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fr.
Il résulte de toutes ces considérations que les plantes fouri-agÈres jouent en économie rarale un rûle chajjue année plus important et c'est pourquoi, comme nous l'avions fait, ily a déjà quelques années, pour les céréales, nous avons pensé qu'il y avait lieu de leur consacrer un ouvrage spécial.
Dans l'étude que nous leur consacrons ici, nous avons envisagé les riantes fourragères non seulement au point de vue de la production pi'oprement dite, mais aussi à celui de leur emploi dans la nourriture du bélail. Nous avons donc donné une part importante de nos soins à la détermination de la valeur alimentaire des diiïérentes plantes que nous avons
Sassées en revue, en nous appuyant sur les travaux de nos evanciers ou de nos contemporains, ainsi que sur les expériences qu'il nous a été donné de faire nous-méme. Aussi espérons-nous t^ue le cullivateur y trouvera non seulement les notions nécessaires pour arriver a produire beaucoup de fourrages, mais encore les renseignements les plus utiles pour tirer de leur transformation pai* le bétail les résultats les plus avantageux.
Chartres, le 2* janvier 1904.
N.-B. — Il est géDéi'alisment peu aorrable b. un auteur de si^nalar lui-im>iao à ses lecteurs les lacunes de son œuvre, mais cependant je suis ai persuadé que les miens m'en seront reconnaissants que je n'hésite pas il les prier do comploter, k l'aide de l'eicellent traité nue M- Guénaux publie d&aa l'Encyclopédie agricole, sous le titre a Entomologie et Parasitoîogie agricoles », les notions trop aom- -iï(|uelles j'ai dû, faute de place, réduire l'étude '--
insectes n
s plantes fourragère
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« Tout terrain abanJonnù k lui-même, dit de (iaspaiin, organisateur lie rinslilut agronomique de Versailles, se couvre spontanément d'un gazon dont les tiges sont plus ou moins fournies et s'élèvent à une plus ou moins grande hauteur, selon la nature du sol, son état de fertilité et le climat dans leque) il est situé. Cette production naturelle d'herbe est d'autant plus gi'ande que la saison de chaleur humide est plus longue. Au nord du continent, les prairies ont un long sommeil hivernal, puis repoussent ligoureuseraent pendant les étés humides; si, au conlraiœ, nous descendons vers le midi, nous trouvons en Algérie un hiver humide, sufllsamment chaud pour que les herbes ne cessent de végéter. Pendant cette saison et celle du printemps la surface entière du pays est une l'iche prairie dont on finira par comprendre les avantages ; en été tout se dessèche et les plantes entrent dans leur sommeil estival, ki c'est le froid qui les arrête, là c'est la sécheresse; les deux conditions, chaleur, humidité, ont cessé de se rencontrer ensemble. Enti-e les deux extrêmes se trouvent des pays dont l'hiver est doux ut l'été humide, où la végétation est à peine interrampue. Les praii'ics y développent constamment le luxe de leur verdure : c'est ce qui se passe sur les côtes occidentales de notre continent; le Poitou, la Bretagne, la Normandie, la Hollande, la verte Irlande, sont de véritables pays d'herbages partout où le sol est suffisamment hygroscopique. Au contraire, si l'hiver est assez rigoui'eux pour interrompre la végétation et que l'été soit sec et chaud, on ne trouve plus de belles prairies que sur les montagnes, Garol;». — Plantes foorragiJres. 1
