‹ Plantes fourrangèresChapitre 20 sur 168 · FUHURE DES PRAIRIES ET DES PATURAGES · texte numérisé non relu

FUHURE DES PRAIRIES ET DES PATURAGES

des fétii({ues, des avoines, de l'agrostide, de l'ivraie et du fromenlal. La recolle volumineuse a une composition simple très fournie en feuilles et en tiges; elle laisse beaucoup à désirer comme finesse et homogénéité ;

" 14° Les engrais azotés seuls, ou en mélange, quoique l'on tienne compte de l'action moins marquée du nitrate, excluent les légumineuses, tandis que l'engrais minéral, contenant de la potasse et de l'acide pKosphorique, favorise beaucoup les plantes de cette famille ;

" 13° Quels que soient les engrais employés, le nombre des espèces végétales est réduit, et le développement des plantes nuisibles, sauf quelques exceptions avec le fumier et les engrais azotés, est empêché;

i< 16° La valeur nutritive des fouixages obtenus sur les diverses pai-celles, sous l'influence des différents engrais, ressort du tableau suivant, qui indique le taux, pour cent de foin sec, de la protéine brute :

Sara engrais 8,8* p. 100.

Sels ammoiiiacaui seuls lfl,39 -

Engrais minéral 8.82 —

— — et sels ammoniacaux. 10,77 — Fumier et sels ammoniacaux 8,00 ~

- seul 7,iï -

« 17° Si nous composons la valeui' nutritive avec le rendement à l'hectare, nous avons les chiffres suivants, qui donnent le produit à l'heclai-e en matière azotée nutritive :

Sans engrais 343 kilngrammea.

Sels ammoniacauï seuls 359 —

Engrais minéral 365 —

— — et sels ammoniacaux. . 70S — Fumier et sels ammoniacaux 490 —

— seul 398 -

« C'est donc l'engrais complet [f) qui a donné à l'hectare la plus grande quantité de matière nutritive.

" Tout récemment, M. Touchard, directeur de l'École pratique d'agricultui-e de Pétré (Vendée), a publié (1) une

(1) Bullelin memael de l'Office de renseignements agricoles, février 1903.

a PRAIRIES NATURiLLES.

intéressante étude relative à l'action des engrais phosphatés sur la valeur des foins de prairie, qui vient corroborer les déductions précédentes et éclairer un autre point important pour la bonne santé des animaux. L'ostéomalacie, dil-il, est une maladie fréquente dans le marais vendéen, où le sol est généralement pauvi-e en acide phosphorique. Les animaux de l'espèce bovine sont le plus souvent atteints. Deux échantillons de foins récoltés en 1901 dans les prés de l'École pratique d'agriculture de Sainte-Gemme-la-Plaine (Vendée) ne renfermaient, pour i 000 de matière sèche, que 2,30 d'acide phosphorique pour le meilleur et 2,04 pour le plus pauvre. L'ostéomalacie étant h. redouter dès que la proportion d'acide phosphorique dans la matière sèche ne dépasse pas 2,7 p. 1 000, nous avons jugé prudent pendant l'hiver de 1901-190S, d'ajouter des phosphates k la ration des animaux. En même temps, nous avons fait des essais pour voir dans quelles proportions les engrais phosphatés appliqués au sol modifieraient cette composition chimique du foin.

« Les essais ont été faits sur deux prairies dont le sol avait la composition suivante (en grammes par kilogramme) :

Pnirie A. Pmne B.

Chaui 31,10 6,80

Azote 3,04 a,75

Acide phosphorique 0,84 0,80

« La prairie A était généralement fauchée; la prairie B, ordinairement pâturée, n'aété fauchée en 1902 que parexception.

» Étant donnée la pauvreté du sol en acide phosphorique, nous avons fait appliquei' au mois de décembre 1901, mille kilogrammes de scories de déphosplioralion, dosant 14,6 p. 100 d'acide phosphorique, par hectare.

« Avant la fauchaison, des échantillons furent prélevés, et leur analyse botanique donna les résultats suivants :

Prairie A.

Sans engrais :

Papilionacëes S/IO. renfermant pour 10 :

Trèfle rouge, tiéfle fraise, trèfle blanc 7

Geaaes, lotier, lupuline 3

FUHURE DBS PRAIRIES BT DES PATURAGES. 49

Graminées ï/10, renfermant pour 10 :

Crételle a

ÂToine 1

Gaudinie - 1

Brome 1

Brize 3

Paturin 1

Familles diverses 6/(0, renfermant pour 10 :

Joncs, carei, luzule 3

Grande marguerite, cirse, centaurée, ëpervière,

pissenlit 4

(Ënanthe, renoncule icre, renoncule bulbeuse,

planlAin lancéolé, brunelie, lin, ophioglosse. . 3

Avec engrais :

Papilionacées 5/iO, renfermant pour 10 ;

Trèfle rouge des prés 4

— blanc des prés 1

Lolier et luiemes 4

Gesse des prés - 1

Graminées S/10, renfermanl pour 10 :

CréteUe 2

Avoines jaunâtre et élevée 2

Brome mou 2

Paturin, gaudinle, agrostis i

Familles diverses 3/10, renfermant pour 10 :

Grande margueriû, centaurée, épervière, pissenlit, cirse 3

Carei, joncs, ophioglosse 3

OËnanlhe 2

Plantain, brunelie, lin, renoncules i

Prairia B.

Sam engrais :

Papilionacées 0,5/10 :

Un peu de trèfle blanc.

Graminées 7,S/10, renfermant pour 10 :

Ray-grass !

Gaudinie 4

Crételle 3

Vulpin, orge faui seigle 1

Flouve, agrostis, brome mou 1

Familles diverses 2/10, renfermanl pour 10 :

Joncs, carei 4

Cirse, brunelie, cenanlhe, plantain, lancéolé, etc. 6

Cioogle

l'apilionacéea 5/10, renfermant pour 10 :

Trèfle blanc 7

— des prés 2

Gesses <(es prés 1

Graminées 4/10, renfermant pour 10 :

Grételle 4

Brome mou i

Ray-grass - î

PaturiD, gaudinie, vulpin 2

Familles diverses 1/10, renfermant pour 10 :

Cirse. grande marguerite 6

Carex, joncs 4

« Les légumineuses se sont donc abondamment développées, tandis que la proportion des plantes de médiocre valeur a été très réduite.

K On ne rencontre guère que du trèfle blanc et un peu de trèfle des prés dans le pré B ; cela est dû au régime antérieur.

« L'analyse chimique des quatre échantillons fut ensuite faite au laboratoire de la station ; voici les chiffres obtenus pour la matière sèche :

Matières grasses 1,87

— aîotées 8,"~

Cellulose brute 35,

Gendres

Matières amylacées (1).

Acide phosphorique . . .

" Les résultats obtenus sont bien identiques, dans les deux cas : le taux de l'acide phosphorique a presque doublé. Le foin obtenu dans les parcelles phosphatées est très riche en cet élément, et non seulement l'ostéomalacie n'est plus à craindre pour les animaux, mais ceux-ci trouvent à leur dispo-

«,lï

a.vi

e matières amylacées, mais d'hy-

Page 1