‹ Plantes usuelles des Brasiliens (volume 2)Chapitre 14 sur 119 · GATE E RES ARCS · texte numérisé non relu

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point aussi étroites, qui sont évidemment dentées en scie et terminées par une petite pointe particulière. Elle s’en distingue encore par ses fleurs plus grandes, plus rapprochées, ses pédicelles tout-àfait pubescens, son calice plus charnu, son ovaire ovale et très-velu, enfin par ses ovules suspendus au sommet des placentas. L’odeur de ses fleurs est agréable. Leurs grappes, comme dans l'espèce précédente, rappellent celles du Muguet du mois de mai.

Localités. Cette plante se trouve auprès de Rio-de-Janeiro, et principalement dans Les haies qui avoisinent S'aïnt- Christophe.

Usages, On a lieu de s'étonner qu’à l'exception de quelques racines , les habitans du Brésil méridional ne cultivent point de plantes potagères qui appartiennent bien réellement à leur pays. Il est impossible de supposer cependant qu’au milieu d’une quantité si prodigieuse de végétaux, il ne s’en trouve pas un grand nombre qui pussent devenir d’excellens légumes. Mais on ne doit point oublier que si les plantes , qui remplissent les potagers de l’Europe, offrent aujourd'hui des alimens aussi sains qu’agréables , on le doit à des tentatives nulle fois répétées , et à un travail opiniâtre; les racines de la carotte sauvage sont dures et extrêmement grêles; on ne pourrait manger, sans de graves inconvéniens, le céleri tel qu’il croît au bord de nos fontaines ; enfin nos chous , nos laitues, nos melons, etc., ne sont que le résultat de l’art et de la culture. Il est donc à désirer que les Brasiliens fassent à cet égard des essais que la persévérance rendrait certainement profitables. Je leur indique ici les Conohoria Lobolobo et castanefolia, parce qu’il y a déjà quelques données pour croire qu’en les cultivant, on pourrait finir par en ürer part. Leurs feuilles crues n’ont qu’un goût herbacé; mais cuites, elles deviennent mucilagineuses, et les nègres de plusieurs cantons des environs de Rio-de-Janeiro les mangent avec leurs alimens. Il faudrait transplanter le Lobolobo dans de bonnes terres, le placer à l'ombre, essayer même quelques moyens pour étioler, ou, comme disent les jardiniers , pour faire blanchir ses feuilles ; et il est à présumer que l’on finirait par obtenir un légume agréable.

Observations botaniques particulières. Le genre Conomorta Kunth , ( Conohoria, Passura, Riana et Rinorea Aub. — Alsoïdea Dupetit-Th. — Ceranthera Bauv. — Conohoria, Rinorea, Alsoïidea et Ceranthera Gin.) se caractérise de la manière suivante : CaLIcE 5-partite, à peine inégal , persistant. Pérazes au nombre de 5, hypogynes, égaux. Necrarre cupuliforme , entourant les étamines et souvent nul. ETamines au nombre de 5 , alternes avec des pétales, plus courtes qu'eux : filets libres ou soudés en urcéole, le plus souvent fort courts : anthères aplaties, membraneuses au sommet et sur les bords, immobiles, ayant la face tournée vers l'ovaire ‘divisées en deux loges et s’ouvrant longitudinalement ; les lobes de l’anthère terminés antérieurement par deux soies ou deux petites membranes. SrxLe persistant. STIGMATE {ermi: nal, obtus. Ovarrs supérieur , sessile, 5-lobé , 1-loculaire, 3-9 sperme. Carsure 3-valve, entourée du calice , hs pétales et des étamines : valves séminifères dans leur milieu. Semences presque globuleuses. TÉcumenT propre cortace. Emsrxow renfermé dans un périsperme charnu : cotylédons planes : radicule tournée vers le hile (caract. sem. ex Kunth.)