que leui altitude soustrait au\ influeiirea du climat, ou sur des t«iiains arroses natuiellement ou ai tiriciellement La région intérieure de 1 Europe qui pie ente ces circonstances est pauiie en founaf,PS et en bétail si on labaniiunne à ses Toi ces naturelles mais c est là aussi que l'industrie de 1 homme coriigeant la nature a su créer les prairies de la Lombardie qui n\alisent en etea\ec celles de la zone des pàtui âges, et les p res à Mai cite qui les sui passent en tiivcr ; c'est dans cette région que la culture des prairies temporaires a introduit tes prairies arUIlcielles, bravant par le choix de ces plantes la sécheresse du sot et celle du climat, en Angleterre, en Belgique, en Allema;;ne, dans la France orientale. Le capilai et le travail ont ainsi suppléé par les labours pi-ofonds et les irrigations ce que refusait la nature. Au milieu de chacune de ces régions se trouvent des terrains exceptionnels qui ne participent ni aux qualités, ni aux défauts de ceux qui les entourent; ainsi dans la région occidentale on voit de grandes étendues de terrains sablonneux et arides que les pluies et les temps humides de l'été ne suffîsent pas pour entretenir en végétation : les landes de Etordeaux et de la Bretagne, les bruyèi-es delà Belgique, de la Westphalie, du Jutland, etc. Au contraii-e dans la région orientale, les plateaux élevés, les terrains baignés naturellement par la filtration des eaux et l'irrigation des sources, comme les prés d'embouche du (^harolais, semblent défier la sécheresse qui règne autour d'eux... "Les prairies pérennessontnéccssairementpolyphytcs,c'est- &-dire composées de plusieurs esp^ces différentes de végétaux et quelquefois d'un grand nombre d'espèces vivantcûte à côle les unes des autres et formant, par l'envahissement de leure racines et te mélange de leurs tiges, ce que l'on appelle le gazon. Quand même au début on n'aurait semé qu'une seule espèce de graine, on n'en verrait pas moins surgir bientôt d'autres dont le germe préexistait dans le sot, ou dont les semences y sont apportées par les eaux et vents ; et peu h peu chacune d'elles se faisant sa place selon son degré de vitalité, le mélange rentre dans la proportion des gazons qui croissent dans le pays, et dans des sols semblables et semblablement disposés. Parle semis, on ne Fait que bâter le moment où le
leirain possédant une quanlitt suffîsantp de germes commence à donner un produit mais on ne rMc nullement i ai biti-u de la nature des herbes qui finiascnL par y dommer 11 y faut d'autres soins ; il faut changer la nalure du sol soit en desséchant celui qui est trop humide soit en aiiosant celui qui est trop aride, soit eu fumant celui qui est Itup maigre il faut faire une guerre incessante aut plantes nuisibles poui modilier les qualités du gazon
« La prairie une fois établie on en récolte 1 hetbe de deux, façons, ou en la faisant pàlurei sur place par les bestiaux ou pn la fauchant pour la convertir en foin. Dans le premier cas, elle prend le nom de pâturage ou d'herbage ; dans le second, c'est une prairie proprement dite, qu'on a appelée prairie naturelle, par opposition aux prairies temporaires auxquelles Olivier de Serres a imposé le nom de praii-ies arliriciellea qui leur est resté. «
Types de bonnes prairies. — Il n'y a pas de culture, comme on vient de le voir, qui subisse d'une manière aussi netl« les influences du climat ou du sol que celle des prairies. C'est pourquoi nous estimons que l'observation des faits naturels est le meilleur guide que puisse suivre l'agriculteur pour leur civation. Nous allons dans ce but, avec Amédée Boilel, qui professa l'agriculture à l'Institut agronomique de Versailles et àcelui de Paris, Jeter un coup d'œil rapide sur la constilution botanique des meilleures prairies ou herbages des principales régions de notre pays. Les praticiens trouveront dons cette revue des indications précises sur les espèces et les variétés dont ils ont à favoriser la multiplication.
En Normandie, dans le Cotentin, un bon herbage de Goigny présente la composition botanique suivante :
Gn.\HINÉES 6/lfl.
Ray-grass vivaee c.
Boulque liiineuse ce.
Crëtelle.
Flouve odorante . i;.
l'aturin conunun. A. c.
Féluque rouge A. c.
Brome mou c.
Dactyle R.