IV. — Centre de Prothèse
La nécessité de la prothèse dentaire, maxillaire, maxillo-faciale ou vélopalatine ne se discute pas ; un édenté, un mutilé de la bouche sont des infirmes, la fonction masticatrice étant l’une des plus importantes de l'organisme. Donc le rétablissement de sa puissance normale est l’un des devoirs les plus urgents de la stomatologie.
La question ne se pose pas pour la partie aisée de la population, mais elle se pose pour le clientèle indigente : à Paris, jusqu’à ces dernières années, la four niture des appareils dentaires aux indigents reconnus s’effectuait par l'intermédiaire des Ecoles Dentaires, et les frais de prothèse, bien minimes d’ailleurs, supportés par les Bureaux de Bienfaisance de Paris ou de la Seine.
Or, le Directeur de l’Assistance Publique, à la suite d’une minutieuse étude, constate que le séjour à l’hôpital des tuberculeux était diminué dans une proportion inattendue par la remise en état de leurs arcades dentaires, y compris leur restauration prothétique. Les charges de son budget se trouvaient d'autant diminuées ; il décida d’équiper sans délai, à la Salpé-
trière, un Centre de Prothèse destiné à appareiller
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gratuitement tous les malades indigents, pensionnaires des hôpitaux de Paris. Ce service,confié à deux stomatologistes des hôpitaux, et comprenant toute une équipe de mécaniciens pour dentistes, fonctionne dans les meilleures conditions, et donne les meilleurs résultats : les frais du centre de prothèse sont couverts par l’économie réalisée dans le nombre de journées d’hospitalisation, un appareil complet en vulcanite ne revenant qu'à environ quatre journées de chirurgie.
De plus, l’appareillage des fractures, des perforations palatines, des becs-de-lièvre,jusqu’alors, ne pouvait se faire que grâce à la complaisance des chefs de service qui les confiaient à leurs propres mécaniciens et se faisaient ensuite rembourser les frais par l’Assistance.
Désormais ces irrégularités ont disparu.
Lorsqu'un malade à besoin d'un appareil de prothèse, il s’adresse au stomatologiste de l'hôpital où il est en traitement; celui-ci fournit un certificat, remis à la Direction.Une enquête administrative est ouverte sur la situation de fortune de l'intéressé. Est-il indigent ? on le dirige immédiatement sur la Salpétrière, s’il est valide ; sinon, les empreintes sont prises par le stomatologiste de son hôpital qui reçoit les cires d'essai et finalement l'appareil.
On pourrait concevoir, au Centre de stomatologie de Casablanca, un centre de prothèse semblable.
Le personnel comprendrait le chef de service, et un mécanicien pour dentiste : une pièce quelconque suffrait au laboratoire.
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Le matériel se réduisant au travail de la vulcanite, pourrait ainsi être composé :
Gros meubles :
Un établi ; un meuble à plâtre ; une hotte, soit en tôle, soit en verre ; un tour à polir, avec ses poupées et son augette.
Matériel :
a) le matériel à souder (chalumeau, précelles, borax, tas, pinces) ;
b) le matériel à cuire (presse à moufles, moufles, vulcanisateur, fronde, cylindres) ;
c) le matériel à plâtre (bols, planche à couteau, spatules, couteaux, articulateurs) ;
d) le matériel à estamper (billot, cuillers, cercles, maillet, pilon) ;
e) le petit outillage (pinces, précelles, limes, échoppes, riflairs, marteaux, bouterolles, scies, canifs, compas, spatules, brosses, meules, etc...) ;
f) les matières nécessaires (acide nitrique, acide sulfurique, vernis, borax, potée d’émeri, ponce, plâtre, cires, caoutchoucs, huiles, talc, métaux : or, mailchort, randolf vixtoria, etc, dents).
Le laboratoire doit être bien éclairé : l’eau, le gaz et l'électricité y sont nécessaires ; à défaut du gaz, on prévoira l'installation d’un générateur à gaz d'essence.
Les prix des appareils de prothèse dans les écoles dentaires constituent des prix de famine, mais il ne
faut pas oublier que ces appareils pour indigents sont destinés à l'instruction des étudiants, et leur valeur
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fonctionnelle est encore bien inférieure à leur valeur vénale.
Si un tel centre était édifié à Casablanca, rien ne s’opposerait à fixer un tarif s'inspirant des mêmes idées : les indigents seraient appareillés gratuitement, mais les frais de prothèse remboursés par les budgets des villes, selon des modalités à trouver et qui sortiraient du cadre de cette étude. Ainsi on limiterait les abus criants du régime gratuit, qui demande à être tempéré de restrictions ; de même on pourrait prévoir la participation du malade pour une quotité à déterminer.
Les empreintes, pour les malades de l’intérieur, seraient adressées au Centre de Casablanca, et les cires renvoyées à l'expéditeur, ainsi qu’on procède à Paris.
LCERESAITI