AVANT-PROPOS
Jusqu'à présent aucun travail d'ensemble n’a été consacré à l’exercice de l’art dentaire aux colonies. Les documents publiés sur ce sujet ne sont faits que de rares textes officiels, et nos revues professionnelles sont entièrement remplies des actes et des œuvres de la dentisterie métropolitaine.
Cependant les colonies qui depuis la guerre connaissaient une certaine vogue soulèvent actuellement l'enthousiasme des foules grâce aux grandes: manifestations en leur faveur qui viennent d’avoir lieu. On commence à les connaître mieux et beaucoup de jeunes gens consentiraient avec joie à s’y rendre tout au moins pour un certain temps, s'ils avaient la certitude non seulement d’y gagner largement leur vie, mais d’assurer rapidement une aisance méritée. Ce premier point, à lui seul, justifierait cette étude.
Or, nous n’avons pu voir trace dans toutes les magnifiques démonstrations des bienfaits de l’assis-
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tance médicale coloniale, de l’existence de postes dentaires convenablement aménagés.
Et pourtant les grands fléaux stomatologiques (pyorrhée, pyophagie, et leurs conséquences) dont nous parlons pour la métropole n’existent-ils point au même titre dans toute la surface du globe.
Mais cette étude présente encore un autre intérêt d'actualité. Ne parle-t-on pas de pléthore ? Nos villes de France ne sont-elles pas envahies, à une cadence inquiétante, d’un nombre toujours croissant de jeunes dentistes, dont certains pourraient être dirigés vers nos possessions d'outre-mer ?
Pour répondre à ces questions primordiales, nous avons entrepris une vaste enquête, en nous servant de documents disparates et difficiles à réunir, et notre premier soin fut d'établir avec précision le bilan actuel de la dentisterie coloniale. Disons d'ores et déjà qu’il n’est guère brillant.
Le point fait, il devenait facile d'utiliser les renseignements statistiques pour indiquer les nécessités immédiates, et tracer les grandes lignes de l’œuvre à accomplir. Pour remplir cette partie la plus importante de notre tâche, nous ne pouvions, sans donner à cette étude une longueur démesurée, traiter de chaque colonie en particulier. Nous nous sommes borné à indiquer la méthode qui doit être suivie pour remédier à un ordre de choses préjudiciable au bien public.
Enfin pour concrétiser nos idées et pour démontrer une application de nos conceptions à un cas particu-
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lier, nous avons cru bon de détailler le plan d’organisation du service dentaire dans un pays de Protectorat, le Maroc, pour lequel nous avons demandé les conseils éclairés de notre Maître et ami le Dr Boissier, stomatologiste des Hôpitaux, qui vécut de longues années dans ce pays en qualité de médecin de la Garde Noire de $S. M. Chérifienne.