TRÈFLE BLANC
Distribution géographique: Le trèfle blanc est propre à toute l'Europe, au sud-ouest de l'Asie, à la Sibérie et au nord de l'Afrique. On prétend également qu'il est indigène au Canada et aux Etats- Unis mais ceci est douteux. Les localités où il se rencontre naturellement au Canada sont celles dans lesquelles il a échappé à la culture et le fait que toutes les espèces indigènes de Trifolium ne se rencontrent qu'en Colombie-Britannique et qu'elles forment un groupe très différent des espèces européennes indique que le trèfle blanc n'est pas propre à ce pays mais qu'il a été introduit par les premiers colons.
Historique: Le trèfle blanc a d'abord été cultivé en Hollande, d'où son nom anglais "Dutch Clover"; on le cultive actuellement dans toute l'Europe et pratiquement dans toute l'Amérique du nord.
Culture: Il croît spontanément dans les prairies et les pâturages, le long des chemins et des cours d'eau, dans les vallées et les montagnes. Il vient sur une grande variété de terres sableuses, graveleuses, franches et argileuses. Il préfère les sols frais, bien égouttés, qui renferment de la chaux et de l'humus. Il redoute les sols trop lourds ou qui contiennent de l'eau stagnante.
Climat : Le trèfle blanc se plaît particulièrement dans les climats plutôt humides et modérément chauds. Il résiste aux froids excessifs pourvu que les autres conditions soient favorables. Il peut éjçalement supporter une longue sécheresse à condition que le sol contienne assez d'humidité. Il est vrai que la plupart des racines sont assez superficielles et la végétation est donc affectée par la sécheresse mais la racine principale pénètre à une profondeur considérable et les plantes survivent lorque le sous-sol contient assez d'eau. Au Canada c'est dans les Provinces maritimes, dans les régions des Grands Lacs et sur la pente du Pacifique que le trèfle blanc réussit le mieux. Il est peu adapté aux provinces des prairies.
Végétation: Une fois qu'il a pris racine le trèfle blanc couvre rapidement le sol. Les tiges rampantes émettent beaucoup de rejetons et de racines et forment promptement de grandes plaques. Les capitules produisent de nombreuses graines qui tombent à terre et conservent longtemps leur vitalité. Quelques graines tombées sur le sol peuvent en peu d'années faire des plaques de trèfle d'une grandeur surprenante. Cette facilité de propagation explique la présence du trèfle blanc dans des endroits où il n'a pas été planté et fait voir également pourquoi on le considère comme étant indigène au Canada.
Le développement est lent en temps sec mais la plante se remet promptement à pousser lorsque la pluie tombe. Les plantes qui germent de bonne heure au printemps fleurissent généralement l'automne de la même année. La deuxième année et les années suivantes elle produisent beaucoup de capitules, qui, lorsque les plantes sont tenues en échec par le pâturage, continuent à reparaître presque toute la saison.
Valeur agricole : Le trèfle blanc ne peut guère être utilisé comme plante à foin à cause de sa végétation basse. Il convient principalement pour les pâturages, soit seul, soit comme herbe de pied dans les mélanges. Il a une valeur toute spéciale pour ce dernier but. Il recouvre promptement le sol et fournit un pacage très nourrissant, recherché de toutes les sortes de bétail. Il résiste bien au piétinement et le pâturage au ras du sol, loin de lui faire du mal, provoque une nouvelle végétation. Lorsque l'humidité est suffisante il donne un bon pacage du printemps à la fin de l'été. Comme il est vivace il convient tout particulièrement pour les pacages permanents et les pelouses. On sème de six à huit livres de graine à l'acre.
Graine: La graine du trèfle blanc se vend plus cher que celle de la plupart des autres espèces de trèfle et dans les saisons raisonnablement humides sa production est une industrie très avantageuse mais dans les sécheresses prolongées la récolte est faible. La production moyenne est quatre à cinq boisseaux à l'acre.
Cultivé pour la graine on le fait pâturer généralement au printemps; parfois on fait une coupe de foin au commencement de la saison pour encourager la production des capitules. Comme la floraison s'étend sur une longue période, la maturation est parfois inégale. La récolte de graine devrait être coupée lorsque la plupart des capitules sont devenus foncés. Les manutentions exigent le plus grand soin.
Qualité de la graine: La graine du trèfle blanc est d'aspect rouge jaunâtre; tout échantillon se compose d'un mélange de graines rouges et jaunes. On croit généralement que la bonne graine est d'un jaune clair et que la semence rouge est vieille et a une faible faculté germinative, mais des essais de graines rouges et jaunes, prises dans des échantillons commerciaux, ont fait voir qu'il n'existe pas de différence essentielle dans la germination, pourvu que les graines rouges soient bien nourries et que leur développement soit normal.
Le poids légal de la graine est de soixante livres au boisseau.
Planche 20
TRèpLE- D'ALSIKE
(TriFolium bybHduno /..)
TRÈFLE d'aLSIKE. 119
TRÈFLE D'ALSIKE {Trifolium hybridum L.)
Planche 20; graine, planche 27, fig. 32.
Autre nom français : Trèfle hybride.
