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(Medicago safiva z.)
LUZERNE CULTIVÉE, LUZERNE (Medicaso sativa 2 © Planche 21; graine, planche 27, fig, 44 Autre nom français: Luzerne commune, Noms anglais: Alfalta, Lucerne.
Description botanique: La luzerne cultivée est une plante très vivace qui, dans des conditions favorables, peut se maintenir trente ans où plus. Elle à une racine pivotante typique, c'est-à-dire que le système radiculaire se compose d'une forte racine principale d'où naissent des racines secondaires latérales Comme il n'y à pas de rhizomes où de racines rampantes, toutes les branches aériennes partent de la partie supérieure de la racine qui, généralement, fait saillie au-dessus du sol et que l'on appelle le collet. En vicillissint le collet se fend en deux branches où plus dont les extrémités supé rieures sont libres et forment une sorte de touffe, parfois d'une circonférence étendue. La racine principale qui, dans une vicille plante de luzerne, a un pouce ou plus d'épaisseur et est assez ligneuse, descend jusqu'à une profondeur considérable si le sol le permet. Sur la racine se trouvent les nodosités typiques des plantes légumineuses. Elles se rencontrent sur les ramifications plus fines et sont groupées ensemble en masses irrégulières. Les tiges, extrêmement nombreuses dans les vicilles plantes, ont généralement de deux à trois pieds de hauteur au moment de la floraison. Règle générale elles sont peu rameuses, surtout lorsque la récolte est serrée, Elles sont arrondies au-dessous, plus où moins anguleuses au sommet et généralement lisses. Les feuilles qui sont alternes {c'est--dire solitaires à chaque nœud et éparpillées le long de la tige) se composent de trois felioles comme celles du trèfle rouge. Les folioles sont assez étroites, deux ou trois fois plus longues que larges, et nettement dentées dans leur partie supérieure. Celle du milieu a une queue courte qui n'existe pas dans les espèces cultivées de Trifolium. Parfois on trouve des feuilles à quatre ou cinq folioles mais pas aussi souvent que dans le trèfle rouge.
Biologie de la fleur: Les fleurs sont rassemblées en grappe courte et parfois unilatérale. Chaque grappe contient de dix à vingt
fleurs pourpres de la forme ordinaire aux légumineuses, décrite page 16. Elles sont fécondées par les insectes et surtout par certaines espèces d'abeilles. Dans toutes les plantes légumineuses fécondées
de cette manière, les étamines viennent en contact direct avec le corps de l'insecte. Prenons, par exemple, un bourdon qui visite une fleur de luzerne. Comme le nectar est au fond de la fleur il lui faut plonger sa langue jusqu'au fond du tube. Quand il arrive en contact avec la partie inférieure de la fleur, ce contact fait l'effet d'une pression exercée sur la détente d'un fusil. La grappe des étamines est disposée comme un ressort qui se détend brusquement à la moindre touche, projetant en haut la partie supérieure des étamines et du pistil. Ainsi, un insecte assis sur une fleur sera frappé et son corps saupoudré de pollen. Quand il visite une autre fleur, la même chose se produit, cette fois le pistil vient en contact avec le pollen qui recouvre le corps de l'insecte, ce pistil est donc fécondé et l'insecte reçoit une nouvelle couche de pollen. [l'est évident que la fécondation croisée doit se produire fréquemment. Mais comme un insecte visite probablement beaucoup de fleurs d'une même plante et voyage d'une plante à l'autre, une plante peut être fécondée par son propre pollen aussi bien que par le pollen d'un autre. On n'a pas encore démontré quel mode de fécondation est le plus avantageux, si c'est l'auto-fécondation ou la fécondation croisée. Si l'insecte qui visite la fleur n'était pas assez fort pour l'ouvrir, cette fleur ne serait pas fécondée car elle ne peut se détendre d'elle-même.
