fi
2,il
Une récolte de tvètle incarnat atl<eignant 25,000 kilogrammes de fourrage vert cori-espond à 6,200 kilogrammes de foin séché à l'air, contenant 5,270 kilogrammes de substance sèche. En admettant que le champ soit peuplé de notre plante moyenne, une telle récolte a besoin pour sa formation des luivantes d'éléments nutritifs :
Azote 114 kilogrammes.
Acide phosphorique 37 —
Potasse 113 —
ChaUï 11 J —
CÎOOi^lc
DËVELOPPEMBNT DBS RACINES. 165
Après l'azote qui est absorbé en plus grande abondance viennent la potasse et la chaux, presque sur le même rang. L'acide phosphorique est consommé en beaucoup moins grande quantité. Cependant nous savons que dans le limon de Beauce, pauvre en acide phosphorique assimilable, cet élément de fertilité est celui qui joue le plus grand n^le dans l'augmentation des rendements.
L'examen de la marche de l'absorption des éléments nutritifs, comparativement à celle de la formation de la substance sèche, nous montre que, pendant la première période du développement qui précède la floraison, l'activité de la végétation est lente. En 70 jours en effet, la plante n'a fourni que 12,38 pour 100 de sa matière sèche, et l'absorption des éléments nutritifs, exprimée en centièmes de quantités maxima, a été seulement de :
Aiote ïS,97
Acide phosphorique 19,27
Pousse 18,*4
Chaui 30.63
Si ces proportions ne sont pas considérables relativement à la longueur de la période, il n'en est pas moins vrai qu'elles sont toutes très supérieures k celle de la matière végétale formée, et cela implique la nécessité pour la plante de trouver dans le sol une proportion sufllsante d'éléments nutritifs très assimilables.
La considération du travail d'absorption des racines ne contredit pas cette conclusion. Bien que l'activité radiculaire, rapportée au gramme de racines sèches, ne soit que le tiers de ce que nous observerons dans la période suivante, elle est, en valeur absolue, très supérieure à celle du blé d'automne, n est bon d'observer toutefois que dans la culture normale du trèfle incarnat, la plante jouit d'un long espace de temps pour sa première croissance et pour se préparer à la floraison, puisqu'on ta sème à la lin août et qu'elle ne fleurit qu'avec le mois de mai. Dans ces conditions et dans des sols de richesse moyenne, elle trouve facilement à s'alimenter, mais il n'en est pas de même dans les sols pauvres, où l'apport sous
160 TRÈfLE inCiKN&T.
forme d'engrais facilement assimilable des éléments défaillants s'impose.
C'est ta courbe de l'azote qui divei'ge le plus de celle de la matière sèche; puis nous trouvons celles de la chaux et de l'acide phosphoi'i<|ue. La potasse tient le deinier rang. En ce (jui concerne l'azole, il faut obsei'ver que, si les tubercules à bactéries (fig. j9) ne sont] pas encore ti'ës abondants sur les racines, le sol ameubli superficiellement pour faire te semis est dans de bonnes condilionspournitrifier, et par conséquent trèsapte à fournir l'appoint nécessaire de cet élément nutritif.
Pendant ta période de lloraison qui dure trois semaines seulement, l'activité végétative du trèile incarnat est considéi-able; plus grande encore est l'activité de l'absorption des éléments nutritifs. Aussi voit-on les courbes se redres^ei' vers la verticale. Dans ce court espace de temps la plante élabore 67,38 p. 100 de sa matièi-e sèche. L'activité relative de la formation de la matière végétale est plus de 16 fois plus grande que dans la première période.
L'absorption des éléments nutritifs est aussi très grande. Exprimée en centièmes de quantités ma\ima, elle atteint la pi'oportion suivante ;
Azole 73,07 p. 100.
Acida phosphorique 58,38 —
PoUsae 81,56 —
Chaoi 6S,58 —
A la fin de la lloraison, la plante a absorbé tout l'azote dont elle a besoin (99,64 p. 100). Comme on constate que pendant cette courte période les tubercules radicaux {Cig. 60] ont pris leur plus gi-and développement, on est en di'oil d'admettre, bien que le travail radiculaire d'absorption de l'azote soit très élevé, qu'il n'y a pas à s'inquiéter de l'alimentation azotée du trèfle incarnat dans la question de sa fumure. 11 n'en est pas de même des autres aliments minéi'aux : de la potasse, dont l'absoi'ption se termine avec la lin de la floraison ; de la chaux et de l'acide phosphorique. Il est certain que les engrais pliosphatés ou potassiques seraient d'un excellent effet dans les terres pauvres, même si l'on les st'^me seulement en cou-
DËVELOPPEUENT DES RACINES- 161
vei'iure au pi'intenips ; il est induhitable aussi que le trèile incarnat ne saui'ait réussii- dans les sols privés de calcaiie.
