‹ Plantes usuelles des Brasiliens (volume 3)Chapitre 13 sur 56 · W° XI · texte numérisé non relu

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de 3 à 6, ovales-lancéolées , plus rarement oblongues ou ovalesoblongues , aiguës aux deux bouts, dentées en scie, quelquefois presque glabres surtout dans le bas de la tige, plus souvent chaigées de poils simplement épars, souvent aussi velues ou trèsvelues, principalement les supérieures : pétiole à peine long d’une ligne, plus ou moins velu, canaliculé en dessus, convexe en dessous. Stipules latérales, tantôt ovales-lancéolées , tantôt oblongues ou quelquefois linéaires-oblongues, acuminées, membraneuses, pourvues d’une nervure moyenne , chargées de quelques poils , L>rincipalement sur les bords et la nervure. Fleurs solitaires à 1 aisselle des feuilles, tantôt sessiles ou presque sessiles, tantôt portées par un pédoncule velu qui atteint jusqu a 4 lignes , et est charge de deux bractées, de forme variable, à peu près semblables aux stipules : quand la fleur est sessile, les bractées existent encore, et se confondent alors avec les stipules. Calice 5-partite , mollement hérissé : divisions du calice inégales , oblongues-lancéolées , acuminées , semipinnatifides *, à lanières ecartees, plus ejiaisses a leur sommet qui est tronqué. Petales au nombre de 5, évidemment hypogynes : deux supérieurs à peu près égaux au calice, linéaires , obtus, un peu en faux, uninervés , minces, un peu barbus au sommet : deux intermédiaires un peu plus longs que le calice, oblongs-linéaires ou ovales-oblongs, à peine spatules, tronqués ou tres-obtus, chargés de 4 nervures , réfléchis à leur sommet qui est velu : 1 inférieur très-grand, onguiculé , ascendant, ayant à peu près un pouce , trois fois plus long que le calice, velu en dehors; à onglet canaliculé, rétréci au sommet, plus large à la hase qui est concave; à lame longue d environ 6 lignes , large de 4 ■> transversalement elliptique, arrondie sur les côtés, munie d’une petite pointe terminale, décurrente à sa base sur l’onglet. Étamines au nombre de 5, évidemment hypogynes , à peu près inégales , dressées ; deux inférieures à peine plus courtes : filets plus longs que les lobes de l’anthère, plus étroits, aplatis, entièrement glabres dans les étamines supérieures , courbés dans les étamines inférieures , épaissis au-dessus ou au-dessous du milieu dans les memes étamines , et

barbus à leur base : anthères attachées par la base , immobiles , aplaties , linéaires , 2-loculaires, bilobées à leur base, terminées par une membrane presque orhiculaire qui est moitié plus courte que les lobes, un peu échancrée au sommet, et de couleur safranée. Style épaissi de la base au sommet , ayant la forme d’un s , velu à la base, concave à son sommet qui est oblique. Stigmate à la surface de la partie concave du style. Ovaire très-velu, i-loculaire, polysperme. Capsule entourée du calice des pétales et des étamines qui persistent, ovale , 3-gone, plus épaisse sur les angles , aiguë , mollement velue, i-loculaire, 9-12 sperme, s’ouvrant en 3 valves naviculaires qui portent les semences dans leur milieu. Semences ovoïdes-globuleuses, un peu comprimées, glabres , creusées à leur sommet d’une chalaze orhiculaire, tachetées de noir et de blanc, à peine sillonnées d’un côté. Tégument propre double; l’extérieur crustacé ; l’intérieur membraneux , très-mince. Ombilic terminal. Périsperme charnu, jaunâtre. Embryon droit, placé dans l’axe du périsperme , et ayant à peu près sa longueur : cotylédons transversalement elliptiques , 2-lobées au sommet : radicule arrondie dans ses contours, un peu plus longue que les cotylédons, atteignant l’ombilic.

Var. n indecorum. Feuilles assez généralement plus petites et plus ovales que dans le type. Pétales presque trois fois plus courts que le calice , linéaires , obtus , glabres , très-minces , à peu près semblables entre eux ; un inférieur quelquefois un peu plus grand et oblong. Les trois étamines supérieures stériles , presque égales , filiformes, extrêmement étroites, aplaties, membraneuses, glabres, un peu spatulées : les deux inférieures fertiles ; à filets aplatis , étroits , à peu près filiformes , glabres ; à anthères très-petites , à peu près elliptiques, terminées par une membrane courte, presque 3-angulaire. Style court , courbé, aplati, glabre. Stigmate obtus.

Localités. Cette plante croît à Cayenne ; elle se trouve par intervalle sur toute la côte du Brésil, depuis la rivière des Amazones jusqu’au Cap Frio ; mais on ne la revoit plus au midi de ce Cap.

