APPENDIX
Note A.
Le lecteur noiu saura grc sans douto de lui coramtmiqiier
le lettre qui nous a été adressée sur ce sujet par un membre
le la Soeic'té Royale de Londres , M. de Chenevix , qui n'est pai
feulement un dc!> cLimistcs les plus liabîles de l'Angleterre , mais
iva boiQue du moudc plein de connaissances et d'esprit.
Londfu, ce i".dccBmbre i8i4' ^ Je ne suis pas surpris , Monsieur , qu'ainsi que la plupart des Rangers qui visitent l'Augleterrc , vous soyez frappé du grand ^mbrc d'établisscmens publics que l'on voit s'élever du tous cité» , et qui n'out d'autre soutien que des co «tribu lions voloulaires. Les travaux de toute espèce , les hiîpil.iux dolifs par de (impies particuliers , et les maisons de clarii^ qui y aboudent , ■bîvent effectivement étonner ceux qui voient puur la première ^1 ce pays extraordinaire qui , outre ( liesses et d'indusliie extérieure , joue ui I n Europe.
Quelques étrangers pourtant ont biei fonde et qui soutient ces ûlablisscraens bienfaisance anglaise presque tout s une affaire , soit de calcul , soit de politique , soit d'oi^ueil. BorliDns-nous à considérer la dernière de ces accusations.
De toutes les vertus , k charité est celle qui doit s'exercer avec Je plus d'humilité , puisque celui qui donne a au moicis celte supériorité-li sur celui qui reçoit ; et la charité de l'âmo , non moins précieuse que l'action qu'elle inspire , coniisle 4 épargner au malheureux le scnlimeat de ta dépendance. L'orgueil donc ôterait
:e développement do riin si grand ri3le politique
1 méconnu l'esprit qui a . Ils ont voulu dter h U 1 mérite , et la réduire à
î, h clarilé le baume qui adoucil tonles ses ŒHvres , el les remplirait d'amertume pour celui à qui elles doiveul rendre la vie.
Dans la classe des élablissemeiis publics , il s'ea trouve qui ne demandcut pas autant de inéhagemeui. A mesure que leur objet s'e'carlc de la charité directe , pure et simple , ou peut , sans bleser personne, se livrer davantage h la satisfaction qu'on ressent lorsqu'on devieut donateur. En la manifestant même ,0Dpetitquelquef6ii exciter dans Its autres le désir d'éprouver le même sentiment - Je conçois qucrondonneàceci le nom d'orgueil; mais c'est un orgueil noble, honnête, vertueux même; car il y en a de toutes les espèces, Lorsqu'on contribue par des dons pécuniaires à quelques travaux publics, h quelque objet de commodité générale, dans lequel tout le moudc doit participer , tel qu'une grande route , un monument national , on se trouve en face , non de son inférieur , niais de son supérieur. Ce supérieur , c'est le public , plus riche , plus puissant , plus indéjiendani que soi , et qui , pris dans son ensoi^ Lie , mérite plus de considération que les indlA^dus qui le composent. L'orgueil envers ce public ne serait que ridicule , tandii que celui que l'ou montre au malheureux , l'écrase bien plus qoe les bienfaits ne Je soulagent.
Il existe des cas mitoyens entre la charité pure et simple fah à un individu , et les travaux publies : ce sont des hospices , et tout ce qui a pour but la bienfaisance générale , et pour objet â« êtres qu'on ne connaît pas. Là , on est encore tributaire vis-à-vis 'Al public'; mais on n'est pas en relation directe avec ceux qu'on :■ Encore là , l'orgueil retomberait sur celui qui en montrcmais il aurait cela de moins coupable que , dans un cas dé charité directe , il ne blesserait pas l'objet de sa bienfaisance.
II parait donc que , dans la charité directe faite à un indiviau, Porgueil serait impardonnable ; que , dans une entreprise d'utifilj publique , il ose un peu se montrer , alin d'animer l'esprît ptt" blic ; et que datis les cas mitoyeus , il doit être subordonné il U i&esure de charité ou d'esprit public qui anime l'eutreprise.