Fig. j9. — Tubercules à bactéries (1" période).
(Vest dans celte période que le travail radiculaire moytn atteint son maximum. Il est deux fois et demi plus fort pour-
rS8 TRÈFLE INCAHKAT.
l'oEote, deux fois et deux tiers pour l'acide phosphorique, quatre fois pour la potasse, et près de trois fois pour la cha\i\. 11 est donc très important de veiller à ce qu'au début de la floraison le sol soit bien pourvu d'acide phosphorique et de potasse très assimilables, et l'examen du travail des racines conlii'me ce que nous a appris la considération de la marche de l'absorption des éléments nutritifs.
A partir du commencHment de la maturation, le trèfle incarnat, qui a encore 39 p. 100 de sa matière oi^anique à former, n'absoi-he plus d'azote ni de potasse. Il continue toutefois À puiser dans le sol de la chaux et de l'acide phosphoj'ique. Il en absorbe dans les trente jours que dure la période,, pourla première 13,8 p. 100 et pour le second 22,3S. Le besoin .d'acide phosphorique se poursuit donc jusqu'à la maturité.
En résumé, le trèfle incarnat exige pour bien végéter une ■terre calcaire franche, riche en potasse et en acide phosphorique. Si la terre manque de ces éléments, il faut y suppléer par le mamage et l'emploi du superphosphate ou du chlorure de potassium selon les cas. Dans une teri'e de l'ichesse moyenne, il sufdra d'employer 300 kilogrammes de supei*jihosphate. On augmentera cette dose dans les sols pauvres «n acide phosphorique avec beaucoup d'avantages. 11 conviendra en outre d'employer des sels de potasse dès que la tene en renfermera moins de 0,25 par kilogramme à l'état assimilable (1). La dose variera de 100 à 200 kilogrammes suivant la pauvreté du sol.
Variétés.
Grâce aux variétés plus ou moins hâtives ou tardives que la -Sélection a produites, le trèfle incarnat peut voir pendant longtemps se prolonger sa consommation en vert. Le trèfle incarnai ordinaire, semé à la fm d'août, donne sa fleur h la lin de mai. Il existe une variété hâtive qui fleurit bien huit
jours plus tût et permet de Pommencer la consommation dès les premiers jours de mai.
Fig. 60. — Tubercules à bacUnea {i' période).
Le trèfle incarnat tardif, cultivé depuis très longtemps dans
les environs de Toulouse, est appelé aussi trèfle de la Saint-
QtMOLi. — Plantes fottrragèrea. 10 ^
170, TRÈPI.B INCARNAT.
Jean. 11 retarde de quinze jours au moins sur le farault ordi-' naire.
Le farouch à fleui's blanches, obtenu par M. Lejeune, et propagé par Vilmorin, est plus tardif encoi'O de dix à quinze jours que le précédent. Très rechei'ché des animaux, son rendement
Ajoutons-y le farault extra-tardif à fleurs rouges, qui mûrit encore après le précédent el semble plus productif, et nous constaterons qu'en semant ces cinq variétés en égale proportion, nous pourrons continuer la consommation du vert depuis le commencement de mai jusqu'à la lin de la première quinzaine de juillet au moins.
Or, si di'-s les premiers jours de mai nous avons semé du maïs h&tif dans un sol bien fumé et préparé, nous pourrons commencera le faucher dèscette époque, et dès lors, jusqu'aux gelées, continuer de soutenir nos étables par cette grande graminée consommée à l'état vert.
Climat et sol.
Le trèfle incarnat réussit très bien dans le midi car, parcourant toutes les phases de sa végétation de l'automne à la fin du printemps, il échappe par là à l'action néfaste des chaleurs lorrides de l'été. Dans le centre et surtout en Beauce, il est fort cultivé et donne de bons résultats. La région du nord lui est également favorable, et il s'étend en Belgique jusque sur le plateau d'Arlon. Chez nous et dans le nord, il est quelquefois atteint par les gelées des hivers très rigoureux, surtout lorsque, api-ès avoir été semé trop tardivement, il végète dans une terre ti-op argileuse ou trop compacte.
