‹ Plans de discours; ou, Projets d'instructions et de conférences sur lesChapitre 24 sur 83 · HUITIÈME INSTRUCTION- QUATRIEME ARTICLE DU STMBOLB · texte numérisé non relu

HUITIÈME INSTRUCTION- QUATRIEME ARTICLE DU STMBOLB

PASSION ET MORT DE jisVS •CHRIST.

JPassus sub Pontio Pilato, crueifixus, mortuuj»

A souffert sons Ponce-Pilate, a été crucifié , est'morf*

J E dois à votre piété un tableau particulier de la passion et mort du divin Sauveur. L'insr Ir uction de dimanche dernier n^en a été qu^une esquisse trop générale*

Après avoir fait à Jérusalem une entrée ou il y « un merveilleux mélange d'une auguste simplicité et d'un modeste triomphe ( Matth.

zxi ) ^ après avoir institué la divine Eucha^ ristie pour nous enrichir de lui même (/iiV/. XXVII ) , Jésus entre dans la carrière douloureuse de, ses dernières souffrances. Considérons Jésus au Jardin des Olives , chez Caïphe, «t au Prétoire , pyis au Calvaire. Passus sui

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Pcntio Pilato, crucifixus , mortum. Occn* l^ns-nous-y dé Texcès de ses humiliations | première partie; puis de la grandeur et ma* gnificenee de son triomphe au sein des hu« miliations même : c^est tout mon dessein.

I'« PARTIE. i« Jardin des Olives, Il était un lien près de Jérusalem où Jésns se retirait pour prier. (Joan.xvin.) Trouble , abattement et tristesse volontaire qu^il y éprouve pour consoler les douleurs de notre agonie. ••• ( JbfâttA.xxvi.) Il a besoin qu^in Â.nge le lîonforte. Calice amer et insuppoi^table qui lui est présenté. Ce n^est pas la représenta* lion qu^il se fait des douleurs et des igno« miniesde sa mort qui Pafflige davantage ; c^est celle de nos prévarications et de nos crimes... Que de douleurs se surajoutent & ses dou« leurs! Ses disciples doi^ment et se montrent indifTérens.... Un des douze le trahit. Le signe touchant de Pamilié est profané ( Ibid»

XLvni) : Si inimicus meus maledixisset mihî^ sustinuissem utique..». Tu vero urmnimis,.»»

{ P$. Liv. ) Une troupe ennemie jette des mains audacieuses et sacrilèges sur le Saint des Saints.... Ses disciples Tabandonnent.... Voilà l'heure qu'il avait prédite, Pheure de la puissance des ténèbres. ( Luc. xxri. )

a® Ce n'était là que le prélude. Jésus passe 1^ nuit chez Anne , beau-père du çrand-prê-

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tre Caïphe, puis chez Caïphe lui- même. It* est mortellement persécaté par des prêtres e%. des pontifes hypocrites. Leur rage ; leur dé* «espoir ^ témoins subornés, (il/arc. xiv^ 58.). On se prend à un mot. O surcroît de souffrances! Il est renoncé par Pierre. Circonstances. Il est outj:agé ^ couvert de crachats et accablé de coups. Dérision amère : on en.

fait un roi de théâtre. On le conduit ensuite chez Pilate , gouverneur romain. {Ibid. xv.) Flagellation sanglante. No» erat aspectus ei, neque décor, ( Isaï. lui. ) On lui préfère Ba- ;rabbas. La condamnation de ce Sauveur a'dorable est arrachée à un juge faible et inique } on le charge d^une croix pesante ; il marche AU Heu du supplice. ( Joan. xix , 17. ) Application rapide de ces détails si lugubres.. •

3® Le Calvaire. Nous arrivons au comble des douleurs de Jésus. Il est au Calvaire. Onr achève de le dépouiller... On le suspend ; oa Je crucifie. ( Ibid. a3. ) Supplice d'esclave et ,des plus indignes scélérats. Supplice te plus honteux et le plus douloureux. Un voleur attaché à ses côtés le maudit et le blasphème. • ( Zuc.xxiii >390 Tel Pimpénitent expire...

Une populace effrénée Pinsulte et vomit de»

imprécations. o*. OnPiabreuve de fiel et de vinaigre ; il est délaissé du ciel et de la terre; il pousse un cri^ il expire.. .»( Matih* xxvii^ So.)

SUR LE STMfiOLS. lo5

L^Immoi'tel mort , la lumière du monde éteinte f un Dieu écrasé par Fhomme ^ disons le mot : un Dieu suspendu à un gibet 9 ne serait-ce pas une bassesse aTilissante?.... Âh! Chrétiens , cVst tout le contraire. Grandeur et magnificence de cette mort dans les motifs qui la font endurer ^ dans la manière dont Jésus Pendure et dans les circonstances qui raccompagnent ou la suivent : voilà la se*»

conde partie de ce discours*

II« PARTIE. Motifs des souffrances et de la mort de Jésus.

