‹ Plantes fourrangèresChapitre 108 sur 168 · PRATIQUE DE LA PLANTATION. 3S · texte numérisé non relu

PRATIQUE DE LA PLANTATION. 3S

redouter les plaotations précoces. Pour quelques dangers de gelées blanches, que l'on a h craindre, dangers réparables, si les tubercules sont vigoureux, on obtient de la plante des rendements sensiblement meilleurs. Plus la plante peut végéter longtemps, mieux elle peut profiter des ressources alimentaires que lui offre le sol, et plus, pour une raètne fertilité, naturelle ou acquise, le rendement en matière végétale est élevé. Aussi doit-on éviter absolument les retards dans la plantation. Les quinze premiers jours d'avril conviennent particulièrement à moins de circonstances météorologiques contraires. L'expérience suivante, due à Aimé Girard, est très démonstrative :

Dile di II planlation. Recolle par are.

Ï6 mars i68 kilogrammes.

Les deux premières récoltes sont identiques, la troisième est déjà moins forte; quant à la quatrième, elle est inférieure de2i p. 100, soit plus du cinquième.

Pratique de la plantation.

La régularité de la plantation a une influence énorme sur le rendement. Celui-ci dépend en effet, comme nous l'avons vu, pour une forte part de l'espacement des plants. S'ils sont trop éloignés, ou trop serrés, la production diminue. Le même effet se produit quand la plantation n'est pas régulière, tout en comprenant le nombre voulu de plants à l'hectare. Les parties trop serrées ou trop espacées ne fournissent pas la récolte voulue, et le rendement final est abaissé. Aimé Girard, en faisant planler huit ares de terrain, d'une part avec une régularité absolue, et de l'autre sans régularité, au gré des ouvriers, le tout à raison de. 330 plants i l'are, a obtenu les récoltes ci-après :

Mode de plsntitton. Henilenieni ï l'hecUire.

Régularité parfaite SOâ quiolaui.

A l'œil m -

DilTiircnce 34 quintaux.

C'esl pourquoi, celte opération, qui paraît si simple, demande de la part du cultivateur beaucoup de soin et de surveillance.

La plantation des tubercules en grande culture se fait à la charrue, ou au rayonneur et à la bêche. Les planteurs mécaniques ne sont pas encore entrés dans la pratique.

La plantation k la charrue est la méthode la plus rapide et la plus économique, le labour de plantation étant le dernier labour de préparation du sol. Voici comment il convient d'organiser le travail : pendant que les attelages se préparent et amènent les charrues et les plants, le cultivateur viendra sur le champ à planter avec ses ouvrières, munies chacune d'un tablier en forte toile ou d'un panier à anse. Là il divisera la longueur de chaque planche en autant de parties qu'il a d'ouvrières, et marquera chacune de ces divisions par un jalon. On peut donner d'autant plus de parcours à une planteuse que le rayage est plus long, mais une longueur de 35 mètres sufllt amplement et assure l'harmonie nécessaire entre les charrues et les ouvrières, de manière qu'il n'y ait aucune perte de temps ni des unes ni des autres.

Lorsque les attelages qui amènent les charrues et les plants sont arrivés, le cultivateur fait déposer les tubercules suivant l'axe des planches, en autant de dépdts qu'il est nécessaire pour éviter un trop long déplacement aux planteuses. Pendant que les femmes remplissent leurs tabliers ou leurs paniers, et se rendent à leur poste, les charrues sont prêtes à entrer en marche.

Supposons que les planches ont 40 mètres de largeur environ ; il conviendra de procéder à la plantation en refendant plutôt qu'en endossant, parce que les ouvrières seraient dans ce dernier cas obligées de passer et repasser sur la terre fraîchement labourée et que les tas seraient mal à leur portée. C'est dans cette prévision que le cultivateur a fait placer les dépôts suivant l'axe des planches.

