‹ Plantes usuelles des Brasiliens (volume 2)Chapitre 53 sur 119 · RE AE · texte numérisé non relu

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GOMPHRENA OFFICINALIS.

GOMPHRÉNA OFFICINALE.

FAMILLE DES AMARANTHACÉES.

G. hirsuta; caule basi ascendente; foliis sessilibus, sæpius ovatis mucronalts ; Capitulis terminalibus, hemisphcæricts, MASTUS, (aurantiaco-coccineïs); involucri polyphyll foliolis superioribus lanceolatis, acutis, villosissimis ; bractearum cariné dentato-cristaté, calice infernè lanato-villoso.

Gomphrena officinalis. Mart. Reis. 1, p. 280. Bragantia. Vand. in script. Lus., p. 50.

Noms vulgaires : Para todo; Perpetua; Raiz do Padre Salerma.

Description. "Vice ordinairement longue de 4 à 8 pouces, en atteignant rarement O, ascendante à la base, carrée, dure, rouge, chargée d'environ quatre paires de feuilles et hérissée de poils serrés qui sont le plus souvent dirigés de haut en bas. FEuirres opposées, très-variables pour la forme, et laissant entre elles d'assez longs entrenœuds ; celles de la paire ou des deux paires les plus voisines de la racine souvent orbiculaires et sensiblement plus petites; les autres longues de 2 à 3 pouces, larges de 1 1/2 à 2, tantôt obovéesoblongues, tantôt presque ovales, quelquefois lancéolées-ovales ou elliptiques ou bien encore oblongues ou orbiculaires-ovales, un peu obtuses ou à peine aiguës ; toutes sessiles, un peu rétrécies à la base, parfaitement entières, terminées par une pointe particulière fort petite, un peu charnues, ciliées, chargées de poils épars sur les deux faces, un peu rudes au toucher, d’un vert rougeâtre, marquées de points et de petites veines un peu transparentes: nervure

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moyenne, proéminente en dessous, indiquée en dessus par une ligne fort enfoncée ; les latérales peu nombreuses, ascendantes, saillantes à la surface inférieure ; les unes et les autres chargées à la même surface de poils plus nombreux que ceux du reste de la feuille. Freurs réunies en une seule tête terminale, fort grande, hémisphérique, ayant jusqu à 2 pouces de diamètre, accompagnée d’un involucre. Forrores DE L'INVOLUCRE distinctes entre elles, au nombre de douze à vingt, très-rapprochées des fleurs, serrées, fort inégales , longues de 25 à 9 L., sessiles, entières, ciliées, terminées par une pointe souvent piquante ; les inférieures étalées ou réfléchies, plus grandes, chargées de poils épars sur les deux faces, le plus souvent oblongues et semblables aux feuilles ; les supérieures plus petites, lancéolées, aiguës , tres-velues. Porrs simples, assez longs, articulés, naissant d’un tubercule; ceux de la tige plus fins et moins roides ; tous d’une couleur de rouille foncée, excepté quelques-uns de l’involucre qui sont blancs. Bracrées au nombre de deux, opposées , embrassant la fleur avant son parfait développement, longues d’un pouce et demi, carénées , linéaires, étroites, un peu plus larges vers la base, aiguës à leur sommet, munies sur le dos d’une crête dentée dans la moitié supérieure et d’une simple côte dans la moitié inférieure, scarieuses, glabres ou à peine chargées de quelques poils, d’un vermillon tirant sur l’orangé. Cazice profondément 5-partite ; à divisions longues d'environ 15 lig., larges de 1 à 3 lig., linéaires, canaliculées , aiguës, d’une couleur plus pâle que les bractées, scarieuses, chargées dans le tiers de leur longueur de poils serrés nombreux soyeux un peu ondulés de couleur blanche ; trois des divisions du calice extérieures; deux intérieures. Corozze 0. Nec- TAIRE O. Î'UBE ANTHÉRIFÈRE à peine plus long que le calice, cylindrique, étroit, parfaitement glabre, d’un blanc légèrement jaunâtre, terminé par dix dents, pourvu de cinq nervures dont chacune älterne avec deux dents. Anruëres au nombre de cinq, linéaires, trés-étroites, Jaunes , sessiles, insérées par le dos au sommet des nervures du tube, de manière que Leur moitié inférieure se trouve

renfermée dans l’intérieur de celui-ci, et que l’autre moitié le dépasse. STYLE unique, court » plus ou moins profondément » - fide, dont les branches sont linéaires, aiguës, purpurines et stigmatiques du cûté intérieur. Ovarre supérieur, obové-oblong, comprimé; glabre, 1-loculaire, 1-sperme, OvuLE globuleux , attaché à un cordon ombilical long, cylindrique, qui naît du fond de la loge, et se courbe en manière de crosse. Je n’ai pas vu le fruit. | |