Nom anglais: Alsike clover.
Description botanique: Le trèfle d'alsike est vivace, à tiges dressées ou généralement ascendantes qui ne s'enracinent pas à la base comme celles du trèfle blanc. Elles atteignent généralement une hauteur de un à deux pieds et sont rameuses dans leur partie supérieure. La plante entière est sans poils, et, pour cette raison, de couleur plus claire que le trèfle rouge. Les folioles sont plus courtes et relativement plus larges. Les capitules ont des queues beaucoup plus longues que ceux du trèfle rouge et ressemblent plus à ceux du trèfle blanc. Ils en diffèrent cependant par ce fait qu'ils naissent aux parties supérieures des tiges, généralement près du sommet des branches. En couleur les fleurs tiennent le milieu entre le trèfle rouge et le trèfle blanc. Il ne faudrait pas en conclure cependant que le trèfle d'alsike est un hybride, comme son nom latin le donnerait à penser; cette conclusion serait tout à fait erronée. La couleur des fleurs varie généralement de blanc à rose dans le même capitule car elles sont blanches lorsqu'elles sont jeunes et deviennent graduellement roses. Dans toutes les espèces de trèfle, les fleurs commencent à se développer à la base du capitule. Comme les fleurs de trèfle d'alsike sont roses lorsqu'elles sont entièrement développées et blanches lorsqu'elles sont jeunes, il est facile de comprendre pourquoi le capitule est généralement rose au bas et blanc au sommet.
Biologie de la fleur: De même que tous les autres trèfles, le trèfle d'alsike est fécondé par les insectes, mais il livre son nectar aussi bien à l'abeille ordinaire qu'au bourdon. La première a donc plus d'importance dans la fécondation de ce trèfle que dans celle du trèfle rouge. Une fleur visitée par une abeille se comporte de la même façon que celle du trèfle rouge; comme celle-ci elle reste stérile lorsqu'elle ne reçoit pas le pollen d'un autre fleur. La fécondation croisée est essentielle entre les différentes plantes.
Après s'être ouvertes les fleurs persistantes brunissent et s'inclinent plus ou moins. Elles tombent facilement, surtout lorsque les capitules sont secs. Dans le trèfle rouge les fleurs mûres sont plus solidement attachées aux capitules. La gousse du trèfle d'alsike est
plus longue que celle du trèfle rouge; elle fait un peu saillie au-dessus du sommet de la fleur et contient de deux à quatre graines.
Distribution géographique: Le trèfle d'alsike est propre à l'ancien monde, il se rencontre dans le nord de l'Italie, au nord de la Suède, dans le centre de la France, au sud et au centre de la Russie. On le trouve également dans le sud-ouest de l'Asie et dans certaines régions du nord de l'Amérique. Il croît spontanément le long des chemins et des cours d'eau, dans les prairies fraîches, sur les pentes des montagnes.
Historique: Le trèfle d'alsike tire son nom d'une petite paroisse du centre de la Suède, appelée Alsike où on a commencé à le cultiver il y a environ cent ans. Son emploi s'est généralisé en Europe vers le milieu du dix-neuvième siècle et sa culture est maintenant répandue dans tous les pays européens, à l'exception des pays les plus au sud. Au Canada il n'est guère cultivé d'une façon appréciable que dans les provinces de l'Est. On le trouve souvent échappé à la culture dans les provinces maritimes, Québec, Ontario et la Colombie- Britannique.
Culture : Le trèfle d'alsike préfère les localités où l'humidité est abondante dans l'air et dans le sol. Les sols qui lui conviennent le mieux sont les sablo-argileux frais ou les argiles. De même que le trèfle rouge il se développe lentement. Le centre de l'Ontario renferme des terres argileuses et graveleuses, riches en chaux, qui lui conviennent tout particulièrement. Il vient bien dans des terrains trop humides pour le trèfle rouge ordinaire. Sur des terres mai drainées où ce dernier échouerait sûrement, le trèfle d'alsike réussit pourvu que les autres conditions soient favorables.
Climat: Le trèfle d'alsike n'a pas été cultivé avec succès au Manitoba et en Saskatchewan. La cause peut en être l'hiver rigoureux ou la saison sèche ou encore les deux. Il semble, d'après l'expérience acquise en Europe, que cet échec dans les provinces des prairies doit être attribué principalement à la sécheresse de l'été. La sécheresse prolongée empêche les jeunes plantes de se développer convenablement avant l'arrivée des froids et les expose à être détruites par l'hiver. Même les vieilles plantes bien établies souffrent plus de la sécheresse que le trèfle rouge. La cause doit évidemment en être attribuée au manque de profondeur des racines du trèfle d'alsike qui ne lui permet pas d'aller chercher de l'eau dans le sous-sol; dans les district secs et bien irrigués on obtient de bons rendements.
