TRÈFLE VIOLET OU OBDINAIBE
; de chardon des champs, et de petite oseille (1) (fig. 47).
La gi'aine de trèfle du commerce a quelquefois été altérée par un mauvais procédé de dessiccation ou par la fermentation et a perdu par suile sa faculté germinative. Quelquefois elle est trop vieille. Aucun achat ne doit donc être fait sans exiger du
Fig. 47. — Triiiur à cuscute et plantain de Marot.
vendeur la gai-antie sur facture delà pureté, de la faculté germinative et de l'absunce absolue de cuscute ; et il ne faut jamais hésiter à la réception de faire exécuter la vérification nécessaire.
(1) Pour la yurïficatioii des graines de trèfle et de luzerne, on construit dos trieurs spiiciaux qui siiparent la cuscute et le plantain (Marot, k Niort).
ENÎftUTlRPI ; PtA^tES ET A>fMAUX NUISIBLES. 133
La quantité de semence à employer varie suivant les circonstances de 15 à S5 kilogrammes. En général, on si^me un peu plus épais dans les céréales d'autonme qui; dans celles de pi-intemps. Dans les lecres fraîches et bien fumées, on se rapproche du minimum tandis que l'on sème les plus fortes quantités dans les terres de nature sablonneuse et pauvres.
Dans les sols où la réussite du trèfle n'est pas très assurée, on a coulumedeluiassocierunegraminée, comme le ray-grass d'Italie, ou la fléole. On le mélange aussiavecle trèfle hybride ou le trèfle blanc.
Bien que les caractères qu'on leur attribue soient peu tranchés, il y a néanmoins plusieurs variétés de trèfle des prés soumises à la culture. Nous citerons comme e.\emple le trèfle violet de Bretagne, qui acquiert un ti-ès grand développement, est très fourrageux et doit être préféré pour la fauche; le trèfle violet des Ardennes, qui est remarquable par sa résistance au froid Bt à la séchei'esse ; enfln, te trèfle du Brabant, qui est très hàtif et dont le fourrage est fln et très feuille.
Mais il faut éviter avec soin d'acheter de la graine de trèfle d'Amérique, dont le rendement est très inférieur. Cette plante se dislingue des trèfles indigènes par une pubescence plus abondante, et des poils divssés et beaucoup plus longs. La semence renferme souvent delà graine de plantain majeur, et, ce qui est caractéristique, de la graine d'ambroisie {Amàrvisia arlemisiefolix).
Entretien; plantes et animaux nuisibles.
Les soins d'enti-etien que réclame le ti-èfle sont peu nombreux. Dans les sols dont la surface est durcie au printemps, on donne un hersage. Si, au contraire, le sol est soulevé, et que certaines racines soient â nu, on donne un roulage. Dans le cas où l'on conserverait le trèfle pour une deuxième année (non comprise l'année dusemis) on hei-sei-ait avantageusement au printemps, tl est utile aussi dans ces circonstances de donner au trèfle une fumure en couverture composée de superphosphates et de sels de potasse, que le hersage mélangera au sol superficiel. Dans les sols où le plâtre a de l'action, on Garola. — Plantes fourragères. ë
134 TRÈFLE VIOLET OU ÛRDlNAlRB.
rtpand au printemps, quand déjà le sol est couvert par les jeunes feuilles du Iri'fle, de 200 à 400 kilogrammes de cet amendement pai' hectare. On choisit pour faire l'épanda^'e un temps chaud et humide.
Lorsqu"après la moisson de la céréale associée au trèfle on constate qu'il y a des lacunes, il convient de les combler en les ressemant, api-ès avoir ameubli la surface. Si le semis est tout à fait manqué, on déchaume immédiatement ; apn>s que la teri-e a verdi, on donne un lahour légei, et sur un hersage on sème de nouveau du trèfle. Dans les trèfles qui sont par trop clairs au printemps, après un hersage croisé et soigné, on peut semer en lignes à 13 centimètres d'écartement, un mélange de vesce et d'avoine.
Comme la luzerne le trèfle est attaqué par la cuscute. Il convient de prendre Its mûmes piecaulions pour prévenir son apparition, et de recouni aux mêmes procédés pour détruire les taches constatées aussitôt qu on les aperçoit. 11 en est de même de l'orohanche mineute
Le li-èfle est aussi attaquL par ! Eresyphe communis, qui produit le Miellat; et pai le Sphaa la trifolii, qui produit des taches noires sur les feuilles tnlin la pourriture du cœur, ou chancre du trèfle, est causie pat un autre champignon, désigné sous le nom de Petita cibi roides
Parmi les animaux, la Innace grise fait souvent d'importants dég&ts dans les années humides et dans les sols bas et entourés de haies épaisses. [[ en est de même d'une petite araignée. Un les détruit par des roulages exécutés avant le lever et après le coucher du soleil (IJ Enfm le tiefle est quelquefois attaqué au printemps par une anguillule, le Tytenchus devaslatt-ix, les bourgeons sont renflci, les lamifu^tions courtes et épaisses, les rejets semblent noues 11 convient d enfouir le trèfle ainsi atteint par un labour profond, après avoir répandu une forte dose de Vrud ammoniac
Le trètle violet est surtout excellent comme fourrage vert, et c'est ainsi qu'on l'utilise surtout dans les régions où la trop
(1) On combat aussi les limaces en répandant la nuit de la poudre
entretien; plantes et animaux nuisibles. 135
grande chaleur n"entrave pas la repousse. On commence h le faucher dès qu'il peut être saisi par la fau.x, pour que la consommation ne soil pas arrèlée par le durcissement des liges. On peut avoir ainsi du jeune trèfle sans interruption dans les terrains et les climats humides. Mais dans les sols et les pays secs, il n'en est pas ainsi : car le trèfle coupé à moitié de sa croissance est arrêté par la sécheresse et ne repousse pas avant l'automne.
