HO
limmt.
Paturin des prés
Ivraie vivace
Agroslide traçante
Crételle des prés
Houlque laineuse
Trélle blanc
- hybride
Minette..
56 PRAIRIES NJLTUBELLES.
Lorsqu'on a affaire à des graines présentant une valeur agricole quelconque, mais déterminée, on trouve la quantité de semence k répandre par hectare, en culture pure, par la formule suivante :
où Q' est la quantité cherchée, Q la quantil* de semence inscrite dans le tableau et correspondant à la qualité moyenne, Vm la valeur agricole de la semence moyenne, et V la valeur agricole de la semence considérée.
Pour compléter ces indications, nous donnons ci-après quelques types de mélanges de graines à employer dans différents terrains d'après les meilleui's auteurs :
Boitel indique, d'après M. Chamard, le mélange suivant pour les herbages du Nivernais, en sols dalluvions riches, plus ou moins calcaires, et estime qu'il devrait convenir également pour les embouches de la Noimandie et de la Flandi-e :
Palurfn des prûs iO kilogi-ammos.
Fiéole iO —
Ivraie vlvace iO —
Pétuque des prés 10 -"
Trèfle blanc 10 —
Pour les prwries à faucher, à établir sur les alluvions fraîches et fertiles des vallées, il recommande :
Paturin commun 10 kilogrammes.
Fiéole 5 —
Ivraie vivace 10 -^
Fromenlal S —
Dactyle . S —
Fétuque des prés 5 —
Trèfle blanc 2 —
— hybride . .
Minette
Dans les prairies à faucher, établies en coteau ou en pla-
CEtËATION DES PRXIRIBS N;^TUHELLES.
teau, en sol riche mais moins frais que les précédents,
conseille :
Paturin commun 10 kilogrammes.
Ivraie vivaco 10 —
Fromenlal 10 —
Dactyle 10 —
TréOe blanc ï —
— hybride 2 —
Luïerne 2 —
Minette 2 —
Sainfoin 10 —
Pour prairies à faucher, en coteau ou en plateau, si calcaire profond et perméable, on peut semer ;
PaluriD commun 10 kilogrammes.
Ivraie vivace 10 —
Froraental 5 —
Avoine jaunâtre 10 —
Dactyle 5 -
Trèfle blanc i —
Luzerne 3 —
Minette 4 —
Sainfoin 20 —
Dans les sols calcaires pierreux, très perméables, d'une fertilité moyenne, on pourra employer :
Ivraie vivace 10 kilogrammes.
Froraental 10 —
Avoine jaunâtre 10 —
Dactyle 5 —
Trèfle blanc 2 —
Minette i -
Sainfoin 30 —
Anthyllide 4 —
Les trois mélanges suivants sont de M. Berthault, et relalifs k des prairies k faucher :
Sol argilo-calcaire frais :
Paturin des prés 6,0
Vulpio des prés 5,5
Sol calcaire il- figue
Dactyle
Brome des pré Trèlle blanc.
Sainfoin 18,0
Soi argilo'ùliceux très compact :
Ivraie vive Paturin do Fétuque d Fléole ....
Trèae c — hybride...
Le mèmeauleur donne les mélanges suivants pour herbages : Terres argito-caicaires :
Paturin des prés. .
Fétuque des prés..
Froruenlal
Dactyle
Tréde blanc.
Minette
AUutio Paturin de
orgilo-siliceuses riches en ftuwii
Fétu que des prés Vulpin des prés.
Fléok!
Trililo blanc
Minette
Trélle Cl
Sols argilosiliceux humides :
Paturin des près 3,0
Fléole
VulpiD des prés,..
Pétuque des prés..
Trèfle blanc
— hybride
Les mélanges ci-api-ës sont lecommandés pour lus semis des p&lurages par M. fierthauU :
Sol siliceux, léger superficiel:
11 Dulque laineuse 2,00
Fétuque ovine i,50
Ivraie vivace iH.ii
Dactyle 6,00
Trèfle blanc 2,10
— hybride l.iO
Plantain lancéolé 1,00
Centaurée jacée 0,S0
Sol calcaire sec :
Avoine élevée au fromental 15,00
Brome des prés S, 00
Féluque ovine 4,50
Trèfle blanc 3,10
Sainfoin 18,00
Anthyllide 1.6»
Minette *,00
Piinprenelle 3,00
>l argileux superficiel :
Fléole
Dactyle
Agrostide trai;anlc .