Maû où l'on ne peut accuser l'orgiieil de sff monlrer', c'est' lorsqu'il n'a aucune relation avec l'individu qu'il soulage, loi-aqu'il ne fait que mettra en maios tierces le secours qu'il lui destine , et qu'il se tient à l'écart de toute rcconnaî.ssance , comme de tout reproche , en un mot dans les charités anonymes.
Ayant fait de fre'quenles et de longues absences de ma patrie , chaque fois que j'y revenais , j'étais frappé de quelque cbose que je n'avais pas remarque auparavant , et qui me présentait une dilTérence extraordinaire entre elle et tous les pays que je venais de pareourir. Ces dilTérenccs sans doute ne me sont devenues sensibles que par la comparaison ; car je voj-ais que h plupart' de ces élahlissemens étaient regarde's par mes compaliioles , à qui vingt années de guerre avaient diminué l'habitude du continent , comme des choses très-ordinaires. Pourtant rien ne m'clounait plus que l'immensité des sommes données voloutairement et de grand cœur , indépendamment de celles qui sont décrétées par la législature , et qui excèdent cent vingt' millions tournois , pour le soutien des pauvres. « C'est par or- » gueil , disaient des étrangers , tan lot par orgueil individuel, .
■ lanlot par orgueil nalional ; et les preuves en sont ces listes de
■ contribuans que l'on publie partout. »
Pour m'assurer à quel point ce reproche était fondé , je me suis servi de ces listes mêmes. Si c'est par orgueil individuel , me suis-je dit , cbacuTi s'empressera de faire imprimer son nom à côte de la somme qu'il donne : j'examinais donc ces listes , et la première dont je fis un relevé > il y a environ quatre ans , me présenta une septième partie de la somme totale fournie par des cantrièuans aiionj-mes. En portant ces recherches plus loin, je trouvais souvent des proportions plus fortes , et rarement des proportions moindres en donations anonymes , jusqu'à ce qu'enfin je trouvais des listes où plus de la moitié du montant total se trouvait en charités anonymes.
Ces yarialions dans les proportions de ceux qui se nomment et
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ie ceux qui ne se nomment pas , ne pouvaient leuir au hasard; et, en y faisant attention, }e m'aperçus que le nombre des conlribuam anonymes augmentait k mesure que la cbarité directe était le but de la contributiou ; et qu'il diminuait toutes les fois que l'esprit public exigeaitjun sacrifice pe'cunîaire de la part des individui. Cet accord enire les principes qui semblent devoir distiugnec les coolributions demandées par la cbarité d'avec celles exige'es pat l'esprit public , cl la pratique dont ces listes présentaient le tableau , m'a bien plus étonné que les donations mêmes. J'y Irouvais plus que la réponse au reproche que je cherchais à évaluer , et l'admirais à quel point , dans une communauté bien ordonnée , l'esprit de justice préside, comme spontanément , aux détails des vertus qui la conservent.
Un de nos meilleur» écrivains sur la morale pratique a dit : Que toutes les fois que l'on borne ats ccuvres charitables à ce queles fa- «Ités permettent sans faire tort à soi ni à ceux qui dépendent immédiatement de soi, il ne peut y avoir df mata lesfaire ouvcrtenent et en se nommant 3 il peut même s'y trouver le bien que produit tout exemple digne d'être suivi •. mais lorsqu'elles ouirepassent cette mesure , il vaut mieux les faire dans le silence et i l'insu des hommes , puisque des soupçons de les avoir faits par ostentation pourraient les ternir. Ces observations de Paley me paraissent être d'une justice admirable, ei, dans ce cas , il y a peu ^'Anglais qu'où puisse accuser d'avoir fait des actes de charité par ostentation; encore moins en peut-on accuser la nation.
Mais, quant à ce qui regarde la nation et l'orgueil dont on l'accuse dans sa bienfaisance , ce que je disais se rapporterait plus à an système général qui n'admet que soi , que son orgueil , que son propre intérêt , pour motifs de toutes les actions humaines. Je n'aurais rien k ajouter k ce qui a déjà été rebattu mille fois , contre le plus grand sectateur du système de l'égoisme ( ihe selfish System ] et la doctrine révoltante qu'il a promulguée , soit de bonne f»i , toit par ironie , dans sa faltle sur des abeilles, 11 faut bien
se résigner , quand on est homme , à partager le reproche qui est commua k toute l'espèce humaine. Il est h remarquer pourtant que la doctrine de Mandcville , annoucce avec autant de subtilité que d'éloquence , qui a été accueillie dans le terops comme nouveauté , et trop honorcepar une persécution brillante , n'a plus un sectateur en Angleterre ; et , eu effet , elle sera toujours d'autant plus *rejctt!c qu'un se sentira davantage cmu par des impulsions vertueuses.
