‹ Plantes fourragères prairies et pâturagesChapitre 13 sur 40 · MIL OU FLÉOLE DES PRES · texte numérisé non relu

MIL OU FLÉOLE DES PRES

L'addition de trèfle l'améliore. On le recherche pour les chevaux de travail qui reçoivent également de fortes rations de grain, car il est très digestif. C'est le foin régulier pour tous les chevaux d'attelage dont on exige un travail immédiat après le repas.

Semé seul, le mil ne donne pas une récolte bien épaisse, sauf sur les terres riches et humides; sur les terres hautes il vaut mieux le semer en mélange avec d'autres herbes ou avec du trèfle rouge. Quand l'assolement est de courte durée et que la prairie est relevée tous les deux ans, on peut, sur des terrains lourds, frais ou humides, le semer seul ou avec du trèfle d'alsike; sur des terrains plus secs et plus légers on le sème avec du trèfle rouge. Semé un peu épais, il donne une herbe plus fine qui doit être coupée peu après la formation de l'épi et l'apparition des premières fleurs. On obtiendrait un rendement plus élevé si on retardait la coupe jusque vers la fin de la floraison, mais le foin y perdrait en quantité et en valeur nutritive. Quand elle a atteint tout son développement la tige devient dure et coriace. Si l'on désire avoir une seconde pousse, il faut couper juste avant la floraison, le regain en sera plus abondant.

Quand on sème le mil seul on doit appliquer de neuf à quinze livres de bonne graine fraîche à l'acre.

Le mil ne convient pas pour les pâturages, sauf en mélange avec d'autres herbes. Ses racines peu profondes et sa croissance en toufi^es ne lui permettent pas de résister au piétinement aussi bien que les autres plantes généralement recommandées pour le pâturage. Dans les terres hautes et légères il cède bientôt la place aux herbes indigènes, surtout si ces terres sont abandonnées aux moutons qui paissent au ras du sol.

Graine: Le mil semé pour la production de la graine doit être récolté dès que la plante a atteint sa maturité, complète lorsque l'épi, vert jusque-là, devient jaunâtre. Récoltée trop tôt la graine est petite, peu développée et germe mal. Récoltée quand elle est mûre elle est exposée à perdre sa balle au battage, elle perd en même temps son éclat argenté et prend l'aspect terne de la vieille graine.

On bat généralement le mil avec une batteuse à grain ordinaire mais pour obtenir la meilleure semence il faut le récolter à la main et le battre au fléau. On le cultive dans la vallée du Saint-Laurent et les districts de la Baie Géorgienne et la qualité de la graine, au point de vue de la grosseur et de l'éclat de la couleur, n'est pas surpassée. On sépare parfois sa graine des criblures du blé d'automne qui a été semé sur gazon de mil, mais cette graine est généralement in-

festée de lin sauvage et d'autres graines de mauvaises herbes communes aux herbages.

La graine de bonne qualité est de couleur argent vif; une petite partie seulement est écalée, c'est-à-dire, a perdu sa balle. La semence est terne lorsqu'elle est vieille ou lorsqu'elle a été récoltée ou emmagasinée dans de mauvaises conditions. Les semences écalées qui viennent d'être battues ont tout autant de vitalité que les autres mais elle la perdent plus vite que celles qui ont conservé leurs balles. La graine bien mûre, conservée dans un endroit frais et sec, conserve sa vitalité de trois à cinq ans. Des graines de neuf ans même, donnent une forte proportion totale de graines viables quoique généralement, à cet âge, le germe est sensiblement affaibli.

Le poids légal du boisseau est de quarante-huit livres.

La grande masse de la graine de mil du commerce est propre par comparaison aux graines des autres graminées et de trèfles. Les graines de mauvaises herbes contre lesquelles on doit principalement se garder quand on fait des achats de graine de mil sont les suivantes: grande marguerite, cameline, camomille puante, oseille de brebis, silène enflée, laiteron vivace, chardon du Canada, mouron et potentille.

