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ORGANISATION D'UN CENTRE MOBILE DE STOMATOLOGIE

1° La voiture de stomatologie.

‘20 Application à la Prothèse.

L'une des idées directrices du Service de Santé dont l'application s’est révélée des plus heureuses, est la substitution du déplacement de l'arsenal thérapeutique, au déplacement des individus.

Au début de la guerre, on ne songeait qu'à évacuer d’abord, soigner ensuite : la formule s’est montrée néfaste ; et par la suite, on s’attacha à soigner d’abord pour évacuer ensuite ; parmi les autres formations sanitaires, auto-chir, centres spéciaux, les voitures de stomatologie figurèrent avec succès ; elles fonctionnèrent dans des conditions épouvantables, installées lamentablement avec du matériel choisi selon une règle fantaisiste, mais rendirent de tels services cependant que l’on ne peut s'empêcher de se demander s’il ne serait pas possible de les utiliser en temps de paix et plus particulièrement dans les contrées dépourvues de service dentaire ou insuffisamment

pourvues.

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19 Examinons d’abord la constitution d’une voiture stomatologique. Nous ne parlerons pas des rossignols de la guerre, qui encombrent les magasins du Service de Santé militaire et ne sont capables que de montrer les fautes à éviter.

Au Congrès de médecine et de pharmacie militaire de Paris (1925) un constructeur parisien avait exposé un modèle de voiture stomatologique très bien conçu : mais depuis, il a fait mieux ; il a fait fonctionner durant des mois la voiture ainsi créée ; il a parcouru des centaines de lieues,pour se rendre compte des améliorations à apporter à la suspension, à la carrosserie, au matériel : la grande difficulté était de rendre stables les multiples objets composant la trousse d’instrumentation, l'outillage, la réserve de produits et de médicaments. Le châssis est généralement fourni par deux constructeurs : le châssis Delahaye 15 HP, châssis long, ou le châssis Chevrolet 14 HP 6 cylindres, se partagent les commandes des Etats étrangers. La carrosserie est une carrosserie tout acier, en tôles légères, boulonnée ou rivée sur les longerons : les organes spéciaux montés sur le moteur sont : la moto-pompe, envoyant l’eau dans un réservoir de 250 litres, le compresseur d’air ; la dynamo alimentant les accumulateurs (ainsi peuvent fonctionner l'éclairage, les moteurs et le tableau).

Cependant nous proposons les remarques suivantes :

a) le chauffage à l’acétylène a été remplacé par le chauffage à gaz d’essence ;

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b) la stérilisation fonctionne à froid par les vapeurs d’aldhylène ;

c) le fauteuil à double pompe a été remplacé par un fauteuil léger, modèle clinique en duralumin ;

d) le matériel de laboratoire a été complété ;

e) nous avons fait ajoindre une tente latérale, permettant d’abriter une place considérable auprès: de la voiture, utilisée généralement en salle d'attente.

D'une voiture ainsi conçue, quels services peut-on attendre ? Au point de vue militaire la cause est entendue ; l'expérience a prouvé que toutes les concentrations de troupes en dehors des places où le service dentaire est organisé sédentairement, doivent être accompagnées du matériel stomatologique mobile.

Mais, au point de vue civil, la cause est beaucoup discutable ; au Maroc, en particulier, le service dentaire actuellement n’est pas assuré d’une façon suffisante ; est-ce qu’un centre mobile, se déplaçant régulièrement d’agglomérations en agglomérations répondrait aux besoins de la population ? Nous ne le pensons pas. Il est certain que l'effet de propagande serait atteint, mais l'effort resterait en disproportion avec les résultats.

Nous estimons que la stomatologie doit rester aux mains des médecins de l’Assistance, dûment dressée à sa technique particulière. |

20 Mais il est un point cependant où le Centre mobile pourrait rendre d’inappréciables services :

c’est dans l'exercice de la prothèse. Nous avons examiné (titre Ier, chapitre IV) la création d’un centre de prothèse, fixé à Casablanca, et destiné à centraliser l’appareillage de tous les édentés marocains. C’est à ce Centre que pourrait être rattachée, non plus une voiture de stomatologie, mais une voiture laboratoire. Ce groupe mobile se rendrait à date fixe dans les diverses villes ou bourgades du Maroc, pour se mettre à la disposition du médecin de l’Assistance ; ce dernier réserverait pour la date fixée le plus grand nombre de patients à appareiller ; il ny a pas grand inconvénient à cela, car après les dernières extractions pratiquées il faut attendre la cicatrisation de la muqueuse et la résorption osseuse; or, plus on attend, mieux cela vaut, toutes choses égales d’ailleurs, pour la tenue et la stabilité de l'appareil.

On donnerait donc, de cette façon, une excellente leçon de prothèse aux médecins qui apprendraient à mettre au point un appareil, et nous savons tous ce qu’un tel travail demande de minutie et d’adresse, et utiliseraient plus tard leurs connaissances en cet art délicat ; d’autre part, on supprimerait les aléas de ces envois de modèles, de pièces à l’essai, ou à la retouche, la lenteur des transmissions et des retours, et surtout le médecin, responsable de son œuvre, ne s’en désintéresserait plus, et n’accuserait plus, en cas d'incident, le service lointain de Casablanca, dont la compétence et la patience seraient mises à rude épreuve.

Une voiture laboratoire exigerait comme personnel un simple mécanicien pour dentiste muni de son per-

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mis de conduire ; la dépense annuelle ne serait donc pas considérable. Nous estimons que les services rendus compenseraient largement et les frais d’exploitation et les annuités d'amortissement du matériel automobile. Jamais à notre connaissance un tel essai ne fut réalisé ; le Maroc qui, pour l’équipement social, tient la tête des nations civilisées, serait bien inspiré

de l’entreprendre et de soutenir son effort jusqu’au

bout, c’est-à-dire jusqu’au moment où le corps médical et la population en auront compris la valeur et sauront l'utiliser.

D'ailleurs, il ne serait peut-être pas impossible de prévoir, si l’on trouve les frais trop élevés, une collaboration avec le service dentaire militaire qui pourrait confier au Laboratoire de prothèse (fixe, ou mobile, ou aux deux) son service d’édentés moyennant rétribution, étant bien spécifié qu’il ne s’agirait que du service de place et non du service dans la zone de combat. Le principe du Centre mobile de prothèse nous semble digne d’attention ; son application dépend de trop d’éléments ignorés de nous pour que nous puissions donner un avis compétent. Par contre nous réprouvons le principe du Centre mobile de stomatologie, sauf à titre de propagande et d’instruction, et encore faisons-nous les plus extrêmes ré-

SETVES.

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