‹ Plan d'écoles générale et spéciales pour l'agriculture, l'industrie manufacturière, le commerce et l'administrationChapitre 9 sur 9 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

La tâche que nous nous étions imposée est terminée. Mais nous croyons utile de réunir ici les idées principales de notre travail. Nous n’accompagnerons les formules qui les expriment d’aucune réflexion nouvelle ; nous croyons avoir sufEsamment prouvé , dans le cours de l’ouvrage , leur valeur et leur opportunité.

L’industrie est la base du nouvel état social qui tend à s’établir en France. Elle doit servir de but à nos nouvelles institutions.

réforme de l’instruction publique doit commencer par celle de l’éducation professionnelle des jeunes gens sortis de nos collèges. Il faut attendre les progrès de la physiologie pour modifier convenablement, et d’une manière durable, l’éducation générale.

Il est indispensable de créer une école centrale et quatre écoles spéciales, pour donner à la société des agriculteurs, des chefs d’industrie, des négocians et des administrateurs.

Les examens d’entrée à l’école centrale porteront sur tout le cours des études collégiales, sur les mathématiques élémentaires et quelques parties des mathématiques spéciales. L’examinateur n’aura à porter qu’un simple jugement de capacité; il devra recevoir tout candidat qu’il jugera en état de comprendre les sciences abstraites , et ne rejeter que ceux des examinés dont l’incapacité générale lui serait démontrée; il n’aura aucun classement à faire.

Une année suffira à un jeune homme ayant terminé ses études -collégiales, pour se préparer à subir les examens d’admission. Le cours d’étades de l’école centrale sera de trois années.

Les études théoriques de cet établissement doivent comprendre : les mathématiques pures et la mécanique rationnelle, la physique et la chimie, l’histoire naturelle et la physiologie, l’économie politique et la statistique, enfin la législation. Ces sciences ont toutes une utilité industrielle. Leur nombre et leur variété ont pour but de donner aux élèves l’occasion de manifester d’une manière pkis oertaioe la carrière spéciale que leurs dispositions naturelles doivent leur faire parcourir.

Les études pratiques comprendront : le dessin linéaire et ses applications , un cours de pratique industrielle. L’éoole centrale devra contenir : des ateliers pour confectionner des modèles en plâftre et en briques ; un atelier de tourneur et de mcnui-

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sérié, pour façonner des modèles en bois; un ate> lier de fondeur et de serrurerie, où une machine à vapeur mettra en activité les mécanismes qui servent à travailler le fer ; un laboratoire de chimie; im jardin botanique. Les élèves, révinis en un vaste bureau , y coordonneront les renseignemens statistiques que le gouvernement leur donnera les moyens de se procurer. L’administration de rétablissement sera confiée aux élèves , sous la direction de chefs habiles.

Les élèves, qui durant leur séjour à l’école centrale , se prononceraient pour suivre une carrière déterminée, pourront être soumis à moins d’exigences sur les sciences et les exercices pratiques qui ne seraient pas directement utiles à leur spécialité.

L’École Polytechnique a offert une preuve irrécusable de l’efficacité du système que nous proposons. En modifiant convenablement son programme d’admission, et les études qui y sont suivies, on lui rendra sa destination primitive; alors elle tiendra lieu de notre école centrale.

A leur sortie de l’école centrale, les élèves qui ne se destineront pas au service militaire ou aux constructions navales, seront distribués dans les quatre écoles spéciales de l’agriculture, de l’industrie, du commerce , et de l’administration , dont ils formeront les élèves internes.

L’école spéciale de l’agriculture seià située dans

itne partie de la France où le territoire soit propre à toutes les cultures indigènes; elle y sera organisée en une vaste ferme et toutes ses dépendances. Les élèves y suivront trois cours principaux : le r*' de botanique et d’agriculture; le a* d’art vétérinaire; le 3* de chimie végétale et d’industrie agricole. Les travaux de la ferme et ceux du jardin botanique qui en dépendra , seront exécutés par eux. Des fabriques et des ateliers particuliers, un laboratoire de chimie , leur donneront les moyens d’exercer tous les arts qui peuvent leur êtres utiles. • >

L’école spéciale de l’industrie sera placée dans le voisinage d’une ville manufacturière. Des cours d’architecture et de construction, de mécanique industrielle, de docimasie et de chimie appliquée aux arts , de minéralogie et de géologie , y seront professés. Des laboratoires, des ateliers semblables à ceux de l’école centrale, mais plus complets, des manufactures d’étoffes de toute espèce, donneront aux élèves les connaissances pratiques qui leur sont indispensables.