Mais , admettons que ce soit de l'orgueil. L'orgueil qoi a procure k l'Angleterre tant d'établisscmens charitables et qui lui fait faire tant de sacriilccs en tout genre pour consoler l'humanitësouffran'e , n'est-il pas prëff rable , comme sentiment , soit individuel , aoit national , à la vanité qui emploierait les mêmes sommes pour se procurer des livrées mieux galonnées , des salons mieux dores et des tables plus somptueuses que chez ses voisins?
A l'égard de la publicité qu'on donne souvent à ces bienfaits , il faut se rappeler qu'en Angleterre on publie tout, et que la même feuille qui porte la liste de quelques millions de chariléi anonymes , porte aussi le catalogue de nos délits journaliers ; que , dans on gouvernement aussi populaire que l'est en etret le nôtre , la publicité est souvent l'organe de l'opinion publique, et que toujours elle en est la sentinelle ; qu'en un mol , elle est , pour la nation anglaise , la fenêtre tant désirée par des sages de l'antiquité , qu'elle porte sur son sein, et qui laisse voir son ime entière, qui la montre telle qu'elle est avec ses qualités et ses débuts , ses vertus et ses vices , en lui évitant toutefois celui de la dissimulation.
3'ai à regretter que , dans le temps où je cherel^îs la proportion entre les donations avouées et les bienfaits anonymes , n'ayant d'autre objet que do me satisfaire sur les reproches que l'entendais répéter de tous côtés par des étrangers , je n'aie pas entrait les docujoens qui m'ont fourni les conclusions de celle ^|lre. Je les voyais dans les papiers publics , et je ne doute nul-
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t anglais. Cliaî' '
ïeiïieni'que celles qui s'y irouTenl aujourdlii ri!sullats semblables.
'n a d'ailleurs partout des recueils de journaux angl; I «on peut faire ce relevé , et je suis cerlain qu'il sera tel que je
li expose'.
l , Le reproche ^e l'orgueil ne portant que sur les listes qu'on . publie , je ne vous ai pas entretenu des autres charités qu'on fait t Angleterre , et qui pat leur nature même restent inconnues ' dii public. .
Si on ponvait vous en présenter le tableau exact, elles vous • donneraient par leur ïmmenaité et leur étendue.
Le fait suivant , connu de tout le monde , et qui est arrivé Jendant votre séjour à Londres , vient â l'appui de ce que j'ai avancé , que le nombre des contributions anonymes est en 'raison directe du but cbaritable de la contribution.
Jobn Barnes , anciennement commis cbez un constructeur de
vaisseaux et demeurant à Londres , se présenta cbez un pâtissier
pour réclamer un plat qu'il préicndait lui avoir laissé pour le faire
cnirc. Le garçon de boutique le lui donna ; mais , soupçonuant
qu'il n'en était pas le véritable propriétaire , il suivit l'bomme chez
lui et le lit arrêter, Amené devant le magistrat, Earnes avoua
4"''' s*'*i't t?"'^ ce moyen frauduleux pour prolonger d'un jour
f existence de sa femme et de cinq eufans qui , à la lettre , ffloa-
»îent de faim. On fit sur-le-cbamp des recbercbes , et son hïi-
" Bnre fut trouvée vraie. II donna en outre des renseignemens sitr la
k> ■fie passée , laquelle fut trouvée sans reproche. L'aveulure s'ébruîtft .
f . «ussilot , et de tous côtés ou envoya des secours k cette famille ,
s que l'cibjct de ces charités ou quiconque pour lui Gl un.
