SCR I.ES COMMAND. DE L^EGLISE
SUR LES QUATRE^TiMPS ET VIGILES.
PrcBparare in oecursum Vei tui, Israël.
Préparcï-vous à aller au-deyant de vote* Dieu, 6 Israël, {j^mos, c. ly, y. 12.)
Dieu, mes frères, a des temps particuliers où il nous emicKit de ses biens et où il nous TÎsile. Dieu , à l'approche de nos grandes solennités, tient en réserve les grâces abondantes qu'il nous destine. Un cœur chrétien s'élance alors au devant du Seigneur pour recevoir ses dons et lui en faire hommage ; un cœur chrétien anticipe alors sur les grands souvenirs de la Religion; il prévoit nos fêtes et s'y prépare. Mais hélas! où trouver aujourd'hui ces sentimens de ferveur et de foi ? La plupart des fidèles n'en portent que le nom : ils ignorent notre liturgie et nos jeûnes, puisqu'ils dédaignent de fréquenter nos paroisses. Cependant, mes frères, j'ai sous les yeux des personnes religieuses qui font la consolation de mon ministère, et auxquelles je vais expliquer ce qu'il faut entendre par les quatre temps et vigiles, et ce que notre
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sainte Religion demande de nom pour lescélébrer dignement.
L^Eglise, mes très chers frères, depuis Ie& premiers siècles et même depuis les Apôtres, a prescrit à ses enfans dans chaque saison de Tannée trois jours de jeûne , le mercredi , le yendredi et samedi ; le jeûne âes quatre temps d^hiver est au mois de décembre dans la troisième semaine de TÀvent; celui du printemps concourt avec le jeûne du carénée dans la semaine du premier au second di« manche ; nous célébrons les quatre temps d'été la semaine de la Pentecôte , et ceux d'automne au mots de septembre , le mercredi qui suit immédiatement la fête dePexal^-' tation de la sainte Croix.
Trois motifs ont déterminé l^Églîse dans cette institution apostolique du jeûne deé.
quatre temps.
1" On a voulu cotisacrer particulièrement à Dieu toutes les saisons dePannéepar la prière et la pénitence ; et certes comme il n'est aucun temps où nous soyons exempts de péché , il n'en est aucun aussi où nous ne devions), implorer la miséricorde de Dieu et satisfaire à sa justice. DèsJors entrons dans les vues de rÉglise, et dans chaque saison donnonsd'une manière spéciale au moins quelques jours à^ la prière et à la pénitence 3 plus heureux en^
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oore SI nous nous y livrions toute notre \ie sans réserve et sans relâche 1
Nous nous proposons en second lieu d^attirer les bénédictions de Dieu sur les bie^s de la ten*e. Mille accidens fâcheux les menacent ; et c^est de la seule bonté du Seigneur que nous en attendons la conservation. Je dis de la bonté du Seigneur : car, étant pécheurs comme nous sommes, nous n^avons droit à rien , et c^est à titre d^aumône que nous demandonsà Dieu la nourriture et le vêtement.
Recevons-les donc comme un bienfait tout gratuit; témoignons notre reconnaissance, et supplions le Seigneur d'ajouter à tant de grâces celle de nous faire user chétiennement de ses dons. Quel malheur de voir tant de fidèles méconnaître la main qui les enrichit, et s'attacher aux biens de la terre de manière à perdre ceux du ciel ! Quel malheur de voir qu'on fait chaque jour un instrument de péché de ce qui devrait être pour nous tous une matière de bonnes œuvres et une occasion de louer et d'aimer de plus en plus Dieu notre bien£iiteur et notre père!
3** Le principal objet de notre piété dans ces jeûnes solennels des quatre temps , est l'ordination qui se fait à la fin de chacune de ces quatre semaines. Rien n'intéresse davantage les chrétiens que le choix de ceux qui
doivent être élevés aa sacerdoce et an antre» ordres qui y préparent. Un prêtre est établi pour la mine ou pour la résurrection de plu* sieurs en Israël. ( Luc , i • ) Un bon prê^ tre est nndes pias précieux dons de la misé ricorde divine^ au contraire un mauvais piètre est un des plus terribles effets de la colère de Dieu contre son peuple. Conjurons dono le Seigneur d^éclairer nos pontifes pour qu'ils, discernent les Ministres que Péiection de Diea appelle aux saints autels : Ostende quem çlegeris. ( Act. i , 24. ) Voyant combien la moisson est grande et abandonnée , conja-» rons le Maître divin ( Matth. ix , 33 ) d^envoyer des ouvriers qu'il remplisse de soa.
esprit.
Voilà ce qui concerne les qnatre*temps :
je vais présentement vous dire un mot de« Vigiles»
On appelle wgile où veille , le jour qui précède une fête, parce qu'autrefois on passait en prières à rÉglîse la nuit qui précédait les solennités, comme cela se pratique encore lanuitde Noël. Des abus déplorables ont forcé l'Église & retrancher une partie de ces pieuses pratiques : le jeûne est resté comme moyen d'expiation pour nous purifier avant les grandes solennités et y ranimer notre ferveur. Nous donnons à l'ame ce que nous
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retranchoii& au corps } nous affaiblissons 1& corps pour fortifier Famé.
Les Yeillies de nos fêtes j médftons , mes trèschers frères, médltans-en Tobjet. Prions,, jeûnons, confessons-nous; assistons aux premières vêpres. Que nos esprits soient fortement occupés de ce qui fait alors la }oie de rÉglise du ciel et de la terre \ que nos coeurs s^enfiamment. Nos solennités détermineront ainsi pour nous des progrès toujours croissans dans la yîe intérieure et spirituelle ; elles nous disposeront à la solennité la plus grande de toutes, celle qui ne passe point et qui se célébrera sans interruption et avec délices dans notre bienheureuse patrie. Ainsi soit il •.