Trèfle hybride
Chicorée sauvage. 1,3
Exécution du semis. — Lorsqu'on a décidé quel mélange de graines il convient de semer pour créer la praiiic, il faut
assortir ces semences en trois lots, à cause des différences de densité qu'elles présentent. Autrement la répartition sur le sol serait très irrégulière.
Dans le premier de ces lots, on fait entrer les graminées qu'il convient d'enfouir assez profondément, et qui sont d'assez gros volume. Telles sont les ivraies, le fromental, le brome et la fétuque.
On réunira dans le second, les petites semences, qui ne doivent être qu'à peine recouvertes de terre, comme l'avoine jaunàti'e, le dactyle, le vulpin et les paturins.
Le troisième et dernier lot comprendra les légumineuses et la fléole. Ajoutons que le sainfoin, quand il entre dans la composition de la formule, doit toujours être semé isolément.
Chaque lot doit être rendu parfaitement homogène par un mélange soigné avant de le semer à la volée sur le terrain bien préparé et suflisamment rassis. Le premier lot est enfoui par un hersage ordinaire, le second par un simple roulage. Sur ce dernier, on répandra le troisième lot ; si la pluie survient, elle suflira pour enrober ces petites graines, et assurer leur levée. Sinon, il conviendra de donner un nouveau roulage.
Le semeur doit apporter le plus grand soin dans l'épandage des graines, et éviter de travailler par le vent. L'emploi des semoirs à la volée est à recommander.
L'époque à choisir pour exécuter le semis est variable avec le climat. Dans les pays méridionaux les semis réussissent beaucoup mieux et plus sûi'ement, lorsqu'on les fait à l'automne, un peu avant la semaille du blé, que si on les exécute au printemps. C'est que les plantes ont le temps de se fortifier avant l'hiver, qui n'est généralement pas rude, tandis qu'au printemps la sécheresse peut être très fune te à la le e et au premier développement.
Mais dans les pays situés au delà de la lim t no d de la l'égion du mais, on doit préférer les semis de p nten p au moment des semailles de mars. Les gelées d'hi e pou ra ent ici faire périr les jeunes plantes insuffisamment e a nées et d'une texture trop aqueuse.
On sème la prairie sur le sol nu, ou dans une céréale. Le
premier mode est généralementà préférer car les jeunes graminées et légumineuses, se développant librement, acquièrent plus de vigueur que lorsqu'elles poussent sous une autre culture. Il est vrai que le second procédé a la réputation de ne pas laisser la terre improductive pendant l'année du semis ; mais il faut considérer que la parfaite réussite de l'ensemencement d'une prairie permanente mérite bien un léger sacri-, fice, et qu'elle a en réalité beaucoup plus d'importance que le faible produit que l'on peut obtenir d'une céréale semée tr^s claire comme il convient. Ënlin quand il s'agit de prairies & irriguer, où l'on a fait d'importants travaux de terrassement, on risquerait d'endommager ceux-ci par les charrois que la récolte exige.
La jeune prairie se développe rapidement quand elle a été établie, sans autre récolte, dans un sol bien fumé et préparé. Dès le printemps pour les semis d'automne, et dans le courant de l'été pour les semis de printemps, elle couvre complètement le sol.
Quand le semis a été fait dans une céréale, aussitôt la moisson de celle-ci, on roule deux fois avec un rouleau très lourd. Si la prairie a été semée à l'automne, on la fera pâturer par les moulons avant l'hiver qui suit la récolte de la céréale, puis on roulera de nouveau. Au printemps suivant, on fumera en couverture avec engrais de commerce, puis on fera pâturer jusqu'en automne. Si le semis a été fait au printemps, on roulera de nouveau au printemps suivant, on fumera en couverture avec engrus de commerce, et on pâturera toute l'année, comme plus haut. Ce pâturage par les moutons est la meilleure manière de hâter la formation du gazon, même dans les prairies à faucher. Si l'on fauchait la première année, le tallage ne se ferait qu'imparfaitement, et le gazon s'éclaircirait au lieu d'épaissir. On ne doit faucher dès la première année que les prés établis en sols humides, où le pâturage est nuisible.