Le mil, comme beaucoup d'autres espèces de graminées, est attaqué par l'ergot (Claviceps). Les graines d'ergot (sclérotes) varient en forme et en grosseur suivant l'espèce de grain ou d'herbe sur laquelle ils se développent. Les corps solides sont pourpre foncé, on les voit sans peine sortant de l'enveloppe de la graine dans l'épi. Il ne faut pas récolter la graine de prairies infestées d'ergot.

Tu laisseras une année sur deux, après moisson faite, la terre rester en friche, et le champ inactif puiser dans le repos des forces nouvelles; ou bien encore tu sèmeras, à la saison prochaine, le froment doré, dans le même champ où tu auras d'abord récolté en abondance maint légume à la silique tremblante, les cosses grêles de la vesce, ou l'amer lupin dont les tiges fragiles bruissent en touffes sonores. Sans doute, la graine du lin brûle la terre; il en est de même de l'avoine, de même aussi des pavots, Qui portent en eux le sommeil du Léthé. Mais pourtant, avec ces alternances, le laboureur est payé de sa peine; seulement, qu'il ne craigne pas, dans un sol aride, de répandre à profusion l'engrais et le fumier, ni de jeter des tas de cendres sur les champs épuisés. C'est ainsi qu'en changeant de production la terre se repose, et que le sol, pour être épargné, ne reste pas, cependant, stérile. — Virgile, Les Gêorgiques, Traduction d'Henri Lantoine.

Le pré se fatigue à la longue et demande à être renouvelé de temps à autre par une plantation de haricots, de navette ou de millet, que l'on remplace l'année suivante par du blé et la troisième année par du foin. — Pline, Histoire naturelle, 23-79 A. D.

Planche 4

VULPIN Des PRÉS

(Alopecurus prahensis />.)

VULPIN DES PRÉS. 53

VULPIN DES PRÉS. (Alopecurus pratensis L.)

Planche 4; graine, planche 26, fig. 8.

Autres noms français: Chiendent queue de renard, vulpine. Nom anglais: Meadow Foxtail.

Description botanique: Le vulpin des prés est une plante vivace qui ressemble beaucoup au mil. Il a une souche courte qui produit des rhizomes écailleux. Aux extrémités de ces rhizomes naissent des tiges et des rejetons feuilles. Si les rhizomes sont très courts, ce qui se produit généralement dans les terrains relativement secs, la plante entière pousse en touffes, presque comme le mil. Si, au contraire, ils atteignent une longueur considérable, comme ils font souvent dans les terrains ouverts et frais, les touffes sont plus lâches et moins apparentes. Les tiges, qui ont de deux à quatre pieds de hauteur, sont parfois genouillées et enracinées à la base. Elles sont lisses et feuillées jusqu'à un point au-dessus du milieu. La majorité des feuilles sont produites par les rejetons de la base; elles sont généralement longues, larges et molles, les gaines des feuilles supérieures sont souvent gonflées.

Les fleurs sont en épi, assez semblable à celui du mil (fléole des prés) mais tandis que l'épi du vulpin des prés, dont les épillets sont recouverts de poils longs et soyeux, est doux au toucher, celui du mil est rude. Cette circonstance permet de distinguer ces plantes l'une de l'autre. Chaque épillet dans le vulpin des prés contient une seule fleur entourée de deux glumes à carène aiguë attachées ensembles à leur base. La fleur porte au dos une barbe qui fait saillie au-dessus du sommet des épillets et donne à l'épi un aspect hérissé. La fécondation est accomplie par les vents; la fleur peut se féconder elle même ou être fécondée par une autre fleur. Ce dernier mode de fécondation, appelé fécondation croisée, est plus commun à cause de la disposition des étamines et du pistil pendant la floraison.

Distribution géographique : Le vulpin des prés est indigène à la plus grande partie de l'Europe, au nord de l'Afrique, au centre et au nord de l'Asie. Il est répandu dans tout l'est et le centre du Canada et on le cultive actuellement dans presque tous les pays de l'Europe. Il croît spontanément dans les prairies humides, les marécages, le long des fossés et des cours d'eau à rives basses, et généralement dans les sols frais et fertiles.