La production de la graine dépend donc largement des insectes. La température est également un facteur, les fleurs sont presque insensibles par un temps froid et pluvieux, tandis qu'elles répondent promptement à la plus légère irritation par un temps ensoleillé. Dans le trèfle rouge ordinaire les étamines et le pistil reprennent graduellement leur position originale et comme leur élasticité n'est pas affectée par une ou deux visites, il y a toujours une chance que la fécondation soit bien faite. Dans la luzerne il n'y à qu'une occasion : si la première visite de l'insecte n'a pas d'effet, les fleurs ne produisent pas de graines. Après que le pollen a été déchargé, le pistil ne revient pas à sa position originale, son extrémité supérieure reste fermement appliquée à l'étendard de ia fleur. Il se développe donc en un fruit courbe, bien qu'il soit parfaitement droit tant qu'il reste enfermé dans la fleur. Sa courbure, qui commence avec l'explosion de la fleur, augmente avec son développement, et lorsque le fruit est mûr, il a la forme d'une coquille tordue.
Distribution géographique et historique: La luzerne est originaire de l'Asie, probablement des régions sud-ouest de ce pays; on la cultive en Perse depuis un temps immémorial. C'est peut-être
la plante fourragère la plus ancienne de l'univers. Son fourrage est très estimé pour les chevaux; le nom qu'elle porte en Perse veut dire fourrage à chevaux. De la Perse elle fut introduite en Grèce vers l'an 500 avant J.-C. d'où elle se répandit en Italie. Elle fut importée de l'ouest de l'Europe par voie de l'Afrique du nord. Les Arabes apportèrent la plante avec eux en Espagne au dix-septième siècle; de l'Espagne elle s'introduisit en France, On la cultive actuellemert dans tous les pays européens à l'exception des pays septentrionaux, Elle a été introduite par les Espagnols au Mexique d'où elle s'est répandue aux Etats-Unis de l'Ouest et à l'Amérique du Sud, et par les Anglais et autres coloniaux aux parties est de l'Amérique du Nord. Elle est actuellement cultivée sur toute l'étendue des Etats-Unis. Au Canada on ne la propage que dans de petites superficies. Le sud de l'Ontario et le sud de l'Alberta sont les deux seuls districts où elle soit l'objet d'une grande culture.
Origine du nom: Le mot alfalfa, sous lequel la luzerne est connue en Amérique, est une version espagnole de l'arabe “Alfacfacah" qui veut dire “La meilleure sorte de fourrage." On a cru que ce mot venait de l'arabe ‘’Al-chelfa”" qui veut dire “Ce qui pousse après quelque chose autre.” On l'applique généralement aux plantes qui poussent après que la végétation du printemps a disparu. Ce dernier mot indique l'aptitude de la plante à pousser pendant les chaleurs de l'été et se rapporte peut-être à sa faculté de produire plusieurs coupes pendant la même saison. Cependant, la première dérivation est probablement la bonne, l'espagnol “alfalfa”' ayant été trouvé identique au mot arabe “Alfacfacah" au quinzième siècle par Fray Pedro de Alcala, un spécialiste distingué en langue arabe.
En Europe cette plante est toujours appelée luzerne. L'origine de ce mot est douteuse, il ne se rapporte nullement à l'Etat qui porte ce nom en Suisse car il était employé avant que la plante fut connu en Suisse. Il est peu probable qu'il soit dérivé de la vallée de Lucerna dans le nord de l'Italie comme le supposent généralement certains autcürs américains. Le vieux nom espagnol de la plante est “‘Userdas”" qui peut être identique au mot ‘“‘Louzerdo’ employé dans le sud de la France. Il est plus probable que le mot luzerne vient de “lucerno’”’ un vieux mot provençal.
Variétés: Il existe dans le commerce un grand nombre de variétés de luzerne dont quelques-unes sont de vraies variétés botaniques, c'est-à-dire qu'elles se distinguent des autres par des caractéristiques botaniques fixes. Par exemple, la luzerne du Turkestan a des folioles
courtes, rondes et des graines ternes, d'autres ne sont que des variétés géographiques, leur nom signifie simplement que la graine a été produite dans un certain pays. D'autres encore font nettement preuve de qualités pratiques, telles que la rusticité, la résistance à la sécheresse et aux maladies, l'aptitude à taller, à produire de la graine, ete. Pour le Canada il n'y a que les variétés rustiques qui soient importantes
Par exemple, la luzerne arabe où du Pérou est détruite par l'hiver, et généralement toutes les variétés qui viennent du sud, souffrent. Le cultivateur qui achète de la serrence fera donc bien de s'assurer que la variété qu'on lui offre est adaptée au climat. Il est toujours bon de choisir une variété proveñent d'un pays jouissant d'un climat semblable à celui où l'on se propese de cultiver la plante.