I seul appel à lu géncrositd du public. Peu de jours après il re-
I mercia , par la voie des gazelles , ses bienfaiteurs , disant que les
temmes qu'il avait reçues sufQsaient, non-seulemeul |wur le
ârer iln besoin , lui el sa femme , mais même pour (établir dans le
monde trois de ses eofans , qui se trouvent niaiulcuant dar
Jog
une position bctircuse. H pria le public ilc ne plus le combler , dans la crainte de diftourner ses bienfaits de quelque autre qui en aurait plus besoin que lui (t). Je dois k une des personnes Tespcclablcs qui s'est chargée de la coticcle pour cet individu , , la connaissance des proportion! suivantes des conirihulions anonymes et de celles faites par des personnes qui se sont norainëçs. Somme totale : 3x4 ''V' 7^-1 dont 244 liv. 7 s. données par des coniribuans anonymes , et 80 liv. seulement par les pcrsonuçs qui se sont nommées.
Dans la souscription entreprise par des dames pour la statue ' du duc de Wellington , k peine y a-I-il un seul contribuant
J'ai rboQucur d'être, monsieur, avec la p|us parfùte considération,
Votre Irès-humble et trÈs*obëistAnt serviteur, Richard Chehetix.
KaTE B.
On a remarqué , lors de la révolte de la Hotte anglaise à Sherncss , que tous cens qui savaient lire se sont séparés des autres sitôt qu'ils ont reçu la proclamation du Boi.
On a observé également en Angleterre qu'il y a peu de criminels qui sachent lire , quoique souvent d'une condition plus relevée que celle du peuple; il est rare également qu'ils soient instruits dans leur religion. On trouve a ce snjçt une lettre curieuse dans un pamphlet intitulé f^indication ofM. Lancastcr's Sjrs-
(1) Le dctaîl do ceuc Bieatnre et ilo Hconrt qai ont ^t^ accoidû Il cet homme H ^tioDveai daai ta JUorning ChronicU âa loadï «9 no< Tcnibre i8i4-
tïO
tem ; die est du prêire cbargë de la prison &t Newgate , M. Ford , à M. Montaigue.
« La plus forte cause des crimes qui se commettent , dit cet tcclésiastique , provient du manque d'cducation ei de l'ignorance de la religion. Apprenei aux pauvres k lire et à couuaître leora devoirs , et dans trente au il ne se commetlra pas le quart des crimes qui ont lieu aujourd'hui. Lonque je commençais met fonctions à la prison de Newgate , un dimanclie où j'oHiciais , je vis sur le banc des criminels douze individus qui , par leur bonne tournure , leur manière décente et la propreté de leurs habits , avaient l'air d'appartenir à la meilleure compagnie. Quand j'annonçai le jour du mois et le texte du psaume , je fus fort ëtomié qu'aucun des individus ne prit de livre de prière, quoiqu'il y en eût plusieurs devant eux , et qu'ils ne parussent pas mSme rien con- -naitre des pratiques religieuses. Je les trtmvai , le lendemain, dans la salle des condamnés , et j'eus avec eux l'entretien suivant ; 3e pense , messieurs , que vous êtes tous de sectes ctraugéres ? — Non , monsieur, me rdpondit un d'eux; nous sommes tous, au contraire, de l'église anglicane. — Comment se fail-il alors qu'au cun de vous n'ait ouvert un livre de prières pendant l'ofTice ? Es se turent alors, et je remarquai pamji eux une sorte de confur sion. Ajant recommencé ma questiog , un d'eux me répondit «n ïésitant : Monsieur , je ne sais pas lire ; ni moi non plus , dirent ' les autres j et , ne sachant pas lire , ajouta un second , nous n'ai- ' Ions pas à l'église pour no pas y exposer notre ignorance. » Le EccHsîastique ajouta avoir fait toujours les mêmes observaf lions , et avoir remarqué qu'il était fort rare de rencontrer pattni cas malheureux un homme qui eilt re^-u quelque éducatioo.
îxTRAiT du discours de M. Hdme (i) dans la Chambre des Communes, le i". juillet 1812, sur les bons Effets de l'éducation dans les Classes inférieures de la Société.
' ■ Si quelque chose peut exciter l'attention publique sur la néces- \té de donner de l'éducation aux classes inférieures de la société , 'est l'augmeniatioB alarmante des crimes qui a lieu depuis quelpgucs années dans ce pays.
