‹ Plantes fourrangèresChapitre 70 sur 168 · UI^B · texte numérisé non relu

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PumuH ordinaire

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quipliui.

Comptel phosphate

Complet superphosphate.

Sans acide phosphorique.

Il résulte des faits constatés les conclusions suivantes :

1» On n'a obtenu aucun avantage de doubler la fumure ordinaire de fumier de ferme.

2° Malgré la richesse foncière du soi en azote organique, le nitrate de soude, en apportant son azote éminemment assimilable, a eu l'effet le plus heureux sur le rendement.

Dans les parcelles 4 et 7, fumées avec l'engrais complet, nous avons obtenu en moyenne un excédent de récolte s'élevant à 144 quintaux: de racines et 16 quintaux de feuilles.

La parcelle 9, qui a reçu la même fumure sauf l'azote, n'a donné qu'un excédent de 90 quintaux de racines et de 8 quintaux de feuilles.

Le nitrate de soude a donc eu pour effet d'accroître la récolte, par sa propre action fertilisante, de 64 quintaux de racines et de 8 quintaux de feuilles.

11 est impossible après cela de ne pas admettre l'efflcacilé de l'azote comme certaine.

3° L'acide phosphorique des superphosphates a eu sur les rendements une action remarqu^le. D'abord nous avons pu constater de rechef que le superphosphate hâte d'une manière très nette le premier développement de la racine. Ce fait a des conséquences pratiques que tous les cultivateurs comprendront.

Enfin, outre l'activité du premier développement, cet engrais élève le rendement final en racines sans avoir d'action notable sur le poids des feuilles.

Tandis que dans les parcelles 4 et 1, en effet, le rendement dépasse de 144 quintaux, le produit du sol sans engrais, la parcelle n" 8, à l'abstinence d'acide phosp borique, ne donne

BETZEBATES FOIIBRAGÊBES

Fig. 1.9. — Action des engrais sur U betteravu fourragère.

que 82 quintaux d'excédents. L'aci Je phosphorique soluble, h. lui seul, a donc élevé la récolte de 62 quintaux.

Le rendement en feuilles dans les deux cas est resté le même.

Devant de pareilles différences, nous sommes autorisés à conclure que dans ud sol qui ne dose pas plus de 0gr,03 d'acide phosphorique soluble dans l'acide citrique faible par kilogramme, le superphosphate est d'un emploi indispensable, et avantageux, dans la culture de la betterave.

4° Les phosphates minéraux des Ardennes se sont montrés au contraire d'une très faible eflicacité.

5° La betterave est une plante très exigeante en pelasse. L'analyse denotre terre nous faisait prévoir l'utilité d'employer le chlorure de potassium comme engrais.

L'expérience a conllrmé nos prévisions. En effet, tandis que l'engrais complet nous faisait obtenir en moyenne 144 quintaux de racines en excédent, la suppression de la potasse fait tomber ce surcroît à 106 quinteu.x. En mettant le sol à l'abstinence de potasse, le rendement a baissé de 38 quintaux. Le produit en feuilles ne semble pas avoir été influencé.

L'influence de la potasse a été moins grande que celle de l'acide phosphorique, quoique très nette. Cest la conséquence de la moins grande pauvreté du sol en ce principe fertilisant.

Le graphique de la ligure 99 représente les excédents obtenus dans nos expériences, et en fait ressortir nettement à l'œil les principales conclusions.

Culture.

La betterave fourragère vient toujours en tète de l'assolement. Comme nous l'avons dit dès le début, elle remplace avantageusement l'ancienne jachère. Elle est toujours suivie par une récolte de blé d'hiver ou de piintemps, quand l'arrachage en a été trop tardif. C'est en effet après plantes sarclées, que l'on obtient les rendements les plus assurés de cette céréale en même temps que les plus économiques.

