‹ Plantes fourrangèresChapitre 69 sur 168 · fi · texte numérisé non relu

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Acide phosphoriquc

va BETTERAVE.

C'est en juin et juillet que le travail radicutaire atteint a

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est relativement très élevé, quand

on le compare à ce que nous avons observé ailleurs. C'est à ce moment donc, qu'il convient d'assurer à la betterave une abondante provision deléments fertilisants facilement assimilables.

Une récolte moyenne de betteraves à collet rose, par la culture en rangs seirés, s'élève facilement au chiffre de 30 à 40 tonnes de racines, dosant 18 p. 100 de matière sèche. Avec le type de racine que nous avons obtenu, pesant à l'étal sec 58,3 grammes el 323 grammes à l'élat Trais, et pour un espacement de 45/23, nous aurions cent mille plants à l'hectare, produisant 32 tonnes de racines en chiffres ronds. Cette recolle aurait prélevé sur les ressource? alimentaires du sol :

Azote 132 kilogramraes.

Acrde phosphorique 59 —

Polasae 323 —

Chauï 86 -*■

Ces quantités ne sont pas exagérées, on peut mêm'e' dire qu'elles sont souvent dépassées dans la bonne culture et dans les années favorables. Ces exigences de la betterave sont trèS élevées, surtout pour la potasse. Mais pour régler la fumure de la plante qui nous occupe, la connaissance de ses e:tigénces totales en principes nutritifs n'est pas suffisante. Il faut que nous examinions à quels moments la betterave éprouve le besoin le plus intense de chacune des matières fertilisantes les plus importantes, car il conviendrade prendre les mesures nécessaires pour qu'à cet inslani précis le sol soit à même de satisfaire amplement à l'absorption des radicelles. Là considération du développement de celles-ci et du travail qu'elles ont à effectuer par unité de matière sèche, est susceptible aussi d'éclairer le problème de ta fumure pratique.

Pendant les deux premiers mois delà végé talion, laformalion de la matière sèche ne dépasse guère 1 p. 100 du maximum. Mais on observe alors que l'azote et la chaux sont absorbés avec une notable avidité, puisque l'on en trouve dans la plante 2,26 pour le premier et 2,56 pour la seconde p. 100 des maxima. Ces proportions sont beaucoup plus élevées que celles de la formation de la substance sèche. En égalant celle-

ci à 100, l'absorption relative de l'azote devient 209 et celle de la chaux 237. C'est un indice de l'importance de leur action sur le premier développement de la betterave. La potasse et l'acide phosphorique, d'autre part, sont absorbés avec une avidité beaucoup moindre.

Le travail d'absorption des radicelles est alors maximum pour l'azote; il est presque égal pour tapotasse; pour lachaux, il est encore élevé, mais il est très faible pour l'acide phosphorique. L'azote, lachaux et tapotasse sont donc les éléments nutritifs que la betterave demande à cette époque à trouver dans le sol sous la forme le plus assimilable ; l'acide phosphorique n'est pas demandé dans les mâmes proportions. Cependant il faut remarquer que pendant toute sa végétation la betterave a une très grande aptitude pour absorber la potasse; celte aptitude n'estpendant cette période que le quart environ du maximum qu'elle peut atteindre, tandis que pour l'azote elle atteint déjà plus de moitié du maximum, et près (le la moitié pour la chaux. Nous en déduisons que, pendant les deux premiers mois de sa vie, la plante qui nous occupe esl favorablement influencée par l'azole et la chaux facilement sol u blés.

Pendant le troisième mois, l'activité de la végétation e^t beaucoup plus grande. La formation de la matière sèche est dix fois plus forte, et en même temps les proportions de chaux, d'acide phosphorique, d'azote et de potasse absorbées s'élèveot beaucoup. La plante a formé, en effet, 10,04 p. 100 de sa matière sèche et absorbé 17,35 p. 100 de sa chaux, 12,33 p. 100 de son acide phosphorique, 9,4i p. 100 de son azote, et 7,91 p. 100 de sa potasse. Et, fait digne de remarque, pendant que l'absorpllon de la chaux devient largement dominante, celle de l'acide phosphorique, qui était peu importante au début, s'accentue fortement et prend le second rang. L'azote ne vient qu'assez loin en aiTière, comme la potasse. Le superphosphate de chaux est donc un engrais qui convient admirablement à la betterave, à cause de l'apport important de sulfate de chaux qui résulte de son emploi et aussi du phosphate li-ès assimilable qu'il renferme.

