‹ Plantes usuelles des Brasiliens (volume 3)Chapitre 17 sur 56 · FAMILLE DES VIOLACÉES · texte numérisé non relu

FAMILLE DES VIOLACÉES

Description. Tige frutescente, arrondie, rameuse, très-gréie. Feuilles alternes, pétiolées, stipulées, longues de 8 à 22 lignes, de forme très-variable, ovales ou ovales-oblongues, quelquefois ovaieselliptiques, obtuses ou aiguës, souvent acuminées, arrondies ou un peu aiguës à leur base, obscurément et inégalement dentées, glabres , parsemées en dessous de points glanduleux très-petits , trèsnombreux et roussâtres : nervure moyenne un peu proéminente : pétiole long de 2-4 1. , grêle, convexe en dessous, canaliculé en dessus , glabre ou très-finement pubescent vu à une forte loupe. Stipules latérales, fort petites, à peu près ovales - triangulaires, scarieuses, rousses, finement ciliées et tombantes. Fleurs axillaires, nombreuses, petites, comme fasciculées, disposées en grappes qui sont extrêmement courtes et sessiles : axe de la grappe chargé debractéoles un peu pubescentes : pédicelle court, légèrement pubescent, articulé, chargé au-dessous de l’articulation de 2 bractéoles un peu pubescentes. Calice fort petit, 5-partite, sans prolongement inférieur, persistant; à divisions inégales, aiguës, très-finement ciliées; 3 oblongues; 2 plus petites, ovales. Pétales au nombre de cinq, inégaux : deux supérieurs plus petits que tous les autres , mais plus longs que le calice, elliptiques, très-obtus, très-entiers, ciliés; deux intermédiaires, souvent presque deux fois aussi longs que les supérieurs, irréguliers, à peu près linéaires-spatulés , très -obtus, un peu ciliés : pétale inférieur onguiculé ; à onglet terminé par un éperon obtus et courbé vers le pédicelle; àlameàpeu près rhomboidale. Anthères presque sessiles, un peu inégales, aplaties, larges, immobiles, 2-loculaires, tournées vers l’ovaire, s’ouvrant longitudinalement, terminées par une membrane obtuse : le filet très-court de chacune des deux anthères inférieures se prolonge en un appendice filiforme , arqué , aigu qui va se cacher dans l’éperon du pétale inférieur. N0 XIX.

Style épais, obtus, glabre, contourné en manière d’S. Stigmate un peu latéral. Ovaire ovale, glabre, i-loculaire, polysperme. Capsule fort grande, longue d’environ 2-3 pouces, enflée, vésicùleuse, obtuse, glabre, 3- valve, polysperme : valves larges d’environ 22-i51., membraneuses, veinées, presque diaphanes, marquées de petites taches rousses un peu glanduleuses ; placentas pariétaux au nombre de trois, linéaires , naissant chacun du milieu d’une des valves : les deux moitiés longitudinales de la valve se rejettent en arrière vers l’époque de la maturité et finissent par s’appliquer 1 une contre 1 autre par le dos. Semences disposées sur deux rangs, aplaties, orbiculaires , membraneuses sur les bords , ayant avec la membrane péripbréique environ 61. de diamètre, écbancrées à 1 ombilic, rousses, glabres. Cordon ombilical long d’une à trois lignes. Ombilic marginal, placé au fond de l’échancrure. Tégument double; tous les deux membraneux ; l’ extérieur dont la membrane marginale fait partie un peu moins mince que l’autre et légèrement cartacé. Amande ( Ri ch. ) orbiculaire, très -comprimée. PÉrisperme grand, charnu, d’un roux obscur. Embryon droit, placé dans la base dupérisperme et n’occupant que le tiers de son axe : cotylédons grands, planes, orbiculaires : radicule cylindrique, obtuse, un peu plus courte que les cotylédons, aboutissant presque à l’ombilic. (Je dois avertir que j’ai fait deux années de suite l’analyse de la fleur de cette plaute, mais toujours avant son parfait développement. )

Localités. Cette plante n’est pas rare dans le voisinage de Rio de Janeiro.

/étymologie. J’ai emprunté le nom de cette plante de celui du fameux père Anchieta qui a écrit une lettre fort curieuse sur 1 histoire naturelle de la province de Saint-Paul.