Partout, les sols qui lui conviennent le mieux sont les terrains peu tenaces, sains, qui s'égouttent avec facilité. Les terres argileuses ou calcaires qui se gonDent sous Faction des gelées et le déchaussent, le font périr durant l'hiver. Les terres franches et les limons, les sols sablo-argileux et sableux lui sont très favorables. En somme, il est très peu difficile sous le rapport du terrain et de sa fertilité.
: , C-".ai^i^"k' ■
ENSILAGE Du TBÈFLE INCARNAT. lll
Culture.
Aucune plante nest moins exigeante que le trèfle incarnat pour la préparation du sol. Il redoute un ameublissement profond. C'est pourquoi l'on se contente, aprj's l'enlèvemenl de la céréale, d'un déchaussage très léger à la herse et au scarilicaleur.
Un fait le semis depuis le mois d'aoïH jusqu'à la mi-septembre, en choisissant le moment où la t«rre est rafraîchie par une pluie. On répand de 30 à 25 kilogrammes de graines nues à l'hectare, ou 100 kilogrammes de graines en gousses. On enterre à la herse.
L'incarnat est exposé à être envahi par les limaces dans son premier développement. Quand on a eu soin de brûler les chaumes de la céréale précédente, les limaces apparaissent moins souvent et sont toujours moins nombreuses. On les ■détruit par le roulage, qu'pn effectue au point du jour.
Ensilage du trèfle incarnat.
Dans les sols et les climats qui lui conviennent, nous aurons soin de cultiver le trêlle incai-nat, sur une étendue beaucoup plus considérable, en variété oi-dinaire, que ne le comporterait la consommation en vei-t, alin de l'ensiler et nous pi-ocurer ainsi de précieuses provisions pour l'hiver.
Cett« pratique de l'ensilage du trèfle incarnat est déjà, ancienne ; elle est et a été pratiquée en Beauce par un certain nombre d'agriculteurs qui s'en monirent très satisfaits. C'est ainsi que M. Rabourdin de Beaudrevilleécmait, en 1893, qu'il pratiquait depuis quatorze ans l'ensilage du trèfle incarnat, coupé à mi-grain, qui constitue ainsi une nourriture bonne et saine pour les moutons d'élevage et les vaches à lait. Le témoignage d'un praticien qui a ensilé pendant un aussi grand nombre d'années nous semble d'une valeur considérable.
Nous y ajouterons, afin de mieux préciser ce mode d'affoui-ragement, le témoignage de Nivière de ftomanèches La Saulsaie, en Ûombes. L'expérience d'engraissement dont il a autre-
fl9 TRËFLB INCARNAT.
fois publié le compte rendu dans le Journal d'agriculture prclique (mars 1883), et que nous résumons ci-dessous, est pleine d'intérêt.
Elle a porté sur deux bœufs charolais de six ans, mis au l'epos le l" décembre 1883, et pesant aloi's 1403 kilogrammes. Jusqu'au 15 décembre, ils ont reçu, cummele reste de l'étable, depuis la lin du mois de septembre, 60 kilogrammes par jour et par tète d'ensilage d'incarnat. Depuis lors, on ajouta à la conserve une ration individuelle journalière de 3 kilogrammes de tourteau de coton. Pendant cette seconde période, les bœufs qui avaient l'ensilage h. volonté n'en ont plus consommé chacun que 50 kilogrammes. Du 15 janvier au 6 février pour l'un, et au 6 mai pour l'autre, on porta le tourteau h 4, 5 kilogrammes, par tête et par jour. La consommation quotidienne de conserve tombe alors k 40 kilogrammes pour chacun. Le tourteau délayé dans l'eau était donné sous forme de p&te très molle.
La durée de l'engraissement a été en moyenne de quatrevingt-huit jours; les animaux pesaient à la (In 1585 kilogrammes et rendaient 828 kilogrammes de viande nette, soit 52,25 p, 100.
L'accroissement de poids vif totalaété de 182 kilogrammes, soit de t kil. 034 par tête et par jour.
