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NAVETTE ET COLZA

La navette {Brassica napits] sylvestris) flig. 66) est une crucifère assez épuisante, qui présente deux variétés : la navette d'hiver et la navette de printemps ou quarantaine.

La première a un développement aérien moins grand que le cotzB {Brassica napus oleifera), mats a l'avantage d'être moins sensible aux gelées, à la sécheresse et à l'altise ou puce de terre. Elle est aussi moins difficile au point de vue de la nature du sol et moins exigeante en engrais. On la cultive dans la sole

SPEIIGULE. I8i

de jachère, après un labour suivi d'un hersage. On doBoe comme engrais du supei-phosphate à la dose de 300 kiW gi-ammes dans les terres moyennes et de 4 à 500 kilogrammes dans les terres pauvres. Une addition d'engrais azoté est favorable; on peut employer 150 kilogrammes de sulfate d'ammoniaque ou 200 kilogrammes de nitrate de soude. On fait le semis dans le courant d'août, à la volée, à l'aison de 8 à 10 litres de semence par hectare, et on enleiTe à la herse. On obtient au piintemps une coupe de fourrage qui précède celle du trèfle incarnat, et est ainsi d'un grand secours àcetteépoque de l'année. On fait consommer la navette en mélange avec des fourrages secs. Elle est favorable à la sécrétion du lait ; mais donnée en excès elle communique à ce liquide et au beurre qui en provient une saveur désagréable.

La navette d'été peut se semer depuis le mois d'avril jusqu'à la fin de mai, et même en récolte déi-obée après un seigle ou un pig. 66. — Navette. escourgeon, à cause de la rapidité de sa végétation. Elle rend de grands services en année de rareté de fourrages. La composition de la navette est la suivante :

Eau 84.1

AlbuniiDoldes 2,2

Amidcs O.fi

Graisse 0,8

Hydrates de carbone 5,7

Cellulose brute 3,5

On peut remplacer la navette par le colza d'hiver au nois d'août en faisant le semis le plus t6t possible, dans les dim^ qui ne sont pas trop durs.

SPERGULE {Spergula arvensii maxima) (Cig. 67).

La spergule géante, que Ton cultive comme fourraga,. tnt une caryophyllée originaire des terrains sablonneux, de la Gaiola. — PlanteE fourragères. 11

it^i SPEHGULE.

(^ui-lanije. Dans des conditions favoi'aliles, elle peut atteindre I rruMi'L'de hauteur, tandis que la spei'gule des champs déjmsse rarement 30 centimf'trcs. Le foui-rage qu'elle donne est surtout consommé en vert à l'élable ou au pâturage. Il convient de signaler qu'il a, comme le trèfle l'inconiénienl de niétéoriser les animaux. Il est sui-toul ti es estime pout les vaches laitières, qui, à son régime, produisent un beuiie renommé. Le cheval ne mange la spergule qu'avec répugnance. On peut aussi faner ce fouirage mais par les temps un peu humides 1 opération est lente eldiRiale , Celle plante n atteint tout son développement que sous un climat humide et pluvieujL Dans les pays secs, elle fleurit au ras du sol et donne des produits insignifiants.

Les sols qui lui conviennent le mieux sont les terres sablonneuses ou sablo-argileuses très perméables, toujours fraîches en été.

La rapidité de la croissance de la spergule permet de la cultiver en récolle dérobée, comme en récolte prin- Fi.:;. liï. — SpiTguli', cipale. Comme elle revient très bien sur elle-même, on peut faire plusieurs récolles successives sur le même champ. On la sème après fourrages annuels d'hiver et après seigles à graine ou escourgeons. Elle a la réputation d'épuiser 1res peu le sol sinon de l'améliorer.