Pendant cette période le travail radiculaire est tivs élevé

pour Ions les principes nutritil's el il atleint son maximum. Cela démontre un grand besoin d'engrais très assimilables. Le gramme de radicelles sèches absorbe 52 milligrammes de matières nutritives,

Pendant le quatrième mois, l'activité de la formation de la matière organique s'élève considérablement. La plante crée 40 p. 100 de sa substance et l'absorption des principes nutritifs s'accroit dans une même proportion. Leur absorption relative, pendant cette époque est en effet de 52,55 p. 100 pour ta chaux, 38,30 p. 100 pour la potasse, 27,13 p. 100 pour l'azote, et 16,07 p. 100 pour l'acide phosphorique. L'absorption proportionnelle de la chaux est toujours de beaucoup la plus considérable ; sa courbe reste bien au-dessus de celle de la matièresèche et diverge sensiblement. La betterave continue donc a en avoir grandbesoin.Pour la potasse, l'azote et l'acide phosphoiique, les courbes restent au-dessous de celle de la matière sèche. Celle de la potasse lasuitpresque parallèlement, de sorte que malgré l'intensité absolue de l'absorption de celte base, il ne semble pas bien nécessaire de faire intervenir à celte époque des engrais potassiques, car il est évident que nous avons affaire Ji une plante très bien organisée pour tirer cet élément du sol. La courbe de l'azote comme celle de l'acide phosphorique qui, pendant le troisième mois, s'étaient placées au-dessus de celle de la matière sèche, passent au-dessous et lui deviennent inférieures, surtout la dernière. La plante a toujours besoin de trouver ces éléments à sa portée, mais elle ne manifeste plus pour eux d'avidité particulière ; elle prend le temps de les consommer et nous en concluons que ia fumuredoit comprendre à côté dunitrate et du superphosphate très rapidement assimilables, qui répondent si bien aux exigences de la betterave pendant le troisième mois, des engrais à action plus lente, comme le fumier et le phosphate soluble au citrate.

Pendant ce quatrième mois, le travail radiculaire a diminué de plus de moitié. S'il est resté sensiblement le même pour la potasse, et pour la chaux, il est tombé au quart pour l'acide phosphorique. C'est que les organes d'absorption de la plante ont atteint leur maximum, et que leur développement relatif

a été plus rapide que celui de l'absorption. Si ses besoins sont plus grands, la plante est mieux outillée pour y satisfaire. Il lui faut toujours un sol riche, mais elle est moins regardante sur la forme des éléments fertilisants qu'on lui offre.

Durant les deux derniers mois de sa v^étation, la racine fait plus que doubler; la plante y emmagasine les provisions nécessaires pour la seconde année de végétation. La formation de la matière sèche est de 48 p. 100, soit de 24 p. 100 par mois; c'est presque moitié moinsjque pendant le quatrième mois. L'absorption des principes nutritifs devient alors par mois de 13,8 p. 100 pour la chaux, 26,5 p. 100 pour la potasse, 30,5 p. 100 pour l'azote, et de 35 p. 100 pour l'acide phosphorique. L'activité de l'absorption diminue pour la chaux et la potasse, elle augmente un peu pour l'azote, mais il se manifeste une recrudescence très nette pour l'acide phosphorique. C'est alors que le travail, radiculaire tombe à son minimum.

Notre conclusion pratique est que l'on se trouvera bien de fournir à la betterave une abondante fumure de fumier de ferme bien décomposé (40 tonnes métriques), pour lui assurer pendant toule la durée de la végétation un abondant approvisionnement d'éléments nutritifs; cette fumure de fonds devant surtout satisfaire aux exigences de la seconde période végétative. 11 conviendra de la compléter par du nitrate de soude (200 kilog.) pour favoriser son premier développementet surtout par du superphosphate (400 kilog,), source à la fois de la chaux très facilement assimilable, si nécessaire à la plante dans les quatre premiers mois de son existence, et de l'acide phosphorique de très facile absorption qui est indispensable pendant le troisième mois.

Ces conclusions s'accordent très bien avec celles de nos essais en plein champ, qui nous ont démontré la supériorité delà fumure mixte, et la grande importance du superphosphate, surtout dans nos sols de Beauce, pauvres k la fois en calcaire et en acide phosphorique. C'est ainsi qu'à Cloches, avec le concours de M. Oscar Benoist, nous avons obtenu les résultats suivante :

VâGËTATIOM ET EXIfiENCBS.

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