Culture: Le développement de la luzerne dépend en grandi partie du s91. On peut la cultiver sur bien des sortes de sol, depuis les terrains sableux,sablo argileux jusqu'aux argiles lourdes. C'est dans les terres franches, profondes, à sous-sol ouvert et poreux, où rien ne gêne le développement des racines pivotantes, qu'elle vient Le mieux. Comme la racine pértre à une profondeur considérable la qualité du sous-sol est un facteur très important. {'n sous-sol compact et impénétrable constitue un obstacle sérieux à la végétation de la luzerne. Pour la même raison, # est Lien difficile d'obtenir une bonne levée sur sol plat, à sous-sol de roc, à moins que les ratines puissent s'introduire au travers des fentes du ro La luzerne résiste à une certaine quantité d'alcali dans le sol, mais i! vaut mieux faire disparaître l'alcali de la surface avant de semer la graine et le tenir à cinq ou six pieds au-dessous de la surface par l'irrigation, L'acidité exerce toujours un mauvais effet. Dans les sols acides une application de chaux est avantageuse.
Climat: Comme les racines de la luzerne descendent à un grande profondeur la luzerne, quoique arrêtée dans sa croissatire, n'est pas gravement affectée par uns forte sécheresse Elle aime une quantité raisonnable d'humidité mais elle redoute l' xcès, Sj le sous-sol est imperméable et que l'eau de surface ne puisse s'égoutter rapidement après une forte pluie, l'accumulation d'eau qui en résultera sera désastreuse ou du moins réduira la vitalité des plantes. f} faut donc tenir le sol bien égoutté surtout au commencement du printemps. Dans les champs mal égouttés la luzerne souffre: elle meurt parfois dans les fonds où l'eau s'est accumulée. Tout excès d'eau dans le sol retarde la végétation des plantes et les empêche de se mettre à pousser de bonne heure, Dans un sol mal égoutté,les gels et dégels
alicrnatifs font plus de mal que dans une terre bien drainée car le soulèvement du sol ahime les racines. Souvent ce soulèvement est tel que la racine pivotante se casse et que la plante meurt.
Inoeulation: De méme que chez les autres plantes légumineuses, le développement de la fuzerne est provoqué par des bactéries qui se iogent dans des tubereules sur ses racines. Ces bactéries sont proches parektes de celles du trèfle d'odeur: il peut même se faire qu'elles soient les mêmes: quoi qu'il en soit, la luzerne vient bien dans les sols
ù Le trèfle d'odeur a été cultivé
Habitudes: On -ème généralement la luzerne au printemps, les nes plantes sont délicates et redoutent la concurrence. On devrait
doi ttacher à enlever toutes les mauvaises herbes, Comme les plantes sont assez tendres la première année it vaut micux leur donner utes les oc ms de devenir aussi fortes que possible afin qu'elles
piissent résister à Fhiver. n'est pas à recommander de faucher la luzerne où de la faire pâturer la première saison. Pendant la deuxitme année où les années suivantes la végétation parait de bonne
eure ct se maintient jusqu'à une poque avancée de l'automne, de
NOUVEAUX reiéfons naissant du coflet de la racine. Dans des conditions favorables là fuzerne dure très I mgtemps et produit abondamment.