Organisation, entretien et exploitation des berbagee. — 11 est indispensable que les herbages soient clos. Suivant les régions, on a recours aux haies vives ou sèches, aux palissades en bois, aux murs en pierres sèches, aux clO- GiKOLA, — Plantes fourragères. 4 ,
tures en ronœs artificielles, etc. Les simples fossés ne peuvent être recommandés que dans les climats doux où le ciel est souvent couvert. Les haies hautes et touffues sont nécessaires dans les contrées à vents violents et froids, car elles protègent efficacement les animaux. Elles se recommandent aussi dans les pays à étés relativement chauds où elles servent h abriter le bétail contre les ardeurs du soleil de juillet et d'août. Les murs, dans une certains mesure, peuvent suppléer les haies, mais il n'en est pas de même des clôtures en fil de fer.
Dans les pays de l'ouest où abondent les pommiers dans les herbages, ces arbres servent d'abris sans que la production de l'herbe en souffre. Ailleurs on refuse aux arbres à fi-uils l'entrée des herbages et on n'y tolère que quelques arbres forestiers comme abris et frottoirs. On sait en effet que les bétes bovines ont un impérieux besoin de se gratter sur toutes les parties du corps. A défaut d'arbres, il convient d'établir quelques poteaux en bois brut destinés à cet usage.
Il faut dans tous les herbages établir des abreuvoirs pour que le bétail puisse boire à sa soif. Quand il existe des canaux ou des ruisseaux, on en facilite l'accès par un plan incliné perpendiculaire k leur cours. Dans les sols qui ne sont pas assez fermes, ces accès sont avantageusement empierrés. Ailleurs on établit des mares ouvertes sui' un côté.
La surface des enclos varie beaucoup avec les conditions locales. U convient d'éviter les extrêmes. En les faisant trop petits, on augmente les frais de clôture et la perte de terrain occasionnée par les haies; s'ils sont trop grands, ils exigent qu'on les peuple de bandes d'animaux trop nombreuses; un seul animal turbulent peut alors compromettre la i'éussit« de l'engraissement d'un grand nombre d'autres; de plus, Tutilisation de l'herbe sera moins bonne. Les dimensions les meilleures varient entre 5 et 10 hectares.
Pour que les pâturages arrivent promptcment à la plus haute productivité, et que, depuis ce moment, ils conservent toute leur valeur, il convient de leur prodiguer chaque année des soins attentifs et judicieu.v. 11 est nécessaire de faire une guerre etiicace aux plantes nuisibles , à celles qui sont peu
util^ïi à l'alimenlatLon du bétail, et à celleâ enlin qui occupent un trop grand espace pour le produit qu'elles donnent. Malgré tous les soins qu'on a apportés k la création du pâturage, ou de l'herbage, malgré le nettoiement complet du sol, et le choix judicieux des semences, il arrive toujoui's qu'au bout d'une certaine période d'années, ces mauvaises plantes, dont les germes ont été appoilés par les vents, les eaux ou les animaux, se développent avec vigueur. Si l'on n'arrêtait pas cette marche envahissante, on serait bientôt obligé de défricher l'herbage pour procéder à une ci-éation nouvelle, sous peine de n'avoir plus qu'une prairie improductive.
Souvent l'assainissement du terrain suffit pour faire disparaître, dans les terrains humides, les mousses, les laiches, les joncs, etc. La destruction des plantes de cette sorte est encore mieux assurée et plus rapide, lorsque, à l'assainissement, on ajoute l'emploi des amendements calcaires et des engrais chimiques. Le terrain cesse d'être acide elhumide, et les plantes des sols acides disparaissent en même temps que les causes qui ont favorisé leur croissance. D'autre part, les légumineuses et les graminées, ainsi favorisées, prennent un notable accroissement. Nous avons vu plus haut, que l'emploi des engrais minéraux phosphatés et potassiques, additionnés d'azote nitrique ou ammoniacal, faisait disparaître la plupart des plantes nuisibles. C'est par la combinaison de l'assainissement avec les engrais et amendements qu'on arrive le plus sûrement au but poursuivi.