Localités. Cette plante est commune dans les päturages naturels de la province de Minas-Geraes, etdans ceux du nord de la provincé de Saint-Paul. On la trouve principalement dans les terrains ar-

gileux. Elle fleurit depuis le mois de décembre jusqu’au mois dé mars.

Etymologie. Le nom de Para todo (propre à tout) que l’on donne à cette plante indique, suivant les uns, l’idée que l’on a de l’universalité de ses vertus; et suivant les autres , la double faculté qu'elle a d’exciter au vomissement, et de procurer des déjections alvines. On appelle la même plante Perpetua, parce que ses fleurs, trés-scarieuses , se conservent aussi long-temps que celles de nos immortelles, On lui donne enfin le nom de Raïz do Padre S alerma (racine de l'abbé Salerma), parce qu’un ecclésiastique, ainsi nommé, est celui qui le premier en a fait connaître les propriétés , où qui les a préconisées le plus. Quant au nom spécifique d’officinalts, si M. Martius l’a choisi pour cette plante, ce n’est pas que jusqu'ici on lait vendue dans les pharmacies, mais c’est qu’elle a sans doute paru au savant bavarois digne de figurer auprès des médicamens les plus répandus dans le commerce.

Usages. Si l’on en croyait les cultivateurs de l’intérieur du Brésil, la racine de cette plante serait propre à guérir tous les maux. Ils l’emploient particulièrement dans les fièvres intermittentes, les coliques, la diarrhée ; ils prétendent qu’elle est bonne contre la mor-

sure. des serpens ; ils disent qu’elle fortifie l'estomac, les intesüns, etc. On ne saurait ajouter foi à tant de vertus différentes , réunies dans un seul végétal , et malheureusement l’analogie ne peut ici nous aider à découvrir la vérité; car, jusqu’à présent, cômme l'ont très-bien observé MM. de Candole et Martius, aucune plante de la famille des Æmaranthacées n'avait été signalée pour ses propriétés médicales. D'un autre côté cependant, la racine du Para todo est trop généralement vantée, pour qu’elle n’ait pas, dans certains cas, produit de bons effets : par conséquent, il est à désirer que quelque médecin instruit fasse des expériences systématiques sur la plante dont il s’agit, et qu’il cherche à déméler ce qu'il y a de vrai dans les récits merveilleux que l’on fait des guérisons qui sont attribuées à cette même plante (1).

EXPLICATION DES FIGURES

1. Bractée de grandeur naturelle. — 2. Une des divisions du calice. 14. — 3. Tube anthérifère. Jd.— 4. Portion supérieure du tube anthérifère grossie , et étalée artificiellement

pour montrer la manière dont les anthères sont attachées. — 5. Pistil grossi. — 6. Coupe verticale de l’ovaire grossi.

(1) IL faut se donner de garde de confondre le Gomphrena officinalis avec un arbre de la famille

des Apocinées, qui est aussi connu dans la province de Minas sous le nom de Para todo , et que je ferai connaître à son tour dans cet ouvrage.

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GOMPHRENA MACROCEPHALA.

GOMPHRÉNA À GROSSE TÊTE.

FAMILLE DES AMARANTHACÉES.

G. hirsutissima ; caule basi ascendente ; Joliis petiolatis, lanceolatis, lanceolatove - oblongis ; capitulis terminalibus, hemisphæricis, maximis,(pulchrè roseis); involucri polyphyili foliolis superioribus longissimis, linearibus, angustis; bractearum carinä dentato-cristaté ; caly ce infernè villoso.

