‹ Plans de discours; ou, Projets d'instructions et de conférences sur lesChapitre 36 sur 83 · OT9ZIÈBIE ARTICLE DU SYMBOLE · texte numérisé non relu

OT9ZIÈBIE ARTICLE DU SYMBOLE

MXNZSTâiLE SPéciAZ. DE LA CONPÊ88ION OU DB Uk. BJÊMISSION DES PÈCHES.

Jlemissionem peccatorum, La rémission des péchés.

NoTRB Seigneur étant sur terre a remis le»

péchés au paralytique {^Matth. ix, a), à la pécheresse et au voleur, crucifié. (£mc. vu-)»

i44 :fi.ANs ©'instructions^ INotre Seigneur J.-C. a iMssé le même poil<« Toir à ses apôtres : et c^est une grande consolation à nos misères et an grand secours accordé k notre faiUesse*

Qu^il y ait dans PEglise un ordre de chose»

établi pour la réconciliation ; que J^-C soit Tinstituteur du sacrement de pénitence et dès- lors de la confession qui est de droit divin , je le prouverai dans la première partie de ce discours. Je combattrai dans la seconde les raisons que Ton met. eu avant pour ne pas recourir au ministère de la rémission des péchés et ne se confesser pas.

l^^ PARTIE. Dans deux endroits Notre Seigneur a tenu ce langage : ce Tout ce que vous délierez sur la terre , sera délié dans le ciel ; et au contraire tout ce que vous aurez lié ici bas y sera aussi lié dans le ciel. {^Maith* xsij 18.) Les péchés seront remis à ceux à qui vous les remettrez ; ils seront retenus à ceux à qui vous les aurez retenus. 3> ( Joan* XX ) 23.) GVst là ce quW appelle le pouvoir ministériel des clefs. Mais puisquMl faut lier ou délier dans une sagesse profonde , puis* qu^Il faut discerner et juger ^ comment retenir ou remettre ce que Ton ne connaît pas?

{ConciL Trid. Sess. xiv, c. 5.)

Aussi tous les Pères de PEglise ont-ils

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donne nn même sens à ces paroles et en ont* ijs inféré Paccusatlon à faire de nos pécbés». Us commencent par rapporter les textes qpe TOUS avez entendus. Origène^ le plus savant des hommes^ ajoute : qu^il y a quelque chose de laborieux dans la pénitence, et que le pécheur ne rougit point de manifester ses fautes aux prêtres. Cùm non erubescit pec^ çator sacerdoti Domini îndicare peccatum suum. Saint Cyprien nous apprend qu^on ve«; naît déclarer aux ministres du Seigneur les pensées d'apostasie en faisant une entière manifestation de sa conscience. Et dans quelle intention, mes frères? N'était-ce pas pour s^en relever devant Dieu? Que ne nous disent point au quatrième siècle saint Jérôme , saint Grégoire de Nysse, saint Ambroise y saint Basile et saint Augustin? Voici quelques-uns de leurs' passages :

(c J.-C. , selon saint Ambroise, n^a confié «c qu^aux prêtres le pouvoir de lier et de dé» ce lier ; et le pécheur ne peut être délié que ce par leur moyen. »

ce La confession des crimes est, selon saint ce Jérôme , une planche que Dieu a donnée ce aux pécheurs après le nau&age. » {JSp* LXt ad Pammach.

ce Saint Léon ne veut point qu^on fasse de ce confession publique pour les péchés ca^

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<c chés ; maïs il exige qu^oa les déclare à ic Dieu j puis au prêtre qui prie pour les péle cheurs. »

Aussi l'usage de l'Eglise de recourir au ministère sacerdotal pour obtenir la rémission des fautes 9 a*til été un usage constant. Personne 9 s'il était engagé dans les liens du péché mortel, n'était admis à l'Eucharistie qu'il ne se fût confessé, repenti et qu'il n'eât «atisfait? Théodose s'humilia devant saint Ambroise qui le conduisit peu à peu à la grâce de la réconciliation ; on pratiquait snème alors des austérités longues, publiques et vraiment effrayantes. On vous fait lecture chaque année à l'entrée de la carrière pascale àe la loi fameuse du 4^ concile de Latran.

Cette loi , le concile ne l'a point établie , il n'a fait que la rappeler en s'exprimant d'une manière conforme à la tradition. ( ConciL Lateran. iv anno iai5. ) Le concile de Trente a ensuite marché sur les traces du concile de Latran. L'un et l'autre emploient des menaces et comme des anathèmes pour nous forcer à vouloir la délivrance de nos péchés , c'est-à-dire la délivrance des maux les plus horribles qui puissent peser sur nous.

Mais pourquoi , mes frères , ne recourrionsnous pas au ministère ecclésiastique? Exaiui-

sions ici les prétextes ou plutôt les mauvaises taisons qu^on met en avant.

!!• PARTIE. Première raison qu'on allègue. L'on se confesse à Dieu. Mais c'est Diea Jui-méme, c'est l'Eglise, au nom de Dieu, qui ^ous oblige à vous adresser à ses ministres.