Pour les plantes qui résisteraient aux actions précédentes il y aurait lieu de recoui'ii' à l'arrachage, pour celles dont les racines sont vivaces et non traçantes, ou à la coupe entre deux terres, au-dessous du collet, avant la floraison. Pour les plantes à racines traçantes, on s'en débarrasse en lescoupant à ta surface du sol plusieurs fois par an, avant que leurs parties aériennes n'aient atteint 2o centimètres de hauteur. Par ces coupes réitirées, les plantes sont épuisées, et le développement des racines est airêté ; bientôt elles périssent.
Pour la destruction des plantes annuelles ou bisannuelles, il suffit de prendre soin de les couper avant la floraison pour les empêcher de se reproduire par graine. En i-épétant l'opé-
6i PRAIRIES HATUHBLLES.
ration trois ou quatre années de suite, on en pui^e la prairie.
Quand il y a des parties de la prairie par trop infestées de plantes nuisibles vivaces, il convient de les défricher pour les en débarrasser, puis d'y recréer l'herbage par les moyens préindiqués. Nous étudierons plus loin les plantes les plus nuisibles aux prairies et les moyens spéciaux de les détruire.
Uconvientaussi, après que les animaux ontquitté un enclos, de faucher toutes les toulTes qui ont été refusées, afm que la repousse soit partout uniforme. Si le p&turage est planta d'arbres, il faut ramasser les feuilles mortes à la fm de chaque année, car elles sont nuisibles au développement de l'herbe.
11 faut songer aussi à réparer les dég&ts causés par les animaux nuisibles et à détruire ces ennemis, dont les principaux sont les taupes, les fourmis, les larves de hannetons. Les fourmis et les taupes produisent de petits monticules de terre qui, par leur multiplication, finissent par dégrader sérieusement le p&turage. 11 est donc nécessaire de supprimer les taupinières et les fourmilières en répandant la terre qui s'y trouve amoncelée. Quand elles sont fraîches, c'est une opération facile, on passe le rabot des prés de Mathieu de Dombasie. Dans le cas contraire, il faut les détruireàlabécheet répandre la terre à la pelle.
Les e\créments laissés par les animaux sur le pAturage doivent être ramassés et répandus uniformément sur toute la surface. Une bête bovine peut couvrir par Jour un mètre carré de sa flenle, et, comme l'espace que recouvre celle-ci est momentanément privé d'herbe, si l'on n'a pas soin d'enlever ces excréments, il peut y avoir une perte notable dans le produit. On les recueille dans un coin de l'enclos et on en forme des composts que l'on y répand quand il est p&turé. On choisit pour répandre les engrais minéi'aux dont il a été question plus haut, la lin de l'hiver.
Les pâturages ne doivent èti-e soumis qu'aux irrigations d'hiver à grands volumes, par lesquelles, ils sont colmatés et grandement fertilisés. Les irrigations d'été en ramollissant le sol empêchent que l'on puisse y faire pénétrer le bétail sans dommage pour le tçazon.
Il est important de visiter au moins une fois par an les
cbBatiok des prairies naturelles. 65
rigoles d'assainissement, de les curer, de les réparer si cela est nécessaire, alin d'assurer leur bon fonctionnement dans tous les terrains liumides. [l faut également surveiller et réparer les clôtures.
Dans les pâturages calcaires, sableux ou tourbeux, les gelées soulèvent la couche superficielle. Il est nécessaire pour rafermir les racines du gazon de plomber fortement le sot au retour du printemps. Cette opération est toujours utile d'une manière générale, surlout dans les jeunes herbages, car elle favorise le tallage, le tassement du sol, et la bonne formation du gazon.