La plante qui nous occupe ayant une racine pivotante, elle réclame un terrain profondément ameubli aiin de pouvoir se développer normalement. Pour arriver à cet ameublisse ment indispensable, aussitAt la récolte précédente enlevée, on donne un labour superhciel de déchaumage qui ne dépasse

2M BBTTERAVB.

pas 6 à 8 centimètres de profondeur. Les racines de toutes les mauvaises herbes sont ainsi retournées et exposées au soleil et cela les détruit. Un coup de herse au bout de quelques jours les extirpe et ameublit la surface d'une manière favorable à la germination de toutes les mauvaises graines, car à cette époque il fait encore assez chaud pour qu'elles poussent. Quand elles sont bien venues, on les détruit, dans les terres légères, par un coup d'extirpateur, mais il est bien préférable de les enfouir par un labour de 30 centimètres de profondeur. C'est par ce labourprofond qu'il convient d'enferrer le fumier. Si on ne le peut, un le fera au printemps par un bon labour et on enterrera en même temps les superphosphates et les sels de potasse s'il y a lieu. La terre ainsi traitée avant l'hiver est abandonnée aux intempéries de la saison. Les alternatives de gel et de dégel la désagrègent et l'ameublissent parfaitement.

Au printemps on donne plusieurs façons d'ameublissement: à la charrue, à l'exttrpateur et à la herse, de manière à mettre la terre en parfait état. Le nombre de ces façons est variable avec la nature du sol et la saison. Les terres fortes sont plus exigeantes que les autres. Le rouleau Crosskill est dans tous tes cas un auxiliaire puissant pour la pulvérisation des mottes.

Pour effectuer les labours on ne saurait trop préconiser les charrues Brabant doubles, pour les labours profond, et pour les autres les charrues Bissocs. Quant aux herses, ce sont celles en fer et articulées, qui sont les plus efficaces et les plus économiques. C'est au printemps et par le dernier labour ou au moins par un quasi-labour que l'on enterre le nitrate de soude pour la moitié environ de la quantité totale, le reste étant réservé pour l'époque du démariage.

Le sol bien préparé, l'engrais enfoui, il faut songer à peupler le champ. On opère généralement par semis en place et dans quelques circonstances par repiquage de plants élevés en pépinière. Le semis se fait toujours en lignes à plat ou en billons, de même que le repiquage. Nous aurons à examiner ces différents cas, mais auparavant il nous parait nécessaire d'étudier les questions de l'influence de la nature des variétés choisies et de l'espacement des plants sur le rendement net de cette

PRODUCTION DE LA BETTERAVE FOURRAGËEtB. 267

culture. Nous avons fait de nombreuses expériences sur ces deux points, et nous rapportons ici les plus intéressantes.

Action de la variété et de )'as|MO«ment sur la produotîon de la battarave fourragera.

Poussés par l'aiguillon (le la nécessité, les cultivateurs qui s'adonnent à la production de la betterave à sucre, sont arrivés, depuis vingt ans, par des recherches suivies, à améliorer la racine saccharigène d'une façon remarquable. Le taux de sucre pour cent de racine a été augmenté de beaucoup, grOce à la sélection des porte-graines et h une culture en rangs serrés, gr&ce aussi à l'emploi de fumures abondantes et appropriées. Pendant ce temps, qu'a fait le cultivateur de betteraves fourragères? 11 est resté hynoptisé par le rendement brut et par la grosseur des racines. Ces deux seules apparences sont demeurées pour lui te critérium de la valeur agricole des variétés. On ne le voit s'inquiéter en rien de la richesse des betteraves en subtances réellement nutritives; il n'y a pas pour lui betteraves et betteraves comme il y a pour tout le monde fagots et fagots.

Et cependant il n'est pas douteux, quand on se donne la peine de réfléchir un instant, que, si la valeur de la betterave industrielle est proportionnelle h sa richesse centésimale et ,à son rendement total en sucre h l'hectare, la valeur d'une betterave fourragère doit être en raison de sa teneur en principes nutritifs et de son rendement en matières réellement alimentaires par hectare. Or y a-t-il parallélisme entre le rendement brut par unité de surface, entre la grosseur individuelle des racines et leur valeur alimentaire? L'expérience montre qu'il n'en est rien. Dehérain a fait la démonstration de la mauvaise qualité des grosses racines. Nous avons entrepris, avec le concours dévoué de M. Oscar Benoist, l'habile agriculteur de Cloches, des expériences dans le but de démontrer l'influence du choix des variétés et du mode de culture sur le rendement utile de cette plante fourragère. Les résultats en ont été très démonstratifs. En 1S96, nos essais ont porté sur )a variété jaune ovo)de des Barres, et avaient

