SEIZIEME INSTRUCTION
ou DISCOURS.
SUITE pu QUATRIÈME COMMANDEMEPïT.
DEVOIRS B£S iPOUX.
yîri, dUigite uacores vestrasj et nolite amari esse ad illas,
Marifi) aimez TO8 femmes, et ne les traitez point aree rigueur et rudesse. ( Coloss, c. m, y. 19.)
J^Ai mis 50US vos yeux les devoirs des «nfans envers leurs pères et mères , des pères et mères envers leurs enfans : telles sont à-peuprès les obligations des inférieurs envers les
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supérieurs de tout rang et de tout état, puîtf des supérieurs envers leurs inférieurs et subordonnés.
Un sujet délicat et difficile à traiter doit trouver place ici , puisque f ai commencé à vous entretenir de la vie de famille. Quelle doit être la conduite des époux envers les épouses, puis des épouses envers les époux ?
Il y a des vérités communes aux uns et aux autres : il y en a qui sont plus particulières à chaque sexe. Seigneur, mettez une garde à ma bouche et une porte de circonspection à mes lèvres. ( Ps. cxl, 3. )
Voici l'ordre dans lequel je vous confierai mes réflexions par rapport aux maris chrétiens. 1° Quelles préparations faut-il apporter avant de le devenir? 2<* Comment doivent-ils se conduire quand ils sont devenus époux?
I^« PARTIE. Les préparations. C'est un état de vie que le mariage , bien autrement important qu^une profession mécanique , ou une place de finance et de magistrature ; uit état dont votre bonheur dépend ; et celui de beaucoup d'autres en dépend aussi ; un état durable , auquel la mort seule peut mettre fin : Alligata est legi quanto tempore vwit fvir ejûs. ( Aom. vu, a.)
Oh ! combien il fallait invoquer Dieu et lui 4ire mille fois ; Mon sort est entre vos mains. ••
SUB. LES COMMÀNDEMENS Afi DIBTT. 3ot Montrer- moi la voie dans laquelle je dois marcher : Notam fac mihi viam in qud am»
bulem. (Ps. cxlii.) Une épouse douce et vertueuse j c^est Dieu qui la prépare et la destine, selon la sainte Écriture. Combien il fallait réfléchir avant toute union y puisque le mal peut devenir irréparable !
Qu^y a-t-il cependant qui se fasse avee moins de réflexion que le mariage ? On s^occupe uniquement d^avantages extérieurs et temporels qui ne sont pas toujours à négliger: Sume parera. On n'attache point assez d'importance aux qualités les plus essentielles y celles de Pesprit et du cœur. La figure passe } la fortune est instable : le caractère reste. ^C'est le caractère sur- tout qu'il faut considérer. Que ne nous dit pas la sainte Écriture de ce qu'on peut avoir à souffrir d'un caractère de femme aigre et mordant? Meliùs est habitare cum dracone quàm cum muliere h»
tigiosd. (Prov. xxi , 9. ) Mais comment connaître le caractère? Observez vous-même autant que vous le pourrez j prenez des rei^seignemens et des conseils. La meilleure garantie d'un caractère estimable est celle que peut nous donner une religion éclairée!..*
Vous avez prié , réfléchi , étudié et discerné la personne.... Ayez , en vous mariant, les intentions les plus pures. Il faut être en état de grâce pour recevoir le sacrement deMariage;
Sol KàNS BB BlSCOtTM
et presque toujours ou y entre par un tfacri* lège. Les motifs d^un mariage chrétien sont de former une société aimable et sainte ^ pui$ de mettre au monde des enfiins que Pon étève dans la crainte du Seigneur. Langage de To« bie (c. Yiii) : Filii Sanctorum sumus , et non possumus ita confungi sicutgentes quœ igno-* rantDeum, Histoire de Sara , fille de Raguel^ et de la fin tragique de ses premiers maris.
Empire du Démon sur ceux qui n^apportent que des passions brutales à une alliance damf laquelle est si parfaitement figurée Pnnion de I,-C. et de son Églbe. {ToKyi.) {Eph. v.)
II* PARTIE PLUS ÉTBNDUB. DcToirs des époux quand Punion est formée : la fidélité ; des égards pleins d'affection et de respect envers leurs épouses j un gouvernement d'affaires et de famille qui ne vous laisse point perdre votre autorité.