La ration moyenne de 50 kilogrammes d'ensilage et de 2kg. 470 de tourteau de coton a donc produit un poids vif moyen de plus d'un kilogramme, sans préjudice de l'accroissement de valeur des tissus préexistants, par l'incorporation de la graisse en remplacement d'une partie de l'eau de ces tissus.
Vendus h, raison de IIS francs les 100 kilogrammes de viande nette, les deux bœufs ont produit t3d3fr.40 dont il faut déduire leur valeur initiale. Nivière n'aurait pas pu les vendre à cette époque plus de 70 francs les 100 kilogrammes vifs incontestablement, et dès lors la somme à défalquer du prix de vente final pour déterminer la valeur produite durant l'opération de l'engraissement, s'élève à 982 francs. La consommation de 8800 kilogrammes d'ensilage de trèfle incarnat, complétée par 433 kilogrammes de tourteau de coton, a donc
VSSGE. 1:3
été payée 300 francs, et comme le tourteau de coton ne revenait à la Saulsaie qu'à ]3ri'.53 les 100 kilogrammes, soit pour le tout à 58rr.S5, l'ensilage total était payé 241 fr.llS, soit 27fr.40 les j 000 kilogrammes.
L'expérience ayant démontré que par l'ensilage, l'incarnat perd 25 p. 100 de son poids, le prix payé par le bétail, grâce à la conservation en silo, pour 1 000 kilogrammes de fourrage vert, est encore de 20fr.5S.
A combien peul-on estimer le prix de revient du trèfle incarnat? Au plus à 209 francs, ainsi répartis :
Loyer du sol, impôts 90 francs.
300 kilogrammes de supcrphospJmte.. U —
Scarillage, hersage et roulage 20 —
Frais de récolle et d'ensilage 50 —
Total 209 francs.
Encore ferons-nous remarquer que nous avons porté h la charge de notre fourrage la totalité de la rente et que, par suite, le hlé qui suivra sur une demi-jachère sera dégrevé de ces mêmes frais.
Si,commec'estla bonne moyenne, nousrécoltons 23000kilogi'ammes de vert, qui par ensilage nous rendront 18750 kilogrammes de conserve, celle-ci ne nous reviendra pas à plus de il fr. 60 la tonne métrique. On voit donc qu'entre le prix de revient et le prix payé parle bétail, il y a une maige suflisant« pour assurer dans tous les cas un bénéfice élevé. Dans le cas présent, le profit réalisé par l'ensilage combiné avec l'engraissement, rapporté & un hectare de trèfle incarnat, est de 264 francs, et du fumier produit en sus que chacun peut évaluer. 11 n'est donc pas douteux que cette méthode de conservation et d'utilisation du trètle incarnat ne soit appelée k rendre de grands services aux agriculteurs pour assurer la nourriture économique de leur bétail.
VE5CE ( Vicia).
On cultive comme fourrage la vesce commune ( Vicia saliva) dans ses variétés d'hiver et de printemps ; la vesce blanche)
17i TRÈFLE INCARNAT.
ou lentille du Canada (V. alba] ; la vesce k gi'os fiiiit {V. n-acroearpa; et la vesce velue (V. villosa).
D3 toutes ces espèces, c'est la première qui est de beaucoup la plus importante. La dei-nièi-e se recommande par sa rusti-
Flg. 01. ■
cité mais se soutient assez mal. Nous nous occuperons ici surtout de la vesce commune (fig. 61).
Cett« légumineuse s'accommode h presque tous les climats, ('«pendant il y aurait imprudence à semei' sa vaiùété d'automne dans le nord du continent, en dehoi's des climats maritimes. On doit se contenter dans ces situations de la variété de printemps. Les contrées un peu humides lut conviennenl mieux que les l'égions sèches.
Comme sols elle préfère les ten'ains limoneux, ou ai^ileux, pourvu qu'ils ne soient pas trop humides; les sols sablonneux, granitiques ou schisteux frais lui conviennent également.
La vesce peut sans inconvénient revenir souvent sur le même sol. On la sème ordinairement après des céréales. Elle
rend de grands sei-vices pour i-einplacer au printemps les récoltes fourragères déli-uites par l'hiver.
Elle est peu difficile au point de vue de la préparation du sol. 11 sufllt d'un labour suivi d'un hersage, immédiatement avant le semis. Elle .n'est pas très exigeante comme engrais. Une tumure de 200 kilogrammes de superphospliate par hectai« répond dans la majorité des cas à ses besoins.