Culture: Le vulpin des prés préfère les localités humides mais il redoute l'excès d'eau. Il ne vient pas bien dans les champs recouverts d'eau stagnante pendant la plus grande partie de l'année. C'est dans les fonds d'argile et de terre franche, temporairement inondés, qu'il se développe le mieux. Il est extrêmement résistant à la gelée et peut être considéré comme l'herbe la plus hâtive dans l'est du Canada. Il se met à pousser de bonne heure au printemps et atteint son plein développement avant que la plupart des autres herbes aient fait une croissance appréciable. Il est utile partout où l'on désire des pâturages ou du foin de bonne heure.

Valeur agricole: Le vulpin des prés cultivé pour la production du foin doit être coupé pendant qu'il est en fleurs. Les tiges renferment alors une grande quantité de sucre et le foin est doux et nourrissant. Une fois la floraison passée, ce sucre concourt à la formation de la graine et la valeur nutritive du foin diminue rapidement. Cultivé en pâturage, le vulpin des prés fournit une quantité d'excellent fourrage au début de la saison, quand les animaux n'ont encore rien d'autre chose à paître. Il est recherché de tous les bestiaux. C'est évidemment l'une des herbes les plus précieuses sur les terres qui lui conviennent. On le cultive presque toujours en mélange.

Graine: La graine du vulpin des prés mûrit très vite mais assez irrégulièrement, ce qui en rend la récolte assez difîficile. Dans bien des parties de l'Europe on la cueille à la main puis on la fait sécher dans un endroit aéré en la retournant tous les jours pendant deux semaines. Les graines qui ne sont pas traitées de cette façon ont une germination assez faible. La graine de commerce a généralement une faible vitalité à cause de cette maturation inégale. Pour obtenir une forte quantité de bonne graine il faut couper la récolte un peu avant qu'elle arrive à maturité complète, faire de petites gerbes, les mettre neuf ou dix ensemble en veillottes rondes et les laisser mûrir. On sème de vingt à vingt-cinq livres à l'acre quand on cultive le vulpin seul.

La bonne graine est couleur de paille et pèse de six à douze livres au boisseau.

On a dit une grande vérité, que l'agriculture est la mère et la nourrice des autres arts. Est-elle en vigueur, tout fleurit avec elle; mais partout où la terre est condamnée à la stérilité, les arts meurent je dirais presque et sur terre et sur mer. — Xénophon. 434-35S a.J.C.

Planche 5

AGROSTIDE" COMMUNE*

( Agroshis a.lba /..)

AGROSTIDE STOLONIFÈRE. 55

AGROSTIDE COMMUNE OU STOLONIFÈRE (Agrostis stolonifera L.)

Planche 5, • graine, planche 26, fig. 9.

Autre nom latin: Agrostis alba L.

Autres noms français: Agrostide traçante, traînasse, fiorine, agrostide blanche.

Noms anglais: Florin Grass, Creeping Bent grass, White Bentgrass, Red Top.

Description botanique: Le terme agrostide a été appliqué à deux espèces du genre Agrostis: A . stolonifera L., qui est appelée également A . alba L., et ^ . vulgaris With . A . stolonifera et A . vulgaris sont deux espèces distinctes mais souvent prises l'une pour l'autre. Les écrivains américains et canadiens ont souvent décrit des plantes d'agrostide sous le nom d'^. vulgaris qui est relativement rare en Amérique et n'a qu'une faible valeur agricole. Comme la description dans ces cas n'est pas celle de VA. wlgaris mais évidemment celle de VA. stolonifera, la dernière espèce doit être considérée comme la variété agrostide. La description qui suit se rapporte donc à VA. stolonifera qui est répandue dans toute l'Amérique du nord.