TRÈFLE d'ALSIKE. 121
Végétation: Dans des conditions favorables le trèfle d'alsike fleurit vers la fin de l'automne de l'année où il a été semé. Généralement cependant, à l'arrivée de l'hiver, les plantes sont aussi développées que celles du trèfle rouge. Le printemps suivant la pousse reprend relativement tard et les plantes ne fleurissent pas aussi tôt que celles du trèfle rouge ordinaire. Généralement elles sont de deux semaines en retard sur ce dernier et fleurissent à peu près en même temps que celles du grand trèfle rouge. Quand on fauche pour le foin le regain se développe rapidement mais il est rare que l'on puisse faire une deuxième coupe.
Valeur agricole: Dans les prés à foin on cultive généralement le trèfle d'alsike en mélange avec le trèfle rouge et certaines graminées comme le mil et l'agrostide; cultivé seul le trèfle d'alsike est sujet à verser à cause de sa végétation étalée. En mélange les herbes et les trèfles plus forts soutiennent l'alsike et le foin produit est de meilleure qualité. Le mélange généralement employé dans l'Ontario se compose de deux livres de trèfle d'alsike, huit de trèfle rouge et quatre de mil à l'acre. Règle générale, on emploie le petit trèfle rouge ordinaire quoiqu'il soit plus hâtif que les deux autres. Si on coupe le mélange pour en faire du foin au moment où le trèfle rouge est à l'état voulu, le trèfle d'alsike et le mil ne sont pas prêts. D'autre part, si l'on attend que ces derniers soient prêts, alors le trèfle rouge a perdu de sa valeur nutritive. Pour le foin le trèfle d'alsike devrait être fauché quand il est en pleine floraison ou un peu plus tard, c'està-dire lorsque les premières fleurs ont commencé à brunir. Le fauchage tardif n'affecte pas la valeur du foin d'alsike autant que celle du trèfle rouge car les plantes d'alsike restent plus longtemps vertes et succulentes. Généralement on ne peut enlever en une saison qu'une récolte de foin. La récolte se fait de la même façon que pour le trèfle rouge. Règle générale cependant le fanage est plus difficile, surtout si le trèfle d'alsike est cultivé en mélange avec des herbes.
Pâturage: Quoique les animaux ne soient pas aussi friands du trèfle d'alsike que du trèfle rouge, le premier cependant est très estimé pour les pâturages à cause de sa grande valeur nutritive. On peut commencer à le faire paître dès que les plantes sont bien établies et on ne devrait jamais attendre qu'elles aient fleuri. Par une température favorable un champ de trèfle d'alsike pâturé de bonne heure durera beaucoup plus longtemps que si on laissait les plantes atteindre un plus fort développement. Comme il est vivace il
convient mieux que le trèfle rouge pour les pâturages permanents. Cultivé seul on doit semer de six à huit livres de graine à l'acre.
Production de la graine: Dans des conditions favorables la production de la graine de trèfle d'alsike est une industrie avantageuse. Les plantes produisent un grand nombre de capitules et les fleurs sont à peu près sûres d'être fécondées car les bourdons et les abeilles s'y mettent tous les deux. Le sol doit contenir une quantité raisonnable de chaux, de potasse et de phosphate et pas trop d'humidité. L'excès d'humidité produit une végétation luxuriante et les plantes sont exposées à verser. Il en résulte que la production de la graine est relativement faible et de mauvaise qualité. On obtient généralement la graine de la première récolte. Parfois on fauche les champs ou on les fait paître au commencement de la saison. La maturation en est retardée mais les plantes sont mieux fournies et produisent une plus grande quantité de graine. Pour prévenir la verse qui affecte la production de la graine on sème parfois jusqu'à six livres à l'acre et l'on obtient de bons résultats. Ces semis épais sont recommandés par les grainetiers pour les sols lourds et relativement frais.
Le trèfle d'alsike destiné à la production de la graine est prêt à être coupé lorsque la plupart des capitules sont bruns et que les fleurs s'enlèvent aisément. Comme les fleurs tombent séparément lorsque la graine est mûre, la récolte doit se faire avec grand soin. Le danger est d'autant plus grand que les capitules sont plus secs et il est donc bon de couper lorsque les plantes sont humides de rosée. Pour les mêmes raisons les autres manutentions de la récolte doivent être faites avec soin. On bat de préférence en temps sec. Règle générale on ne prend qu'une récolte de graine sur un champ de trèfle. Parfois cependant on peut faire deux ou même trois récoltes de graine en autant d'années.
Qualité de la graine: La graine de commerce est jaunâtre ou verdâtre ou parfois très foncée, en masse. Chaque échantillon renferme des graines de différentes sortes. Les unes sont d'un vert jaunâtre, d'autres presque noires, mais la masse à une couleur qui tient le milieu entre ces deux extrêmes. De même que dans le trèfle rouge ces couleurs différentes n'indiquent pas que certaines graines soient plus mûres que d'autres. Le trèfle d'alsike, de même que le trèfle rouge, se compose d'un grand nombre de types qui ne diffèrent pas seulement par l'aspect général des plantes mais aussi par la couleur de la graine. Si l'on ramasse toutes les graines d'une seule plante, on trouve qu'elles sont toutes de la même couleur, quel que soit leur âge.
