‹ Plans de discours; ou, Projets d'instructions et de conférences sur lesChapitre 42 sur 83 · XXV · texte numérisé non relu

XXV

Pesons toutes les paroles. Venite , venez* Quelle douce invitation !

Benedicti, bénits. Quelle qualification plu$ aimable ! Possidete : c'est une fixité de bonheur.

Jtegnum , un royaume ! O ineffable récom»

pense ! F'enite, benedicti Patris mei, possidete paratum vobis regnum à constitutione mundi,

Kenite. Venez. Le triste voyage de la vie mortelle est enfin achevé. Vos espérances sont remplies et votre attente comblée. Je ne me déroberai pas davantage à vos douces importunités et à votre amour. Ne me priez plus : je vous ai exaucés. Ne me cherchez plus : je suis trouvé. Arrêtez, séchez vos pleurs..* Eloignez à jamais les gémissemens et les craintes : il ne s'agit plus que de jouir et d'aimer. Venez, accourez... Venez à moi votre créateur et votre père... Venez à moi votre réparateur auguste... Venez à moi votre sanctificateur divin,, . Que tardez- YQU5? Venex

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dans le seinde ma tendresse; venez dans celui

du bonheur : Venite.

Encoreun instant et la sentence s^exécute.

La réunion se fait à la Trinité adorable : nous ne croyons plus les mystères ;nousles voyons. ( 1 Cor. xiu y 12.) La réunion se fait à la bienheureuse mère du Sauveur et la nôtre, nous la remercions ; aux Esprits et Intelli* gences célestes qui s^écrient avec des acclamations répétées : Venez , venez ; aux Saints de toutes les contrées et de tous les états , à nos amis ûdèles et nos parens chéris. Mère religieuse et sensible, voilà vos enfans : vous les avez enfantés pour le ciel. Epouse chrétienne, rejoignez-vous à votre vertueux époux, et célébrez ensemble les miséricordes éternelles : f^enite»

Benedicti Patris mei. Ames justes et fidèles , vous fûtes ici-bas le plus tendre objet de mes complaisances et de mes soins. Nous n^avons pas en vain placé notre amour. (Joan. XIV, a3.) Nous n^avons pas confié en vain le trésor des grâces. Par une ineffable bonté , par une adoption divine, mon Père a voulu que vous fussiez mes héritiers et mes frères {Rom, vm, 17); et comme moi, vous avez fait sur la terre aimer le ciel par vos vertus. Âh ! si le méchant dans son aveugle délire osa profaner votre nom par ses dérisions Insensées et ses reprochei» injustes ^ je vais au-

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joard^hal venger €t couvrir les reproches et les dérisions da méchant. ( Sap. v^ 3. ) Je vous loue ; je vous bénis ; je vous aime. Yous^ mésanges, vous intelligences célestes, je veux que les louanges* du juste retentissent à jamais dans vos sacrés cantiques. Bénissez Finnocence et la vertu. Bénissez Phomme saint ^ Phomme bon et charitable qui me servit avec tant de fidélité, qui en lui-même respecta mon ouvrage, qui m^a aimé, chéri et soulagé dans ms frères et ses semblables : Benedicti, Tous ceux à qui, nous fîmes quelque biea nous comblent de bénédictions et de vœuxJ Fidèles qui montraient à Pierre le^vêtemens tissus par Dorcas. {AcU ix«) Il m^a visité en prison {Matth. xxv , 36), dit Pun : bénissezle. Seigneur. Il m^a nourri: bénissez- le, Seigneur. Il m^a porté au bien... Ministres de la Ileligion qui ont ramené des brebis égarées, présentés à Dieupar des âmes reconnaissantes.' JBenedicti. ^

Possidete. Instabilité des richesses et des honneurs. Ver, rouille, voleurs. (^af«A. vi, 19.) Révolutions dans les empires. Peuple <{ui élève et brise ses idoles. Vanité de la réputation et du crédit. Ici point d^événemens ni de vicissitudes à craindre. Hommes, vous ne pouvez rien... Nemo potes t rapere de manu Patris mei... (Joan. x.) Personne ne peut interrompre le repos des élus et troubler leur X. 8

1 yo pt ANS d'instructions félicité. Beauté toujours ancienne et toujours nouvelle qui nous enrichit de trésors anciens et nouveaux («S. -^ug-) ! Les siècles s^écou« leront... C^esticiune possession fixe et durable ; c'est une éternelle permanence : Pos^ sidete.

Paratum vohis regnum. Lés voîcî enfin , ces prix que je décerne à tos désirs et à vos bonnes œuvres. C'est un éclat immortel y un diadème, un poids immense de gloire (2 Cor^ ' iv), un royaume qui ne finit point , uûe couronne qui ne saurait se flétrir (1 Petr. 1); c'est un torrent de voluptés et de délices qui inondera vos âmes et dont tous vous abreu* verez à la source même (Pj. xxxv , 9) 5 c'est une lumière divine qui luira eu plein midi {Ibid. x), qui pénétrera vos esprits , vous dévoilera mes perfections adorables et l'en* tier accomplissementdemesdesseins. Gesont des biens indicibles que l'œil n'a point vus ^ que l'oreille n'a point entendus , que l'esprit de l'homme ne saurait imaginer et comprendre, (i Cor. 11 y 9.) Quel état! nous isèrons prêtres du Dieu vivant , dit saint Jean dans PApocalypse; nous régnerons ! (xx^ xxu.^ Quoi ! nous partagerons avec Dieu son trône et sa -divinité ! . . . Paratum vobis regnum.

A constitutione mundi... Vos prières et vos aumâtiKS vous avaient devancés dans l'éternel séjour... Mais sachez aussi qu'avant

sira LE SYMBOLE. . 174

Torigme du monde, lorsque les tempsnVtaient pas encore, déjà je vous aimais, je vous prédestinais à ma gloire (Rom. vui) : ui consti' tutione mundi. G^est assez. O mes enfans et mes élus, que le temps finisse; quePétemité commence et votre bonheur avec elle*

Quelle triste pensée sVmpare de moi en ce moment. «.! Je vous envisage la plupart avec douleur et je dis : Ce bonheur n'est pas pour vous. Vous, aller au ciel, Vous qui..,! Mais que fais-je? je retombe dans le langage des anatbèmes. Rentrons dans notre sujet.

Levez-vous , ame chrétienne , hâtez votre affranchissement par vos désirs. Surge,piX}»

pera, arnica mea. (Gantic. u, 10.) Nouvelle heureuse ! vous habiterez un jour les parvis du Seigneur... {Ps. cxxi.) On parle de vous dans le ciel ; on s^y occupe de vous ; on frén pare votre félicité; on vous tend les bras; on vous appelle. Surge , propera. Établir une comparaison avec le navigateur qui touche au port désiré et revoit sa patrie. Sa joie, ses transports ; il est hors de lui. De même la vue de Pimmortalité qui nous attend... I>eman«i der à Dieu le mépris des choses présentes et Tamonr des biens étemels.

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