Dans les sols pauvres en calcaire et en acide phos- ■phorique, on pourra doubler ta dose de superphosphate. La potasse n'est utile que dans les terres mal poui-vues de cet élément ; on y répand de 100 à 200 kilogrammes de chlomre de potassium.
On sème la vesce d'hiver dans le courant de septembre et d'octobre, à raison de 160 litres à l'hectai'e, qu'on additionne de 40 à 50 liti-es de seigle ou
(l'escourgeon, pour soute- Fi^. 62. — Gesse cultivée.
nir ses tiges. La vesce de
printemps se sème depuis le commencement de mai-sjusquà la fin d'avril; on additionne celle-ci d'avoine ou de seigle d'été, ou encore de féveroles. Le semis se lait à la volée. On enterre la graine par un hersage. Comme c'est le tyi e des plantes étouffantes, elle ne demande aucun soin d'entretien.
On récolte le founage au moment de la floraison, pour le faii-e manger en vert. C'est du 15 mai au 15 juin pour la variété d'hiver, et, pour celle de printemps, en juillet. Quand on veut faner la vesce, on attend que les graines soient formées dans les gousses. Voici la composition de ce foun'age en vert et en sec :
POIS DES CBAHP5.
Eau 85,0 1S.7
Atbuniinoldes 3,0 13,0
Amides 0,7 t.O
Graisse 0,6 î,i
Hydrates de carbone 6,li 29,5
Cellulose brute 5,5 86,1
Le rendement k l'hectare est de 130 à 200 quintaux de fourage vert ou de 30 à 50 quintaux de foin.
La gesse {Lathyrin sativus) (fig. 62) et la jarosse {L. eicera) se cultivent comme la vesce. On sème la première au printemps et la seconde à l'automne.
POIS DES CEkMTS {Pisum arvense).
Le pois des champs, pois gris, ou bisaille, est une légumineuse qui se distingue des autres espèces du même genre par ses fleurs violettes ou rosées, el par ses gi-aines de couleur gris&tre et même rouss&lre, douées d'une saveur âpre. Il est cultivé exclusivement pour l'alimentation des animaux. 11 a fourni une variété d'hiver et une variété de printemps. Le fourrage qu'il produit est consommé en vert ou en sec. II est très apprécié des chevaux et des moutons suitout. Sous ces deux états il présente la composition suivante ;
Fourrage vert. Paumfrl hc.
Eau 81,5 16,7
Albuminoïdes ï,8 10,8
Amides 0,7 3,5
Graisse 0,6 î,6
Hydrates de carbone 7.i 34,2
Cellulose brute 5,5 25,2
On peut le cultiver sous tous les climats, mais il réussit surtout dans les pays moyennement chauds et humides.
Les terres compactes ne lui conviennent pas. U préfère les limons, les terres fi'anches et les sols silico-calcaires. Dans les terres non calcaii'es il réclame le chaulage ou le marnage.
11 n'exige pas l'emploi de fumures très élevées. On se borne k donner dans un sol moyen 200 kilogrammes de superphos-
POIS DES GBAH1<S. 177
-phate par hectare. On doublera la dose dans les terres pauvres en acide phosphorique. En ce qui concerne la potasse on répandra, dans les sols pauvres seulement, 100 et 200 kilogrammes de chlorui-e de potassium.
On place généi-alemont le pois entre deux céréales. Sa cul-
Fig. 63. — Pois deschacnp?.
ture, bien réussie, est étoulTanle. Comme il épuise fortement le sous-sol, il ne doit revenir sur le même terrain que tous les six ou sept ans.
On donne, aussitôt, la moisson, un déchaumage et plus tard un bon labour. Au printemps on se contente de scarifier poui-
178 SEHRADËI.LE.
rafraîchir le laboui- avant le semis, car le pois aime une terre reposée.
Dans les climats doux on peut Caire en septemlire la semaillb de la bisaille d'hiver, maie dans la région du noi'd il est plus f rudent d'attendre le printemps. On sème alors le pois de printemps depuis le mois de mars jusqu'en mai. On peut faire des semis successifs. On répand de 2S0 à 300 litres de semence par hectare, h la volée, et on enterre à la herse ou au scarificateur. On additionne les pois de seigle ou de féveroles pour les soutenir comme la vesce.