' 1^ La fidélité. Voyez dans le mariage un pacte social , un pacte fondamental ; on s'est donné Pun à Pautre : Erunt duo in cameund.
( Matth. XIX y V. ) Lorsque les mœurs d'une nation sont dépravées ^ on rit du crime; on Pappelle galanterie , bagatelle , pour en affilia blir Phorreur. Ici il y à attentat ; il y a trahison et perfidie. De qaelle manière les anciennes législations considéraient Padnltère: Aut pretium mon. ( Hor. ) Les femmea plus
StTR l'Es C0MMAT7BEMENS DE AlElT. 3o3 coupables dans ce sens que les gënéraiions sont trompées dans leur dépôt : les hommes aussi coupables en ce sens qu^ils outragent la société la plus sainte ; qu'ils rendent malheureuse une personne qui n'aime qu'eux •
Querelles; désordres dans le ménage; incon* duite des enfans; scandales au dehors ; suites affreuses....
2<> Égards pleins d'affection et de respect pour les épouses. Textes de la sainte Écriture : ce Que l'homme chérisse son épouse comme <£ son propre corps ; qu'il la chérisse comme ce J.-C. a chéri l'Église. » {^Ephes. v, a5. ) ce O maris ^ disent les livres sapientiaux , ne ce rebutez pas , ne rejetez pas la compagne a de votre jeunesse, m Les épouses ^ chez les anciens peuples ^ étaient comme l'objet d'un culte public. Que d'empressemens et quelle vénération ne doit-on pas au sexe qui enfante, qui allaite , qui ranime la faible étincelle de la vie , qui élève nos premiers ans | qui forme nos premiers sentimens tendres et vertueux , qui console vos peines , qui charme vos douleurs , qui se dévoue avec une inépuisable bonté , qui fait régner le bien-être , l'agrément et l'ordre dans vos demeures 2 Dans un meilleur âgé , quelle urbanité parfaite, quelles attentions respectueuses envers une jeune personne parée de son innocence ^ envers une mère qu'entouraient ses petits en*
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fanS| envers uue veuve dont Pisolement et la douleur touchaient le6 âmes honnêtes etsea-»
siblesy envers une personne âgée dont toute la vie fut un cercle de soins et de bienfaits !
N^abusez point j Messieurs y du langage Cfue je vous tiens. Ce n^est point ici une fade et lâche complaisance que je vous prêche.
Moi ! je voudrais amollir vos mœurs ! A Diea Be plaise ! Jugez^en par la réflexion qui suit.
3^ La nature et la Religion ont voulu que Thomme fut le chef de Pépouse : f^ir caput €st mulieris. (Eph. v. ) Est- il un seul code qui permette aux femmes de disposer ou de Tendre sans rautorisation et le consentement des maris? Que Phomme gardedoncson rang ; qu'il gouverne par douceur et avec prudence j mais qu'il gouverne*
Époux qui m'entendez ) défiez-vous des caresses insidieuses Si vous cédez une fois^
vous céderez toutes. S'il ne faut que des pleurs de vos épouses pour vous vaincre, on pleurera souvent, long-temps, toujours. Hé !
me dîrez-vous , que faire alprs ? S'épuiser en égards, en témoignages d'estime, radoucir sa voix , mais renforcer son refus. Quand il s'agit de fonctions publiques et d^affaires de fortune, ou d'autres affaires importantes, on.
habite la région supérieure de son entende* ment et de son jugement; on se met en garde
SUB LES CÔMMAKBEMEKS DE DIETT. 3o5 contre désaffections trop tendres et tropchaleureases.
J'ai dit vos devoirs. Puîssiez-vous les remplir long-temps y bien long-temps ! Une passion dont Pivressé est à craindre , une passiou aveugle parfois et orageuse y aura bientôt fait place poar plusieurs d'entre vous à un sentiment plus pur et plus tempéré , celui d'une longue amitié cimentée par l'estime et fortifiée par la confiance. C'est la situation la plus beureuse qu'il y ait dans le mariage.
Résumons. Époux , si votre vocation première n'a pas été pure, rectifiez-la. Fidèles à votre premier choix , embellissez les jours de la personne qui vous a uni sa destinée.
Honorez-la y cbérissez-la ; faites-la honorer et chérir : votre autorité est dans la sagesse et dans Pamour. Songez que l'on ne s'unit dans le temps que pour être heureusement et éternellement unis dans le sein de Dieu ! Ainsi soit-il^
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