‹ Plantes usuelles des Brasiliens (volume 3)Chapitre 11 sur 56 · FAMILLE DES VIOLACÉES · texte numérisé non relu

FAMILLE DES VIOLACÉES

C. foliis alternis et suboppositis , in apice ramulorum confertis, oblongo-lanceolatis , angustis, obsolete serratis ; racemis simplicibus ; pedicellis puberulis ; squamulis vix manifestis ad basin staminum y ovario villoso y ovuhs basi placentarum affixis.

Nom vulgaire ; Lobolobo.

Description. Arbrisseau rameux, dont l’écorce est le plus souvent d un gris blanchâtre, et dont les rameaux sont quelquefois légèrement pubescens au sommet. Feuilles très-rapprochées principalement à F extrémité des rameaux, opposées et alternes tout à la fois, longues d’un pouce et demi à trois pouces, larges de 6 à 12 lignes, oblongues-lancéolées, étroites, aiguës au sommet, un peu aiguës ou plus souvent tronquées à la base, glabres, veinées et bordées de dents qui sont écartées , peu sensibles et noirâtres : pétiole très-court, pubescent, convexe en dessous, canaliculé en dessus. Deux Stipules latérales, scarieuses, fort petites, ovales-lancéolées , aiguës, pubescentes, caduques. Fleurs blanches, longues d’environ deux lignes , pédicellées , réunies en grappes simples , axillaires ou terminales : grappes le plus souvent solitaires quand elles naissent à

1 aisselle des feuilles, le plus souvent fasciculées quand elles sont terminales. Pédoncule de la grappe court, chargé à sa base de petites bractées, ovales-aiguës, le plus souvent embriquées. Axe de la grappe continu avec le pédoncule. PÉdicelles longs d’environ

2 lignes, le plus souvent tournes du meme côté, légèrement courbés , articulés un peu au-dessus de la base, accompagnés inférieurement de trois bractées fort petites, scarieuses , ovales-aiguës , couleur de rouille , dont une extérieure est portée sur Faxe meme, et les deux auties sur le pédicelle j le plus souvent ces dernières semblent naître au meme point que 1 extérieur, quelquefois elles sont placées lune au-dessus de 1 autre. Le pédoncule de la grappe, Faxe, les pédicelïes, et les bractées sont légèrement pubescens. Galice pro-

fondement 5 -partite , un peu charnu ; dont les divisions sont ovales , aiguës, très-finement ciliées, blanches, un peu rougeâtres au sommet. Pétales au nombre de 5 , hypogynes , alternes avec les divisions du calice, égaux, dressés, ovales -lancéolés , rapprochés en forme de cloche, acuminés , beaucoup plus longs que le calice, roulés en dehors au sommet. Étamines au nombre de 5, hypogynes , alternes avec les pétales, dressées : filets très-courts, aplatis, à peine soudés entre eux et avec le bas des pétales, chargés extérieurement

d’une écaille très-petite et arrondie : anthères attachées par la hase , immobiles , tournées vers le pistil , 2-loculaires , s’ouvrant longitudinalement par les côtés, membraneuses sur les bords et au sommet, d’une couleur fauve , paraissant, avec la membrane terminale, ovales-lancéolées, acuminées : membrane terminale continue avec tout le dos de l’anthère , et égalant ses loges en longueur : loges de l’anthère se terminant antérieurement par deux soies blanches. Style glabre. Stigmate terminal, obtus. Ovaire ovoïde-globuleux , trilobé, velu., i-loculaire, 3-sperme : ovules péri tropes, attaches à la base de trois placentas semi-cylindriques, qui naissent des angles de l’ovaire. Capsule à trois valves, dont chacune porte une çpmpnee flans son milieu.

Localités. Cette plante est commune dans les bois montueux des environs de Rio-de- Janeiro .

Avec la plante que je viens de décrire, on peut en confondre une autre qui lui ressemble beaucoup , mais qui cependant en est distincte et se caractérise de la manière suivante :

CONOHORI A CASTANEFOLÏ A.