Usages. La racine ile X Anchietea salutaris est employée comme purgative par plusieurs cultivateurs des environs de Rio de Janeiro. Mais peut-être cette plante mérite-t-elle, sous ce rapport, moins d’attention qu’à cause de la propriété qu’on lui attribue de guérir les

maladies de la peau. On sait que parmi nous on a cru pendant longtemps qu’une autre Violacée , notre Viola tricolor , pouvait être employée avec succès comme dépurative. Si Y Anchietea présentait l’aspect cl’une Violette on pourrait croire que les Portugais venant d’Europe lui ont supposé une vertu qu’ils s’imaginaient résider dans une des Violettes de leur pays. Mais il n’en est pas ainsi : Y Anchietea n’offre pas la ressemblance extérieure la plus légère avec les Violettes ; ainsi l’opinion que l’on a au Brésil sur ses propriétés n’a point pour origine un préjugé apporté de l’Europe. 11 n’est guère vraisemblable d’un autre côté que le hasard ait fait attribuer à tort dans des contrées aussi éloignées des vertus semblables à des plantes de la meme famille. L’opinion des Brasiliens sur Y Anchietea ne peut donc être que le résultat de F expérience; et en confirmant les propriétés dépuratives des Violacées,, elle devrait, ce me semble, engager les gens de Fart à faire de nouveaux essais sur les Violettes de notre pays.

Observations. § 1. Caractères génériques. — Je les trace en termes techniques de la manière suivante : Calyx profundè 5-partitus, inæqualis, inferius nullo modo productus , persistens. Petala, valdè inaequalia, decidua; superiora i minora ; intermedia a longiora; infimum omnium maximum, unguiculatum , calcaratum. Antheræ 5, subsessiles , cum petalis alternantes , complanatae, apice membranaceae, basi affixæ, immobiles , introrsae, 2-Ioculares, longitrorsùs dehiscentes; inferiorum duarum filamenta brevissima appendiculata; appendicibus filiformibus, in calcare reconditis. Stylus unicus. Stigma simplex. Ovarium i-loculare, polyspermum. Ovula placentis affixa parietalibus. Capsula maxima, vesiculosa, inflata, obtusa , 3-valvis, polysperma; valvulis membranaceis, medio seminiferis; placenta lineari. Semota biseriata, magna, valdè complanata, marginibus latè membranacea, orbicularia, ad umbilicum emarginata. Umbilicus marginalis. Ia tegumen tum duplex; exterius subcharlaceo-membranaceum ; interius membranaceum. Perispermum magnum , carnosum. Embryo rectus in basi perispermi : cotyledones planæ , orbiculares, magnæ : radicula umbilicum ferè attingens. — Suffrutex. Folia alterna , petiolata, stipulata. Stipulæ gerninæ , laterales , caducae. Flores axillares, racemoso-fascicuiati. In præfloratioae imbricativâ(Dee. Theor.) petala superiora infima ; intermedia altiora ; maximum centrale , marginibus involutis (i).

(i) Il y a quelques diS'érences entre cette description et celle qui a été imprimée par extrait dans le vol.- II des Annales des Sciences naturelles. La description que je publie ici est la seule exacte.

§ IL Rapports génériques. — La plante que je -viens de décrire diffère tellement de toutes les autres Violacées par ses semences et par ses fruits, qu’il m’a paru indispensable d’en faire un genre distinct, et cette opinion a été partagée par tous les botanistes auxquels j’ai communiqué mes échantillons. Il est évident d’ailleurs que le genre Anchietea, doit être placé auprès des Noisetia de Kuntb, puisqu’il présente les mêmes caractères dans toutes les parties de sa fleur.

§ III. Caractères spécifiques. — On peut voir par ma description que, dans V Anchietea salutaris , la figure des feuilles est fort variable. J’ai hésité pour savoir si mes échantillons ne formeraient pas deux espèces; mais après les avoir soigneusement comparés, M. Kunth et moi nous avons reconnu que les différences de forme que j’ai notées , se nuançaient, non -seulement d’un échantillon à l’autre, mais souvent sur le même échantillon (2).

ï. Bouton grossi. — Pétale supérieure, id. — 3. Pétale intermédiaire id. — 4- Pétale inférieure id. — 5 Étamine id. — 6. Semence de grandeur naturelle. — 7. Amande. — 8. Coupe longitudinale de l’amande, a. Périsperme. — 9. Embryon.

(■2) Depuis que cet article est rédigé, je reçois le bel ouvrage de M. Martius, intitulé : Nova genera et species plantarum. L’espèce que l’auteur décrit sous le nom de Noisettia pyr folia appartient évidemment au même genre qtte X A. salutaris. Dans la 7e livraison de mes Plantes les plus remarquables du Brésil et du Paraguay , qui s’imprime dans ce moment , j aurai occasion de dire quelques mots de la plante du savant Bavarois.

IONIDIUM PÁRYIFLORÜM.

IONIDE A PETITES FLEURS.

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