Il existe un grand nombre de variétés d'agrostides très différentes l'une de l'autre. C'est une plante très vivace, à souche traçante, d'où naissent généralement des stolons. Ces stolons sont parfois souterrains, mais généralement ils se développent le long de la surface, émettant des racines aux jointures ainsi que de nombreux rejetons feuilles. A cause de sa souche et des stolons traçants, l'agrostide ne pousse pas en touffes mais elle forme un gazon épais et ininterrompu. Les tiges varient dans les différentes variétés. Dans quelques-unes elles n'ont que deux pouces de hauteur; dans d'autres elles atteignent quatre pieds ou plus. Il n'y a que les variétés de ce dernier type qui soient importantes au point de vue agricole. Les feuilles varient en grosseur, nombre et couleur. La ligule est toujours longue et généralement aiguë. Les fleurs sont arrangées en panicules, à nombreuses branches. A la floraison les branches principales de la panicule ainsi que les branches secondaires sont étalées, et comme leur longueur diminue graduellement vers le sommet de la panicule, cette dernière a la forme d'une pyramide à large base. Lorsque la floraison est terminée, les branches secondaires sont serrées contre les branches principales et ces dernières contre la tige-mère. Après la floraison la panicule est donc souvent étroite et resserrée. Les nombreux

épillets sont souvent d'un brun rougeâtre, d'où le nom anglais de "Red Top". Chaque épillet ne renferme qu'une seule fleur. A la floraison les pistils et les étamines se développent ensemble et les fleurs peuvent se féconder d'elles-mêmes ou être fécondées par d'autres.

Distribution géographique: L'agrostide est indigène à tous les pays d'Europe, au nord de l'Afrique, au nord et au centre de l'Asie et à l'Amérique du Nord. On a commencé à la cultiver en Angleterre il y a environ deux cent cinquante ans, mais ce n'est que depuis le millieu du dernier siècle qu'elle est généralement cultivée en Europe.

Culture : L'agrostide croît spontanément dans toutes les localités. Quelques variétés se maintiennent dans les sols légers et sablonneux, ne renfermant que peu d'humidité, mais elles poussent mal et n'ont que peu de valeur agricole. D'autres variétés font une pousse superbe dans les endroits humides et ont une grande valeur. Comme la végétation dépend presque entièrement du développement des racines traçantes, l'agrostide vient mieux dans les sols où rien ne s'oppose à ce développement des racines, comme dans les sols légers et humides tandis que dans les terrains secs et lourds, les souches et les stolons restent courts et peu productifs. L'agrostide a une superbe végétation dans les climats humides. Elle convient donc aux terrains bas, peu éloignés de la mer. Elle est très résistante au froid.

Végétation: Dans les sols convenables, l'agrostide fait une bonne pousse l'année même où elle est semée. Elle se met à croître relativement tard au printemps mais une fois qu'elle a commencé elle continue sans arrêt jusqu'à la fin de l'automne.

Valeur agricole: En mélange avec d'autres espèces dans une prairie, l'agrostide fait une herbe de pied superbe et pousse dans les endroits trop humides pour la plupart des autres graminées. Comme elle se met à pousser assez tard, elle n'a pas généralement atteint son plein développement quand les autres herbes du mélange sont prêtes à être coupées. D'autre part, elle produit des feuilles et des tiges jusqu'à une époque avancée de l'automne et elle est précieuse lorsqu'on désire avoir un regain dans les pâturages. Tous les bestiaux en sont friands,elle résiste très bien au piétinement et même n'en produit qu'un plus grand nombre de rhizomes et de stolons. Elle forme rapidement

AGROSTIDE COMMUNE. 67

un gazon dense et égal, mais si on la laissait pousser trop longtemps dans un endroit, on pourrait avoir des difficultés à l'extirper. Elle est précieuse pour la formation de pelouses; cultivée seule, il faut semer vingt livres de bonne graine à l'acre.