Description. Tice longue d'environ 4 à 8 pouces, simple, ascendante à la base, dure, carrée, chargée d’environ quatre paires de feuilles , hérissée de poils serrés étalés où ascendans. Frurires opposées , longues de 2 à 5 pouces, pétiolées, lancéolées ou lancéolées-oblongues , décurrentes sur le pétiole, aiguës, entières , un peu rudes au toucher, marquées de petites veines et de points transparens , hérissées de longs poils et ciliées, calleuses sur leurs bords : rousses sur Ces mêmes bords ainsi que sur les nervures moyennes et latérales qui sont proéminentes en dessous : pétiole large, hérissé : Les feuilles du bas et quelquefois toutes celles de la tige sont fort petites, et réduites à des espèces d’écailles. Freurs d’un beau rose, réunies en une tête unique, terminale, extrémement grande, très-convexe, hémisphérique, atteignant jusqu’à 3 pouces de diamètre, accompagnée d’un involucre. Forrores DE L’iNvorLucrr distnctes entre elles, au nombre de vingt environ , fort inégales ; quatre à six extérieures , longues de 2 à 6 pouces, rétrécies en pétiole, lancéolées-ovales ou lancéolées -oblongues ou bien encore oblongues-linéaires, plus ou moins semblables aux feuilles caulinaires ; mais assez généralement plus longuement hérissées qu’elles, et un peu Jaineuses à la base; les folioles extérieures longues de 2 à 5 pouces, larges de 1 à 2 lig. plus rarement 4, linéaires, étroites ) aigués,

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calleuses sur les bords, fortement hérissées. Porzs atteignant jusqu’à 4 |. , simples, articulés, naissant d’un tubercule. BractTées au nombre de deux, embrassant la fleur avant son parfait développement, longues d’un pouce et demi, carénées, linéaires, étroites, un peu plus larges à la base, à peine aiguës à leur sommet, parfaitement glabres, scarieuses , munies sur le dos dans leur moitié inférieure d'une crête denticulée et d’une simple côte dans leur moitié inférieure. CaLice profondément 5-partite ; à divisions longues de 19 L., larges d’une ligne à la base et d’une demi-ligne au sommet, linéaires, canaliculées, scarieuses, marquées de 3 stries sur le milieu du dos, chargées dans le tiers inférieur de leur longueur de poils serrés nombreux soyeux très - fins et de couleur blanche ; trois des divisions du calice extérieures; deux intérieures. Tuse ANTHÉRIFÈRE un peu plus court que le calice, cylindrique, étroit, terminé par dix dents extrêmement petites, pourvu de cinq nervures à peine sensibles, dont chacune alterne avec deux denis. ANTHÈres au nombre de cinq, linéaires, extrêmement étroites , uniloculaires , sessiles, jaunes, insérées par le dos au sommet des nervures du tube, de manière que leur tiers inférieur se trouve dans l’intérieur de celui-ci, et que les deux tiers supérieurs le dépassent. SryLe unique, court, hipartite dont les branches sont linéaires, aiguës, stigmatiques sur la face et un peu révolutées sur leurs bords. Ovarre globuleux, glabre, uniloculaire, r-sperme. Ovule globuleux attaché à un cordon ombilical long et cylindrique, qui naît du fond de la loge, et se courbe en manière de crosse. Je n'ai pas vu le fruit.

Localités. Cette espèce fleurit principalement en janvier. Commençant à croître dans les pâturages voisins de S'orocaba, elle devient commune dans les Campos geraes, et, jusqu'à Curitiba , dans toute la partie méridionale de la province de Saint-Paul, située à l’est de la grande Cordillière.

Etymologie. Les noms de cette espèce Para todo et Perpetua,

> sont ceux du Gomphrena officinalis, et se trouvent expliqués à l’article de cette derniére plante.

Usages. Les vertus du Gomphrena macrocephala ne sont guëre moins préconisées par les Paulistes que celles du G. officinalis par les Mineurs ; mais c’est principalement contre la morsure des serpens et les coliques, que l’on fait usage de la première de ces plantes. Quoi qu’il en soit, l’idée que les habitans de pays fort éloignés les uns des autres, ont des propriétés de ces deux espèces extrêmement voisines, achève de prouver qu’elles sont bien réellement médicinales, et qu’elles méritent toute l'attention des hommes de l’art.