1' Sans parler de ces meurtres horribles qui ont surpris et inl'âignéla nation toute entière, j'appellerai voire attention surl'aug- 'mentation progressive des criminels dans la ville ; car il parait ^ar des rapports produits k la Chambre que , dans l'année iSd6, il y eut quatre cent soixante-quinze personnes convaincues dans 'la ville de Londres et le comté de Middieaex. En 1 807 , 543 ; en ,619; en 1809,750; en i8io,884iet à peu près le linême nombre en j8i i ; ce qui prouve une augmeitation de 475 884 , pendant les six et sept dernières années , sans aucuns ison manifeste.
11 est triste de penser qu'en 181 1 il y eut 5337 personnes riraduites aux tribunaux d'Angleterre , et que dans ce nombre 404 ont été condamnées à mort. J'ai la persuasion que c'est eu répandant l'éducation et les principes religieux dans la masse du peuple , qu'on parviendra plutàt à réduire le nombre des cri" mes que par toute autre mesure de police ou de législation que l'on pourrait adopter.
Je suis surtout convaincu de cette opinion par l'état bien connu de l'Ecosse : et , dans la vue de montrer le bon effet d«
fi] M. Hume es I le ntc me membre ila parlement qui, daoi les quatiioiu ceUlives an leaouvellemcQl de U charte <le la compigni* du lodu , pwU
1 fui bicQettfaveard«lalilKi[Bdacommeic«,
r^ducation , j'ai faîl un extrait des rapports qui vous onl été soumis , concernaul le Dombrc des préTeuiis de crimes qui ont été Ua~
s de l'Ecosse , de l'Angleterre , de l'Irlande et da | pays de Galles.
J'ai prépart! un état du nombre des pre'venus et de la proporlion qu'ils ont avec la population du comte'; d'où l'on peut déutiles. Je me bornerai à en préseuier le résultat total ou le terme
■5 observa li or
moyen
les diScrentes anaées.
le nombre des prévenus de crimes à Les.
(1res et dans le Middiesex était d'un sur 6 1 1 âmes , dans le Bedfordsbire d'un sur 2600 , dans le Dorselsliire i sur 2834 , dans le fiomli: de Kent i sur 1 7G6', dans le YoilisLirc i sur 4760 , d#ns Je 'Norfolk t sur ao4i , dans le SuliFuIk i sur zSSy , dans le Sufjy -1 sur 1557.
En prenant le terme mpyen du nombre des prévenus , en ra** ïon de la population, sur J'espace de sept ans pour l'Ângl^ene ïtlepajs de Galles et de six ans pour l'Ecosse , tiuissaut en t8ii, 'et en Irlande pour six ans, Unissant en 1810 inclusivement p on trouve le résultat suivant :
Nombre moj-en de prtvenut, 2G44 ou 1 sur 1701
72 ou I sur 8436
89 ou I sur 20,233
qui furent condamnés à mott et ce période (i) :
Pcpulation moyenne.
■ Tilande, ^,5oo,ooo ['Angleterre, 9,499,400
L'Pays de Galles, 607,880 i^sse, 1,804.864
■ ' Le nombre moyen de ceux t^cxécnlés anuuellemcot pendant
(i) 'M. Colijaboiiii , dam ion outtagu nnr la pnlice de Londrrs
('il y a ii3g5 individus Icadi
da pa)'t (te GAvt,
générales
parnculiini ■Dis devant W
pas lima aux
a liois da temps d
II Bnpcrienti , ce qni , n'oni a ceoi qnc nom avim» meniiunau , ' ' - "II .yatraiwnisi sut une population de 9,49<),4ovi
«>.-^-^.jf
Personnes condamnée
Irlande , S5 ou i sur
■ Angleterre et Pays àe
Galles 375^ ou t
53,çj4o 4^ 0" I
Comme ces documens sont pris dans les e'iais communiqués
i la chambre et les calculs faits Krenee de 10 pour 1 dans le nombi rite d'être ti'aduils aux assises gcoi glelerre.