CONO RI A FEUILLES DE CHATAIGNIER.

c. foliis alternis et suboppositis , in apice ramulorum confertis , oblongo - lanceolatis , manifeste serratis , mucronulatis ; ovario villosissimo ; ovulis ex apice placentarum pendulis.

Cette espèce diffère de la précédente par ses feuilles qui ne sont

point aussi étroites, qui sont évidemment dentées en scie et terminées par une petite pointe particulière. Elle s’en distingue encore par ses fleurs plus grandes , plus rapprochées , ses pédicelles tout-àfait pubescens , son calice plus charnu^ son ovaire ovale et très-velu , enfin par ses ovules suspendus au sommet des placentas. L’odeur de ses fleurs est agréable. Leurs grappes, comme dans Tespèce précédente , rappellent celles du Muguet du mois de mai.

Localités. Cette plante se trouve auprès de Rio-de- Janeiro 3 et principalement dans les haies qui avoisinent Saint- Christophe.

Usages. On a lieu de s’étonner qu’à l’exception de quelques racines , les habitans du Brésil méridional ne cultivent point de plantes potagères qui appartiennent bien réellement à leur pays. Il est impossible de supposer cependant qu’au milieu d’une quantité si prodigieuse de végétaux, il ne s’en trouve pas un grand nombre qui pussent devenir d’excellens légumes. Mais on ne doit point oublier que si les plantes., qui remplissent les potagers de l’Europe, offrent aujourd’hui des aïimens aussi sains qu’agréables, on le doit à des tentatives mille fois répétées , et à un travail opiniâtre ; les racines de la carotte sauvage sont dures et extrêmement grêles; on ne pourrait manger, sans de graves inconvéniens , le céleri tel qu’il croit au bord de nos fontaines ; enfin nos chous , nos laitues , nos melons, etc., ne sont que le résultat de l’art et de la culture. Il est donc à désirer que les Brasiliens fassent à cet égard des essais que la persévérance rendrait certainement profitables. Je leur indique ici les Conohoria Loholobo et castanefolia parce qu’il y a déjà quelques données pour croire qu’en les cultivant, on pourrait finir par en tirer parti. Leurs feuilles crues n’ont qu’un goût herbacé; mais cuites, elles deviennent muciiagineuses, et les nègres de plusieurs cantons des environs de Bio-de-Janeiro les mangent avec leurs alimens. Il faudrait transplanter le Lobolobo dans de bonnes terres , le placer à l’ombre, essayer même quelques moyens pour étioler, ou, comme disent les jardiniers , pour faire blanchir ses feuilles; et il est à présumer que l’on finirait par obtenir un légume agréable.

Observations botaniques particulières. Le genre Conohoria Kunth , ( Conohoria, Passura , Riana et Rinorea Aub. — Alsoïdea Dupetit-Th. — Ceranthera Bauv. — Conohoria, Rinorea, Alsoïdea et Ceranthera Gin.) se caractérise de la manière suivante : Calice 5- partite , à peine inégal, persistant. Pétales au nombre de 5, hypogynes , égaux. Nectaire cupulifonne , entourant les étamines et souvent nul Étamines au nombre de 5 , alternes avec les pétales , plus courtes qu’eux : filets libres ou soudes en urceole , le plus souvent fort courts : anthères aplaties, membraneuses au sommet et sur les bords, immobiles, ayant la face tournée vers V ovaire , divisées en deux loges et s’ouvrant longitudinalement ; les lobes de l anthère termines antérieurement par deux soies ou deux petites membranes. Style persistant. Stigmate terminal, obtus. Ovaire supérieur , sessile, h-lobé , x-loculaire , 3 -9 sperme. Capsule "h-valve , entourée du calice , des petales et des etamines ; valves seminiferes dans leur milieu. Semences presque globuleuses. Tégument propre coriace. Embryon renfermé dans un périsperme charnu : cotylédons planes : radicule tournée vers le hile ( caract. sem. ex Kunlh. )