C'est pardes mises successives d'animaux que l'on fait consommer les herbages. L'état de l'atmosphère, du sol et de la végétation peut seul servir de guide au praticien. Le bétail dont on charge l'herbage doit être dans de bonnes conditions hygiéniques pour qu'il en puisse profiler. Si les fiMiids sont trop vifs, les animaux sont obligés de prendre beaucoup de mouvement et leur poil se pique ; ils n'augmentent pas de poids dans ces conditions. Dans les climats doux, on peut, comraeen Normandie, faire passerauxbneufs une bonne partie de l'hiver dehors. Dans le centre au contraire ou la montagne, les herbages sont déserts depuis lafin d'octobre jusqu'en mars ou avril. Au printemps, pour amener le bétail, il faut attendre que le sol soit bien assaini et que l'herbe soit assez longue pour que les animaux puissent la saisir. Toutefois, il ne faut pas tarder trop, car les bêtes gloutonnes, dans une prairie trop fournie, seraient exposées à des accidents.
Pour ce qui est du nombre des bètes à mettre dans l'herbage, il dépend de la marche de la végétation et de sa richesse. Il faut que le bétail puisse manger l'herbe au fur et à mesure qu'elle pousse; c'est alors qu'elle est le plus nutritive. Si donc l'herbe gagne le bétail, il faut augmenter le nombre des animaux. Dans le cas inverse, si l'on ne peut décharger rherbage> il faudra donner au bétail une nourriture complémenlaire. L'emploi des tourteaux est à recommander dans ce cas, e chaque fois qu'on fait l'engraissement du bétail dans des pâturages dont la richesse laisse à désirer.
Entretien des prairies fauchées. — L'entretien dets
prairies fauchées nécessite la destruction des plantes nuisibles, comme nous l'avons indiqué pour tes pâturages, et par des moyens analogues. Toutefois la destruction des mauvaises plantes par l'arrachage et le fauchage réitéré est plus difficile que dans lesherbages, car on ne peut pénétrer à tout moment dans la prairie sans nuire au pi-oduit. Pour l'arrachage des espèces à racines non traçantes, on l'opérera à la fin d'avril, ou aussitôtt après une coupe ; pour la destruction des plantes vivaces h racines traçantes, il faudra transformer pendan t quelques années laprairieenpàturageetopérercomme il a été dit plus haut. S'il s'agit de plantes annuelles ou bisannuelles, on opérera le fauchage plusteui's années de suite avant la floraison de l'espèce à détruire. (Voir plus loin : Plantes à détruire dans lesprairies.]
Dans les vieilles praiiies, il est bon au printemps d'aérer le sol par un vigoureux hersage, ou même par un scarifiage, que l'on a fait précéder d'un petit chantage, à raison de I 000 kilogrammes de chaux par hectare, pourfaciliter la transformation des réserves d'azote oi^anique du sol en azote assimilable. La chaux peut être remplacée avantageusement dans les sols pauvres en acide phosphorique par des scories de déphosphoration. Le meiUeur moyen d'employer la chaux est d'en faire des tombes comme nous l'avons indiqué dans notre ouvrage sur les ce Engrais >■.
C'est au printemps également qu'ilconvient de répandreles engrais chimiques nécessaires en les enterrant par le hersage préindiqué, s'il y a lieu de le faire.
Le roulage est quelquefois indispensable pour rafermir les jeunes plantes que les gelées de l'hiver ont soulevées, dans les sols calcaires sablonneux ou tourbeux. Mais il ne faut pas en abuser dans les vieilles prairies, dont le sol a plutôt besoin d'être aéré que tassé.
11 convient aussi, plus encore que dans les herbages, de répandre les taupinières, et les fourmilières. Ces monticules deviennent très gênants pour le fauchage, et, d'autre part, leur épandage a l'avantage de rehausser les graminées et de favoriser leur taltage.
On ne doit pas négliger d'enlever les mousses dans les cas
CHÉATION DES PRAIRIES NATUBELLES. 61
où elles se développent, par des hersages assez énergiques, après avoir répandu sur les endroits envahis 300 kilogrammes de sulfate de fer par hectare, et avoir attendu que ce sel ait fait son effet en tuant la cryptogame. Il faut se rappeler que les mousses se développent surtout dans les terrains humides, trop tassés et appauvris ; il conviendra donc après leur destruction de fertiliser convenable ment la prairie d'après les besoins révélés par l'analyse du sol.
