‹ Plans et details du monument consacre a la memoire de l'empereur AlexandreChapitre 8 sur 12 · CHAPITRE HUITIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE HUITIÈME

SOMMAIRE

De rinaugiiration du Monument, comment son piédestal fut ,\i

de terre et de me,, ^ui assistaient à cette impotrame l^^^ ' ^ ""'"''^ -P-

se prosternent; le ciel qui avait été couve t seclaircit aûssï.6; mn ' 7°' ">'»"""™'; l'armée et le peuple

monument cp.'elle salue. ""^^"'>' ' ' commandée par l'Empereur s'ébranle et défile devam l!

La description du monument étant lin»; • -

inauguration dont j'emprunterai ts dali) uT"' T T ''''''' ^^^'^ ^«^

furent insérés le 4 septeLre suivant ( S) " Saint-Pétersbourg, dans lequel ils

.im!:;; "Zé" ti^rr^r- : -"'^ ^^-^^^ " ^- - ^ -

Alexandre P, monument dign^e de ee~ ^ ,^1^07'"^ f- 1^ "^""^"^ ''^ ''^-^--^ carrières de la Finlande, amené le r" juillet ,83. 4 Saint P K l

sur sa base le 3o août de la même année r le marn^de I ' '''''

auuce, par les mams des braves guerriers compagnons d'armes

d'Alexandre, vient de recevoir sa consécration au milieu des transports d'enthousiasme impossibles à décrire.

. La solennité de l'inauguration a dignement répondu à la grandeur du monument. Au-dessus de la principale porte du palais, et de plain-pied avec les grands appartements, avait été construit un balcon, richement décoré en forme de tente, d'où l'on descendait « ir la place par deux escaliers d'une belle architecture. Sur le toit et le long de la façade du manège, s'était élevé comme par enchantement un immense amphithéâtre qui se prolongeait jusqu'au coin de la place, où l'on avait figuré une seconde façade en tout semblable à la première, à laquelle elle se liait; des estrades avaient été préparées autour des édifices de la place du Palais; la foule immense des spectateurs, que cette cérémonie avait attirés, garnissait, outre ces estrades, toutes les fenêtres et les toits des édifices ayant vue sur la place, et la totalité du boulevard de l'Amirauté.

. n y avait lieu de craindre que le temps ne favorisât pas cette mémorable journée. Pendant tout le mois d'août, nous avions joui d'une température extrêmement chaude et d'un ciel sans nuages; un vent de mer avait élevé les eaux de la Neva à une telle hauteur, que dans la nuit du 29, le canon d'alarme s'était fait entendre. Mais dès le matin, le temps était redevenu serein; un air frais chassait de légers nuages, qui ne tardèrent pas à disparaître, et tout annonça une belle journée.

• Après avoir assisté au service divin dans le monastère de Saint-Alexandre Nevsky, S. M. l'Empereur était revenu à dix heures du matin au Palais d'hiver. A cette même heure toutes les troupes se rassemblèrent, et à onze heures, au signal de trois coups de canon tirés par l'artillerie légère placée au coin du boulevard de l'Amirauté, elles débouchèrent à la fois par toutes les issues, et vinrent se ranger en bataille sur les places qui entourent le palais et l'Amirauté, en faisant face de tous côtés au monument, laissant entre elles et lui un assez grand espace. Les élèves de toutes les écoles militaires, formés en six batadlons, étaient rangés le long de la façade du Palais d'hiver; à gauche, devant le manège, la i" division d'infanterie de la garde; en face, devant l'état-major, la 2° division, et à droite la 3"; sur la place de l'Amirauté tout le corps des grenadiers et la division des cuirassiers de la garde; sur la place de Pierre le Grand, les i" et 2' divisions de cavalerie légère de la garde et la 7' division de cavalerie légère. L'artillerie était rangée sur la petite place qui sépare l'Amirauté du palais, sur le quai de la Cour, le quai Anglais et celui de la Bourse au Yassili-Ostroff. Une division navale, composée de quinze bâtiments de la marine impériale, était embossée dans la Néva , le long du quai de la Cour. La totalité des troupes sous les armes s'élevait à 86 bataillons d'infanterie et 106 escadrons de cavalerie avec 248 pièces d'artillerie. S. M. l'Empereur, qui en avait pris le commandement en personne, parcourut tous les rangs, accompagné de LL. AA. II. M" le Césarcvitch Grand-Duc Héritier, M'' le Grand-Duc Michel, de S. A. R. M^' le Prince Guillaume de Prusse, et suivi d'tm nombreux et brillant état-major; de vives acclamations saluèrent partout S. M. I. sur son passage.

« Un autel avait été placé sur le balcon, sous le drapeau de la compagnie des grenadiers du palais, qui s'étaient rangés en haie le long des deux escaliers jusqu'au bas de la descente. A midi précis , S. M. l'Impératrice, accompagnée de LL. AA. H. précédée de S. Em. le métropolitain , assisté de tout le haut clergé avec la croix, les saintes images et les bannières, et suivie de toute la cour, arriva sur le balcon, où les hauts fonctionnaires civils et militaires, les membres du corps diplomatique, les maréchaux de la noblesse et les députés du commerce avaient pris place à l'avance. Au moment où la procession parut sur le balcon , toutes les troupes , au commandement de l'Empereur, lui rendirent les honneurs militaires , et le clergé entonna le Te, Deum. En cet instant, les troupes se découvrirent, la foule innombrable des spectateurs imita leur exemple, et d'ardentes prières s'élevèrent de toutes parts vers le ciel.