Une vaste maison de commerce et de banque , dotée par l’État, établie à Paris, et ayant des comptoirs dans nos principaux ports, formera l’école spéciale du commerce.

L’école spéciale de l’administration sera située à Paris; des cours complets de droit, d’histoire, et de pratique administrative, y seront pro-

fessés. Les élèves auront une tribune à cbacune de nos chambres parlementaires , des places réservées aux séances du conseil d’état, de tous les tribunaux, des conseils des ponts-et-chaussées et des mines. Ils seront tenus de rendre compte des débats auxquels ils auront assisté.

Il sera créé dans les départemens , des fermesmodèles. Leurs employés seront recrutés parmi les élèves internes do l’école d’agriculture.

Il sera créé une place d’industriel à chaque préfecture ou sous - préfecture. Les Ecoles des Po nts-et-Chaussées et des Mines pourront être supprimées, et les ingénieurs recrutés à l’école de l’industrie.

L’État donnera des places, au ministère des finances , de receveur de contributions, de consul ou de vice-consul, aux élèves internes de l’école du commerce.

I.e corps des conseillers de préfectureet d’arrondissement, des sous -préfets et des préfets, sera recruté en partie à l’école d’administration. L’État y prendra une partie de ses secrétaires d’ambassade.

Les élèves internes des quatre écoles spéciales jouiront, durantleur séjour dans ces établissemens d’un traitement particulier. Ce traitement leur sera continué pendant quelques années après leur sortie , quand le gouvernement ne pourra pas les placer.

Tout titulaire d’un brevet de capacité d’élève interne, qui n’aura pas d’emploi dépendant du gonveriiement , jouira des droits d’élection et d’éligibilité, lorsque le cens de ses C(Mitributions s’élèvera à une fraction déterminée de celui que fixe la loi.

On recevra , après des examens particuliers, aux trois écoles spéciales de l’agriculture , de l’industrie et du commerce , des élèves externes , ou qui n’auront pas passé par l’école centrale. Leurs études seront principalement dirigées par les élèves internes.

Ces élèves externes ne jouiront d’aucun des avantages précédens, exclusivement réservés aux élèves internes qui auront suivi les cours de l’école centrale et satisfait à tous les examens de sortie.

Un brevet de capacité sera délivré à chaque élève externe, à sa sortie de l’école spéciale. La conGance du public dans nos établissemens |x>urra donner de la valeur à ce brevet, et procurer de l’emploi à son titulaire.

Les sujets des nations alliées de la France seront admis dans nos écoles. Ijeurs gouvememens régleront les avantages qu’il leur conviendra d’accorder à ceux qui auront passé par ces établissemens.

Nous aimons à croire que l’étendue des fonds nécessaires pour opérer les utiles réformes que nous avons signalées, pour constituer quatre écoles spéciales, et les corps de fonctionnaires qu’elles alimenteraient, n’arréterait pas des ministres qui sentiraient profondément le bien réel d’une pareille création , et toute la gloire qu’ils retireraient de l’avoir proposée.

Dans ces doléances dont retentissent nos chambres législatives, lors de la discussion des lois fiscales , ils doivent voir bien moins une protestation contre des dépenses productives et d’un intérêt général, que la crainte d’un emploi stérile des fonds du trésor ; et nous pensons que nos législateurs sentiraient trop bien l’importance de l’instruction professionnelle que nous proposons de répandre, pour refuser au gouvernement le crédit qu’il demanderait dans ce but.

Von troüvr chez le mêhe libhaibe' -

VUES POLITIQUES ET PRATIQtJES SUR LES TRA- VAUX PUBLICS DE ERA^CE, par MM. Lamé et Clapeyror , ingénieurs des mines ) et Stéphane et .Eugène Flachat, ingénieurs cÎTils; un volume in-8®, x83a. — Prix, Sfr.

HISTOIRE DES TRAVAUX ET DE L'AMÉNAGEMENT DES EAUX DU CANAL CALÉDONIEN , par Stéphane Flacbat ; un vol. avec atlas. — Prix , i6 fr.

DU CANAL MARITIME DE ROUEN A PARIS, pubUé par la compagnie soumissionnairej et rédigé par Stéphane Flacbat, directeur des études ; 4 vol. in-S** , avec - carte; imprimé sur grand-raisin vélin, par Firmin- Didot. — Prix, • i6fr. '

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