On commence la récolte en vert dès la pleine floraison. Pour faire du foin, on attend la formation des gousses. On obtient de 3S à 40 quintaux de fouri-age sec par hectai-e.
SERRADELLE {Ornitht^u» sativia) (fig. 64).
La serradelle, appelée aussi pied-d'oiseau, est une légumineuse annuelle originaire du Portugal. Sa racine est pivotante el sa lige atteint de 30 à 40 centiméti'es de hauteur. Dans les sols frais, sous l'action du pâturage, elle émet des rejets latéraux chargés de feuilles, qui forment un épais feutrage, et donnent un fourrage riche et tendre, qui n'a pas l'inconvénient d'exposer les animaux à la météo ri satîon. La serradelle est mangée en vert avec avidité pai' tous les animaux de la ferme. Elle est ti'ès favorable à la sécrétion du lait et à la pivduction du beurre. Par le fanage elle donne un foin de pi'emière qualité. Voici sa composition en vert et en sec :
Fourrage Y*rt. FourrugeKC.
Eau 81,0 16.0
Albuminoîdes 3.0 13,0
Aiiiides 0.7 2,2
Hydrates de carbone 7,0 33,1
Cellulose bruUs 5,7 25,6
La serradelle réussit bien surtout dans les sols sablonneux, pT'ofonds et un peu frais, et dans les terres sablo-arçileuses, pourvu qu'elles ne soient pas humides. Dans les terrains sablonneux impropres à la culture de trèfle violet, elle est d'une
SERRADELLB. 179
grande j'essouj'ce et a l'avantage de pouvoir revenir à bref délai sur le même sol. Elle ne réussit pas sur défrichement.
Comme son premier développement est lent, on ne la sème pas en général seule, mais plutôt dans une céréale, qui la pi'otège contre l'envahissement des mauvaises herbes qui lui nuisent beaucoup. On fait le semis, par exemple, dans un seigle d'automne un peu clair, en mars ou en avril. On peut aussi faire le semis dans une avoine ou une orge. On l'épand 30 kilo;;rammes de graine par hectare. Celle-ci doit provenir de la dernière i-écolte, car elle ne conserve sa faculté germinative que pendant un an. On recouvre la semence simplement par un roulage.
Il arrive qu'il l'enlèvement de la céréale, la seiradelle paraisse avoir été étouifée ; mais à la première pluie, on la voit pousser vigoureusement et tallei-, grice k son bon enracinement. Fig. M, — Sermdelle. ,
Elle cx>nstitue d'excellents pâturages d'automne et en même temps elle empêche l'appauvrissement du sol en nitrates par les pliiies d'arrière-saison. Son rendement en vei't est de 8 à 20 tonnes métriques, et en sec de 2 à 5 par heclaie.
Elle produit beaucoup de graine dont la maturité se fait successivement. Il ne faut faucher ni trop tût, car la graine serait sans valeur, ni tiwp tard, car on ferait une grande perte de semence. La dessiccation se fait en moyettes. Le i-endemenL est de 4 à 10 quintaux par hectare.
HOtrTARDE BLANCHE {Sinapis alba) (fig. 65).
La moutarde blanche ou herbe au beurre est une crucifère annuelle que l'on peut semer depuis le printemps jusqu'à la lin de l'été. Comme elle végète jusqu'aux gelées, on peut en semer sur les déchaumage s de céréales. Avec des semis espacés
180 NAVETTE ET COLZ*.
de quinzaine en quinzaine, on peut s'assurer une production lie fourrage vert iongue et régulièi^e. Un labour suffit pour la préparation du sol. Le rendement dépendra de la richesse du sol ou de sa fumure ; le nitrate de soude additionné de superphosphate est l'engrus indiqué. On sème envii-on 25 litres de graine à l'hectare.
On doit faucher la mout&rde blanche dès le commencement de la floraison, car elle devient vite ligneuse. Quand on la fait consommer par les vaches laitières après la floraison, elle communique au beurre une saveur amère. On ne fait jamais sécher la moutarde, mais on peut l'ensiler. Dans tous
Flg.es.-Moutardeblanche. l«s cas elle doit être récoltée avant les gelées. Nous terminerons en
donnant la composition de cet excellent fourrage vert :
Eau 83,0
Albuminoîdes ' 8,0
Amides 0,5
Graisse 0,5
Hydrates de carbone 7,2*
Cellulose brute 5,4