Dans les praii'ies plantées d'arbres, on aura soin de ramasser les feuilles à la (in de la saison, car en recouvrant le gazon, et en augmentant l'acidité du sol, elles nuisent à la production.
Les prairies de fauche sont celles qui profitent le mieux de rirrigation. Les effets en sont souvent merveilleux. Le lecteur trouvera dans le traité de MM. Risler et Wery tous les renseignements nécessaires à ce sujet (i). Nous ne pouvons pas toutefois nous dispenser de quelques considérations générales à leur sujet.
Les irrigations dans le nord se font à très grand volume d'eau, et, c'est dans le midi, oii il fait beaucoup plus sec, que la quantité d'eau utilisée pour l'arrosage est la moindre. Au premier abord cela parait paradoxal. Il n'en est rien, car, ainsi que l'a démontré Hervé-Mangon, ancien professeur de génie rural à l'Institut agronomique de Paris, ce qu'on demande aux irrigations dans le nord, c'est non seulement l'eau nécessaire à une bonne végétation, mais surtout la fertilisation du sol par l'apport des éléments minéraux et azotes que renferment les eaux. Dansia région méridionaleau contraire, l'irrigation a surtout pour but de fournir l'eau nécessaire aux plantes et c'est par les engrais qu'on assure leur alimentation minérale el azotée.
Les eaux qui senent à irriguer les prairies doivent être bien aérées; elles provoquent alors en passant sur les prairies des phénomènes d'oxydation el une grande partie de leur oxygène est remplacée par de l'acide carbonique. Cette action favorise l'assimilation de leui' azote par les plantes, car l'observation
(1) Bisun et Wtnr, Irrigatians tt drainase. (Encyclopédie i|;rict>l«, ICOt.)
Cioogle
68 PBAIHIBS NATURELLES.
démontre que les eaux les plus pauvres en oxygène abandonnent beaucoup moins de leur azote en passant sur les prés.
La température des eaux est très importante à considérer. Quand elle est inférieure Jt 6 ou 8 degrés centigrades, il n'y a presque pas d'assimilation par les plantes des éléments fertilisants qu'elles renferment. Aussi est-il avantageux de réchauffer les eaux trop froides en les faisant séjourner dans de grands bassins peu profonds et bien ensoleillés, avant de les répandre sur les prairies.
Quand on a affaire à des eaux acides, il est indisponsable de les saturer en les faisant passer dans des réservoirs où l'on met de la chaux vive, ou par leur mélange avec du purin, qui est toujours très alcalin.
Malgré tous les avantages que présente l'emploi de l'eau, il ne faut pas en abuser. La régie de son emploi, que toujours il faut avoir présente à l'esprit, est qu'elle doit pouvoir circuler partout, sans jamais séjourner nulle part. 11 faut donc apporter gi'and soin à l'organisation et à l'entretien des rigoles de colature, qui assurent le départ deseaux excédentes, et dans les irrigafions par submersion, il ne faut pas négliger de faire évacuer les eaux aussitôt l'apparition de bulles ou d'écumes à la surface, qui caractérisent les eaux croupissantes.
On pratique les irrigations à toutes les époques de l'année. Les irrigations de printemps ont besoin d'être conduites de manière à ne pas refroidir le sol, car on retarderait ainsi la pousse des herbes. Dans ce but on fait les arrosages pendant les périodes de froid ou pendant ta nuit, et on prend les précautions nécessaires pour que la prairie soit bien ressuyée pour profiter des premiers beaux jours. Il convient d'éviter avec soin que les jeunes herbes ne soient surprises pai' les gelées tardives, alorsjque la terre est saturée d'eau. Il faut se hâter d'assurer l'égouttement de la prairie dès que l'on prévoit un notable abaissement de la température, à moins que, comme dans les Marcttes du Milanais, on ne puisse couvrir le sol d'eau ruisselante à douce température.
Pendant l'été, il faut éviter d'irriguer les prairies en végétation avec les eaux limoneuses, car on obtiendrait des foins envasés et sans valeur.