TRÈFLE d'odeur. 123
Dans certaines plantes les graines sont d'un vert jaunâtre, dans d'autres elles sont noires et dans d'autres encore vertes à une extrémité et d'un noir verdâtre à l'autre. La couleur mélangée d'un échantillon ordinaire ne vient donc pas de ce que la graine a été recueillie à différentes phases de son développement mais du fait que différents types ont été mélangés ensemble.
Le poids légal du boisseau est de soixante livres.
Impuretés: Règle générale, le trèfle d'alsike contient plus de graines de mauvaises herbes que le trèfle rouge; c'est parce que la graine du trèfle d'alsike est prise dans la première récolte tandis que celle du trèfle rouge provient de la deuxième. Les graines de mauvaises herbes dangereuses que l'on rencontre dans l'alsike sont le silène noctiflore, le silène enflé, le chardon du Canada, la cameline, la bardane et le plantain. D'autres mauvaises herbes également communes sont la prêle, le chou-gras, l'oseille de brebis, la camomille puante et le mouron. On y trouve aussi le lupin noir qui ne peut être considéré comme une mauvaise herbe dangereuse mais qui, en grande quantité, est une impureté peu désirable.
MÊLILOT BLANC OU TRÈFLE D'ODEUR (Melilotus alba Desr.) Graine, planche 27, fig. 33.
Autre nom français: Mélilot de Sibérie.
Noms anglais : White sweet clover, Bokhara Clover.
Description botanique: Le trèfle d'odeur est bisannuel, à forte racine pivotante et à nombreuses tiges feuillées. Ces dernières, généralement très rameuses et très étalées, atteignent une hauteur de deux à cinq pieds. Lorsque les plantes sont jeunes elles ressemblent à celles de la luzerne mais on les en distingue facilement par leur arôme particulier. Les feuilles sont semblables à celles de la luzerne mais ne sont pas aussi nombreuses. Quand les plantes sont en fleurs on les reconnaît facilement par leurs fleurs blanches, en longues grappes étroites semblables à des épis. Les fleurs sont petites, de construction plus simple que celles du trèfle rouge et de la luzerne; elles sont plus ouvertes et par conséquent plus accessibles aux insectes qui ramassent le pollen. La gousse est brune quand elle est mûre et ne renferme généralement qu'une ou deux graines. Comme celle de la minette elle tombe sans se rompre.
La plante a un parfum caractéristique d'où le nom de trèfle d'odeur — ce parfum se remarque surtout lorsque l'on fait faner la tige et les feuilles pour en faire du foin.
Distribution géographique: Le trèfle d'odeur est propre à l'ancien monde où il se rencontre à peu près dans toute la zone tempérée. Il est probable qu'il a été introduit au Canada avec les premiers colons car il est maintenant répandu sur toute l'étendue du continent. Il est commun partout au Canada, surtout dans les provinces de l'Est.
Culture: Le trèfle d'odeur se trouve généralement dans les endroits incultes le long des chemins, des voies ferrées, sur le bord des rivières et dans les champs cultivés. Il pousse aisément sur presque tous les sols et se maintient là où aucune autre plante ne pourrait s'établir. Cette aptitude à pousser presque partout et sa faculté de se resemer de lui-même en font une mauvaise herbe partout où il n'est pas désiré. Il vient bien dans la plupart des climats et se maintient dans des conditions très adverses.
Valeur agricole: Dans la première phase de sa végétation, le trèfle d'odeur est succulent, mais dès qu'il fleurit les tiges deviennent ligneuses et perdent leur succulence. Son odeur repousse le bétail qui ne le mange que lorsqu'il ne peut se procurer autre chose. Le lait et le beurre produits par des vaches qui se nourrissent de trèfle d'odeur vert ont un goût particulier que n'aiment pas la plupart des gens. En outre, comme la production de foin n'est pas élevée, le trèfle d'odeur fait une pauvre plante fourragère. Sa valeur principale réside dans le fait qu'il enrichit le sol et améliore son état physique. De même que les autres plantes légumineuses, il porte, sur ses racines, des nodosités remplies de bactéries qui ramassent l'azote. On dit que ces bactéries sont semblables à celles de la luzerne et il semble y avoir des preuves concluantes à l'appui de cette assertion. Quoi qu'il en soit, elles se comportent de la même manière que ces dernières et peuvent être employées pour l'inoculation des luzernières. Six à huit livres de graine à l'acre suffisent.
Graine: Les graines de trèfle d'odeur sont communes dans les échantillons commerciaux de trèfle rouge et de luzerne. On les rencontre parfois dans le trèfle d'alsike. Elles sont jaunes, ternes, très semblables à celle du lupin jaune desquelles elles se distinguent par leur plus forte grosseur et une marque légère en "V" partant de la ccatrice.
Rappelez-vous toujours que l'agriculture est une science de localités; que ce qui convient ici ne convient pas là; qu'il n'y a rien d'absolu, que tout est relatif. Souvenez-vous queles principes changent ou se modifient de commune à commune, de ferme à ferme, et d'un champ à un autre. N'oubliez pas que les préceptes varient par le sol, comme avec la température, et les usages établis par le commerce. — Bujault.
Planche 21
LOZeRNE
( Medicago sahiva. h. )
LUZERNE {Medicago sativa L.).
Planche 21; graine, planche 27, fig. 34.