Observations botaniques. — Caractère général de la famille des Amaranthacées tiré de l'ovaire et de l'ovule.—On a vu, dans la description que j'ai donnée du jeune fruit des Gomphrena officinalis et macrocephala , que l'ovaire y est uniloculaire, et l'ovule attaché à un cordon ombilical long et cylindrique qui naît du fond de la loge et se courbe en manière de crosse. Ce n’est pas seulement dans ces deux espèces que j'ai observé cette organisation; je l'ai retrouvée dans un nombre prodigieux d’'Amaranthacées dont j'ai fait l'analyse, et par conséquent on doit la regarder comme un des caractères généraux de cette famille. Elle existe même dans le Celosia, où par exception l'ovaire est polysperme.

EXPLICATION DES FIGURES

1. Bractée de grandeur naturelle. — 2. Portion supérieure de tube anthérifère étalée artificiellement et grossie.

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GOMPHRENA MACRO

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XYLOPIA SERICEA.

XYLOPIE SOYEUSE.

FAMILLE DES ANONÉES.

À. caule arboreo ; ramulis rufo -tomentosis, foliis lanceolatooblongis, longe acuminatis, supra glabris, subtus sericeoargentets; pedunculis brevissimis, 3-floris ; petalis erectis, exterioribus oblongo-linearibus , obtusis, interioribus 3-quetris ; baccis paucis, subsiccis, levibus, 1-valvibus.

Embira; Pindaïba. Pis. Bras. 71, ic, Ibira. Macs. Bras. 90, 1c.

Unona carminativa. Ærud. Diss. 48.

Description. ArBrE assez élevé : ramules distiques, couverts de poils roux, ayant sous ces poils une écorce noirâtre parsemée de points blancs. Fruicres sans stipules, alternes, très-rapprochées, distiques, souvent réfléchies en arrière, longues de 4 à 4 pouces 1/2, larges de 9 à 10 1., lancéolées-oblongues, longuement acuminées, parfaitement entières , glabres et luisantes en desssus, glauques à la surface inférieure qui paraît argentée à cause des poils blancs longs et serrés qui la couvrent : pétiole long d'environ 2 lig., convexe en dessous, canaliculé en dessus. PEDoncuzes axillaires, fort courts, velus, chargés de trois à quatre fleurs et munis de bractées : bractées imbriquées, ovales, obtuses , concaves, velues : pédicelles extrêmement courts et chargés de bractées semblables à celles des pédoncules. Porzs simples. Gazice profondément tripartite, court, triangulaire, en forme de coupe, coriace, velu, roux, Caduc. PÉTaALESs au nombre de six, insérés sous le gyno-

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phore, disposés sur deux rangs, dressés, un peu soudés à leur base , un peu pubescens, d’une couleur blanche; les extérieurs longs d'environ 10 lig., larges de 2, oblongs-linéaires, obtus, resserrés au-dessus de la base qui est concave, munis d’une côte sur le dos ; les intérieurs plus courts et plus étroits, prismatiques-triangulaires, linéaires-oblongs , aigus, concaves à leur base qui est plus large, en forme de cuiller et recouvrant les organes sexuels.

GYÿNOPHORE mince, rofond , en forme de coupe, s’élevant presque : P q

jusqu’ au sommet Fr ovaires qui sont renfemats dans sa cavité. Éramines attachées à toute la surface extérieure du gynophore, extrêmement nombreuses , libres mais serrées les unes contre les autres, linéaires, un peu en forme de clou, plus larges à leur sommet qui est charnu, tronqué et anguleux, à peine longues d’une demi-ligne, glabres, de couleur blanche, caduques :

filamens extrêmement courts, aplatis : anthères continues, im-

mobiles, un peu aplaties sur le dos, munies d’une côte sur le milieu de la face; les étamines supérieures très-aplaties, stériles. Ovarres au nombre de quinze environ, attachés au fond du gynophore, oblongs, anguleux, convexes sur le dos, très-velus, uniloculaires , 4-spermes , réellement libres, mais en quelque sorte soudés par le moyen de leurs poils qui se feutrent. Ovuzes attachés par le moyen d’un cordon ombilical fort menu dans l'angle de l'ovaire qui regarde le centre de la fleur, disposés sur un seul rang, ascendans, petits, d’une forme ronde. Sryres en nombre égal à celui des ovaires , longs d’environ 3 lig. , filiformes, un peu en zigzag, glabres, soudés en une colonne prismatique, triangulaire, épaissie à sa base qui est plus large que le sommet de la masse des ovaires. SriamaTes en nombre égal à à celui des styles, à peine distincts de ces derniers et terminaux. Bares attachées sur un réceptacle fort petit, très-peu nombreuses à cause de l'avortement de la plupart des ovaires ; longues de G lig., peu charnues, portées par un pédicule court, obovées, obtuses, lisses, à peine pubescentes, d’un rouge obscur, uniloculaires, s’ou-

vrant en une seule valve du côté qui regarde le centre de la fleur. Je n'ai pas vu la graine.