C'est à l'automne que, Jans la région seplentrionale, on opère les grandes irrigations. Les eaux limoneuses alors sont sans inconvénient ; au contraire elles colmatent les prairies et favorisent le lallage des graminées. On doit retirer l'eau avant les fortes gelées, à moins qu'on ne puisse couvrir l'herbe d'une couche d'eau courante assez épaisse pour empêcher la production de la gelée.
Nous nous occuperons dans un chapitre spécial de la récolta des foins. Le rendement des prairies naturelles est nécessairement variable suivant le climat, le sol, son humidité, la nature du gazon et les fumures employées. Le produit en foin peut atteindre 150 quintaux métriques dans certains prés du Calvados et dans les prairies irriguées de Vaucluse. Les prés i Marcite de la Lomhardie, arrosés tout l'hiver avec des eaux à 12 degrés, produisent depuis février jusqu'au 15 septembre 680 quintaux d'herbe verte, correspondant à 190 quintaux de foin sec à l'hectare. Nous avons vu qu'à Rothamsted, les expériences d'engrais ont donné en moyenne jusqu'à "lO quintaux et plus de foin secen une coupe, taseconde étant toujours pâturée sur place.
En général on compte que 70 quintaux de foin constituent un bon rendement; 20quintauxde foin forment unrendement très faible. Au-dessous de ce chiffre, il vaut mieux faire pâturerque de faucher.
Les prairies naturelles bien établies et entretenues avec tous les soinsque nous avons indiqués, ont une durée presque sans limite. Il ne saurait y avoir de raison pour défricher un pré dont le produit se maintient élevé et de bonne qualité. Toutefois il peut arriver que la prairie soit altérée à un point tel qu'il soit impossiblede larégénérer économiquement. C'est alors seulement que l'on doit opérer le défrichement.
En mettant pendant quelques années en culture oi'dinaire une prairie presque improductive, on utilisera les réserves d'azote organique accumulées dans le sol. Mais celte utilisation n'est possible qu'à la condition expresse d'apporter de fortes fumures minérales : des doses élevées d'engrais phosphatés et de sels depoUsse, de la chaux, suivant la nature chimique du sol sur laquelle l'analyse seule pourra nous renseigner.
L'acide phosphorique, en général, sauf dans les sols très calcaires, sera avantageusement fourni sous /d'Hic de scories de déphosphoration, à la dose de 800 à i 000 kilogrammes par hectai-e. Pouc la polas^e, on la donnera sous forme de chlorure ou de sulfate. Quant aux chaulages, ils devront être modérés, pour ne pas trop hâter la transformation de l'azote organique enazote assimilable, et ne pas amener le gaspillage des ressources accumulées.
Pour exécuter le défrichement, on donnera ù l'automne un premier labeur pour retourner le gazon. Les bandes engazunnées resteront exposées aux intempéries pendant tout l'hiver, ce qui assurera leur désagrégation. Au printemps suivant, la herse et l'exlirpateur parferont cet ameublissement. Ensuite on donnera un second labour suivi de plusieurs hersages et on procédera àrcntèvcment des racines que les herses auront réunies. Alors on pourra procéder au semis d'une avoine ou d'une plante sarclée.
Toutefois dans les prés qui pi-ésentent un gazon très compact formé de rhizomes robustes, une jachère complète est nécessaire, pour faire un bon défrichement. Les travaux précédents sont alors suivis de deux ou trois labours d'été, alternés avec des hersages et des scarlliages. On peut alors faire un ensemencement d'automne, ou attendre au printemps suivant.
Sur un défrichement de prairie, on peut prendre plusieurs récoltes de céréales et de plan les sarclées, sans apport d'engrais azotés; mais les résultats ne sont pas toujours aussi favorables, et il faut quelquefois trois ou quatre ans pour ai une terre humifère à donner de bons produits. Le n état physique du sol, le pullulement des insectes sont presque toujours la cause de ces insuccès.
Plantes à détruire dans les prairies.
Bbinantbe crête de coq [Rhinantkus crista-galti) {fig. 1"). — C'est une plante très envahissante, qui vit en parasite sur les graminées. Les endroits où elle abonde ne donnent presque pas d'herbe. Bien qu'elle ne soit pas dangereuse pour le bétail.