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II. — Les Locaux

Pour l'installation du Centre de Stomatologie de l'Hôpital de Casablanca, deux éventualités sont à considérer.

Dans un premier cas, l'Hôpital attribue au nouveau service des locaux déjà construits et dont on n’a qu'à prévoir l'aménagement.

Dans un second cas, l'Hôpital construit à la demande les bâtiments nécessaires ; si les possibilités budgétaires le permettent, il est bien évident que cette solution doit être préférée.

Mais quelle que soit la décision prise par la Direction, le Service de stomatologie doit conserver une certaine autonomie : il doit disposer d’un emplace-

ment propre et non pas être confondu avec d’autres spécialités où des services généraux ; la technique employée dans les interventions sur la bouche est absolument spéciale et exige des conditions particulières, notamment d'éclairage.

Le service de stomatologie par contre n’a pas besoin de services annexes spéciaux; c’est ainsi qu'il recourra aux services centraux (pharmacie, laboratoires d'analyses, chimiques, biologiques, histologiques, électro-radiologie) chaque fois qu’il en sera besoin.

Un point sur lequel nous devons lourdement insis-

ter, c’est la nécessité absolue de prévoir un petit

nombre de lits à la disposition des opérés : un ostéophlegmon, un accident grave d’éruption de dent de sagesse inférieure, un kyste, une épulie, une ostéomyélite, une fracture sont des affections graves, nécessitant un traitement énergique, parfois dangereux et d'une certaine durée ; il est inadmissible d’opérer ces malades pour les renvoyer chez eux immédiatement, dans un milieu plus ou moins souillé où les soins post-opératoires ne pourront être que négligés, d'où coniplications septiques et accidents, qu’un traitement à l'hôpital éviterait à coup sûr. Ces lits, quatre environ, pourraient être cédés par un service de chirufgie, ou par un service spécial : opthalmologie, otorhinologie. Aïnsi, les malades dépendraient administrativement de ce service, mais médicalement du stomatologiste. La dépense serait donc réduite au minimum, aucun personnel spécial n’étant prévu pour leur entretien.

17 cas. — Les bâtiments sont cédés par l'hôpital.

a) La, salle d'attente sera probablement commune, de même le bureau du surveillant des consultations externes ; à Paris, il existe pour toutes les consultations un poste de surveillant-chef. Sous ses ordres, des infirmiers ou infirmières répartis dans les différentes consultations.

b) Le bureau du stomatologiste peut être également partagé avec les spécialistes voisins.

c) Une salle d'opérations courantes, de vastes dimensions, doit être prévue ; à la rigueur on y logera la stérilisation...

d) Une salle plus petite, sera réservée aux interventions délicates.

Cet ensemble constitue le strict minimum ; il est impossible dans l'ignorance absolue des locaux susceptibles d’être affectés au service, de préciser davantage leur répartition et leur aménagement. Ce sera là une tâche à effectuer sur place ; mais, contrairement à ce qui se fait la plupart du temps, il sera utile de mettre à l’avance en contact, l'architecte et le stomatologiste ; celui-ci pourra ainsi exposer des désirs et en donner les raisons, et faire édifier non d’informes salles à tout faire, mais un harmonieux ensemble

répondant à des fins utilitaires.

.2e cas.— Les bâtiments sont à construire.

Nous nous trouvons ici dans le cas le plus favorable. Sans tomber dans les exagérations de la méga-

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lomanie, il n’est pas inutile de voir grand. Le Maroc est un pays qui pousse vite et tous les édifices publics, quelque grandioses qu’on les ait conçus à leur naissance, ne répondent plus aux exigences actuelles. Le plan que nous proposons se prête d’ailleurs à toutes les modifications de détail. Il est à noter qu’en France, un seul hôpital possède un pavillon de stomatologie digne de ce nom, celui de Grenoble. Partout ailleurs, même dans les hôpitaux neufs, comme la Pitié ou Cochin, le service de stomatologie ne constitue qu’une mauvaise adaptation, et ne donne, en conséquence, qu’un rendement insuflisant.

Les locaux nécessaires sont les suivants :

10 La salle d'attente, où sera rédigé le fichier administratif.

29 Le bureau du chef de service (servant également de pharmacie). +

3° Le bureau du personnel.