S'il est vrai ( ainsi qui rentes informatioiis que ]' Indiridus des classes inft ei lire en Ecosse , est de
i Ecosse et t
porté à le croire pat les di&i^ : pfticurer ) que le nombre des le la société , qui savent écrire I en Angleterre , on peut se convaincre que le vice est à raison directe du manque d'éducation «t d'instruction morale et religieuse ; et j'espère eu conséquence que le gouvernement apportera l'atlculiou la plus sérieuse à répandre le plus possible l'éducation , comme le moyen le plus assuré de dimiuuer le vice et de prévenir le crime.
Je suis persuadé que, si l'on entrait dans un eiamen suffisant , 6n trouverait que les mêmes lapporls de vice , en raison du manque d'éducation , se trouvent dans les difTércns comtes dont nous avons présenté les étals. 11 est prouvé que les grands étahiissemens de manufactures tendent à engendi'er le vice et les habitudes dissolues dans la société. Ainsi l'on peut croire que dans le Yorkshire le nomJire des crimes sera plus grand que dans le Dorsetsbire, oii il y a moins de manufactures. Mais comme les documens officiels prouvent le contraire , j'ai été bcureux d'apprendre que cette diCTérence favorable venait de rétablissement de nombreuses ■icùUs dans ce comté.
Nous trouTon) également que le nombre des crimes est beau-
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toup plus grand eu Irlande , où eu effet les classes iDféricures sont bien moins clevdes qu'en Angleterre.
Les effets de l'e'ducalion en Ecosse ont e'té si exl l'a ordinaires , que nous iiouvons les prendre pour eïcniple de la manière de proce'der; sachant qu'en moins d'un siècle le peuple d'Ecosse était aussi distingue par son immoralité , qu'il l'est aHJourd'liui par ses vertus , le parlement d'Ecosse , par ses derniers actes , élaliiii des écoles dans cliaque paroisse avec des fonds permanens pour Jour soutien ; et si, ou effet aussi ntde a été produit en Ecosse par l'éducation dans toutes les classes de la communauté , pourquoi De devrions-nous pas espérer le même lësullat eu Ai)gletcrre et eo Irlande ?
On trouve dans l'histoir» de tous les grands scélérats qui ont expié leurs crimes sur l'échafaud , que Icnr carrière dans le vie* el riuiqnilc en général, a commence par quelques inclinations vicieuses que le manque de principes et de force contre les passion les empêchait de conlcnir et de corriger.
Les effets immédiats de l'attention à apprendre à écrire et Un sont de préparer l'esprit des eufans 'a la religion et à réfléchir iw ce qu'ils lisent. L'esprit acquiert graduellement, par ce moyen, n pouvoir sur les passions , et arrête les mouTenteos spontanés qû portent au crime et au dérèglement.
H faut toujours considérer qu'il est préférable de prévesir le crime que de le punir j et l'on sait combien , lorsque le sentîmenl de la vertu est éteint , le progrès est rapide dans le mal.
Je vole , en conséquence , pour qu'il soit accorde une forte , somme pour cet objet et pour tout autre emploi semblable de fond:! , en désirant que le soin en soit confié à des personnes qui puissent apporter dans leur gestion l'écouornie, la probité cl Ici lumières
Note D.
M. UsiicsJeGloucestcrrapporleuuIailinlcressaol decegïnrc.
Le pt-i'e d'un de ses écoliers vinl uq jour le rEracrcier pnur [es avautag' qu'il avait relires de ses insIructioDS. Comment cela? lui demanda M. Ractps. — C'eslj monsieur , répondit cet homme, que les lions préceples que vous avez donnés a mon garçon , et qu'il me racoulait tous les jours , m'ont engagé a changer mon train de vie cl à devenir meilleur comme lui. Vide ; Lessons Jorj-oung Persons in humble Life , pag. 37.
Le Cheap fieposilor)- , peiil ouvrage périodique , contient une anecdote plus intéressante encore , et rapportée en détail j nous nous bornerons à en donner l'extrait.