Une première charrue ouvre sa raie à droite de la planche et les planteuses, chacune dans sa section, aussitôt que la raie y est ouverte, se hâtent de poser les tubercules à ta main, en les appuyant au pied de la bande pour que chaque plant garde bien sa place. Jamais les ouvrières ne doivent jeter les

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pommes de terre au hasard dans la raie ouverte, ou même simplement les y poser, car tes pieds des chevaux en écraseraient et en dérangeraient beaucoup trop.

11 va sans dire que le cultivateur a réglé la profondeur du labour de telle sorte que les tubercules soient enterrés dans les conditions les plus favorables à la variété cultivée, pour le sol considéré. Il faut planter moins profondément dans les terres fortes et humides que dans les sols légers. La largeur <le la bande est également réglée, en rapport avec la profondeur. La bande retournée doit avoir en général 30 centimètres de large sur 15 d'épaisseur. Les ouvrières d'autre part sont munies d'une marquette, ou bâton d'une longueur telle qu'elle corresponde exactement à l'écartement des plants sur la ligne : 50 ou eo centimètres suivant les cas. Ayant sous les yeux la longueur du type de l'espacement, elles placent les tubercules avec beaucoup de régularité.

La première raie ouverte est plantée au fur et à mesure de la marche de la charrue, celle-ci a passé h gauche de la planche pour en ouvrir une autre et chaque planteuse est allée sur le même c6té, dans sa section, pour agir comme plus haut.

Sans arrêt, le chef de chantier est venu à son tour, avec la charrue et en versant sa bande, il a soigneusement couvert la ligne de plants, en même temps qu'il examinait si le placement des tubercules reproducteurs était convenable.

Si l'on plante à 60 centimètres, comme c'est le.plus recommandable pour la pomme de terre Richter's Imperator, la première charrue repassant après le chef de chantier, on plante dans sa raie et ainsi de suile.

Si l'on veut planter à trois raies, ce qui n'est utile que pour les variétés très traçantes, on fait intervenir une troisième «harrue, et les pommes de terre sont placées à SO centimèti'es sur la ligne.

Les cultivateurs possédant un bon bissoc le substituent avantageusement aux deux chan'ues lors de la plantation k lieux raies et à deux des trois nécessaires pour la plantation à trois raies. Dans ce dernier cas on plante derrière le bissoc.La charrue simple sert à recouvi-ii-.

GitROLA. — Plantes fou ri-ûuùi'ea. 31-, .

CTOOgle

3fiâ POMME DE TERRE

Lorsque ce travail de plantalion est fait, il convient de herser convenablement pour ameublir la surface et surtout pour parfaire la couverture des plants qui dans les terres uu peu fortes n'auraient pas été suffisamment cachés.

De laplantationàlabëcheou à la pioche, nous n'avons que peu de chose à dire. Il faut, pour on assurer la régularité, rayonner le champ en long et en travers, à 60 centimëlres. Les ouvriers enterrent les planta au croisement des rayons. Dans le cas du rayonnage croisé, que nous recommandons spécialement, on a l'avantage de pouvoir biner eu long et en travei-s.

Façons d'entretien.

Dès que les pommes de terre ont levé, on bine énergiquement pour détruire les plantes nutiS^bles, niveler et ameublir la surface du sol. Ce binage s'exécçte en général au moyen de deux coups de herse en travers dà'labour.

Aussitôt que les lignes sont bten dessinées, on donne uu binage, h la houe à cheval. On j'épète cette opération aussi souvent que l'état du sol et le développement des mauvaises herbes le rendent nécessaire.

Ensuite on procède au butlage. Nous rappellerons à ce sujet que Mathieu de Dombaslea trouvé que le buttage diminuait la récolte de 17 p. 100 ; tandis que Ilobertson estime qu'il l'augmente de 10 p. 100. De leur côté, Girardin et Du Breuil ont éprouvé parlebnttage une diminution de récolle de 10p. 100. Les expériences que nous avons faites en 1880, nous ont donné les résultats suivants ;

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