« Cet instant solennel ne saurait se décrire. Au milieu de la place, entre le palais et la colonne, le souverain d'un vaste empire invoquant à genoux le Tout-Puissant pour le bonheur de ses sujets, la gloire

de la patrie, et le repos de l'âme d'un frère dont la mémoire restera immortelle; sur le balcon, S. M. l'Impératrice au milieu de sa cour et entourée de ses augustes enfants, sur les quatre places, une nombreuse armée également à genoux, et dans le même moment les groupes du peuple se prosternant simultanément de tous côtés, cet imposant ensemble formait un tal)leau toiicliant cpi'aueune expression ne peut rendre, mais que comprendra tout cœur russe.

. Après le Te Dnim et les prières pour la famille impériale, un areliidiaere récita les prières pour le repos de l'àme de l'Empereur Alexandre, de glorieuse mémoire; à midi et demi, au moment oi'i il en eut prononcé les dernières paroles, les tropliées et les draperies qui cacliaient le piédestal de la colonne tombèrent à un signal donné par l'Empereur, et le majestueux monument s'offrit aux regards dans toute sa niagnifieenee; c'est alors que les troupes rendirent les honneurs militaires au monument, et pendant une demi-heure l'air retentit des hourras, répétés à l'envi par les troupes et les spectateurs, et qui se mêlaient aux sons de la musique militaire et au bruit des salves tirées par toute l'artillerie en bataille, par les vaisseaux et par la forteresse.

« Après les prières pour l'armée russe, S. M. l'Impératrice, accompagnée de LL. AA. II., précédée du clergé et suivie de la cour, des membres du conseil de l'Empire, des sénateurs, des maréchaux de la noblesse, et des députés du commerce, descendit du balcon sur la place, et se rendit au monument entre deux haies formées par la compagnie des grenadiers du palais. Au moment 011 la procession s'approcha de la colonne , le ciel, qui avait été couvert pendant xme partie de la cérémonie, s'éclaircit, et le soleil éclaira tout à coup de ses rayons lumineux le monument et le brillant cortège qui frappait tous les regards, moins encore par la beauté des costumes que par le recueillement religieux et profond de toutes les personnes rpii le composaient ( voir la planche 44 )• Après avoir fait le tour de la colonne, que le métropolitain aspergea d'eau bénite, la procession remonta sur le balcon, où S. M. l'Impératrice et LL. AA. II. restèrent pendant le temps que dura la parade qui eut lieu ensuite. Alors M' le grand chambellan Comte de Litta eut l'honneur de présenter aux augustes membres de la famille impériale, la médaille qui avait été frappée il l'occasion de cette mémorable solennité; cette médaille avait été offerte à S. M. l'Impératrice dans l'intéiieur du palais, avant son arrivée au balcon.

« A une heure de l'après-midi, au commandement de l'Empereur, les troupes commencèrent à défiler en masse devant le monument, autour duquel la compagnie des grenadiers du palais avait été placée en garde d'honneur, et qu'elle entourait sur les quatre faces. En ce moment tous les spectateurs furent profondément émus, en voyant avec quelle affection S. M. l'Empereur serra dans ses bras le chef de cette compagnie, le fidèle et inséparable compagnon d'armes de l'Empereur Alexandre, le prince Pierre de Wolkonsky. Le défilé des troupes, par colonne de régiment, employé pour la première fois dans cette journée, eut lieu avec la plus grande précision, et mérita l'entière approbation de S. M. Les officiers, sous-offleiers et soldats des troupes prussiennes, que le Roi de Prusse avait envoyés exprès pour assister à cette cérémonie sous le commandement de son auguste fils S. A. R. le Prince GuUlaume, défilèrent également, placés dans les rangs des régiments de la garde.

. A trois heures et demie, le défilé des troupes finit, et S. M. l'Empereur ainsi que toute la famille impériale rentrèrent dans les appartements du palais. Le soir, la place fi.t magnifiquement illuminée, ainsi que le monument qui était éclairé par quatre trépieds antiques qui produisirent un fort bel effet. Le même jour il y eut aux trois théâtres impériaux, spectacle dont les billets furent gratuitement offerts aux généraux et aux officiers des troupes réunies à cette occasion. Le lendemain, il y eut encore spectacle gratis pour les sous-officiers et soldats des mêmes corps. »

L'Empereur ordonna que la garde du monument fût confiée à la compagnie des grenadiers du palais, qui, depuis son inauguration, y place chaque jour une sentinelle.

MM. les membres de la commission des travaux et toutes les personnes qui avaient eooper.

l'exé-

cution du monument, fuient comblés des grâces de S. M. I. et reçurent des marques de sa munificence. Le jour même de l'inauguration, je fus créé chevalier de l'ordre de Saint-Vladimir delà troisième classe, et je reçus une pension de cinq mille roubles, à laquelle S. M. daigna encore joindre la somme de cent mille roubles, qui fut mise immédiatement à ma disposition.

%m im Mmmrannii si èuMmàmsiti A l'IgmiraimJï arec îa mœmvdte !E|i.ï S' ïaaat atWrô .

Page 1