Autre nom français: Luzerne commune.
Noms anglais: Alfalfa, Lucerne.
Description botanique: La luzerne cultivée est une plante très vivace qui, dans des conditions favorables, peut se maintenir trente ans ou plus. Elle a une racine pivotante typique, c'est-à-dire que le système radiculaire se compose d'une forte racine principale d'où naissent des racines secondaires latérales. Comme il n'y a pas de rhizomes ou de racines rampantes, toutes les branches aériennes partent de la partie supérieure de la racine qui, généralement, fait saillie au-dessus du sol et que l'on appelle le collet. En vieillissant le collet se fend en deux branches ou plus dont les extrémités supérieures sont libres et forment une sorte de touffe, parfois d'une circonférence étendue. La racine principale qui, dans une vieille plante de luzerne, a un pouce ou plus d'épaisseur et est assez ligneuse, descend jusqu'à une profondeur considérable si le sol le permet. Sur la racine se trouvent les nodosités typiques des plantes légumineuses. Elles se rencontrent sur les ramifications plus fines et sont groupées ensemble en masses irrégulières. Les tiges, extrêmement nombreuses dans les vieilles plantes, ont généralement de deux à trois pieds de hauteur au moment de la floraison. Règle générale elles sont peu rameuses, surtout lorsque la récolte est serrée. Elles sont arrondies au-dessous, plus ou moins anguleuses au sommet et généralement lisses. Les feuilles qui sont alternes (c'est-à-dire solitaires à chaque nœud et éparpillées le long de la tige) se composent de trois folioles comme celles du trèfle rouge. Les folioles sont assez étroites, deux ou trois fois plus longues que larges, et nettement dentées dans leur partie supérieure. Celle du milieu a une queue courte qui n'existe pas dans les espèces cultivées de Trifolium. Parfois on trouve des feuilles à quatre ou cinq folioles mais pas aussi souvent que dans le trèfle rouge.
Biologie de la fleur: Les fleurs sont rassemblées en grappe courte et parfois unilatérale. Chaque grappe contient de dix à vingt fleurs pourpres de la forme ordinaire aux légumineuses, décrite page 16. Elles sont fécondées par les insectes et surtout par certaines espèces d'abeilles. Dans toutes les plantes légumineuses fécondées
de cette manière, les étamines viennent en contact direct avec le corps de l'insecte. Prenons, par exemple, un bourdon qui visite une fleur de luzerne. Comme le nectar est au fond de la fleur il lui faut plonger sa langue jusqu'au fond du tube. Quand il arrive en contact avec la partie inférieure de la fleur, ce contact fait l'effet d'une pression exercée sur la détente d'un fusil. La grappe des étamines est disposée comme un ressort qui se détend brusquement à la moindre touche, projetant en haut la partie supérieure des étamines et du pistil. Ainsi, un insecte assis sur une fleur sera frappé et son corps saupoudré de pollen. Quand il visite une autre fleur, la même chose se produit, cette fois le pistil vient en contact avec le pollen qui recouvre le corps de l'insecte, ce pistil est donc fécondé et l'insecte reçoit une nouvelle couche de pollen. Il est évident que la fécondation croisée doit se produire fréquemment. Mais comme un insecte visite probablement beaucoup de fleurs d'une même plante et voyage d'une plante à l'autre, une plante peut être fécondée par son propre pollen aussi bien que par le pollen d'un autre. On n'a pas encore démontré quel mode de fécondation est le plus avantageux, si c'est l'auto-fécondation ou la fécondation croisée. Si l'insecte qui visite la fleur n'était pas assez fort pour l'ouvrir, cette fleur ne serait pas fécondée car elle ne peut se détendre d'elle-même.
La production de la graine dépend donc largement des insectes. La température est également un facteur, les fleurs sont presque insensibles par un temps froid et pluvieux, tandis qu'elles répondent promptement à la plus légère irritation par un temps ensoleillé. Dans le trèfle rouge ordinaire les étamines et le pistil reprennent graduellement leur position originale et comme leur élasticité n'est pas afi"ectée par une ou deux visites, il y a toujours une chance que la fécondation soit bien faite. Dans la luzerne il n'y a qu'une occasion; si la première visite de l'insecte n'a pas d'eff"et, les fleurs ne produisent pas de graines. Après que le pollen a été déchargé, le pistil ne revient pas à sa position originale, son extrémité supérieure reste fermement appliquée à l'étendard de la fleur. Il se développe donc en un fruit courbe, bien qu'il soit parfaitement droit tant qu'il reste enfermé dans la fleur. Sa courbure, qui commence avec l'explosion de la fleur, augmente avec son développement, et lorsque le fruit est mûr, il a la forme d'une coquille tordue.
