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de leur atelier, étudiants à perpétuité, ou simples exploiteurs de la crédulité publique.
Puis, pour les populations indigènes, les artistes locaux, féticheurs, sorciers, thaumaturges, barbiers, ventouseurs, charlatans, dont la thérapeutique s’éloigne des règles d'Hippocrate…
Enfin et ceci est l’élément le plus important: il faut compter avec les médecins coloniaux, soit militaires, soit contractuels, soit privés, qui sont obligés de dispenser les soins dentaires les plus urgents, et dont la panacée universelle est le plus souvent le baume d’acier.
Est-il possible d'évaluer tout au moins ce dernier élément ? Il faudrait pour ceci une vaste enquête, auprès de chaque docteur en médecine exerçant aux colonies, pour savoir de lui-même s’il pratique la stomatologie, par hasard ou par habitude. C’est un travail de longue haleine que le Ministère des Colonies pourrait seul entreprendre, par l’entremise de son service de santé.
Mais nous ne croyons pas que le nombre de ces stomatologistes in partibus infidelium serait fort élevé : à Saint-Pierre et Miquelon, 2 médecins, 3 en Haute- Volta, 2 en Mauritanie, 1 au Tchad, 3 au Laos ; partout on relève des nombres analogues, sauf pour les grandes colonies de peuplement.
Pénurie de praticiens. — Voici un premier point acquis. Quelle est leur valeur professionnelle ? Très
J, Laurent 2
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inégale. Dans l’ensemble assez médiocre. Si, généralement on rencontre dans les capitales des dentistes connaissant parfaitement leur art, et l’exerçant selon les règles, il n’en est pas toujours ainsi dans les villes secondaires : a fortiori dans la brousse.
Parmi les chirurgiens-dentistes, une petite part de ceux qui s’expatrient vont au loin chercher l’aventure : ce qui les fascine, c’est l’inconnu, les mœurs nouvelles, les cieux divers. Une plus grande part ne cherche que la fortune, sans trop se soucier des moyens de l’acquérir. Enfin de rares éléments fuient la métropole pour des raisons en marge de toute préoccupation scientifique. Nous pouvons dire que nous avons pu juger d’un nombre assez élevé d'œuvres dues à nos confrères coloniaux, et que la technique apparaissait en général suffisante, sans plus, et avec un peu d’indulgence.…
Mais les chirurgiens-dentistes seraient inexcusables de méconnaître les rudiments du métier. Ils ont du moins cet avantage d’être réputés l’avoir appris. Il n’en va plus ainsi pour les médecins non spécialisés : exercer la stomatologie n'implique pas forcément qu'on y connaisse grand’chose. Aussi font-ils de leur mieux et rendent-ils dans les cas urgents les services que l’on peut attendre de leur dévouement et de leur ingéniosité. Peut-être pourrait-on, à peu de frais, exiger d'eux davantage : car en dehors de la partie purement chirurgicale, ils sont la plupart du temps absolument incapables de soigner correctement les dents, et de les remplacer : ils ne sont pas outillés
Pour cela, ni matériellement, ni scientifiquement. Quant aux Stomatologistes véritables, pour l’ensemble de nos colonies, exception faite de l’Afrique du Nord, ils ne sont que 3, et, de par leur nombre infime, n'influent pas sur nos conclusions. Alors, n’hésitons pas à l'écrire : à la crise de quantité s’ajoute la crise de qualité.