Graine: Cultivée pour la graine, l'agrostide devrait être récoltée dès que l'on peut faire sortir aisément les graines par le frottement. Règle générale, l'agrostide de commerce contient une grande quantité de balle. La semence que l'on dit être renettoyée n'est autre chose que la graine ordinaire dont on a enlevé une partie de la balle. La graine ordinaire de commerce est d'un brun-rougeâtre avec un lustre argenté, plus ce lustre est argenté, moins il y a de balle et plus la graine est lourde. Quand la proportion de balle est considérable, le poids est assez faible, et parfois il ne dépasse pas huit livres au boisseau. La graine renettoyée, contenant peu de balle peut peser jusqu'à trente-cinq livres au boisseau.

Règle générale, l'agrostide germe bien car la graine conserve sa vitalité plusieurs années.

AGROSTIDE VULGAIRE (A grostis vulgaris With.)

Cette herbe a souvent été prise pour la précédente; elle diffère de l'agrostide stolonifère par les traits essentiels suivants:

Elle pousse en touffes, car ses souches sont très courtes et ne produisent pas de stolons. Tous les rameaux de la panicule, le principal aussi bien que les secondaires, s'étalent après la floraison, et comme les rameaux bas principaux sont généralement un peu plus courts que ceux du milieu, la panicule ressemble plutôt à un oeuf qu'à une pyramide. La ligule est extrêmement courte et parfois absente.

Distribution géographique: Cette plante a la même distribution géographique dans l'ancien monde que l'agrostide stolonifère; il est douteux qu'elle soit indigène à l'Amérique du Nord.

Habitat: Elle croît spontanément dans les sols sableux ou graveleux et résiste mieux à la sécheresse que l'agrostide stolonifère.

Valeur agricole : Il existe à peu près la même relation entre la valeur agricole de VAgrostis vulgaris et celle de l'agrostide stolonifère

qu'entre la valeur de la fétuque ovine et de la fétuque des prés. En d'autres termes, l'agrostide commune est une herbe plutôt inférieure, que l'on doit laisser de côté chaque fois que l'on peut utiliser des herbes plus précieuses. Les feuilles et les tiges sont assez courtes, les premières sont généralement serrées près de terre ; elle ne fait pas un foin avantageux. Sa principale valeur serait comme herbe de pâturage sur un sol pauvre et sec.

Graine: La graine est semblable à celle de l'agrostide stolonifère mais elle est en général un peu plus petite et plus jaunâtre. Dans certains cas, cependant, il est presque impossible de séparer les graines des deux espèces.

GALAMAGROSTIDE DU CANADA {Calamagrostis canadensis Michx. Beauv.)

Graine, planche 26, figure 10.

Autre nom latin: Deyeuxia canadensis Hook.

Noms anglais: Small reed grass, Sand grass, Canada Bent-Grass, Blue Joint Grass.

Description botanique: La Calamagrostide est vivace, à souche traçante d'où naissent des rhizomes écailleux, bruns. Ces rhizomes indiquent que la plante ne pousse pas en touffes serrées. Les tiges sont plus ou moins groupées, suivant le caractère du sol. Elles ont de trois à cinq pieds de hauteur sont plutôt fermes de texture et d'un brun-rougeâtre ou rouge bleuâtre à la base. C'est pourquoi on appelle cette plante Blue Joint Grass en anglais. Les feuilles sont nombreuses, larges, longues et très rudes. Les fleurs sont portées en une grande panicule, semblable à celle de l'agrostide stolonifère, et généralement d'un brun-rougeâtre. C'est à cause de cela que l'on appelle cette plante"agrostide"dans bien des parties de l'est du Canada, mais à tort. Quoique la panicule soit semblable, les différences entre les deux espèces sont nettement marquées. La façon la plus facile et la plus sûre de les identifier est d'examiner les fleurs. La calamagrostide n'a qu'une fleur par épillet, tout comme l'agrostide, mais cette fleur

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a une barbe qui est entourée à la base d'une touffe de poils blancs et soyeux, très distincts et à peu près de la longueur de la fleur ellemême. Ces poils ne se trouvent jamais à la base de la fleur de l'agrostide.

Distribution géographique: La calamagrostide est propre au Canada et aux parties du nord des Etats-Unis.