Distribution géographique et historique: La luzerne est originaire de l'Asie, probablement des régions sud-ouest de ce pays; on la cultive en Perse depuis un temps immémorial. C'est peut-être
la plante fourragère la plus ancienne de l'univers. Son fourrage est très estimé pour les chevaux; le nom qu'elle porte en Perse veut dire fourrage à chevaux. De la Perse elle fut introduite en Grèce vers l'an 500 avant J.-C. d'où elle se répandit en Italie. Elle fut importée de l'ouest de l'Europe par voie de l'Afrique du nord. Les Arabes apportèrent la plante avec eux en Espagne au dix-septième siècle ; de l'Espagne elle s'introduisit en France. On la cultive actuellement dans tous les pays européens à l'exception des pays septentrionaux. Elle a été introduite par les Espagnols au Mexique d'où elle s'est répandue aux Etats-Unis de l'Ouest et à l'Amérique du Sud, et par les Anglais et autres coloniaux aux parties est de l'Amérique du Nord. Elle est actuellement cultivée sur toute l'étendue des Etats-Unis. Au Canada on ne la propage que dans de petites superficies. Le sud de l'Ontario et le sud de l'Alberta sont les deux seuls districts où elle soit l'objet d'une grande culture.
Origine du nom: Le mot alfalfa, sous lequel la luzerne est connue en Amérique, est une version espagnole de l'arabe "Alfacfacah" qui veut dire "La meilleure sorte de fourrage." On a cru que ce mot venait de l'arabe "Al-chelfa" qui veut dire "Ce qui pousse après quelque chose autre." On l'applique généralement aux plantes qui poussent après que la végétation du printemps a disparu. Ce dernier mot indique l'aptitude de la plante à pousser pendant les chaleurs de l'été et se rapporte peut-être à sa faculté de produire plusieurs coupes pendant la même saison. Cependant, la première dérivation est probablement la bonne, l'espagnol "alfalfa" ayant été trouvé identique au mot arabe "Alfacfacah" au quinzième siècle par Fray Pedro de Alcala, un spécialiste distingué en langue arabe.
En Europe cette plante est toujours appelée luzerne. L'origine de ce mot est douteuse, il ne se rapporte nullement à l'Etat qui porte ce nom en Suisse car il était employé avant que la plante fut connu en Suisse. Il est peu probable qu'il soit dérivé de la vallée de Lucerna dans le nord de l'Italie comme le supposent généralement certains auteurs américains. Le vieux nom espagnol de la plante est "Userdas" qui peut être identique au mot "Louzerdo" employé dans le sud de la France. Il est plus probable que le mot luzerne vient de "lucerno" un vieux mot provençal.
Variétés : Il existe dans le commerce un grand nombre de variétés de luzerne dont quelques-unes sont de vraies variétés botaniques, c'est-à-dire qu'elles se distinguent des autres par des caractéristiques botaniques fixes. Par exemple, la luzerne du Turkestan a des folioles
courtes, rondes et des graines ternes, d'autres ne sont que des variétés géographiques, leur nom signifie simplement que la graine a été produite dans un certain pays. D'autres encore font nettement preuve de qualités pratiques, telles que la rusticité, la résistance à la sécheresse et aux maladies, l'aptitude à taller, à produire de la graine, etc. Pour le Canada il n'y a que les variétés rustiques qui soient importantes. Par exemple, la luzerne arabe ou du Pérou est détruite par l'hiver, et généralement toutes les variétés qui viennent du sud, souffrent. Le cultivateur qui achète de la semence fera donc bien de s'assurer que la variété qu'on lui offre est adaptée au climat. Il est toujours bon de choisir une variété provenant d'un pays jouissant d'un climat semblable à celui où l'on se propose de cultiver la plante.
Culture: Le développement de la luzerne dépend en grande partie du sol. On peut la cultiver sur bien des sortes de sol, depuis les terrains sableux,sablo argileux jusqu'aux argiles lourdes. C'est dans les terres franches, profondes, à sous-sol ouvert et poreux, où rien ne gêne le développement des racines pivotantes, qu'elle vient le mieux. Comme la racine pénètre à une profondeur considérable la qualité du sous-sol est un facteur très important. Un sous-sol compact et impénétrable constitue un obstacle sérieux à la végétation de la luzerne. Pour la même raison, il est bien difficile d'obtenir une bonne levée sur sol plat, à sous-sol de roc, à moins que les racines puissent s'introduire au travers des fentes du roc. La luzerne résiste à une certaine quantité d'alcali dans le sol, mais il vaut mieux faire disparaître l'alcali de la surface avant de semer la graine et le tenir à cinq ou six pieds au-dessous de la surface par l'irrigation. L'acidité exerce toujours un mauvais effet. Dans les sols acides une application de chaux est avantageuse.
Climat: Comme les racines de la luzerne descendent à une grande profondeur la luzerne, quoique arrêtée dans sa croissance, n'est pas gravement affectée par une forte sécheresse. Elle aime une quantité raisonnable d'humidité mais elle redoute l'excès. Si le sous -sol est imperméable et que l'eau de surface ne puisse s'égoutter rapidement après une forte pluie, l'accumulation d'eau qui en résultera sera désastreuse ou du moins réduira la vitalité des plantes. Il faut donc tenir le sol bien égoutté surtout au commencement du printemps. Dans les champs mal égouttéS la luzerne souffre; elle meurt parfois dans les fonds où l'eau s'est accumulée. Tout excès d'eau dans le sol retarde la végétation des plantes et les empêche de se mettre à pousser de bonne heure. Dans un sol mal égoutté.les gels et dégels
alternatifs font plus de mal que dans une terre bien drainée car le soulèvement du sol abime les racines. Souvent ce soulèvement est tel que la racine pivotante se casse et que la plante meurt.