Localité. Cette plante n’est pas très-rare dans les forêts montueuses qui avoisinent Rio de Janeiro, et dans d’autres parties du Brésil. C’est au mois de novembre que je l’ai trouvée en fleurs.

Etymologie. Le mot Pindaiba, qui s'applique aussi au Guatteria villosissima et à d’autres arbres, est un composé de deux mots indiens : pindaï, perche pour pêcher le poisson, et ïba, arbre à fruit (l'arbre à fruit qui produit des perches pour pêcher le poisson.) Quant au mot embira, les Brasiliens-Portugais l’appliquent à toutes les écorces dont on peut se servir pour faire des liens, et, à ce mot, ils joignent le terme portugais pao, pour désigner les arbres qui produisent ces mêmes écorces. Dans la réalité, le mot embira n’est qu'une corruption du mot indien tbira, qui signifie, en général, un arbre ; et 1l est assez vraisemblable que les premiers conquérans portugais, ayant souvent entendu les indigènes appliquer ce terme aux arbres dont l'écorce fournit des liens , auront ru qu’il n’avait pas une signification plus étendue,

Usages. 1l existe dans les forêts du Brésil une foule d'arbres dont l'écorce tenace et flexible est employée par les habitans , pour faire des liens, et pourrait fournir des cäbles et d’excellens cordages. De ce nombre est l’espèce qui vient d’être décrite. Cependant il serait très-fâcheux qu'on l’employäât à cet usage, parce qu’elle peut étre d’une utilité bien plus grande encore (1), et qu’au lieu de la détruire, comme il faudrait le faire pour la dépouiller de son écorce , on devrait tâcher de la multiplier. En effet, ses fruits, très-aromatiques, ont l’odeur du poivre; et si leur goût n’est pas tout-à-fait

(+) Aruda fait la même observation sur son Anona carminativa, qui, comme je le dirai bientôt, n’est probablement pas autre chose que ma plante.

aussi fort, 1l est peut-être plus agréable. Plus connus, ces fruits seraient certainement recherchés comme épicerie, et pourraient donner lieu à une nouvelle branche de commerce; mais les Brasiliens se sont malheureusement accoutumés à dédaigner tous les bienfaits dont la nature les a comblés , et dans la destruction des forêts, qui . fait des progrès si rapides, l'arbre que je viens de faire connaître n’est pas plus épargné que tant d’autres espèces précieuses qui finiront peut-être par disparaître entièrement.

Observations botaniques. —< 1. Caractères génériques du genre Xylopia. —Jusqu’à présent on n’avait étudié que les fruits des différens genres de la famille des Anonées, et l'on n'avait fait aucune attention à leurs pistils. C’est cependant cette parte de la fleur qui, dans cette famille, paraît fournir les caractères les plus sûrs; c'est elle qui doit y être considérée comme la véritable pierre de touche des associations génériques. Après avoir étudié les organes femelles des espèces qui appartiennent bien réellement au genre XyLopra , j'ai tracé les caractères de ce genre de la manière suivante : Carice 3-fide ou 3-partite, le plus souvent cupuliforme, coriace, caduc. Pérares, au nombre de 6, insérés sous le gynophore , disposés sur deux rangs; les extérieurs plus grands, alternes avec les divisions du calice; les intérieurs triquètres , alternes avec les extérieurs; tous le plus souvent dressés, oblongs-linéaires, concaves à leur base qui est plane. Gyo- PHORE MnCe, profondément concave, en forme de coupe ou presque globuleux. ÉTAMINES érès - nombreuses , caduques, attachées à la surface extérieure du gynophore, libres , très-rapprochées , linéaires , un peu en forme de clou, plus larges à leur sommet qui est charnu tronqué et anguleux : filamens trèscourts, aplatis : anthères continues, immobiles, un peu planes à leur dos, munies d'une côte au mulieu de la face..Ovarres assez nombreux, attachés au