XJ sa es. Tout le monde sait que les racines de cette plante sont émétiques et peuvent remplacer celles du Cephaelis Ipecacuanha. A Fernambouc on les regarde comme le meilleur remède que l’on puisse employer dans les dysenteries. Enfin quelques habitans de la province de Rio-Grande-do-Norte , assurent que pour guérir radicalement ceux qui sont tourmentés de la goutte , il suffit de leur faire prendre pendant quelques jours une légère décoction de^ ces mêmes racines. Je ne pourrais citer aucun fait particulier qui vint a p appui de cette dernière assertion; mais elle paraît avoir assez d’importance pour mériter l’attention des gens de l’art.

On vend souvent à la ville de S.-Salvador-cle-Campos les racines de l’ Ionidium Ipecacuanha pour remplacer l’Ipecacuanha véritable : quelques habitans du Cap Frio en vendent aussi de petites portions à Rio-de-Janeiro ; mais aujourd’hui aucun négociant du Brésil n’en envoie en Europe.

Observations botaniques. % I. De deux genres qui doivent rentrer dans le

genre Ionidium. .,r

i« Pombalia. Vandelli qui ne connaissait d’autre Ioniduim que \ Ipecacuanha , avait reconnu cette plante pour un genre distinct, ®* appelée Pombalia. Ventenat qui écrivit apres le professeur de Cou , méprisa la loi conservatrice de l’antériorité, et substitua au mot de Pombalia celui d 'Ionidium qui , ayant malheureusement passé dans un grand nombre de livres , ne pourrait être rejeté aujourd’hui, sans qu’on bouleversât toute la nomenclature. Frappé sans doute de cette infraction aux lois adoptées parles botanistes vraiment amis de la science, M. de Gingins a cru que le Pombalia pouvait être conservé , et qu’il ne serait pas nécessaire pour ce a e supp mer 1 ’ Ionidium. Cela serait à désirer; mais nous sommes malheureusement forcés de reconnaître qu’il y a identité parfaite , et M. de Gingins 1 aurait incontestablement senti, s’il eût eu sous les yeux la suite des especes brasiliennes. La différence du Pombalia et de l’ Ionidium consisterait d apres M de Gingins, en ce que le calice du Pombalia serait très gran , e a bords hérissés de pointes roules (echinatus); en ce que les füamens serment plus longs que dans V Ionidium; l’ovaire très-velu, et le pédoncule non articulé. J’ai quatre espèces où le calice est pinnatif.de ; mais .1 en est une Ylonidium scariosum, dont les divisions sont entières au sommet , et celles des calices du setigemm ne présentent en tout que 5 a 6 lameres. S.

calice des Ionidium villosissimum et Ipecacuanha est assez grand, celui du scariosum ne l’est pas plus que dans V Ionidium lanatum , et le calice de XX. setigerum est aussi petit, et même beaucoup plus petit que dans [beaucoup d’autres espèces , à divisions calicinales non découpées. Les /. Ipecacuanha et villosissimum ont , il est vrai , la lame de leur pétale inférieur transversalement elliptique ; mais les I. scariosum et setigerum offrent, avec un calice semblable ou à peu près semblable, une lame presque orbiculaire ; et d’un autre côté , VI. Poaya , et une foule d’autres qui n’ont pas de découpures à leur calice, ont la lame de leur pétale inférieur transversalement elliptique. Il est incontestable que les étamines ont des filets très-sensibles dans les I Ipecacuanha et villosissimum ; mais les anthères sont sessiles dans VL setigerum . Les I. lanatum et Poaya qui ont le calice sans divisions offrent un ovaire velu comme 1’ Ipecacuanha ; les pédoncules de VI. setigerum sont articulés comme ceux de beaucoup d’espèces à calice non divisé ; enfin celui qui voudra consulter le port des plantes dont il s’agit, ne pourra jamais se décider à séparer les/. Poaya et lanatum, des I. Ipecacuanha et villosissimum , pas plus que XI. setigerum des I. commune et sylvaticum.

