SUR 1£S COMMANDEMENS DE DIEU. 23S
d^un pareil sujet ^ le souverain Etre ëtaut in<^ fini , immense y incompréhensible en ses dons comme en lui-même. Il semble qu'on entreprenne de compter les grains de sable de la mer ou de sonder un océan qui n'a point de fond et dont on ne peut voir les bornes»
Tout ce que nous pouvons ètre^ et comçie hommes, et comme chrétiens, et dans Tordre de la nature y et dans Tordre de la grâce^ nous le sommes par un effet merveilleux de la bonté de Dieu. Nous tenons tout de lui :
nous devons donc, autant qu'il est possible ^ égaler notre reconnaissance à son amour.
Et d'abord nous devons tout k Dieu comme hommes et dans l'ordre delà nature. C'estlui qui nous a tirés du néant , et qui , daignant travailler sur une matière corruptible, a tracé sur notre corps même des caractères de sa puissance et de sa grandeur^ c'est lui qui, nous distinguant des autres êtres , a voulu , comme les poètes profanes {Oi^id.) l'ont eux-mêmes remarqué , que l'homme eût la taille droite, la tête élevée, les regards tournés vers le ciel pour ne perdre jamais de vue son excellente origine , ni le lieu où il doit tendre ; c'est lui qui , par un souffle inspiré d'en haut, émané de lui-même , a mis en nous son image et sa ressemblance, c'est-àdire une ame qui doit être une imitation de Ja sienne et vivre comme lui de raison et