Inoculation : De même que chez les autres plantes légumineuses, le développement de la luzerne est provoqué par des bactéries qui se logent dans des tubercules sur ses racines. Ces bactéries sont proches parentes de celles du trèfle d'odeur; il peut même se faire qu'elles soient les mêmes; quoi qu'il en soit, la luzerne vient bien dans les sols où le trèfle d'odeur a été cultivé.
Habitudes: On sème généralement la luzerne au printemps, les jeunes plantes sont délicates et redoutent la concurrence. On devrait donc s'attacher à enlever toutes les mauvaises herbes. Comme les plantes sont assez tendres la première année il vaut mieux leur donner toutes les occasions de devenir aussi fortes que possible afin qu'elles puissent résister à l'hiver. Il n'est pas à recommander de faucher la luzerne ou de la faire pâturer la premièie saison. Pendant la deuxième année ou les années suivantes la végétation parait de bonne heure et se maintient jusqu'à une époque avancée de l'automne, de nouveaux rejetons naissant du collet de la racine. Dans des conditions favorables la luzerne dure très longtemps et produit abondamment.
Valeur agricole: La valeur nutritive de la luzerne était connue en Perse avant l'ère chrétienne. Elle était très estimée des Arabes. Aucune plante fourragère à l'heure actuelle ne l'égale au point de vue de la valeur nutritive et de l'utilité générale. Tous les bestiaux en raffolent, chevaux, moutons, bovins et porcs. Elle est même plus nourrissante que le trèfle rouge car elle renfeime plus de protéine. C'est dans l'alimentation des vaches laitières qu'elle est le plus utile, mais elle est également précieuse dans l'engraissement de tous les animaux de la ferme et surtout des moutons et des porcs.
Fourrage: Les cultivateurs disent parfois que la luzerne ne fait pas de bon foin; c'est tout simplement parce qu'on ne l'a pas coupée au bon moment. Sa valeur comme plante à foin dépend de sa qualité nutritive et de son aptitude à produire un certain nombre de récoltes pendant la saison.^ De même que chez la plupart des plantes fourragères, la qualité du fourrage se détériore rapidement après que la plante a commencé à fleurir. Les tiges perdent leur succulence, deviennent très ligneuses, et les feuilles tombent facilement.
Lorsque la plante a formé ses fleurs, de nouvelles tiges secondaires naissent des bourgeons situés au collet. C'est cette végétation secondaire qui doit former la deuxième coupe; par conséquent, la première coupe devrait être faite avant que ces rejetons se soient suffisamment développés pour être attrapés par la faucheuse. Il est donc bon de couper un peu tôt, même au risque d'avoir un peu moins de nourriture et un peu moins de foin. En fauchant au commencement de la période de floraison la première récolte sera un peu moins forte mais la deuxième se développera plus vite et sera plus considérable. Le fauchage hâtif donne donc, au total, plus de foin et du foin plus nutritif que le fauchage tardif. Lorsque la saison est longue et la température favorable on peut obtenir jusqu'à cinq ou six coupes par an. Dans les pays du nord, comme le Canada, on peut compter sur deux ou trois coupes. Dans les districts irrigués ou dans les endroits où la fenaison se fait par un temps sec, il n'est pas difficile d'obtenir un foin de luzerne vert clair et d'excellente qualité. Mais lorsque les pluies sont fréquentes ou les rosées abondantes après le fauchage, le foin est sujet à devenir brun ou jaune. Il perd beaucoup de sa valeur nutritive et de sa succulence. On fane généralement de la même manière que pour le trèfle rouge. Cependant la luzerne demande à être traitée avec plus de soin, car les feuilles tombent facilement et leur perte diminue beaucoup la quantité de fourrage.
Pâturage: La luzerne est peu cultivée en pâturage au Canada. L'essentiel, quand on désire obtenir un pâturage de cette plante, est de laisser les plantes bien prendre racine avant d'y mettre les animaux. Il n'est jamais bon de faire pâturer la luzerne avant la troisième année de croissance. Même dans les vieilles luzernières, des soins sont nécessaires si l'on veut empêcher que la plante ne meure par endroits. La luzerne n'a qu'une seule racine pivotante dont le collet fait généralement saillie un peu au-dessus de la terre. Elle est donc facilement abîmée par le piétinement, surtout lorsque le sol est ramolli par de fortes pluies. Comme les nouvelles tiges naissent de la couronne, la luzerne peut beaucoup souff^rir du pâturage fait par les moutons. Il n'est pas à recommander de la faire paître tard en automne car le collet de la plante serait exposé et pourrait être détruit par l'hiver.
De même que ceux de trèfle rouge, les pâturages de luzerne peuvent causer la météorisation surtout chez les bovins et les moutons, si les animaux ne s'y habituent pas graduellement. Le danger est" surtout grand dans les journées pluvieuses, lorsque les plantes sont humides de rosée.
