‹ Plans de discours; ou, Projets d'instructions et de conférences sur lesChapitre 43 sur 83 · PREMIER DISCOURS · texte numérisé non relu

PREMIER DISCOURS

raKMIER COMMANDEMENT.

KÛTIONS PAel.tMtNAIB.ES OV FONDEMENS DE Ljk RELIGION ) ADOEATION INT^BIEUEE.

Visqu^on doit demander , cequ^on doitcroîre^ ce qa^on doit pratiquer , les moyens qui nous sont donnés pour croire de plus en plud et pratiquer y voilà Pensemble de la Religion.

Dëjà y mes frères j je vous ai entretenus de la prière et du Symbole ; je pasçe aujourd'hui à la troisième partie du corps de doctrine: ce qu'il faut pratiquer.

L'homme intelligent et raisonnable ne peut être sans loi. Il apporte en naissant la loi na^

STTïl Ï.ES CPMMANÛEMENS DB ©lEXT. tjS turelIe*Ce qu'elle lui dicte.... Maisîiélas ! depuis la chute d'Adam, elle s'affaiblissait chaque jour5 elle s'effaçait en partie. !l fallut la promulguer dans un grand appareil ; mont" Sinaï {Exod. xix , xx) : il fallut la graver sur la pierre et la rendre sensible : de là les deux tables du Décalogue. Cela n'a pas suffi : tant le péché aveuglait l'homme et le tenait assujetti ! J.-C. est venu nous tirer de nos ténèbres et de notre boue... (Co/.i, i3.) Renouvellement de la loi par la prédication de l'E^ vangile. Grâces sur-ajoutées.

Cette loi dite morale évangélique qui rappelle la loi naturelle, les dix comMandemens de Dieu ( qui sont les mêmes dans l'une et l'autre alHttnce )Ti6us la préfetïtent.^

Voicile premier : Vous adorerez le Seigneur votre Bien : Dominum Déum iuum adif^i^, bis. (Deuter. VI, i3.) Pour le développement de ee précepte, il faudra traiter, i*> del'adiv^ ration ou vertu de Religion : ce qui comprend le culte intérieur et extérieur ; a* de l'amour de Dieu. Mais pour donner plus d'étendue à ui^ 69jet aussi doux et aussi consolant que l'amour âé Dieu , je vous entretiendra aussi et àe la con^ance que nous devons avoir en la paÎ4^nee et la bonté divine, et de la reconnaissance dont il nous faut être animés envers le Seigneur pour ses innombrables bienfaits.

Celte matière une fois approfondie , 3<> je

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passerai k Tamour du prochain y qui est comme une branche et une auite strictement nécessaire de notre amour pour Dieu. 4^ Je cornhattrai les péchés opposés à }a vertu de Religion et au divin amour , tels que le blasphème et le sacrilège j «la superstition et Pimptété* Dix à onze discours embrasseront le premier précepte du Décalogue.

Dominum Deum tuum adûrabis.

Vous adorerez le Seigneur votre Dieu; ( Deut. VI. )

Sans entrer dans Pexamen de tell€ ou telle religion , je pose d^abord les fondemens da culte religieux et je dis : II y a un Dieu ; il j a dans Thomme un sentiment intérieur et Yine çOBscieuce j il y a une société : donc îl faut une religion,

r? Il j aun Dieu. Je reprends en partie la même déduction dHdées que je vous avais offerte en expliquant le Symbole*

Si quelqu^un , mes frères y était assez téméraire pour nier Pexistence d^un Dieu y la nature entière se soulèverait contre lui. Le soleil lui dirait t Je ne me sais point fait moî^' même («9. -^ug.) ; arrachez*moi de mon or«f bite y ou cessez de nier Dieu. La lumière l^i dirait : Qui est-ce qui me prête do»e B^es ad-* mirables clartés ? La terre dirait : Qui est-ce qui a élevé mes montagnes , aplani mes vallées etcreusémesbassins? Les membres de Thom-^

SUA rES COMMAKOBMENS DE DIEU. I77 me nous diraient : Qui nous a appris k nous mouvoir? d'où nous vient notre beauté et notre accord ? IVbs frères , il y a un assortiment y un dessein J il y a donc une suprême intelligence ; il y a un Dieu. Point d^effet sans^^ cause ; point d^onvrage. sans ouvrier. Mais 6^il nous a faits, ce grand Dieu, il ne nous a pas abandonnés ; oui , il nous a trop aimés pour ne pas nous aimer encore : aussi il nous conserve , il nous régit , il nous gouverne. Dèslors la communication ou correspondance intime est la même qu^entre un père et un fils^ un maître et un serviteur fidèle.