Brown avait déjà reconnu (Congo 21 ) que l'Æ/soïdea d’Aubert Dupetit- Thouars, et le Ceranthera de Bauvois étaient identiques, comme aussi le Conohoria et le Passoura d'Aublet. Kunth a été plus loin, et a parfaitement senti que le Riana et le Rinorea ne différaient point du Conohorta , et que celuici devait être également confondu avec l’Æ{{soidea. Més observations s’accordent parfaitement avec celles de l’auteur savant du Vova Genera , et, comme lui, je réunis tous les genres que je viens de citer. La longueur relative du filament et de l’anthère ne peut servir pour distinguer le Rinorea du Conohoria; car tous les deux offrent également des filets très-courts. A la vérité, quoique Aublet n'ait point parlé d’un nectaire dans son Rénorea, il en existe un dans cette plante, et 1l n’y en a point dans le Conohoria ulmifolia (F. Kunth Nov. Gen.); mais M. Dupetit-Thouars qui a trouvé des Conohoria avec ou sans nectaire, n’a pas cru devoir les séparer , et mon C, ZLobolobo qui n'est pas fort éloigné de l’ufmufolia, fait le passage des espèces à nectaire aux espèces qui n’en ont pas, puisque chacun de ses filets porte en dehors une petite écaille distincte, ébauche d’un véritable nectaire, Si les filamens sont libres dans le C. ulmifolia , et soudés dans les #/soïdea Dup., ils sont écalement soudés dans mes C. Lobolobo et castanefolia , et il est probable que l’on ne voudra, dans aucun cas, séparer ces plantes de l’ulmifolia. Je conviendrai que dans l#/soidea pauciflora Dup., dont j'ai fait moi-même l'analyse, j'ai trouvé des anthères plus courtes ,et des filets plus longs que dans mes Conohoria , et qu’au lieu de finir par deux soies , Les lobes de l’anthère se terminent antérieurement par

deux membranes ; mais l’4/soëdea pubescens Dup. que personne, jusqu’à présent, n’a séparé du pauciflora , présente avec un nectaire fort sensible , des anthères presque aussi longues que celles de mes Conohoria, et sinous admettons de semblables caractères pour distinguer des genres, il faudrait, pour être conséquent , faire un genre de chaque Zonidium , ou pour mieux dire, renoncer entièrement aux associations génériques. Quant au Piparea que l’on avait cru un instant congénère du Conohoria, M. Kunth pense actuellement, et probablement avec raison, qu'il appartient aux Bixinées , et ce qu'il y a de fort remarquable , c’est que déjà autrefois M. de Jussieu demandait ( Gen. 295) si ce genre ne devait pas être rapproché du Læta.

Observations botaniques générales. Y'ai déjà eu l’occasion de faire observer bien des fois qu'aucun caractère, quel quil fût, n'avait une importance égale dans tous les groupes. Je vais en donner un nouvel exemple. Rien n'est plus constant, sans doute , que la position des ovules dans les Composées, les V'alérianées , les Ombellifères , etc., et par conséquent ce caractère a dans ces familles la plus haute importance : on va voir qu'au contraire il est dans les V’iolacées sans la moindre valeur. En effet, j'ai rapporté du Brésil trois Conohoria, savoir : C. Lobolobo , castanefolia , et Rinorea (Rinorea Guayanensis Aub): le premier a les ovules attachés au bas des placentas ; dans le second ils sont suspendus à leur sommet; dans le troisième enfin chacun des ovules occupe une place différente, et offre un mode d’adnexion différent, car l’un des trois, inférieur, est ascendant, un autre, intermédiaire, est péritrope, et le supérieur est suspendu.

EXPLICATION DES FIGURES

1. Fleur grossie. — 2. Un des pétales id. avec son extrémité roulée. — 3. Un pétalewd. déroulé pour montrer sa forme. — 4. Étamine grossie , vue de face. a. Les lobes de l’anthère. — 5. Membrane terminale. — 6. Étamine grossie, vue en dehors. a. Filet chargé d’une écaille. — 7. Galice et pistil.

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