pour but d'étudier l'influence de l'espacement des racines sur le rendement en substances alimentaires par hectare. Nous n'en rappellerons ici que les conclusions. I es betteraves serrées [744 à l'are) ont donné un rendement brut de 804 quintaux à l'hectare, tandis que les betteraves à grand espacement (220 à l'are) ont produit 829 quintaux. Le poids moyen des premières était de 1065 grammes et celui des grosses de 3768 grammes. Or, malgré la légère inférioi-ité du rendement brut, les betteraves serrées ont donné h l'hectare un excédent de matières réellement nutritives (sucre, albumine et graisse) de 1240 kilogrammes sur les grosses racines. Si l'on rapporte cet excédent à la somme de matières nutritives fournie par hectare de betteraves à grande distance, somme qui s'élevait à 2075*»', 5, on voit que la culture à plants serrés a augmenté le rendement en éléments nutritifs de 60 p. 100. Nous avons constaté, d'autre part, que les petites betteraves renfermaient trois fois moins de nitrate de potasse que les grosses. Une vactie mangeant 40 kilogrammes de grosses racines absorbait 64 grammes de nitrate par jour, tandis qu'en consommant les petites en même quantité elle n'en ingérait que 20 grammes. A petite dose, ce sel est très laxatif et l'observation a montré qu'une quantité de 100 grammes absorbée par une vache moyenne est très nuisible à sa santé.

Enfin nous avons été frappé de la pauvreté de nos betteraves en matières nutritives et de leur richesse en eau. Cela nous a conduit à entreprendre nos essais de 1897, dans le but de confirmer les précédents et de rechercher parmi les variétés de betteraves connues celles qui seraient le plus avantageuses sous le rapport de la production de la matière nutritive.

Nous ne nous sommes pas cette fois borné à des expériences culturales et à des analyses, mais nous avons voulu compléter nos investigations par des essais d'alimentation poursuivis h Cloches sur l'engraissement du mouton et par des recherches sur la digestibilité des grosses et des petites racines exécutées sur le lapin à la Station agronomique.

Résultats caltaraux. — Dans un sol de limon, ayant

PKODUCTION DE LA BETTERAVE FOUEtRAGËKE.

reçu une fumui* de 40 000 kilogrammes de fumier de ferme excellent et de 400 kilogrammes de superphosphate h l'hectare, nous avons cultivé comparativement 9 variétés de bettel'aves, en lignes espacées d'une part de 90 centimètres, et de l'autre de 45. Sur la moitié de la superlicie de chaque gi-oupe de racines cultivées à des dislances différentes, il a été l'épandu une fumure additionnelle de 200 kilogrammes de nitrate de soude, par hecUre, afin de reconnaître si celte addition influerait notablement sur la teneur des racines en nitrate.

Les tableaux {p. 270 et 271) rendent compte des résultais obtenus, ramenés à l'hectare. Pour chaque variété nous avons indiqué le nombre de plants récoltés à lare, alin de bien préciser l'espacement.

De l'examen des résultats précédents, il appert qu'en général pour les betteraves la culture en lignes espacées seulement de 45 centimètres a donné des rendements plus consi- (lérables que la culture à grandes distances. Il n'y a d'exceptions pour aucune variété. Les excédents sont de 66 quintaux pour les variétés à sucre ou de distillerie, et de 90 quintaux pour les races purement fourragères. A supposer que les petites racines n'aient pas une valeur supérieure aux gi'osses, il est indiscutable déjà qu'il est avantageux d'adopter la culture en ordre seiTé.

D'un autre cité l'addition de 200 kilogrammes de nitrate de sonde à la fumure générale de 40000 kilogrammes de très bon fumier et de 400 kilogrammes de superphosphate a eu une action sensible sur le randement. Le tableau suivant le met en évidence :

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