Brown avait déjà reconnu (Congo 21 ) que Y Alsoïdea d’Aubert Dupetit- Thouars, et le Ceranthera de Bauvois étaient identiques, comme aussi le Conohoria et le Passoura d’Aublet. Kunth a été plus loin, et a parfaitement senti que le Riana et le Rinorea ne différaient point du Conohoria , et que celuici devait être également confondu avec V Alsoïdea. Mes observations s accordent parfaitement avec celles de l’auteur savant du Nova Genera , et, comme lui, je réunis tous les genres que je viens de citer. La longueur relative du filament et de l’anthère ne peut servir pour distinguer le Rinorea du Conohoria; car tous les deux offrent également des filets très-courts. A la vérité, quoique Aublet n’ait point parlé d’un nectaire dans son Rinorea, il en existe un dans cette plante , et il n’y en a point dans le Conohoria ulmifolia (F . Kunth Nov. Gen.); mais M. Dupetit-Thouars qui a trouvé des Conohoria avec ou sans nectaire , n’a pas cru devoir les séparer , et mon C. Lobolobo qui n’est pas fort éloigné de Y ulmifolia, fait le passage des espèces à nectaire aux espèces qui n’en ont pas , puisque chacun de ses filets porte en dehors une petite écaille distincte, ébauche d’un véritable nectaire. Si les filamcns sont libres dans le C. ulmifolia, et soudés dans les Alsoïdea Dup., ils sont également soudés dans mes C. Lobolobo et castanefolia , et il est probable que l’on ne voudra , dans aucun cas, séparer ces plantes de Yulmifolia. Je conviendrai que dans Y Alsoïdea pauciflora Dup., dont j’ai fait moi-même l’analyse, j’ai trouvé des anthères ulus courtes , et des filets plus longs que dans mes Conohoria, et qu’au lieu de finir par deux soies , les lobes de l’anthère se terminent antérieurement par

/FJ

ifil

ver

deux membranes ; mais Y Msoïdea pubescens Dup. que personne, jusqu'à présent, n’a séparé du pauciflora, présente avec un nectaire fort sensible , des anthères presque aussi longues que celles de mes Conohoria , et si nous admettons de semblables caractères pour distinguer des genres , il faudrait , pour être conséquent , faire un genre de chaque Ionidium , ou pour mieux dire , renoncer entièrement aux associations génériques. Quant au Piparea que l’on avait cru un instant congenere du Conohoria , M. Kunth pense actuellement, et probablement avec raison , qu’il appartient aux Bixinées , et ce qu’il y a de fort remarquable , cest que déjà autrefois M. de Jussieu demandait ( Gen. 2q5) si ce genre ne devait pas être rapproché du Lœtia.

Observations botaniques générales. J’ai déjà eu l’occasion défaire observa bien des fois qu’aucun caractère, quel qu’il fût, n’avait une importance égalé dans tous les groupes. Je vais en donnemm nouvel exemple. Rien n’est: plus consent, sans doute , que la position des ovules dans les Composées, les / alénanées , les Ombellifères , etc., et par conséquent ce caractère a dans ces familles la plus haute importance : on va voir qu’au contraire il est dans les Violacées sans la moindre valeur. En eifet, j’ai rapporté du Brésil trois Conohoria, savoir : C. Lobolobo , castanefolia >et Rinorea (Rinorea Guajanensis Aub): le premier a les ovules attachés au bas des placentas ; dans le second ils sont suspendus à leur sommet; dans le troisième enfin chacun des ovules occupe une place différente, et offre un mode d’adnexion différent, car l’un destróis, inférieur, est ascendant, un autre, intermédiaire, est péritrope, et le supérieur est suspendu.

EXPLICATION DES FIGURES

J. Fleur grossie. ï. Un des pétales id. avec son extrémité roulée. — 3. Un pétale id, déroulé pour montrer sa forme. — 4. Étamine grossie, vue de face. a. Les lobes de Panthere. — 5. Membrane terminale. —6. Étamine grossie, vue en dehors, a. Filet cbarpé d’une écaille. — ~ 7. Calice et pistil.

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