Quand on veut transformer le ti'èfle en foin, on le fauche un peu avant la floraison ; la rejiousse de la seconde coupe est ainsi favorisée et de plus on perd beaucoup moins de folioles par la dessiccation. D'un autre cété, le fourrage sec qu'on obtient est plus riche en matières nutritives assimilables. C'est une grande faute de commencer à le faucher ti-op tard. Le fanage demande encoi-eplusde soin que celui de la luzerne, parce que d'une part la plante est plus aqueuse et ([ue d'une autre les folioles se détachent plus facilement. Nous reviendrons dans un chapitre spécial sur les procédés à suivre.
On obtient en général du ti'èfle violet <leux coupes et une repousse d'automne qu'on peut faire p4tui-er. La premièi-e coupe est toujours plus importante que la seconde dans le rapport approximatif de 11*018 k deux.
Le rendement en foin par hectare est de 65 à 7^ quinUux métriques pour les deu.x coupes dans la moyenne des bonnes cultures.
Pour la production de la graine, on reserve en général la deuxième coupe d'un trèfle bien propre, ni trop clair, ni ti-op touffu, car la seconde coupe fructifie mieu.Y que la première k cause de la température. Le sol aussi est plus propre. On fait la fauchaison loisque les capitules ont pris une teinte brune. Les graines sont aloi-s dures, jaunâtres et brillantes. On emploie la même méthode de sttchage qu'on indiquera à la fenaison. Le battage se fait comme pour la luzerne. Le rendement en graine pure varie de 250 à GOO kilogrammes par hectare.
Le défrichement du trèfle se fait apivs que l'on a renti-é la seconde coupe, par un labour de 15 à 20 centimètres. On ameublit ensuite le l«iTain convenablement pour y metlie du
136 TKËFLB BLANC.
blé. Si l'on fait sufic<!<ier au trèfle une céréale de printemps, on lais.se pous.<itM' la plante Jusqu'à la fin de l'automne et l'on enlprri> l'.i'lU^ ivpnusse par le labour de défi 'ic lie ment. Enfin dans ctti-tains ca,s pour faire du blé d'automne, on [iréfèie enfouir la seconde rou[>e ; n'est une méthode li-ès i-ecommandable, quand on est assez riche en fourrage.
TRËFLE BLANC [Trifotium repens).
Le trèfle blanc est vivace; on le trouve i l'état spontané dans presque toutes les prairies. On le reconnaît à ses (leurs
Fig. i8. — Tivile lilanc.
blanches porti''e,s sur de longs pédoncules, à ses tiges ranipanles, pi'o<luisant des racines advenlives de distance en distanee. liion inli'oduction dans la culture est beaucoup plus i-écenle (|ue celle du ti'èfle violet; il est surtout l'èpandu dans le noi'd.
Le trède ordinaire, le trèfle incarnat sont généralement destinés à fournir des fourrages à faucher. Le tri'tle rampant, par sa nature même, est destiné à former' des pàtiirages. Sous ce rapport il possède la précieuse faculté de repousser rapide-
thëfle; blanc. 137
ment sous la dent des animaux, et de supporter avec profit le piétinement. Il sert k créer des p&lurages temporaires pour les moutons et pour les vaches. H entre dans les prairies et les pâturages permanents pour une part importante, dans un grand nomlire de cas.
Si on l'associe au ray-grass, il peut donner une coupe, parce qu'alors ses liges sont forcées de s'élever.
Le trôfle blanc en fleurs a la composition suivante :
Brut. DijcUibti:.
Eau 80,2 »
Malière sèche 19,8 "
Hatiârcs albuiuinoldes 3, S 1,S
Amides 0,8 0,8
Graisse 0,9 O.-'i
Itydratca dis cai'bone 8,0 ii„l
Gelluloac a,« a,S
On trouve dans 100 parties de matière sèche :
Potusse 1.207
Chaut 2,313
Acido phosphorique 1,007
Le trètle hlanc est donc plus riche en matières azotées que le trèfle incarnat; il l'est également un peu plus que le trèfle
Le trèfle rampant est plus rustique que le trèfle violet ; il supporte mieux que lui d'être cultivé dans des sols secs et légers ainsi que dans lessolshumides. 11 donne ses plus beaat produits dans les sols frais légers et très calcaires.
C'est le trèfle qui profile' le mieux du pliilrage, à cause de sa grande avidité pour la potasse et pour la chaux. Les supei-phosphates et les sels de potasse constituent pour le trèfle blanc comme pour le Irèfle violet des engrais fondamentaux que l'on devra employer dans les mêmes conditions et dans les mêmes proportions.