Valeur agricole: La valeur nutritive de la luzerne était connue en Perse avant l'ère chrétienne. Elle était très « stimée des Arabes. Aucune plante fourragère à l'heure actuelle ne légale au point de vue de la valeur nutritive et de l'utilité générale, Fous les bestiaux cn raffolent, chevaux, moutons, bovirs et porcs. Elle est même plus nourrissante que le trèfle rouge car elle renferme plus de protéine. C'est dans l'alimentation des vaches laitières qu'elle est le plus utile, mais elle est également précieuse dans l'engraissemert de tous k imaux de la ferme et surtout des moutons et des:
Fourrage: Les cultivateurs disent parfois que la luzerne ne fait pas de bon foin; c'est tout Simplement piree qu'on ne Fa pas coupée au bon moment Sa valeur comme plante à foin dépend de sa qualité. nutritive et de son aptitude produnie un certain nombre de récoltes pendant la saison. De méme que chez la plupart des plantes fourragères, la qualité du fourrage se détériore rapidement après que la plante à commencé à fleurir. Les tiges perdent leur succulence, deviennent très ligneuses, et les fouilles tombent facik ment,
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Lorsque la plante a formé ses fleurs, de nouvelles tiges secondaires naissent des bourgeuns situés au collet. C'est cette végétation secondaire qui doit former la deuxième coupe; par conséquent, la première coupe devrait être faite avant que ces rejetons se soient suffisamment développés pour être attrapés par la faucheuse. Il est donc bon de couper un peu tôt, même au risque d'avoir un peu moins de nourriture et un peu moins de foin. En fauchant au commencement de la période de floraison la première récolte sera un peu moins forte mais la deuxième se développera plus vite et sera plus considérable. Le fauchage hâtif donne donc, au total, plus de foin et du foin plus nutritif que le fauchage tardif. Lorsque la saison est longue et la température favorable on peut obtenir jusqu'à cinq ou six coupes par an. Dans les pays du nord, comme le Canada, on peut compter sur deux ou trois coupes. Dans les districts irrigués ou dans les endroits où la fenaison se fait par un temps sec, il n'est pas difficile d'obtenir un foin de luzerne vert clair et d'excellente qualité. Mais lorsque les pluies sont fréquentes ou les rosées abondantes après le fauchage, le foin est sujet à devenir brun ou jaune. Il perd beaucoup de sa valeur nutritive et de sa succulence. On fane généralement de la même manière que pour le trèfle rouge. Cependant la luzerne demande à être traitée avec plus de soin, car les feuilles tombent facilement et leur perte diminue beaucoup la quantité de fourrage.
Pâturage: La luzerne est peu cultivée en pâturage au Canada. L'essentiel, quand on désire obtenir un pâturage de cette plante, est de laisser les plantes bien prendre racine avant d'y mettre les animaux. Il n'est jamais bon de faire pâturer la luzerne avant la troisième année de croissance. Même dans les vieilles luzernières, des soins sont nécessaires si l'on veut empêcher que la plante ne meure par endroits. La luzerne n'a qu'une seule racine pivotante dont le collet fait généralement saillie un peu au-dessus de la terre. Elle est donc facilement abîmée par le piétinement, surtout lorsque le sol est ramolli par de fortes pluies. Comme les nouvelles tiges naissent de la couronne, la luzerne peut beaucoup souffrir du pâturage fait par les moutons. Il n'est pas à recommander de la faire paître tard en automne car le collet de la plante serait exposé et pourrait être détruit par l'hiver.
De même que ceux de trèfle rouge, les pâturages de luzerne peuvent causer la météorisation surtout chez les bovins et les moutons, si les animaux ne s'y habituent pas graduellement. Le danger est surtout grand dans les journées pluvieuses, lorsque les plantes sont humides de rosée,
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La luzerne donne un pâturage très estimé pour les porcs. Si le champ est divisé en deux ou trois parties pâturées À tour de rôle, la plante à le temps de reprendre et l'on peut nourrir un grand nombre de porcs sans courir le risque d'abimer le champ.
Semis pour prairie ou pâturage: On peut semer la luzerne avec où sans plante-abri selon les conditions de sol et de climat. Dans l'Ontario on emploie généralement l'orge comme plante-abri. Les essais effectués à la ferme expérimentale d'Indian Head, Sask., ont indiqué qu'il vaut mieux ne pas se servir de plante-abri dans les provinces des Prairies, afin que la luzerne puisse avoir à sa disposition toute l'humidité qui se trouve dans le sol. La quantité de graine à semer dépend de sa qualité et de la nature du sol. Une quantité raisonnable est de vingt à vingt-cinq livres à l'acre. On obtient une récolte bien fournie en employant une plus petite quantité de graine, mais les semis épais produisent du foin et du pâturage de meilleure qualité.