2° Hyhanthus. J’aurais désiré conserver le genre Hybanthus de Jaquin , fondé sur l’avortement de deux étamines , V existence d’une glande , celle d’un pétale inférieur concave a sa base, enfin sur l’inflorescence et le port ; mais j’avouerai franchement que je n'ai su quelles espèces rappoitei à ce genre ; car ses faibles caractères se nuancent dans les Ionidium de 1 une à l’autre espèce. Presque toutes celles du Brésil ont le pétale inférieur, concave à la base , et plusieurs des Ionidium de Ventenat présentent le même caractère d’une manière plus prononcée encore. L’avortement de deux ou plusieurs étamines est commune chez les Violacées , comme l’a très-bien observé M. de Gingins; mon savant ami M. Kunth et moi nous avons trouvé toutes les étamines stériles dans plusieurs Noisettia par conséquent dioïques ou polygames , et une simple variété de V Ionidium Ipecacuanha présente deux anthères avortées. S iV Hybanthus a une glande dans sa fleur, VI. glutinosum en a deux, et personne ne le rapporte à V Hybanthus dont il n a point l inflorescence. D’un autre côté VL atropurpureum qui se rapproche de ce dernier par l’inflorescence, n’a ni glandes ni étamines stériles. Quant au port, celui de V Hybanthus lui est certainement particulier; mais si les Viola diffèrent singulièrement des Ionidium pour la physionomie, ces derniers ne diffèrent guère moins entre eux, et, par exemple, mes I. nanum , lanatum , setigerum et bigibbosum ont bien peu de ressemblance dans le port. Ventenat, Jussieu, Persoon , Poiret, Ræmer et Schultes, n’ont point adopté le genre

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Hybanthus , et il est fort vraisemblable que si Jaquin lui-même eût eu d’autres Ionicliurn à décrire, il les eût rapportés au genre Hybanthus (1).

§ II. Des variétés de V Ionidium Ipecacuanha. — Comme toutes les plantes qui croissent dans un grand nombre de localités différentes, 1’/. Ipecacuanha est sujet à une foule de modifications. Je n’ai indiqué que celles que j’ai remarquées dans les individus que j’ai trouvés au Brésil, et j’ai cru devoir les décrire successivement , en traitant de chaque organe, plutôt que de faire un long catalogue de variétés qui, encore se serait trouvé probablement incomplet. J’ai cependant signalé la variété indecorum , parce quelle présente des différences qui vont jusqu'à contrarier les caractères génériques.

JY. B. Je ne dis rien ici de la synonymie que j’établis ici pour 1/. Ipecacuanha, parce que je l’ai déjà discutée ailleurs, (PI. Rem. Bres. et Par. Introduction , p. XXII. )

EXPLICATION DES FIGURES

ï. Feuilles de diverses variétés. — 2. Une des divisions du calice. — 3. Le grand petale vu en dedans.— 4* Pétale intermédiaire vu en dehors. — 5. Pétale supérieur. — 6. Étamines. — 7. Pistil. — 8. Fleur de la variét é indecorum.

( 1) Toutes les espèces citées ici doivent se trouver décrites dans la cinquième livraison des Plantez les plus remarquables du Brésil et du Paraguay.

SPE RMACOCE POAYA.

SPEUMACOCE POAYA.

FAMILLE DES IUJBIACÉES.

S. glaberrima ; foliis oblongo-ellipticis , basi obtusis } apice acutis y stipulis setaceo - multifidis y floribus capitatis verticillatisque ; staminibus exsertis.

JSom vulgaire : Poaya cio campo.

Description. Plante glabre dans toutes ses parties. Racine blanche, un peu plus grosse qu'une plume de corbeau, d’un goût peu agréable qui rappelle celui du véritable Ipécacuanba ( Cephae lis Ipecacuanha ). Tige herbacée, mais dure , ayant de 8 à i/j. pouces, droite ou contournée, simple, quadrangulaire , ordinairement d’un vert jaunâtre. Feuilles opposées, sessiles, longues de io à 22 lignes, larges de 5 à 9, oblongues-elliptiques , obtuses à la base, aiguës au sommet, d’un vert jaune ou rouge : nervure moyenne proéminente en dessous : nervures latérales au nombre de 12 et également proéminentes : goût des feuilles d’abord trèsdoux, puis acide. Stipules intermédiaires, divisées au-delà de moitié en lanières sétacées, longues de 3 à 5 lignes. Fleurs disposées entête terminale, et en même temps verticillées à 1’ aisselle des feuilles supérieures : tête de fleurs terminale accompagnée de 2 à 6 feuilles, ovales, aiguës, beaucoup plus petites que celles de la tige, mais en même temps fort variables pour la grandeur : bractées fort petites , inégales , linéaires ou laciniées , à peu près membraneuses , placées entre les fleurs. Calice adhérent, long d’environ 3 à 4 lignes, turbiné, aplati, 4~flde, couleur de lie de vin; à divisions profondes , oblongues, aiguës, un peu inégales. Corolle infondibuliforme, 4-fide, longue de 3 à 4 lignes, glabre en dehors , d’un bleu céleste ; à divisions semi-lancéolées, étalées ; chargées à la face de poils aplatis ^ nues à leur sommet. Etamines au nombre de l\ , sortantes, glabres ^ insérées au sommet du tube de la corolle et entre ses divisions : fl- Xo XII.

LuA. de L an*} Lune

SPE RMAC 0 C E P OAYA

SPERMACOCE FERRUGINEA.

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