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III. Troisième étape. — La colonisation progresse, des villes-champignons poussent ; les fermes européennes grignotent les terres indigènes, pendant que nos industries, mieux outillées, plus scientifiques, supplantent les artisaneries locales. Les centres s’élévent au cœur des pays fertiles, aux nœuds des voies de communications ; la population s'accroît à un rythme impressionnant ; nous arrivons ainsi à un état que nous représente fidèlement le Maroc de
Comment se présentent les données du problème ?
a) Pays très étendu : centres nombreux, mais éloignés les uns des autres ; communications rares ; les voyages sont encore longs, pénibles et onéreux.
b) Corrélativement, pénurie de praticiens qui s’entassent dans les villes et ne s’éloignent guère de la côte.
Pénurie de praticiens parce que la clientèle payante est insuffisante ; peu nombreuse, d’un niveau social inférieur, elle ne sait pas encore se soigner.
Et puis le praticien qui abandonne le doux pays de France où la vie s’écoule si facile, si heureuse, parmi des paysages riants, et sous un climat tempéré, pour le bled et ses misères, s'attend à gagner davantage. Il a droit à une vie large et généreuse, pour compenser l’inclémence du ciel, et la privation de vie intellectuelle.
Pénurie de qualité également. Lyautey, l’Africain, disait, avec sa brusquerie d'emprunt : « Je ne fais pas le Maroc avec les Rosières ! », quand on attirait son
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attention sur des personnalités tapageuses du protectorat. Effectivement, si l’on avait exigé des dentistes exerçant alors qu'ils montrassent patte blanche, on eût imprudemment raréfié le personnel soignant : de toutes les rives de la Méditerranée les illégaux s'étaient rués sur cette proie alléchante, à trois journées de Marseille, porte du Sud.
Sur ces données, quelle solution adopter ? :
a) Au début de toute colonisation, il faut bien admettre des praticiens marrons, qu’en toute autre circonstance on refoulerait comme indésirables.
Cette période doit durer plus ou moins longtemps selon la rapidité de développement de la colonie et l'effort de l'Administration. Dès que ce sera possible la porte sera fermée aux illégaux, qu'il faudra tolérer jusqu’à extinction.
Ce stade est aujourd’hui atteint par l’Indo-Chine, le Maroc et Madagascar, pour les colonies nouvelles.
b) En même temps, le Gouvernement devrait prévoir la création de postes dentaires dans les provinces éloignées et les marches frontières, occupés par des dentistes coloniaux, fonctionnaires militarisés, et appointés par la colonie.
IV. Quatrième étape. — Les conditions demeurent identiques dans une colonie prospère : le nombre des colons, des fonctionnaires et des négociants est devenu important et justifie un service dentaire complet. C’est le cas du Maroc ou de la Tunisie actuels.
Les solutions deviennent plus complexes :
J. Laurent 3
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A. Dans les villes principales, les dentistes libres plus ou moins diplômés exercent. Mais ils ne suffisent pas aux besoins de la population.
B. Aussi, tout centre-capitale doit être équipé en centre complet de stomatologie, confié à un stomatologiste reçu au concours si possible, et outillé pour entreprendre non seulement les traitements dentaires mais encore toutes les interventions portant sur la bouche et toute la prothèse.
Ce centre aura de plus un rôle des plus importants : il donnera aux médecins de l’intérieur une instruction spéciale portant sur les points de la stomatologie accessibles aux praticiens non spécialisés ; tous les médecins contractuels seront tenus de faire un stage de quelques semaines au centre pour y apprendre les notions des maladies de la bouche et des dents ainsi que leur traitement.
C. Mais l'organisme le plus souple, le plus rapide, le plus capable de rendre des services sera le cabinet dentaire mobile.
Car, dans ces contrées où les blancs sont éloignés de toute ville, où les indigènes sont dispersés en villages, où les pistes sont souvent impraticables, il ne faut pas que le client aille isolément vers le praticien, mais 1l importe au contraire que ce soit le praticien qui aille, avec son matériel, son ambulance, vers les rassemblements de population, en profitant soit des jours fixes de marchés, soit des grandes assemblées populaires.
On reconstituera ainsi, sous une forme moderne,