Graine: Il se produit actuellement peu de graine de luzerne au Canada. Cette culture exige par dessus tout une température favorable pendant la floraison et la maturation. Si l'humidité est abondante, les organes végétatifs de la plante sedéveloppent fortement, la quantité de graine est insignifiante et celle-ci est mauvaise. On obtient la plus forte production lorsque le sol à juste assez d'humidité pour permettre à la graine de mûrir complètement. Les plantes exigent beaucoup de lumière et beaucoup de place, et, pour cette raison, il faut semer moins de graine que lorsqu'on veut avoir du foin et du pâturage; dix à douze livres de bonne graine donnent les meilleurs résultats. On peut employer, pour la production de la graine, n'importe laquelle des coupes de la saison mais il y a certaines objections à l'emploi de la première coupe dans ce but. Les insectes qui fécondent les fleurs sont moins nombreux à cette époque que plus tard, et la récolte de graine serait donc légère. De même, la floraison de la première récolte est relativement inégale et la qualité de la graine inférieure. Il y a une perte de foin lorsqu'on laisse la première récolte monter à graine car la luzerne qui a produit de la graine ne donne plus qu'une petite quantité de foin ou d'herbe. Pour ces raisons il est bon de couper la première récolte pour en faire du foin. Quant à savoir laquelle des autres récoltes devrait être utilisée pour la graine, cela dépend de la longueur de la saison et de ia température. Au Canada c'est la deuxième coupe qui donne les meilleurs résultats.
Cultivée pour la graine, la luzerne est prête à être coupée lorsque la moitié des gousses sont brunes et que l'on peut facilement en
thenersemmsnenene
mere pan
faire sortir les graines en frottant. En la laissant trop se développer, on s'expose à perdre quelques-unes des graines les plus promptes à mûrir et par conséquent les plus précieuses.
On peut récolter de la même façon que pour la graine de trèfle rouge mais il faut manier la récolte avec le plus grand soin pour éviter la perte de graine. Pour le battage on peut employer une batteuse ordinaire mais une batteuse à trèfle est préférable.
Qualité de la graine: Les graines sont réniformes et d’un brun jaunâtre, à peu près deux fois plus longues que larges. Dans la luzerne ordinaire leur surface est luisante; dans la variété Turkestan à cause du revêtement de substance cireuse que l'on peut aisément taire disparaître en frottant, la surface est terne. Le poids régulier est de soixante livres au boisseau.
Impuretés: Les jeunes plantes de luzerne sont très délicates et facilement étouffées par les mauvaises herbes. On détruit ces mauvaises herbes et on fortifie la jeune luzerne en passant la faucheuse sur le champ plusieurs fois la première saison. Dans les vicilles luzernières les plantes, quoique généralement très vigoureuses, sont parfois étouffées en certains endroits par des herbes agressives. Pour éviter ces accidents il faut choisir de la graine aussi propre que possible. Les graines de mauvaises herbes les plus communes dans la luzerne de commerce sont la sétaire verte, le plantain, l'herbe à poux, le chougras, la chicorée, la sétaire jaune et la persicaire. D'autres mauvaises herbes dangereuses, mais dont les graines sont moins communes, sont la bardane, la moutarde, le silène noctiflore, le silène enflé, la cameline et le chardon du Canada.
Maladies: La luzerne est moins sujette aux maladies que le trèfle rouge. La cuscute est son pire ennemi. La cuscute de la luzerne, qui est généralement appelée Cuscuta Epithymum Murr., est un parasite jaunâtre, sans feuilles, composé d'une masse de fils ténus d'où naissent de nombreuses racines appelées suçoirs. Ces suçoirs pénètrent dans les tiges de la fuzerne où ils absorbent la nourriture prête pour l'usage de la plante-hôte. Les fleurs sont blanches et serrées, en grappes rondes. La cuscute paraît d'abord en plaques insignifiantes, éparpillées sur toute l'étendue du champ, mais ces plaques augmentent graduellement et infestent tellement la récolte qu'au bout de quelques années celle-ci ne produit plus rien. Le meilleur moyen d'éviter ce fléau est d'acheter de la graine qui soit absolument propre. Mais si la cuscute s'était établie dans une luzer-