la ménopause, celles qui surviennent chez des malades, ayant subi la castration bilatérale des ovaires. On sait combien il est fréquent de voir survenir après l’ovariectomie double, un rétrécissement de l’orifice vulvaire. La rétraction de la vulve s'étend au vagin. Celui-ci perd de sa

souplesse et se trouve ainsi prédisposé aux déchirures. Là encore, la rareté des rapports sexuels favorise l’évolution de la rétraction. Leur reprise brusque sera le point de départ des accidents.

Notre malade de la première observation avait eu une hystérectomie subtotale 10 ans avant sa déchirure du vagin. Pendant deux ans, elle n’avait eu aucun rapport sexuel. C’est au cours de la reprise de la vie sexuelle et au premier coït qu’elle présenta une hémorragie abondante. Il nous a paru vraisemblable d’attribuer la déchirure à cet intervalle de repos, entre les deux derniers coit. En effet, tandis que la femme en pleine activité génitale présente des parois vaginales souples grâce à la présence de nombreuses fibres conjonctives et élastiques, il apparaît chez elle, après un repos génital, une sclérose qui transforme le canal vaginal en un tube à élasticité diminuée qui se fissurera avec une facilité aïisée à comprendre. Certains auteurs ont voulu voir dans la fragilité du vagin une conséquence d’un accouchement laborieux au forceps. Pour eux, les cicatrices mal consolidées, ont cédé sous l’effet d’un coït un peu brutal. Nous nous devions de mentionner ces différentes causes, quoique nous ne les ayons pas observées.

Il reste pour conclusion à rappeler que ces plaies vaginales ont apparu dans nos deux cas, consécutives à une abstinence génitale chez des femmes qui

À — fi —

n'étaient pas vierges, mais qui avaient eu déjà de nombreux rapports sexuels. Quant au traumatisme sexuel lui-même, la pathogénie en est assez difficile à dégager. Les auteurs dissertent pour savoir le rôle joué par la disproportion des organes masculins et féminins comme elle a été signalée chez certains peuples arabes.

« Le vagin, disait MAURICEAU, s'adapte à toutes les sortes de verges, se contractant pour les unes, -se dilatant pour les autres. » Contracté, les plis se rapprochent les uns des autres, l’épaisseur et par suite la réssitance, augmentent. Les lésions traumatiques ne sont guère à craindre. Dilaté au contact du corps trop volumineux et trop dur que représentent certaines verges en érection, le vagin se déplisse et se distend. Il s’amincit, sa résistance diminue, la dilatation atteint bientôt sa limite extrême. Le vagin se fissure mieux, il éclate. En somme, il s’agit d’un véritable éclatement par distension excessive. II faut bien qu'il en soit ainsi car on s’expliquerait difficilement qu’une paroi dont ‘l’épaisseur dépasse 2 millimètres, richement pourvué de fibres conjonctives et ‘élastiques longitudinales circulaires, obliques, avec des faisceaux de renforcement qui forment de véritables colonnes puisse être vulnérable par le fait du coït, en dehors de tout état pathologique. À

Mais cet éclatement, cette rupture ne se produira que sous l'influence d’un traumatisme violent, bru-

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