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PLIANTES A DÉTRUIRE DANS LES PRAIRIES

celui-ci ne la recherche pas. Il convient de la détruire avec soin. Elle est annuelle et se multiplie par ses graines qu'elle produit avec abondance, et qui se conservent longtemps. Elle fleurit de mai à juillet et mûrit ses graines de très bonne heure. Pour s'en débarrasser, il convient de faucher toutes les places envahies dès la floraison de cette mauvaise plante.

Pédiculaire des marais (Pedicularispalustris) (fig. 18}.— La pédiculaire des mai'ais se reproduit également par ses semences. Elle donne aux animaux qui la consomment le pissement de sang. 11 faut donc la détruire avec grand soin, surtout dans les pâturages. Pour cela, il faut l'arracher pied à pied, de bonne heure au printemps, avant la maturation des gi-aines. Autrement la prairie serait vite envahie. Comme elle se développe surtout dans les parties humides avec les joncs et les laiches, on favorise sa desti'uction par l'assainissement, comme nous l'avons recommandé d'une manière générale pour ces mauvaises plantes.

Ciguës. — La ciguë tachée (Conium macutatum) {flg. i9) est une grande ombellifère bisannuelle d'une odeur vireuse surtout quand on ta froisse entre les doigts. Elle est ti-ès vénéneuse, et quoique sa mauvaise odeur déplaise aux t)estiaux, il est prudent de la détruire dans les prés humides où elle se développe souvent avec abondance. On y arrive facilement en l'arrachant avant la floraison ou tout au moins avant la maturation des graines. On arrive aum éme i-ésullat en la cuupant au-dessous du collet de la racine, car elle ne repousse plus.

La petite ciguë et la ciguë vireuse sont également vénéneuses, et doivent être détruites.

Œnantbe (J'heUandriumaquaticttm){rig. âO]. — Cette ombellifère vivace est très vénéneuse comme la gi-ande ciguë. Heureusement son odeur vireuse la fait repous.sei' des animaux. Lorsqu'elle est mêlée au foin, elle rend celui-ci dangereux pour le bétail et surtout pour les chevaux, auxquels elle cause souvent de graves paralysies. Elle est très commune dans les prés humides et dans les marais. 11 faut l'arracher avec soin.

Euphorbe des marais [Euphorbia palustris). — Elle est assez commune dans les herbages des vallées où elle forme de larges taches. C'est une plante vénéneuse dont les bétes

bovines el ovines s'éloignent, et, bien que les chèvres la consomment à l'état sec, quand elles n'ont rien d'autre, il faut la

ho. Fig- 19. — Conium maculatum.

détruii-e avec soin par l'arrachage. Les autres euphorbes {E. cyparissias, E. peplm) (iig. 21] sont également vénéneuses ;

Fig. Si. — Gouël tachelé.

Gabola. — l'IftDles (ourragèrus.

uCtoogle

PRAIRIES NATCR&LLES.

on les rencontre dans les pâtures du Jurassique et du Berri. Aconits {Aconilwn). — On rencontre souvent des aconits dans les haies de clôture des pâturages. Ce sont des plantes très vénéneuses, dans toutes leurs parties, et, bien que les animaux ne les mangent pas au pâturage, il est prudent de les détruire partout oii on les rencontre, par l'airachage k la pioche de leurs grosses souches.

GouSt tacheté {Anan maculatum) (Hg. 22). — C'est une plante très vénéneuse, à laquelle les animaux ne touchent pas dans les herbages. Mais elle forme parfois, à l'exclusion des bonnes espèces, des lâches étendues, qu'il convient de détmire par l'arrachage.

Colchique d'automne {Colehicum autumnale) (lig. 23). — C'est une plante vivace, bulbeuse, dont les fleui-s lilas clair apparaissent à l'automne, tandis que les feuilles ne se montrent qu'au printemps suivant, en même temps que les fruits. Elle est très vénéneuse, le bétail la délaisse ordinairement dans les pâturages, mais, mélangée au foin, elle peut occasionner des empoisonnements. Lorsqu'elle envahit les pi'és, il est souvent ti-ès difficile de la déti-uire, car elle se multiplie par ses bulbes et par ses graines qui sont très abondantes.

A. Boitel a indiqué un moyen peu coûteux et simple pour en débarre enlever les fleurs en ir apparition, sans jamais Ce travail, exécuté par

Fig. Î3. — Colchique.

rasser les prés : il consiste à fai automne, au fur et à mesure de \v.

leur laisser le temps d'éti'e fécond»

des femmes et des enfants, ne demande qu'un peu d'atlelitioi

PLANTES A DÉTBUIRE DANS LES PRAIRIES. 7à

On peut aussi, au printemps, arracher les capsules avec les feuilles qui les entourent. Quand le sol est mou, on parvient à extraire le bulbe avec les feuilles, et alors la destruction est assurée. Mais dans les terres tenaces, on ne peut extraire les bulbes qu'à la pioche et c'est très coûteux. Alors il vaut mieux défricher la prairie et la mettre en culture pendant deux ou trois ans.

BenoDcales. — Toutes les renoncules sont k détruire dans 'les prairies, bien qu'elles soient vénéneuses à des degrés différents. La renoncule acre (Hanunculvs acris) est une des plus dangereuses et cause le plus d'accidents. C'est une plante vivace, qui affectionne tes lieux humides. On la détruit par l'arrachage ; l'assainissement, l'emploi des engrais phosphatés et potassiques en fortifiant les bonnes herbes, aident à la faire disparaître. Mais quand elle domine, il faut défricher, pour, après quelques années de culture, reconstituer la prairie.

La renoncule scélérate (Hanunculus sceleraïus) (fig. 24) est annuelle. Elle abonde dans les endroits humides, sur le bord des fossés, des étangs et des marais. Elle est très vénéneuse à l'état vert, mais la dessiccation la rend tnoffensive. Toutefois elle forme un fourrage détestable. On la détruit facilement en fauchant les places envahies avant la maturation des graines.

La renoncule bulbeuse ( R. bulbosus) (fig. 2S) se comporte dans les prés comme la renoncule acre, mats elle est un peu moins

La renoncule flammette (H. dammuta] et la renoncule langue {R. lingita) qu'on appelle vulgairement petite et grande douves, sont aussi très malfaisantes. Elles sont vivaces. On doit éloigner les moutons des pâturages humides où elles poussent, car ils y contractent la cachexie aqueuse. On les détruit par l'arrachage avant la floraison et par l'assainissement.

La renoncule rampante (fi. repens) n'est pas dangereuse poui- les animaux, qui l'acceptent très bien, mais c'est un fourrage très médiocre. Elle se développe souvent avec grande abondance dans les herbages humides de la région de l'ouest et elle est très difficile à détruire. Quand les pâtures

Pig.aS. — Renoncule bulbeuse.

Fig. a. — Renoncule scélérate.

Fig. n. — Renoncule

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