Habitat: Elle croît spontanément dans les prairies humides, les marécages, le long des rivières et des ruisseaux, sur les rives des lacs et généralement sur les fonds humides.

Valeur agricole: Parfois elle couvre de grandes superficies, à l'exclusion de toutes les autres herbes. On dit que le foin ramassé sur ces superficies est de qualité excellente et recherché de toutes les sortes de bétail. On sait également qu'il reste savoureux et nourrissant longtemps après avoir fleuri. Il y aurait des expériences à faire pour confirmer cet avancé, mais rien ne nous autorise à le mettre en doute et du reste il y a des preuves à l'appui. On a essayé, mais sans succès, de faire venir la calamagrostide de semis à l'une des stations expérimentales des Etats-Unis; la graine paraissait manquer de vitalité. Ceci peut signifier que la plante ne forme pas de graines ou n'en forme que très peu, comme dans le cas du roseau commun (Phragmites communis Trin.). S'il en est ainsi, il est facile de comprendre pourquoi cette herbe conserve ses qualités nutritives après la floraison. Comme nous l'avons fait remarquer dans la description du vulpin des prés, les éléments nutritifs concourent à la formation de la graine, mais lorsqu'il ne se forme pas de graines, ils restent dans le foin qui conserve ainsi sa qualité même après que la plante a fleuri.

En fait, on sait peu de chose sur la valeur nutritive de la calamagrostide. Il peut se faire que ce soit une addition importante aux plantes fourragères canadiennes, mais nous ne pouvons rien dire de positif sur ce sujet actuellement. Elle est utile pour les sols très frais car elle pousse dans des endroits qui seraient trop humides, même pour des plantes aussi peu sensibles à l'humidité que l'agrostide stolonifère.

On se ruine aisément, on ne s'enrichit qu'en peine prenant. — Bujault.

AVOINE JAUNÂTRE. {Trisetumflavescens, (L.) Beauv.)

Planche 6; graine, planche 26, fig. 11.

Noms anglais: Yellow Oat Grass, Yellow False Oats, Golden Oat Grass.

Description botanique: L'avoine jaunâtre est une plante vivace à souche courte, formant des touffes lâches. Les tiges, de un à deux pieds de hauteur, sont très grêles et feuillées, jusqu'au milieu environ. Des tiges secondaires naissent à la base des tiges principales. Les bourgeons dont elles naissent sont dans la gaine des vieilles feuilles, qui les recouvrent au début. Dans le développement de ces rejetons, la vieille gaine se fend, et la base des tiges principales est entourée des restes déchirés de la vieille gaine brune. Les tiges secondaires produisent un grand nombre de feuilles. Celles-ci, de même que celles de la tige principale, sont de texture très douce et couvertes de poils mous. Règle générale, leurs gaines sont également velues. Les fleurs sont arrangées en une panicule pyramidale, à rameaux étalés pendant la floraison. Après la floraison les branches se redressent et la panicule devient ainsi resserrée et étroite. Les nombreux épillets, d'abord verts, prennent à la floraison une belle teinte jaune d'or, d'où vient le nom de cette herbe. Après la floraison, leur couleur devient d'un brun jaunâtre terne. Les épillets renferment trois fleurs et chacune d'elles est enveloppée de deux glumes. Au dos de la glume extérieure se trouve une barbe délicate parfois courbée et tordue. La fécondation se fait de la même manière que chez le fromental.

Distribution géographique: L'avoine jaunâtre est propre à l'Europe, à l'Afrique du nord et aux parties tempérées de l'Asie; elle a été introduite dans le nord de l'Amérique. On ne l'a trouvée qu'une fois à l'état sauvage au Canada.

Habitat: Elle pousse naturellement dans les prairies un peu sèches, le long des chemins, sur les pentes et même sur les sommets des montagnes et dans les vallées.

Culture: L'avoine jaunâtre ne se montre pas difficile sur le choix du sol ; il suffît que les autres conditions soient favorables. Elle

Planche 6

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