La préparation du sol est très simple. On donne un labour léger, puis on herse avec soin, pour bien ameublir la surface du sol. Comme engrais, le purin et le nilrate de soude (200 à 300 kilogs) sont très efficaces. On fait les semis depuis le commencement du mois de mars jusqu'à la lin d'août. Huit à dix semaines suffisent pour que la spergule soit fauchable : on doit donc faire des semis successifs pour assurer une consommation longue et régulière.

On répande la volée de 15 à 20 kilogrammes de semence par

SBIGLE. 183

hectare, et on l'enterre légèrement k la hei'se, puis on roule. On peut faire pâturer la spergule au piquet, ou mieux la faucher au commencement delà floraison pour la distribuer à l'étahle. l'our faire du foin on réserve de préféi-encc les semis de mars ou d'avril que l'on coupe en pleine floraison. On fait sécher en moyettes comme le trèfle. Le rendement en foin est de 33 quintaux environ pai- hectare. Voici la composition de la spergule en vei-t et en sec :

Eau 80,0 )6,7

Pour la récolle de la graine, on choisit les premiers semis, car ils fleurissent et fructifient mieux. On fauche aussitôt que les capsules sont mûres, pour éviter l'égrenagc. Après avoir laissé en andains quelques jours, on forme de petites moyelles pour terminer la dessiccation. On rentre par la rosée dans des ■voilures bâchées. Un hectare peut donner de 330 à 700 kilogrammes de graine, et 30 quintaux de paille, aussi nutritive que du foin.

CÉRÉALES-FOU RRAGES.

Parmi les céréales on cultive comme fourrages annuels le seigle d'hiver, l'avoine d'hiver dans les climats doux, le sarrasin, le maïs et le moha, sorte de miUet (1).

Seigle.

" Le seigle, dit E. Lecouteux, est de date très ancienne cultivé pour fourrage précoce qui se coupe sous le climat de Parts, dès la dernière semaine d'avril. 11 gagne beaucoup à passer par le hache-paille, car après son épiage il ne tarde pas

(i) Voy. C.-V. GiBOLA, Lea Céréales. Paris, Firmin-Didot.

Coogk

184 C£llËALES-FOURR\GES.

à devenir fibreux. L'emploi d'engrais actifs et abondants, engrais à base d'azote et de phosphates, le fait taller et pousser en feuilles très larges. Ici la verse n'est pas à craindre, puisqu'il s'agit d'obtenir du fourrage vert el non du grain. Il y a donc tout intérêt à provoquer une épaisse végétation, el d'autant mieux que, pour le bétail, cette luxuriance de récolte & coup il'engi-ais se traduira par un fourrage moins dur et plus mangeable.

<i 11 est d'ailleurs à noter que le seigle à cause de sa précocité est une excellente récolte supplémentaire qui prépare le terrain à recevoir une emblavure de maïs. Vienne une disette fouri'agèi'e en juillet et août, le seigle ensilé sera le remède à côté du mal, et certes ce remède n'aura pas coûté cher. »

La culture du seigle comme plante fourragère précoce ne dilTère pas de la culture pour le grain. Toutefois on se hÂte de faire les semis que l'on exécute en répandant plus de semence à l'hectare, il faut aussi choisir les variétés les plus productives en tiges et feuilles, et les plus précoces à la fois.

M. Lechartier acultivé comparativement différentes variétés comme fourrages en 1892-93, et a obtenu les rendements suivants :

Seigle grand de Russie iOS quintaui.

~ de Schlansledt 346 ~

— des Alpes 359 —

— de Champagne 2i7 —

— de Brie ÏTl —

Le seigle-fourrage présente la composition suivante au point de vue alimentaire :

Eau 7î,9

MaLére azotée 3,3

Graisse brute 0,9

Hjdrates de carbone Ufi

Cellulose bru le 7,3

Cendres 1,6

Une^ache deSOOkilogrammesdepoids vif est suffisamment nourrie avec 50 à 60 kilogrammes de seigle vert par jour. Ce fourrage est favorable à la production du lait.

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