NAVETS EN CULTURE PRINCIPALE
Toutefois, sur nos cOI«s de l'ouest, où le climat est humide et brumeux comme en Anglelerre, on sème à la même époque; dans le Midi on attend les premières pluies de ta fin de l'ét*. En Belgique et en Allemagne, on sème à la Tin du juin et dans les premiers joui -s de juillet.
Les semailles doivent suivre immédiatement le derniei' labour, afin que la levée soit prompte. On sème rarement à la volée à raison de (kilogrammes de ^rainespar hectare. Il vaut mieux semer en lignes au semoir; on espace atoi's les l'angs de 40 à 50 centimètres, et l'on emploie de 3 & 4 kilogrammes de graines au maximum. Dans tous les cas la semence doit être très peu profondément enterrée, soit entre 15 et^Omillimèti-es.
Entretien. — Quand les navets commencent à végéter, on les roule avec un rouleau léger articulé. Ce roulage accélère la végétation. On fait un premier binage quand les plantes ont 3 ou 4 feuilles au plus. On l'exécute à la main sui- ta ligne et k la houe à cheval entre les lignes. Quinze joure ou trois semaines après, les mauvaises herbes ayant reparu, on donne un deuxième binage comme le premier. La bonne exécution de ces façons a une influence considérable sur le rendement.
En même temps qu'on fait le second binage, et môme quelquefois le premier, on enlève les plantes supeiHues. On espace les pieds restant à SO ou 2S centimètres suivant la variété. Trop rapprochés les uns des autres, les navets s'allongent, et ne donnent que des racines peu développées. D'autre part, les navels trop espacés deviennent trop gros et sont peu nutritifs. Enfin on donne un légei- buttage au butteur vingt jours après le second binage.
Insectes nuisibles et maladies. —Le navet pendantsa pi-emière jeunesse est e.vposé aux attaques des limaces, de la lai-ve de la piéride du chou et surtout à celle de l'altise {AUica oleracea] tiquet, ou puce de terre. On combat les premières par un roulage énergique, exécuté avant le lever du soleil. Contre les attises, la lutte est plus difficile. En Angleterre on a recours à des troupeaux de canards et de dindons qui mangent ces insectes ; on dit aussi que le semis de quelques giains de sarrasin avec les navels les éloigne ; d'un autre cOté, l'on peut employer la cendie neuve ou le plâtre que l'on 2*.
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répand sui' les jeunes plantes tous les matins de façon à les en saupoudrer. Mais le meilleur moyen de limiter leurs ravages, est de ne semer les navets que dans un sol parfaitement pi'éparé et fortement fumé, surtout au superphosphate, de manière que le premier développement soit très rapide.
Le navut, comme toules les espèces de choux, est sujet à la maladie appelée " hernie », maladie qui est due au développement d'un champi^on parasite, le Plas-i o-lii>phwa brassicae. Quand on s'aperçoit de la présence de cette maladie, il faut arracher et bi-ùler tous les plants atteints, et ne pas refaire de navets dans le même champ avant trois ou quatre ans au moins.
Culture dérobée.
Après la moisson on donne un labour et l'un herse énergiquement; on ramasse les i-acines des mauvaises lierhes et on les brûle sur place. On répand le fumier avec le superphosphate et on donne un second labour poui- enterrer le tout. On sème SUT' ce labour à la volée ou de préférence en lignes, immédiatement si le sol est assez fi'ais pour assurer une rapide levée. Sinon on attend l'annonce de ta première pluie. Si le sol se couvre de mauvaises herbes, dans les champs semés à la volée, on donne deux hersages croisés quand les navels ont six feuilles, pour les détruire ; puis on éclaircit à la main. Dans les semis en lignes on opèi-e comme nous l'avons dit plus haut à propos de la culture principale.
Réoolte.
On peut commencer à faiie consomme!' en octobre les navets semés en juin, car ils sont arjivés à leur développement complet. Les semis de juillet ne doivent être récoltés qu'en novembre.
En Angletene, on les fait consommer sur place par les bestiaux, car le climat est doux et les gelées ne sont pas à crundre. On commence par faiie manger les feuilles ; ensuite on arrache les lacines suj' une étendue suffisante pour assurei' la nouri'iture de la jouinée et on les livie aux animaux.
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Mais dans noti-e climat, il faut récolter les racines et les emmagasiner, pour les faire consommer suivant les besoins, pendant le commencement de l'hivur. L'arrachage se fait 1res facilement à la charrue. Les racines sont décolletées et l'on fait manger les feuilles sur place par les moutons, ou bien on les rentre pour les vaches. 11 faut éviter que les animaux, qui en sont avides, en mangent plus que de raison, car elles peuvent produire la météo risation.
Les racines sont rentrées dans des celliere ou des magasins où on les garde à l'abri de la gelée; ou bien on les met en petits silos, laides au plus de un mètre à la base, et hauts de 60 centimètres. On les couvre de teri-e et on laisse la partie supérieure ouverte tant nue les fortes gelées ne sont pas à craindre.
Rendement.
En culture principale, on récolte de 30 à 30 tonnes méti-iques de racines à l'hectare. En cultui-e dérobée, on obtient de 15 à 25 tonnes seulement. Le rendement baisse beaucoup si ta
saison est sèche.
CHOO-HATET {B'-asska campesIrU napobrassicii) (lig. 131).
Le chou-navel est aussi connu sous le nom de rutabaga ou de nuvet de Suéde. Ses feuilles lisses et blanchâtres permettent de le dilférencier ûisémenl du navet, dont le feuillage est vert clair. 11 est supérieui- au navet comme valeui- nutiitive.
Climat
Le rutabaga préfère un climat humide et un ciel brumeux. Sa culture est lies étendue en Angleteri-e, dans les Pays-Bas, et dans certaines parties de l'Allemagne. En France, on le cultive surtout dans la l'égion de l'ouest, où il donne de très beaux rendements. Il supporte sans souffrir les froids de nos hivers, ce qui per'met d'économiser tes frais de magasinage. 11 végète encoi-e pendant l'automne et même en hiver, à une tempéiature un peu supéiieure à 0».
C'est la véritable racine fourragère des terres fortes et compactes ; mais on peut te cultiver aussi dans tous les sols de qualité moyenne et meubles, pouiTU qu'ils soient
Fig. 131. - Rulabag».
fi-ais. Il réussit très bien sur les défiichements, dans les teiTCS de lande encore chargées de matières organiques plus ou moins acides, où la betterave ne fuurnirait qu'un faible rendement.
Girardin et Du Breuil ont cultivé comparativement le rutabaga dans divei's sols et ont obtenu les résultats saivants :