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scientifique, le vieux charlatan de jadis qui parcourait les foires de nos campagnes, dans son carrosse de gala. Mais ici le charlatan sera un dentiste véridique, et le carrosse une automobile stomatologique, munie des indispensables instruments, et comportant l’eau sous pression, l'électricité et le gaz d’acétylène.
Nous donnons tout au long le-détail de cette monture stomatologique dans le projet d'organisation du service dentaire au Maroc, et pour éviter des redites
le lecteur voudra bien s’y reporter.
Ces voitures ont fait leurs preuves pendant la guerre, et ont rendu de grands services à l'arrière du front, se déplaçant avec les troupes, et se rendant rapidement aux lieux de concentration fixés par l'état-major.
D. La question de la prothèse dans le bled sera résolue le plus simplement du monde, d’une part grâce à ces voitures stomatologiques qui comprendront un mécanicien pour dentiste dans leur personnel, et d’autre part grâce aux dentistes du corps de santé colonial dont nous avons parlé ci-dessus.
E. Car, dans toutes les villes d’une certaine importance on devra prévoir, en cas d'absence de praticiens civils, un poste dentaire régional avec dispensaire, fonctionnant à l’hôpital ou à l’infirmerie indigène. Ce service sera assuré par un dentiste colonial.
Aïnsi le service dentaire comprendra :
1° Un centre stomatologique et d’enseignement ;
2° Des postes régionaux ;
30 Des ambulances automobiles ;
Hors
49 Un service d'urgence assuré dans les plus infimes localités par les médecins de colonisations ayant reçu à cet effet une instruction spéciale.
Cette quadruple armature suffira à tous les be- SOINS.
V. Cinquième étape — Tant qu’il s’agit de colonies situées aux portes de France, on peut croire que le service dentaire recrutera aisément des praticiens ; l’exemple de l'Algérie, de l'Afrique du Nord en général, le prouve. Mais nos colonies lointaines, comment espérer leur fournir le personnel dont elles ont besoin, et besoin impérieux, si l’on ne se décide pas à créer le corps de dentistes coloniaux que je réclame ?
Il y aurait une autre solution. Lorsque la colonie est devenue adulte, que ses villes atteignent l’ampleur des villes métropolitaines, qu’elles agglomèrent plus de cent mille habitants et surtout lorsque les colons se sont implantés dans le pays, et y font souche, sans espoir de retour, pourquoi ne pas recruter sur place le personnel technique indispensable ?
Ce qui apparaît utopique, de prime abord, fut pourtant réalisé pour la médecine. On compte déjà des écoles de médecine à Dakar, Tananarive, Hanoï ; cette dernière ville va être érigée en faculté, comme Alger.
Pourquoi ne pas créer une école dentaire par groupe de colonies ? Hanoï, pour l’Indo-Chine, Tananarive pour Madagascar et le Pacifique, Rabat pour le Maroc, Dakar pour l'Afrique.
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Qu'y enseignerait-on ? Nous ne craignons pas de l'écrire, très peu de médecine, mais énormément de spécialité. L'étudiant ne se farcira pas la cervelle d'anatomie ou de physiologie générales : peu de pathologie, dont il n’aura que faire, peu de thérapeutique générale qui l’encombrera plutôt qu’elle ne lui servira ; mais il apprendra les maladies de la dent et des mâchoires, leurs causes, leurs signes, leur évolution, leur diagnostic et leur traitement. Il saura comment pratiquer une intervention, quels sont ses dangers et ses accidents ; il s’exercera à obturer proprement une carie.
Sans s’embarrasser de la chimie des métaux ou de -la sculpture sur bois, il s’adonnera à la prothèse et apprendra à construire de bons appareils stables, et de bons bridges sur piliers sains.
On fera de ces étudiants d’excellents techniciens, capables d'exercer honorablement leur profession.
VI. Sixième étape. — Plus tard, beaucoup plus tard, quand la colonie aura achevé son évolution, quand elle aura atteint le degré de civilisation de la métropole, rien de sera plus facile que de compléter l’œuvre déjà faite et de se montrer plus exigeant dans le choix des praticiens. Mais ceci sera dans un temps que nous ne verrons pas, et il serait fou de prévoir
les nécessités de l’odontologie à cette époque.