Il faut apprendre à Thomme combien le péché est énorme : et le sang de Jésus-Christ me crie qu^aucun mal n^est comparable à celui du péché. Il faut apprendre à Phomme combien il est honorable de s^humilier : Jésus- Christ s^abaisse ( Philip, 11 , 8 ) ; de souffrir : Jésus-Christ meurt ; d^être pauvre : il est nu. Il faut reconcilier Phomme avec Dieu :1a miséricorde de Jésus qui souffre et la justice de Pieu qui le foudroie , se donnent un saint baiser..... Justitia et pax osculatœ sunU ( Ps. I.XXXIV. ) SMl est |;lorieux à un sujet de mourir pour son roi 9 serait-ce une honte à un roi de s'immoler pour ses sujets? On a tant célébré la magnanimitéd'un prince quis'élança dans les flots pour en arracher des malheu« reux pjrêls à être submergés et qui périt ainsi

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lai-mème...» Et Jësus ! Il affronte la mort^ mais pour att^bher & son cbai^les puissances des ténèbres ( CoL ïf , i5 ); maïs pour détruire la cédule de notre condamnation ( IBid. 14 ) $ mais pour nous donner Pentrée à la véritable \ie. (7o£i/i.xviii.)

2<> Grandeur et magnificence dans la ma« .

niére dont souffre Jésus •

Quelle dignité! quel calme! ce Je suis celui « que vous cbercbez, laissez aller ceux- ci*. • « Vous, Pierre, remettez votre épée.»( Matth* TLKVi. ) — Sa bonté envers Judas : ce ^mice, ad quid venisti? m ( Ibid. 5o.) — On l'interroge sur sa doctrine : ce Je nVi rien dit en « secret... » ( Joan. xvi 11 , 20. ) — On le frappe : ce Si j'ai mal parlé , rendez témoicc gnage du mal que j^ai dit ; si j'ai bien parlé, vL pourquoi me frappez- vous ?....»( Ibid. 23.) — Pilate s'écrie-t-il avec hauteur qu'il peut disposer de ses jours ? ce Vous n'auriez aucun ce pouvoir sur moi , s'il ne vous avait été ce donné d'en haut. -af^Joan. xix, 11. )— On l'accable de faux témoignages qui se contre* disent : quel éloquent silence ! — • Il annonce à ses juges qu'ils verront le Fils de Dieu venir sur les nuées. ( Matth. xxvi, 64.) —Les filles de Jérusalem lui donnent-elles des lar-* mes ? Il les invite à les répandre sur ellesmêmes. {Luc. xxiii , 28.) Il prédît les calamités d« Jérusalem. — « Il prie pour ses per-

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lenteurs et ses bourreaux : il semble les excuser : Pater , dimitte illis : nesciunt enini quid faciunt. ( Luc. xxiii ^ 34* )

3® Grandeur et magnificence dans les cîr* constances de la passion et de U mort dé Jésus.

Au Jardin des Olives ^ la troupe se renverse. ( Joan. XVI 11. ) — On ne trouve aucune accusation à intenter contre le Sauveur. ( Marc. XIV. )— Il convertit Pierre : regard pénétrant et efficace. — Son Juge et Tëpous^ de ce juge le proclament juste par excellence* -— Il touche et change par sa grâce un de»

deux voleurs qui partageaient son supplice»

Jésus mourant donne un royaume.... ( Luc^ XXI 11 , 43. ) Vertueux coupable y vous êtei nos prémices...— 'Une voix forte et extraordinaire annonce que Jésus ne meurt que par* ce qu'il veut mourir. La nature se trouble et se bouleverse. ( Matth. xxvii. ) Soleil, retirez vos rayons : le père du vrai jour expire. Pierres , brisez- vous , fendez -vous. Le voile du temple se déchire. Une éclipse qui sortait des lois de la nature et qui estconsîgnée dans les annales des païens, jette la consternation... Les tombeaux rendent leur proie ; des morts ressuscitent. Les cœurs les plus durs sont amollis. Des centurions, des soldats, se frappent la poitrine. • . ( Luc. xxi 1 1 , 47- ) Serionsnous seuls insensibles ?

îo8 PLANS D*INSTRtTCTION»

Je n'ai pas publié toutes les grandeurs de mon Dieu. Sa croix devient Fobjet des plus purs hommages. Elle passe sur le front des empereurs ; elle brille dans les temples ; elle sanctifie les routes; et les attributs de la grandeur mondaine et de la vanité reproduisent eux- mêmes la croix qui les condamne. Lacroix est i m périssable.. •• Je la vois ici; je la vois là où reposent mes pères. En la contemplant à rentrée du champ de leur sommeil, je dis ; Voilà ce qui les a rachetés. *— Je lui impri* xnerai mes derniers baisers : et en attendant que je m'étende sur elle et que je consomme mon sacrifice ^ je l'approcherai souvent de mes lèvres, disant à Jésus : Vous, qui mourez pour moi, apprenez-moi donc à vivre pour vous. Ainsi soit-îl.

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