fond du gynophore, le plus ordinairement entièrement renfermés dans sa cavité où quelquefois sortant à leur sommet, libres, oblongs, anguleux , convexes sur le dos, velus, 1-loculaires, 4-spermes. Ovures ascendans, attachés sur un seul rang au côté du péricarpe qui regarde le centre de la fleur. Sryzes en nombre égal à celui des ovaires, soudés en une colonne prismatique-triangulaire. SriGmates en nombre égale à celui des styles, à peine distincts de ces derniers et terminaux. Baies peu nombreuses à cause de l'avor-

tement de la plupart des ovaires, portées par un court pédicelle, peu charnues,

obovées, obtuses (ex. auct.), s’ouvrant du côté du centre de la fleur, univalves,

quelquefois 2-valves ou rarement monospermes ou dispermes (ex. auct.).

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. SIT. Du nouveau genre Axaxacorra.—Ce gynophore staminifère et cupuliforme qui enveloppe et cache des ovaires à semences pariétales; ces styles intimement

soudés en une colonne triangulaire constituent, comme je le dis ailleurs, un ensemble de caractères qui, se trouvant unis dans sept espèces avec le même port et.

la même forme de fleurs et de fruits, exige qu'on exclue du genre Xylopia les espèces qui présentent une organisation différente. Il sera donc nécessaire qu'on revoie soigneusement toutes celles que l’on a jusqu'ici fait entrer dans ce genre ; mais en attendant qu’on se livre à ce travail indispensable, je puis déjà indiquer le Xylopia prinoides Dun., comme ne pouvant rester avec les vrais # ylopia. Averti par le port de cette plante, qui n’est celui d’aucun genre connu d’Ænonée(r), j'ai cru devoir faire une analyse détaillée de la fleur; et voici quel en a été Le résultat’: Un calice muni d'une bractée à sa base, à peu près égal à la corolle, et divisé si profondément qu'on pourrait le décrire comme triphylle; 6 pétales oblongs dont les extérieurs un peu plus grands; des étamines en nombre peu considérable, insérées sous le gynophore et à sa base, et soudées avec la base des pétales; des filets fort courts; des anthères linéaires, très -aplaties , ligulées au sommet, 2-loculaires, tournées en dehors, s’ouvrant longitudinalement; des ovaires insérés sur un gynophore à peine sensible, soudés, trés-sensiblement stipités, 1-loculaires, dispermes; deux ovules attachés au fond de la loge; des styles courts, un peu soudés; des stigmates en tête; une capsule longuement stipitée, disperme, s’ouvrant du côté intérieur en deux valves. De tels caractères éloignent le Xylopia prinoïdes des autres X'ylopia, peut-être plus que de tous les genres d’Anonées. Il est évident aussi qu'il ne peut pas entrer dans les genres Ænona, Porcelia et Asimina , dont le fruit est indéhiscent, polysperme, et où les semences sont pariétales. (77. Dunal, de Candole, etc.) On ne peut pas non plus le placer dans le genre Uvaria, qui, avec des caractères semblables , offre un péricarpe multiloculaire, Les Ænonas ont, comme lui , l’ovule dressé; mais cet ovule est unique, et l’ensemble de leurs ovaires se change en une baie. De tous les genresd’Æ{nonées, le Guatteria est réellement celui quise rapproche le plus du Xylopia prinoïdes, parce que la situation de l’ovule y est la même que dans la plante dont il est question, et que le fruit y est stipité; mais il y a encore cette différence que, dans les Guatteria, l'ovule est solitaire au fond de sa loge, et le fruit indéhiscent. Puis donc que le Xylopia prinoïdes ne peut être admis dans aucun des genres connus, il devient absolument nécessaire d’en faire un genre particuler, et la formation de ce genre devient d’autant plus nécessaire, que la plante

. dont il s’agit, présente un caractère dont je n’ai pas encore parlé, et qui jusqu'ici

est unique dans les familles des Ænonées. Son tégument propre ne se prolonge

(1) Ge port est si différent de celui des autres Anonées, que la plante avait été étiquetée originairement Ochnacée dans l’herbier du Muséum.

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