« Vue jeune fdle nommé Estber Wilmot , de la paroisse de WcsloD , appartenait a de pauvres paréos fort igaorans , et de mceurs assez grossiçres. I^ père était un bon homme, mais ivrogne, tt dont les mauvaises dispositions augmenlaieot tous les jours par le caractère violent de sa femme qui l'éloignait de la maison. La pauvre fille , qui était Gainée des cinq enfans, avait déjà atteint quatorze ans sans avoir appris à hre ni k écrire , ni k réciter la ijnoindre prière. La mère préten<1.iil que tout cela ne servait qu'à rendre les cnrans paresseux , et que si elle s'en était passée , ses eufaiis [loiivaieni bien en faire de même. A peu près dans ce temps, DiaJame Jones vint clablir ù Wcston une école de Dimanche , dont elle donna la direction à madame Betlj Crew. Au bout de quelqiys mois, madame Jones, voya ut qu'aucun des enfans dcWibnotne venait à l'école , alla en se promenant ju.tqu'à leur maison , et dit â la mère qu'elle venait lui apprendre qu'il y avait uue école établie dans la paroisse , et qu'elle désirait beaucoup y voir venir ses enfans , et surtout sa lillc aînée. Je le veux bien , dît madame Wilmol; mais que lui donuerei-vous pour cela ? Qu'appclez-vous? lui répondit madame Joues , je lui donnerai la meilleure doctrine qu'elle puisse recevoir , je lui apprendrai a craindre Dieu et ù observer ses commandcmeus. Il vaudrait bien mieux que vous lui aj)prissieï à me craindre , reprit-ellt , et à observer ce que je lui dis ) elle n'ira pas. Ce fut avec beaucoup de peine qi{tfB|daiiie
Jones |)arviiil à lui fiiire cliangcr d'avis. La pauvre Esltet» naturellement douce et sensible , souffrait en (?coulant celle convenatioD , et elle vît avec plaisir que sa mère avait enfin consenti à la laisser aller visiter madame Jones. Les progrès (ju'elle fît dam soa iostilution furent tels , qu'en peu de temps elle fut une des cufaos Jes plus avaucées. Pour se venger en quelque sorte de celle sifpérioritd, ses parcDS exigeaient d'elle plus de travail , cl ils e'taient étonnes de la trouver plus soumise el plus aileotive , plus ils étaient exigeaus avec elle. Maigre' les tâclies qu'on lui imposait, clic trou-' vait encore le temps de lire son catcchiame et les autres livres éléinetilaires qu'on lui confiait. IiCS vertus de cet enfant , les égards que tout le monde lui témoignait , ta douceur et la bonti^ de son cararlére, avaient déjà fait une impression profonde sur ses gro.ssiers parons , lorsqu'une circonstance les toucha encore davantage. H était d'usage iju'au mois de mai les enfans parussent à l'église en robe neuve , fruit des économies de leur travail pendant l'année. Eslher, qui gagnait environ deux schclbugs par semaine, les remettait fidèlement à sa mère , et ne gardait que quatre sous pour elle, qui , au bout de l'année , devaient composer la somme nécessaire ï l'uchat d'un nouvel habit. Elle avait déjà fait tous les arrangeraeni jiour se le procurer , lorsque son père , entrant un jour a la maî-
lui prêter quelque
lendemain. Esllier lui donna tout c
cabaret ; mais , au liei
ire au jeu. En rentrant
i en témoigner de l'hut
perle l'eût t
ulie
Ht '
I point cependant
i devoirs , et elle
rgent qu'il devait lui rendre le- ' (ju'elle possédait. Le malliAdc boire , il joua el perdit la il avoua tout à safdle , qui, Lcur , lui dit qu'elle était Lien ipéché de boire autant qued<
alla,
jour de la fête étant arrivé , la pauvre peiile , tout'
ie se trouver moins bien que les autres, ne voulut
l'un amour-propre coupable la fît manquer il se»
il la robe la moins mauvaise qu'elle eût , el fut
.se. Son père , atlrislé du [ort qu'il avait fait à f^a fitic,
B première fuis, à l'église , pour l'y conduire et dintT
t diflu . j
naer son cbagrÎD. Cette circooslance l'avait dëjà console'ej maïs elle le fut bien plus encore , lorsqu'cn présence de son pèrfr, madame Jones lui donna une fort belle Bible bien reliée, en récoinnense de sa bonne conduite j>endanl l'année.
