‹ Plantes usuelles des Brasiliens (volume 2)Chapitre 39 sur 119 · N° AA · texte numérisé non relu

N° AA

supérieures qui sont ordinairement plus courtes que les autres (brac-

tées ): pédoncule hérissé : axe également hérissé et en zigzag. Porrs

d'un vert roussâtre. FLeurs d'une odeur agréable, un peu agglomé-

rées, et poriées par des pédicelles courts et hérissés. CaLice très-

inégal, croissant avec le fruit; à 5 folioles d’abord étalées , orbicu-

laires, ciliées, velues ou pubescentes ou bien chargées de poils

épars; une inférieure très-petite; 2 intermédiaires plus grandes et opposées ; 2 supérieures également opposées, très-grandes, fort concaves. Pérares au nombre de 2 à 5 rarement solitaires ou au nombre de 4, hypogynes, aliernes avec les folioles du calice, longs de trois lignes, obovés-oblongs , un peu onguiculés, entiers ou plus souvent échancrés en cœur, jaunes , entièrement glabres. ÉTAMINES hypogynes, nombreuses, parfaitement glabres, persistantes : filamens filiformes , flexueux , un peu aplatis, graduellement épaissis à leur sommet : anthères immobiles , tournées vers lespétales, petites, comprimées , à peu près orbiculaires et à deux loges; connectif assez large, à peine prolongé en une très- petite pointe; loges obliques , écartées à leur base, s'ouvrant longitudinalement sur les cÔtéS. STYLES en nombre égal à celui des ovaires, terminaux, flexueux, s’épaississant de la base au sommet, très-glabres, persislans. STIGMATES en nombre égal à celui des styles, terminaux, peltés. Ovarnes le plus souvent uniques, rarement au nombre de 2 à 3, ovoïdes-globuleux , obtus, glabres, uniloculaires , 2-spermes. Ovures dressés, attachés au fond de l'ovaire par le moyen d’un cordon ombilical fort court. Fruirs capsulaires, longs de 2 1, presque globuleux , minces, membraneux , indéhiscens, 1-loculaires , 2-spermes ou plus souvent 1-spermes par avortement , renfermés entre les folioles supérieures du calice qui ont pris de laccroissement pendant la maturation , se sont appliquées lune contre l’autre à la manière de deux valves, et sont devenues longues d'environ 3 L., ovales, très-concaves, fort obtuses , crustacées et Jaunâtres. SEMENCE presque globuleuse , comprimée principalement à la base, ridée, d’un fauve obscur, enveloppée d’un arile qui est appliqué sur elle sans aucune adhérence , ouvert seulement

au sommet, succulent, d’une couleur blanche, Omprric placé dans le bord de la semence. TÉGUMENT PROPRE QGustacé, épais, un peu succulent à l’extérieur. PÉRISPERME très-grand , charnu, compact. Empryon fort petit, droit, ovoïde, placé dans la base du périsperme : radicule inférieure, tournée obliquement

vers l’ombilic.

Localités. Cette plante est commune dans les bois vierges. Je l'ai trouvée depuis la frontière orientale de la province des Mines jusqu'aux limites de la province de Sainte - Catherine. Elle fleurit depuis le mois de janvier jusqu'au ‘mois de juin, suivant les localités.

Étymologie. On appelle cette plante Cipd de Carijo , c’està-dire liane des Carijds, parce que ce fut une peuplade de ce nom qui en enseigna l'usage aux Portugais. Le nom de Cipo de Cabloco présente à peu près la même signification, car les mots caboco et caboclo sont employés comme termes de mépris pour désigner indifféremment toutes les nations indigènes. Quant au nom de Cambaiïbinha , il vient des mots indiens, caa mbaya, branches propres à faire les piéges pour prendre le poisson, et iba, arbre, auxquels mots les Portugais ont ajouté la terminaison diminutive inha qui est propre à leur langue , et qui distingue la plante dont il s’agit ici de l'arbre

appelé Cambaiba, décrit au N° XXXIV.

Usages. On avait déjà reconnu que les Dilléniacées étaient astringentes. La saveur acerbe du Davilla rugosa prouve assez qu'il participe à l’astringence des plantes de la famille à laquelle il appartient, et les Brasiliens font de cette propriété une application heureuse, puisqu'ils emploient la plante dont il est question pour guérir l’enflure des jambes et des testicules , maladie si commune dans les parties chaudes et humides de leur pays. C’est surtout en fomentation qu'ils ont coutume d’employer le Davilla rugosa.

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