Mais Dieu est juge et maître des conditions auxquelles il fait grâce : et vous, avez- vont donc autre chose à faire qu'à tous soumettre aux conditions qu'il vous impose et à lui obéir?— Hé! mon cher frère, qui est-ce qui l'ignore? Ceux qui ne se confessent qu'à Dieu ne se confessent à personne.

2® Raison. Mais nous ne sommes pas des personnes du sexe pour jeter sans fin des paroles inutiles dans un confessionnal ! J'ai honte de rapporter ce langage.— -Croyez-vous k J.-G. et à l'Evangile? Si vous y croyez, vous savez que la loi divine et les lois de l'Eglise obligent les hommes comme les femmes ; que les hommes comme les femmes ont un salut à faire;... qu'étant exposés à plus de fautes que les femmes , ils ont plus besoin de recourir au ministère des pasteurs. Des paroles inutiles ! C'est là où s'opère le plus de fruit. Le concile de Trente reconnaît et affirme que s'il y a encore quelque piété sur terre, on en est redevable en grande partie au sa*

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crement pénitentiel. Les protestans ont regretté eux- mômes la loi de la confession auriculaire.

Nous ne sommes pas des personnes du sexe pour jeter des paroles dans un confessionnal l Quel blasphème enveloppé ! Qui est-ce qui ^tnaintient dans vos familles les principes. et les mœurs? Vos femmes. Que deviendraient la société et la Religion , si vos femmes avaient le malheur de vous ressembler?

3« Raison • Vous continuez : quelle puérilité de se mettre à genoux aux pied$ d^un homme,.. ! Hé quoi ! n'avez-vous rien de plus sensé à nous dire? Ce n^est^ point aux pieds d'un homme que vous vous mettez ; c'est aux pieds de J.-C. j l'homme n'est rien : J.-C. est tout. Et dans l'ordre civil n'êtes-vous point obligés de reconnaître l'autorité de Dieu et celle de la société générale dans de simples Jiommes qui vous jugent et gouvernent?.. Si le chef de l'Etat passait et que vous eussiez; line supplique à lui présenter , vous vous précipiteriez à deux genoux devant lui...

Cette attitude est cellç de la soumission et du yepentir,

4® Raison, Mes fautes , vous récriez-vous , sont si honteuses! je n'ose les dçclarer ; j'au* rais tant à dire ! Cette fois vos allégations ne sont plus pleines d'hypocrisie et de venin.

Vous parlez avec quelque sincérité. Repre-

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ÛoAs» Je n^ose!... Hé! mon cher frère, aye2 honte avant de commettre le crime , et non d^en faire raveu.L^hnmiliation est une partie de la pénitence. Je n^ose!... Que craignez*vous? LMndiscrétion du prêtre? Toutes les lois divines et humaines Tobligent à se taire« Des secrets de cette nature furent-ils jamais violés?... Sa sévérité? Hé ! il représente J.-C. : il est un ministre de bonté et de miséricorde* Exemple de saint Âmbroise qui pleurait sur les pécheurs et les forçait à mêler leurs larmes aux siennes. ( Vita S. Amh. àPaulino.) Exemple plus ancien de saint Jean PEvangéliste qui rendit à la paix de Pâme un chef de voleurs. . . (^Euseb. , lib . m , c. a3 .) Je n'ose ! î^aî tant à dire ! • . . Vous aurez davantage , si TOUS attendez... Le ministre du Seigneur vous aidera.

5® Eh bien! je me confesserai à Pâques 9' ou bien lorsque je serai vieux et très malade« •—Vous retombez dans la mauvaise foi. l'Eglise ne vous dit pas de ne vous confesser qu'à Pâques ; mais elle décerne des peines rigoureuses contre ceux qui ne se confessent pas même à Pâques. Dieu attendra-t-il pour vous ôter du monde et vous punir, jusqu'à Pâques?

Ferèz-vous un pacte avec la maladie et la mort? Où est le mal , il faut le remède. Si un de vos membres venait à se rompre , remettriez>vous à Pâques ou à six mois l'opéra-

i5o PLANS B'iKSTRtycriôiri tion d^un oliirurgieu habile ?..«• Qu^est-ce qu^une confession de Pâques , lorsqu^il faut dérouler toute une année ^ puis les habitudes , puis les occasions où Pon s^est trouvé | puis les devoirs d^état?».. C'est souvent un sacrilège k Pâques.

C'est bien pis y si vous attendez la vieillesse ou la mort. On peut être surpris :1a tète s^embarrasse : la patience de Dieu a un terme. .. On tourne et retourne inutilement un demicadavre pour lui donner les dernières onc* tlons. Le prêtre se retire effrayé! La pénitence du malade est infirme : elle est incertaine de son côté et du côté de Dieu luimême. Puis comment confesser alors toute une vie?... Comment^ après soixante ans de crimes et d'ordures, changer et devenir juste en peu de minutes? De pareils prodiges sont rares ! Et devez- vous compter sur un prodige?

CoNCLUsioiï. S'adresser promptement et dans la sincérité de son ame aux ministres du saint Autel. Ne pas surcharger sa conscience; ne pas tourmenter à Pexcès la justice divine j ne ^as s'exposer à de stériles et d'éternels regrets.

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