» De retour à In maison , sa mère, qui ne l'avait pas vue le matin , apercevant qu'elle portait sa vieille robe , lui demanda ce qu'elle avait tait de l'argent qu'elle devait avoir amassé pour en. acbeler une neuve. La pauvre peltle, ne voulant point mentir ni accuser sou père , se taisait , et la mère commença à la Lattre impitoyablement. Le père beureusemcnt arriva , et se mil à la 'traverse. Alors commença une scène trcs-vive entre le mari cl sa femme , pendant laquelle Estber s'(!chappa dans sa cbambre, et se mil il genoux près de son lit à prier. Sitôt que le train fut Hui, le père monta jiour te'moigner k sa lillc le cLagrin qu'il avait de ses torts avec elle , lorsqu'il entendit parler dans la cbambre, H ne douta point qu'Estber ne se confondît en plaintes contre ses parent inhumains. Quel fut son étonneraent quand il entendit , à travers !a porte , prononcer ces paroles : mon Dieu ! ayez pitié de mon père et de ma mère ! Apprenez-moi à les aimer et h les rendre heureux; faites qu'il ne leur arrive pas de mallieur , et que je souflVe Génie des peines qu'ils c'prouvent ! Le pauvre homme, à ce discours, ouvre la patte, tombe à geno.ux à côtt! de sou enfant, la serre dans ses bras en pleurant, et lui demande de lui apprendre à prier Dieu. Celle conversion entraîna, au bout de peu de temps , celle de la mère ; et cette famille, auparavant si grossière et si sauvage , devint l'eitcni pie de 1.1 paroisse, le ménage le plus uni, et les gens les plus résigoés dans leur détresse, u
Uslc dei TJvrps que nous avons consultés pour cet éc
est ■ liiUe de se procurer pour Vélablissemeni i
ctnirales.
Bell's Elcmcnls of Tuiliau, 8to. i8i4 , Loiidon. Doctor Bell's Instructions for modelling Schools upon the Madras
Sjsicra, Sto.
Ol ttic Ediicalion of llie Poar , hping ilie &rM pari of a digest of
tbe reports of. the Society for beltEring ihe condition of die
Poor.
'Àddrcss to the Public ia recoramendalîon of tbcMadras Sjstem of
Education, London , 181 a, 1 vol, by the Rev. Hollingswortb, . An Abcidgmcnt of ihe Bijtory ofthe Bible by tbe Rev. M. Oater-
vald, in-i2. London, i8i3.
Firsl , second and third Bcport of ibe National SociMy for pro-
iQuling tbe Education of ihe Pnor in tbe Piinci[iles of tbe
eslablisbed Cburcb , 3 vol. 8vo. London, iSi^J- Tbe Orijjin , nniuiesnd Object ofibe new System of Education,
in-t2. London , i8is.
The village Sebool improved by John Poole , 1 vol. in- 1 a. London, 181a.
Suggestions lo ilie Promolcrs of Dr. Eell's Syiitem of Tniiion wilfc
tlie Account of the Hampsbirc Society by the Rev. Fredciidi
Iremonger, Hso. WincbeBler, 1814.
The Barington School , by Sir Thomas Bernard , 8to. Inslrutlioii for fonniog aud conducliog a Society for tlie Education of tbe Chiidren of tbe Poor accoiiling lo tbe Lancasierian
or British Plan , 8ïO.
Proccedings of ibe Glascow I.anc3stcrian Scbools' Society , l^
.loseph Fox, 8ïO. I vol. Ediuburgh ,18(4.
Scbools for ail , in préférence lo ^hools for Clergymcn only,
I vol, 8vo. London, 1812.
> An Account of a remai'kable Establishment of Education at PuH,
by Joseph Lancaster, 8vo. London 1809.
comparative View of tbe Plan of Education of Dr. Bell ind • A M. Lancaster ,by Joseph Fox ,8vo. London, 181 1. Vindication of M. Lnncaster's System of Education by a Membo
ofthe Boyal Institution, i vol. 8ve. London , t8i:i. The Reports ofthe Goweri-Walk SçhooI , While-Chape).
■ticle;
Voyez aussi les diffc'rens (]iie ccHi do Brilish Rnview, 1812. p. 416; le Çimrtrlr Edîmburgh iïcview, N°. XXI .
dans les Reviexv, iris
octobre
N°. xxxvn,p."i