Ce Dieu puissant m^a donné Pètre : il faut que je lui &s8e hommage de tout ce que je suis.

Ce Dieu libéral m'enrichît de ses dons : il faut que je publie ma reconnaissance et que je Pimplore dan^ mes besoins.

Ce Dieu , père tendre et miséricordieux par là même qu'il est Dieu, je veux 'me jeter à ses pieds au milieu de mes égaremens et de mes faiblesses^ L'adoration ou le culte îse rattache ainsi à l'idée de Dieu.

n^ prenons à la conscience et au sentiment inférieur. Il y a en l'homme une voix de tous les temps , de tojis les âges et de tons les lieux qui crie d'une manière forte et intelligible : Lève l^s yeux et adore. Les préjugés sont passagers et locaux : mais ici c'est un témoi-

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gnage constant et unanime auquel je ne pui».

me refuser.

Il y a une yoix forte et prononcée ( on Pap« pelle conscience ) qui m^apprend qu^en fai"* sant le bien^ je suis agréable à un Dieu ordre éternel, immuable... Délices que j^éprouve..* Une Yoix qui m^apprend qu^en faisant le mal j'oITense mon Dieu^ mon père ^ et que je sois mon ennemi . Remords

Il y a en moi un besoin immense d'aimer« Le monde entier est trop petit pour moi : les créatures ne m^offrent pas une fin digne de la sublimité de mon être. •• Cette plénitude ^ cette surabondance de sentiment et de vie ^ il faut que je la Terse et Tépanche dans I^sein de celui qui seul suffit à la capacité de mon amour 9 et hors duquel tout est vide et insuffisance ) agitation et trouble. •• Le culte religieux naît donc encore de la voix de la conscience et du besoin que nous avons de nous rapporter à Dieu comme à notre fin der^ nière.

3^ Interrogez Tordre social. Il faut pour sa garantie et sa conservation , il faut un Dieu j il faut une religion. Otez la Religion , dî^it le plus célèbre orateur de l'univers (Cic^ro/»)^ et vous renversez par \k même la société dont elle est la base ; et la société ne présente plus qu'un incohérent et monstrueux assemblage. Ce lien si fort de tous les pouvoirs ^ cet

SUR I-SS COMMÂN0EMENS DE DIfiU. 1 79 eugagement inviolable et sacré , le serment ,

disparaît alors Vous avez des lois : mais

dans Pabsence des principes religieux , elles ne saisissent que le matériel des actions ; Tingratitude et le mensonge leur échappent...* Elles punissent les délits ; soit t il valait mieux les prévenir. Si je voyage seul et dans l'obscurité j la Religion dans certaines circonstances pourvoit seule à ma sûreté : sans elle on m'assassinerait peut-être sans crainte et sans remords. Un chef puissant se met sans peine au-dessus des lois : mais si la Religion lui fait sentir son influence , ce lion superbe a une chaîne.... (^Bfontesq.) Une multitude sans Religion 9 elle est démuselée... Frein sa* Iti taire, une Religion appuyée et en principes^ réprime les abus, de l'autorité j prescrit l'obéissance aux peuples y fait au sein des familles respecter toutes les vertus et tous le» devoirs, ne permet aucun écart et encourage toiBS les sentimens nobles et généreux. La Re« ligion est donc inséparable de l'ordre socftl ^ elle l'est de l'existence dé Dieu et de celle de Phomme. C'est assez vous entretenir du culte ^religieux pris dans sou intérieur et ses principes.

CoxfctTTSiOK. Se repasse sur mes idées. — Paièrb. O Dieu ! que l'existence du monde m'instruise de la vôtre et de ce que je vous

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dois. O Diea ! que je ne résiste plus à ce aeo^ timent intime y à cette toîx pressante qui m^t* Tertit de perdre et d^abymer mon être dam le vÂtre. O Dieu I la société est votre ouvrages f en fais partie... Correspondant à vos vues y que }e xo}j moutre ton jours religieux et juste. Ainsi soit* il.

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