La luzerne donne un pâturage très estimé pour les porcs. Si le champ est divisé en deux ou trois parties pâturées à tour de rôle, la plante a le temps de reprendre et l'on peut nourrir un grand nombre de porcs sans courir le risque d'abîmer le champ.
Semis pour prairie ou pâturage: On peut semer la luzerne avec ou sans plante-abri selon les conditions de sol et de climat. Dans l'Ontario on emploie généralement l'orge comme plante-abri. Des essais effectués à la ferme expérimentale d'Indian Head, Sask., ont indiqué qu'il vaut mieux ne pas se servir de plante-abri dans les provinces des Prairies, afin que la luzerne puisse avoir à sa disposition toute l'humidité qui se trouve dans le sol. La quantité de graine à semei dépend de sa qualité et de la nature du sol. Une quantité raisonnable est de vingt à vingt-cinq livres à l'acre. On obtient une récolte bien fournie en employant une plus petite quantité de graine, mais les semis épais produisent du foin et du pâturage de meilleure qualité.
Graine: Il se produit actuellement peu de graine de luzerne au Canada. Cette culture exige par dessus tout une température favorable pendant la floraison et la maturation. Si l'humidité est abondante, les organes végétatifs de la plante se développent fortement, la quantité de graine est insignifiante et celle-ci est mauvaise. On obtient la plus forte production lorsque le sol a juste assez d'humidité pour permettre à la graine de mûrir complètement. Les plantes exigent beaucoup de lumière et beaucoup de place, et, pour cette raison, il faut semer moins de graine que lorsqu'on veut avoir du foin et du pâturage; dix à douze livres de bonne graine donnent les meilleurs résultats. On peut employer, pour la production de la graine, n'importe laquelle des coupes de la saison mais il y a certaines objections à l'emploi de la première coupe dans ce but. Les insectes qui fécondent les fleurs sont moins nombreux à cette époque que plus tard, et la récolte de graine serait donc légère. De même, la floraison de la première récolte est relativement inégale et la qualité de la graine inférieure. Il y a une perte de foin lorsqu'on laisse la première récolte monter à graine car la luzerne qui a produit de la graine ne donne plus qu'une petite quantité de foin ou d'herbe. Pour ces raisons il est bon de couper la première récolte pour en faire du foin. Quant à savoir laquelle des autres récoltes devrait être utilisée pour la graine, cela dépend de la longueur de la saison et de la température. Au Canada c'est la deuxième coupe qui donne les meilleurs résultats.
Cultivée pour la graine, la luzerne est prête à être coupée lorsque la moitié des gousses sont brunes et que l'on peut facilement en
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faire sortir les graines en frottant. En la laissant trop se développer, on s'expose à perdre quelques-unes des graines les plus promptes à mûrir et par conséquent les plus précieuses.
On peut récolter de la même façon que pour la graine de trèfle rouge mais il faut manier la récolte avec le plus grand soin pour éviter la perte de graine. Pour le battage on peut employer une batteuse ordinaire mais une batteuse à trèfle est préférable.
Qualité de la graine: Les graines sont réniformes et d'un brun jaunâtre, à peu près deux fois plus longues que larges. Dans la luzerne ordinaire leur surface est luisante; dans la variété Turkestan à cause du revêtement de substance cireuse que l'on peut aisément taire disparaître en frottant, la surface est terne. Le poids régulier est de soixante livres au boisseau.
Impuretés: Les jeunes plantes de luzerne sont très délicates et facilement étouffées par les mauvaises herbes. On détruit ces mauvaises herbes et on fortifie la jeune luzerne en passant la faucheuse sur le champ plusieurs fois la première saison. Dans les vieilles luzernières les plantes, quoique généralement très vigoureuses, sont parfois étouffées en certains endroits par des herbes agressives. Pour éviter ces accidents il faut choisir de la graine aussi propre que possible. Les graines de mauvaises herbes les plus communes dans la luzerne de commerce sont la sétaire verte, le plantain, l'herbe à poux, le chougras, la chicorée, la sétaire jaune et la persicaire. D'autres mauvaises herbes dangereuses, mais dont les graines sont moins communes, sont la bardane, la moutarde, le silène noctiflore, le silène enflé, la cameline et le chardon du Canada.
Maladies: La luzerne est moins sujette aux maladies que le trèfle rouge. La cuscute est son pire ennemi. La cuscute de la luzerne, qui est généralement appelée Cuscuta Epithymum Murr., est un parasite jaunâtre, sans feuilles, composé d'une masse de fils ténus d'où naissent de nombreuses racines appelées suçoirs. Ces suçoirs pénètrent dans les tiges de la luzerne où ils absorbent la nourriture prête pour l'usage de la plante-hôte. Les fleurs sont blanches et serrées, en grappes rondes. La cuscute paraît d'abord en plaques insignifiantes, éparpillées sur toute l'étendue du champ, mais ces plaques augmentent graduellement et infestent tellement la récolte qu'au bout de quelques années celle-ci ne produit plus rien. Le meilleur moyen d'éviter ce fléau est d'acheter de la graine qui soit absolument propre. Mais si la cuscute s'était établie dans une luzer-