40 L'office.

59 Les W.-C.

60 La salle des malades (4 lits).

7° La stérilisation et réserve de matériel.

8° La salle d'opérations courantes (salle de soins dentaires et prothèse).

9° La salle d'opérations proprement dite.

100 L'atelier de prothèse.

Sans qu'il soit besoin d’insister, nous ajouterons que la construction doit répondre aux acquisitions récentes de l'hygiène : planchers en monobloc, pas d'angles, large ventilation, nettoyage mécanique pa.

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le vide, chauffage sans poussières, éclairage direct, etc…., ventilateurs, aspirateurs, évacuation des déchets.

Nous avons compris l’atelier de prothèse, ainsi que la salle des malades couchés ; si leur principe n’est pas admis on modifiera en conséquence le plan.

Nores.— Ce plan ne doit être considéré quecomme une indication; il se présente volontairement dépourvu de toute ornementation : il n’a prévu ni les infra ni les suprastructures ; il ne tient aucun compte des nécessités climatiques, et encore moins des ressources en matériaux. Toute cette partie dépend en effet uniquement de l'architecte, et des crédits. La superficie couverte serait approximativement de 250 mètres carrés (non compris la véranda).

Le problème de l’eau chaude est laissé en suspens ; on peut ou bien l’obtenir par un bouilleur placé dans la salle de stérilisation ou bien la recevoir de l’installation centrale de l'hôpital. Il va sans dire que toutes les canalisations seront invisibles, pour éviter les nids à poussières, y compris les fils électriques, placés sous tube sous plafond ; les prises de courant et interrupteurs seront du type intramural, ainsi que les sonneries.

Quant à l'atelier de prothèse,il possédera une sortie particulière pour éviter de souiller la partie principale où s'ouvrent les salles d'opérations et la chambre des malades.

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Iil. — Le Matériel.

Nous avons prévu dans les locaux trois salles destinées aux interventions : salle d'opérations ordinaires, salle d'opérations spéciales, salle d’antiseptie.

Nous allons étudier l'équipement de ces trois salles.

1° Salle d'opérations ordinaires.

C’est le cabinet dentaire proprement dit, destiné aux malades nécessitant des interventions faciles sur la bouche et les dents.

Le gros matériel comprendra :

Un ou mieux deux fauteuils (ce qui permet d’entreprendre une intervention pendant qu'une anesthésie s'effectue) : il n’est pas besoin de choisir des fauteuils à double pompe d’un prix exorbitant ; un solide fauteuil à simple pompe suflira.

Deux crachoirs fontaine à double cuvette, dont les canalisations passeront sous le sol.

Un équipement électrique : comprenant le cautère, la lumière, l’air chaud et le tour. Ce dernier doit être d’une marque indiscutable ; c’est une des pièces de l'équipement sur lesquelles l’économie ne doit pas s'exercer. On choisira de préférence malgré le prix élevé un Ritter, ou un White.

Un meuble à instruments, en tôle d’acier laqué au Duco.

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Une table meuble servant de meuble à porte-empreintes et à médicaments.

Deux tables volantes.

Deux seaux à déchets du modèle Quiniou.

L'éclairage de secours (à Casablanca la lumière du jour suffira) sera assuré par des casques photophores (et non le miroir de Clarc qui donne une lumière insuffisante).

Lavabo du modèle réglementaire chirurgical, à eau chaude, eau froide et savon liquide. Séchage des mains à l’air chaud.

L’instrumentation sera ainsi composée :

a) Matériel d’anesthésie :

Appareil de Desmaret, à protoxyde avec ses bouteilles.

Seringues de Raison.

Seringues de Leroux à anesthésie tronculaire (épine de Spix).

seringues de Luer (anesthésie au trou palatin

- postérieur).

Chlorure d’éthyle.

b) Matériel d’avulsion :

Série de syndesmotomes de Chompret.

Série de daviers pour l’arcade supérieure (incisives, canines, prémolaires, molaires droites et gauches, dent de sagesse, pince de homard, corne droite et gauche, baïonnettes, racines).

Série de daviers pour l’arcade inférieure (droits et à bec de faucon, comme pour le haut).

J, Laurent 5

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